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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /2007 09:42

Ségolène, tu nous a fait rêver,
Sois aujourd’hui l’architecte de notre maison commune.


J’imagine notre maison commune.
Elle est bâtie de pierres vives.

Ce sont les hommes.
Elle est dressée vers le ciel de nos rêves,
De nos espoirs, de nos utopies
Qui demain changeront notre vie.

Elle est fondée sur le socle de la République,
Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité,
Elle est bâtie de pierres vives,

Ce sont les femmes.

Elle est armée par nos valeurs
respect d’autrui
partage des charges et des profits,
transparence des actes publics
loi de l’intérêt général
attention aux plus faibles
souci des plus jeunes
Elle est bâtie de pierres vives,

Ce sont nos enfants.

Elle a l’allure de notre Histoire.
Lutte sans fin des rêveurs,
Abolition du travail des enfants,
Abolition de l’esclavage,
Premiers congés payés,
Semaine de quarante heures,
Droit de vote des femmes,
Sécurité sociale pour tous,
Abolition de la peine de mort,
C’est notre bien commun,
C’est l’œuvre des générations passées.

C’est l’âme de notre maison commune.

Et nous, qu’allons nous apporter à l’édifice ?
Quelle sera notre part de l’œuvre commune ?
Qu’avons nous à apporter à notre Pays ?

Que cette part soit dans l’ajustement des pierres,
Dans le ciment social qui les lie,
Dans la cohésion,
Dans l’unité,
Dans le partage,
Dans l’empathie,
Dans le regard aux autres,
Dans la main tendue
Et le dépassement de soi,
Dans la Fraternité.

Ségolène, tu nous a fait rêver,
Sois aujourd’hui l’architecte de notre maison commune.
La révolte contre l’état des choses ne suffit pas,
Il faut maintenant le courage de les changer.

Jean-Paul Barral

Par Jean-Paul Barral - Publié dans : Blog
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /2007 01:35

 "Le PS est le seul en Europe à avoir choisi la politique de l'autruche"


http://www.liberation.fr/transversales/weekend/254732.FR.php

 

La gauche française se retrouve-t-elle désormais dans une situation comparable à celle d'autres pays européens après une sévère défaite ? Ce qui s'est passé en 2001 en Italie quand Berlusconi a battu une deuxième fois le centre gauche fournit un sujet de réflexion. Compte tenu de l'ampleur de sa victoire (un peu comme celle de Sarkozy aujourd'hui), l'opposition avait choisi d'adopter un profil responsable en refusant de diaboliser Berlusconi. Les manifestations dans la rue se sont alors multipliées ­ la fameuse contestation du cinéaste Nanni Moretti, les rassemblements autour des palais de justice et des sièges de la RAI considérés comme menacés par le gouvernement de droite. Ces mobilisations critiquaient la timidité de l'opposition parlementaire qui, toutefois, a fini par récupérer ces mouvements de radicalité en leur donnant une perspective politique.
En France, le PS sera peut-être confronté à un problème comparable. Le choix d'une opposition résolue mais responsable peut-il ouvrir un espace sur sa gauche qui se manifesterait par l'agitation sociale, des manifestations contre la future réforme sur l'autonomie des universités ou le service minimum dans les transports ? Aucune prophétie n'est possible, mais ce qui est certain, c'est que la gauche de la gauche semble politiquement en difficulté.
Le PCF arrive au terme d'un long processus. Il a été le premier parti de France après la guerre, puis le premier parti de gauche (1 électeur sur 4 votait communiste sous la IVe République) ; en 1981 quand Mitterrand a été élu, le PC obtenait encore 15 % des voix. Avec moins de 2 % cette année, le PC est devenu presque un groupuscule. Il conservera néanmoins un certain nombre de députés, il dispose encore de militants (vieillissants), de quelques bastions municipaux et d'un peu d'argent. Mais les communistes ne peuvent plus constituer un pivot de l'alliance pour le PS. Par ailleurs, on avait assisté depuis une décennie à une progression électorale des trotskystes : portés par la conjoncture des luttes sociales, de l'altermondialisme et des mobilisations de la jeunesse. Le succès du «non» au référendum de 2005 leur avait donné beaucoup d'espoir. Incapable de se mettre d'accord sur un candidat unique qui aurait pu considérablement gêner Ségolène Royal, la gauche de la gauche sort très affaiblie de cette présidentielle en dépit du relativement bon score d'Olivier Besancenot. Paradoxalement, cette lourde défaite de la gauche offre une fenêtre d'opportunité pour le PS.

En Italie, les communistes et anciens communistes se retrouvent au pouvoir dans une coalition avec des chrétiens et des centristes... 
En 1991, le PCI a cessé d'être communiste. Il est devenu le Parti démocratique de la gauche (PDS), puis les Démocrates de gauche. Il est allé vers la social-démocratie, sans en prendre le nom. La minorité qui a préféré rester communiste s'est scindée en deux : le Parti de la refondation communiste et le Parti des communistes italiens. Ces deux partis représentent ensemble plus ou moins 8 % des voix. Après avoir longtemps hésité, ils ont accepté de participer à la coalition pour l'emporter en étant unis face à Berlusconi au scrutin de 2006. Prodi a gagné de la sorte. Le revers de la médaille est que cette coalition très hétérogène est divisée sur l'économie, le social, les questions de société (comme la reconnaissance ou non des droits des couples homosexuels) et la politique internationale. Ces tensions n'aident pas à gouverner. En France, l'extrême gauche ne veut pas entendre parler de coalition (comme d'ailleurs les trotskystes en Italie). La LCR et LO excluent toute possibilité d'alliance, évidemment avec Bayrou et ses amis, et même pas avec le PS. Le PC essaie de se couvrir à gauche, car il est tétanisé par la LCR qui par deux fois l'a dépassé lors d'une présidentielle. Cela dit, le PC sait que pour préserver quelques députés et ses dernières municipalités, il doit faire alliance avec le PS. Un PS qui ne lui fera vraisemblablement pas de cadeaux cette fois-ci...
Le Parti socialiste français risque-t-il de disparaître ? 
Je ne crois pas. C'est le seul parti à gauche qui peut donner des présidents de la République, des Premiers ministres et qui peut constituer une majorité parlementaire. Il a augmenté notablement le nombre de ses adhérents au cours de cette année et il offre la possibilité de faire des carrières politiques. Avec en plus un mode de scrutin qui pousse à un système bipartisan. Dorénavant, il n'y a que deux grands partis en France : l'UMP et le PS. Jusque dans les années 80, nous avions deux grands partis dominants flanqués de deux partis mineurs mais influents, l'UDF à droite et le PC à gauche. Si la raison l'emporte ­ mais les passions jouent aussi un rôle en politique ­ le PS devrait limiter les risques d'éclatement.
Reste à savoir pour quoi faire. Que veut dire socialisme aujourd'hui ? Que signifie le réformisme dont, non sans hésitation, il se réclame et comment le rendre attractif ? Quelle prise peut-il avoir sur la société ? Le PS va-t-il se borner à expliquer que la victoire de Nicolas Sarkozy s'explique parce qu'il est l'homme des grands médias, des patrons et du fric ? Ou la gauche va-t-elle se demander si cela ne traduit pas des bouleversements substantiels de la société et de la politique ? Sur toutes ces questions, il y a un très gros déficit de travail au PS. Car si Ségolène Royal a réussi à conquérir les voix des jeunes de 18-24 ans et à reprendre pied dans les catégories populaires qui avaient déserté Jospin en 2002, il reste encore beaucoup d'ouvriers et d'employés qui votent pour Le Pen et qui ont donné leurs voix à Sarkozy au second tour. Le PS est, comme toute la gauche, un parti du secteur public.

C'est une exception française ? 
Non. Partout en Europe, les électeurs de gauche sont plutôt des gens de haut niveau d'instruction, vivant dans des grandes villes, ouverts culturellement, et appartenant le plus souvent au secteur public. Tous les partis de gauche ont reculé dans le monde ouvrier. La classe ouvrière s'est elle-même métamorphosée, les ouvriers travaillent souvent dans des petites entreprises et n'exercent plus les mêmes activités que dans un passé récent. En plus, les catégories populaires partout en Europe se sentant en insécurité dans leur vie quotidienne ont la tentation d'aller vers des partis de droite ou des partis populistes comme ceux de l'extrême droite dont le discours sécuritaire les rassure.
En France, la gauche a beaucoup de mal à admettre ce que le reste de la gauche en Europe a parfaitement compris : la logique de choix individuel est maintenant un trait dominant de nos sociétés qu'il ne faut pas occulter, mais au contraire comprendre pour y apporter des réponses de gauche. En France, la réflexion du Parti socialiste sur les mutations de nos sociétés est à peu près au niveau zéro.

Pourquoi ce "niveau zéro de la réflexion" ? 
Il faut mettre sans doute cela en relation avec la base sociale de la gauche. Regardez la composition des partis : les membres du secteur public au sens large représentent 62,3 % des délégués du 33e congrès du PCF en 2006, 64 % des délégués du congrès de la LCR en 2003 et 71 % des délégués du PS du congrès de Grenoble en 2000.
La défense du service public est devenue l'un des thèmes fondamentaux de la gauche française. Elle adopte une position défensive quand ses adversaires sont offensifs, accaparent le thème du changement et l'accusent du coup d'être conservatrice. En outre, une compétition à l'intérieur de la gauche s'est engagée avec la LCR et le PC qui ont fait de la défense des services publics leur grand cheval de bataille. Le PS devrait peut-être répondre à la volonté de Sarkozy de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite en n'argumentant pas simplement sur leur nombre, mais encore sur leur travail, leur répartition, leur formation, l'évolution de leurs compétences ou de leurs carrières, les critères d'avancement, etc. Ce sont des grandes questions qui déterminent pour une part l'évolution de nos sociétés contemporaines. Rocard avait jugé qu'il revenait à la gauche de réaliser cette modernisation, Jospin eut le courage d'en parler, depuis le PS ne dit plus rien et Ségolène Royal a improvisé dans l'urgence quelques réponses...

Les socialistes européens sont-ils plus avancés ? 
C'est le Labour et notamment Tony Blair qui, parmi les premiers, a cherché à se confronter aux transformations de la société britannique après des années d'échec électoral. Son raisonnement était le suivant : si nous avons échoué, c'est que le monde a changé, le Labour doit donc changer. Le débat a également été déclenché dans le SPD en Allemagne, dans la social-démocratie suédoise, au sein des Démocrates de gauche en Italie, dans le Parti socialiste ouvrier espagnol, au Parti socialiste européen, dans l'Internationale socialiste... Le seul à avoir choisi la politique de l'autruche, c'est le PS français. Qui a diabolisé tout de suite Tony Blair en le qualifiant de «social-libéral» comme certains disaient de Rocard qu'il incarnait «la gauche américaine» .
De son côté, Blair, par exemple, a mis beaucoup d'argent dans les services publics, mais ce geste a été assorti d'une série d'exigences sur l'évaluation des politiques publiques et des projets. En Italie, la gauche, en négociant avec les syndicats, a entamé une grande réforme de l'administration publique avec une volonté de simplification, de transparence envers les usagers ou des augmentations au mérite. Ces gauches-là ont pris des coups, elles ont perdu une partie de leur électorat, mais elles ont réussi à s'ouvrir à d'autres catégories sociales. Elles défendent la nécessité du service public ­ c'est ce qui les distingue de la droite ­ notamment dans certains domaines, comme l'énergie ou les transports, mais s'efforcent de les moderniser.

Il y a donc une singularité idéologico-culturelle française ? 
C'est le poids de la culture du conflit, de l'affrontement et de la radicalité, qui vient de loin : la scène primitive se joue avec la Révolution française et se véhicule sur plus de deux siècles. Certes, de nos jours, les Français ne veulent pas la révolution, mais ils sont attachés à l'idée que ce qui compte, c'est le choc et la rupture. L'idée étant que la gauche doit être dure face à ses «ennemis» . D'où la diabolisation de Sarkozy qui ne demandait que ça. La France fonctionne encore souvent sur la trilogie des «anti» : l'anticapitalisme baptisé maintenant l'antinéolibéralisme, l'antiimpérialisme qui aujourd'hui s'appelle l'antimondialisation et l'antifascisme. Ce triptyque est profondément ancré dans l'histoire de la gauche. Pour preuve, ces sondages réalisés chez les électeurs de gauche à propos de l'ouverture vers le centre qui montrent leur opposition à cette perspective, hormis, et c'est important de le souligner car cela indique une grande évolution, chez les sympathisants socialistes. En France, le centre est historiquement associé à la droite et un accord avec lui est assimilé à une "compromission"  inacceptable. Cela singularise la gauche française.
Aujourd'hui donc, il n'y a pas de place pour un centre ou une grande coalition ? 
A cause de ce système bipartisan, le parti du centre est quasi mort-né, ce qui n'empêchera pas Bayrou d'espérer se représenter en 2012. Le PS tire le constat qu'il n'y a plus d'union de la gauche possible faute de combattants (le PC et les Verts sont anéantis). Il a alors deux possibilités, me semble-t-il. Il peut à l'avenir intégrer en son sein ou dans un autre parti refondé une composante modérée comme le font nombre d'autres partis sociaux-démocrates européens. Ou il peut s'orienter vers une alliance avec le Mouvement démocratique. Pour le moment, c'est quasi impossible puisque Bayrou veut, lui, créer un pôle centriste indépendant. Dans les deux cas de figures, cela supposera que le PS s'engage parallèlement dans une profonde analyse des attentes politiques des citoyens et des changements de la société en abordant des sujets essentiels, comme par exemple celui des salariés du privé ou des jeunes qui ne bénéficient pas des avantages du «socialisme pour une seule génération» ­ selon la formule d'un sociologue italien ­ qui a été mis en place. Il devra aussi engager un véritable travail de pédagogie envers ses troupes. Il s'agira alors de changer son ADN, sa culture, son identité. Cela représente un travail de très longue haleine qui pourrait aboutir à une synthèse des réformismes à l'instar de ce qui s'opère en ce moment en Italie avec la création du Parti démocratique regroupant les démocrates de gauche et les centristes de la Marguerite.
Professeur des universités, historien et politiste, Marc Lazar est directeur de l'Ecole doctorale de Sciences-Po. Spécialiste des gauches communistes et socialistes en Europe et de la politique italienne, il dirige au Ceri (CNRS-Sciences-Po), le groupe d'études et de recherches pluridisciplinaires sur l'Italie contemporaine. Il a notamment publié, avec Stéphane Courtois, Histoire du Parti communiste français, PUF, 2000 ; le Communisme, une passion française, Perrin, «Tempus», 2005, et l'Italie à la dérive. Le moment Berlusconi, Perrin, 2006. Il prépare actuellement un livre sur La Gauche française et les services publics à paraître chez Perrin et un livre collectif sur l'Italie depuis 1945 chez Fayard.



http://www.liberation.fr/transversales/weekend/254732.FR.php

Par mso - Publié dans : Blog
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 19:21
Pourquoi nous avons soutenu Ségolène ? Pour sa façon de prendre le parti non par la gauche mais par la base

 

Cette défaite, pour parler franchement, le PS ne l'a pas volée. Inutiles Cassandre, comme dit Chateaubriand, nous avons fatigué le ciel et nos lecteurs de nos objurgations :
"Regardez donc autour de vous ! Regardez le monde comme il va ! Conservez vos convictions mais débarrassez-nous de vos impostures !"
Les caciques hochaient la tête : décidément, ces Daniel, ces Joffrin, ces Julliard n'étaientils pas en train de "glisser à droite" ? Sincèrement, nous n'avions pas l'impression d'être plus à droite que MM. Hollande, Strauss-Kahn, Fabius ou même Emmanuelli. Seulement voilà : n'étant pas candidats à des fonctions électives au sein du PS, nous n'étions pas contraints de "prendre le parti par la gauche", c'est-à-dire d'émettre à intervalles réguliers ces calembredaines rituelles qui font plaisir aux militants mais découragent les électeurs. L'un déclarait, tout à trac, qu'il fallait d'urgence augmenter les impôts; le deuxième, qu'il était temps de renationaliser l'énergie; le troisième, qu'il était sage d'augmenter massivement le smic et de régulariser tous les sans-papiers. Les ouvriers, à qui on ne la fait plus, avaient l'impression qu'on les prenait pour des billes et regardaient ailleurs. Les classes moyennes, lassées d'être maltraitées par leurs défenseurs naturels, cherchaient leur salut du côté de François Bayrou. Je veux bien vous faire une confidence : pourquoi croyez-vous que nous avons pris parti pour Ségolène Royal ? Pourquoi pensez-vous que j'ai personnellement mouillé ma chemise à la défendre ?

Pour ses beaux yeux ? Pas seulement !

Parce qu'il ne nous avait pas échappé qu'elle partageait nos critiques à l'égard du PS; nos critiques et nos inquiétudes ! D'où sa manière de prendre le parti non par la gauche mais par la base. D'où sa façon bien à elle de lâcher les chiens, ces déclarations inattendues, capricantes, mélange d'intuitions justes et de maladresses à demi calculées. D'où cette façon provocatrice de parler du travail, de la morale, de la patrie, de l'ordre, toutes notions que les imbéciles jugent réactionnaires, qui choquent les militants mais font plaisir aux électeurs. La vérité est que Ségolène a improvisé une campagne dont les fondations étaient justes mais la construction quelque peu bâclée. Pendant ce temps-là, ses "camarades", furieux et meurtris, employaient le plus clair de leur temps à la démolir. Que dans ces conditions elle ait pu recueillir 26 % des voix au premier tour et 47 % au second relève de l'exploit. Un exploit que le parti s'est révélé incapable de renouveler aux législatives. Vous voyez bien... Alors, que faire ? On a déjà, ici, dans l'optique d'une refondation de la gauche, indiqué quelques orientations. Sous le nom de socialisme de marché , on a suggéré une voie qui permettrait au Parti socialiste de renouer avec l'univers de la production des richesses au lieu de se contenter de prétendre en modifier la répartition. Un parti qui borne sa compétence au social sans se préoccuper de l'économique peut être utile comme puissance tribunitienne; mais comme tel, il n'a pas vocation à prétendre au gouvernement du pays ! Il me semble que c'est cela que les électeurs ont voulu lui faire entendre l'autre jour. L'autre réflexion à mener devrait porter sur les alliances. Sur sa lancée idéologique actuelle et sur sa stratégie d'union de la gauche, le PS et ses alliés, qui pèsent environ 35 % du corps électoral, n'en représenteront que 30 ou même 25 la prochaine fois. Or, en démocratie, le premier devoir est de présenter un programme potentiellement majoritaire. Mener le combat électoral en écartant toutes les chances de le gagner, c'est un jeu qu'il faut laisser aux gauchistes. Ceux-là ne croient pas à la règle majoritaire ni aux élections; ils s'entendent très bien pour les perdre. Lorsque Ségolène Royal propose de prendre langue avec le parti de François Bayrou, elle ne fait une fois de plus que tirer les conséquences de la situation d'aujourd'hui, qui est plus qu'un accident : la gauche, dans sa forme actuelle, est structurellement minoritaire. Il est temps de rompre avec la délectation morose qui naît d'une telle situation.

 

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2223/articles/a347120.html

Par Jacques Julliard - Publié dans : Blog
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