Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /2007 09:04
"J'ai voulu ce nouveau mouvement, mais il n'est pas le mien. Je le porterai avec une équipe"

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elections_2007/20070525.OBS8628/bayrou_sen_prend_a_la_politiquede_ralliements_individue.html


Bayrou s'en prend à la politique de "ralliements" individuels de Sarkozy. C'est "exactement le contraire" de son projet de "rassemblement" droite-gauche, a déclaré le leader centriste, en meeting à Paris, car "derrière le ralliement, il y a le désenchantement et puis l'effacement. Derrière le rassemblement, il y a le courage et le succès".
Abandonné par la quasi-totalité de ses députés sortants, à quelques semaines de législatives qui s'annoncent "rudes" pour le MoDem, François Bayrou a engagé, jeudi 24 mai, ses partisans réunis au Zénith dans une "longue marche" qui, l'espère-t-il, le conduira jusqu'à la présidentielle de 2012.
D'ici là, le candidat UDF à la présidentielle risque de trébucher sur les législatives des 10 et 17 juin, à l'issue desquelles il n'est guère crédité pour l'heure que de dix députés au mieux.

"Ce combat sera suivi de bien d'autres"

Devant quelque 5.000 de ses partisans, François Bayrou, lui-même candidat aux législatives dans le Béarn, s'est donc déjà projeté vers les municipales de 2008, puis vers les régionales et les européennes. Les 535 candidats UDF-MoDem aux législatives "livrent là pour beaucoup leur premier combat. Mais ce combat sera suivi de bien d'autres, plus faciles, plus encourageants", a-t-il assuré.
"Nous avons commencé une longue marche", et "ce que nous allons commencer à ces élections législatives, nous allons le couronner aux élections municipales, régionales et européennes", a-t-il affirmé.
Dans les prochaines années, François Bayrou entend "défendre les Français", "face à cette immense entreprise de communication" qu'est selon lui la présidence de Nicolas Sarkozy. "Qui leur dira la vérité?", a-t-il lancé. Car "l'UMP va avoir tous les pouvoirs en France, toutes les majorités, toutes les situations d'influence".

Inquiétude sur la franchise sur les soins médicaux

François Bayrou a ainsi dénoncé "la nomination à la tête de TF1, annoncée par l'Elysée et non pas par l'entreprise, de l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy".
S'il a approuvé la proposition de "traité simplifié" défendu par Nicolas Sarkozy pour sortir de l'impasse institutionnelle européenne, il a en revanche déjà évoqué "deux motifs d'inquiétude", dont le projet de franchise sur les soins médicaux, non remboursée par la Sécu, qui attendrait 75 euros. "Il y a beaucoup de familles pour qui 75 euros, c'est beaucoup d'argent", a-t-il rappelé. Le béarnais a aussi jugé "dangereux d'avoir annoncé hier qu'on allait mettre désormais entre parenthèses la lutte contre les déficits et la dette".
Quant à la politique de "ralliement" de Nicolas Sarkozy, avec l'entrée au gouvernement de ministres UDF ou socialistes-, c'est "exactement le contraire" de son projet de "rassemblement" droite-gauche, a-t-il assuré. "Derrière le ralliement, il y a le désenchantement et puis l'effacement. Derrière le rassemblement, il y a le courage et le succès".

Des "grandes assises de la démocratie"

Evoquant le départ de 22 de ses 29 députés sortants, ralliés à la majorité, il a reconnu que, "affectivement comme politiquement, ces moments n'ont pas été des moments faciles". Mais "les changements de camp préparent toujours des déceptions d'abord et des disparitions ensuite", a-t-il prévenu. Il a tout de même souhaité que le futur MoDem se dote d'une "charte éthique" contre les "changements de camp".
Face à la perte annoncée de ses députés, François Bayrou compte sur ses quelque 7 millions d'électeurs du premier tour de la présidentielle, le 22 avril, et sur les 75.000 nouveaux adhérents que revendique le MoDem. "Ce n'est pas une oeuvre solitaire qui commence", a-t-il assuré alors que ses détracteurs l'accusent d'être surtout préoccupé par ses ambitions présidentielles. "J'ai voulu ce nouveau mouvement, mais il n'est pas le mien. Je le porterai avec une équipe", a promis François Bayrou.
Il a annoncé des "grandes assises de la démocratie" qui se tiendront "probablement la dernière semaine du mois d'août" pour définir les statuts du MoDem.

Comme de Gaulle

Et il s'est pris à rêver: "en 1951, de Gaulle avait réussi à constituer un groupe parlementaire fort de plus de 100 députés" et "en quelques mois (...) presque tous ses députés ont rejoint le pouvoir de l'époque", a-t-il rappelé. Le général de Gaulle était finalement arrivé au pouvoir en 1958, à l'occasion de la crise algérienne.
François Bayrou s'apprête à lancer sa "longue marche" par un marathon: d'ici le 10 juin, il compte faire campagne tous les jours dans sa circonscription, puis consacrer l'après-midi et la soirée au soutien aux autres candidats MoDem. 

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elections_2007/20070525.OBS8628/bayrou_sen_prend_a_la_politiquede_ralliements_individue.html

Par Nouvel Obs - Publié dans :
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 10:40

Manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/256053.FR.php?utk=0007d134

 

Les réformes qu'entend mettre en oeuvre le gouvernement Fillon privilégient les gros revenus et pourraient coûter près de 4 milliards à l'Etat.
Jaurès et la valorisation des fruits du travail dans les discours. L'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente quand il s'agit de prendre des mesures concrètes. Au final, une politique fiscale menée par le gouvernement Fillon, qui, selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, "va profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier". Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus.

Superprivilégiés

Ainsi le bouclier fiscal. Dès l'été, le gouvernement va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure. "Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches, tranche Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui. Il profite à 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu..."  Ces contribuables superprivilégiés ont déjà reçu en trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'euros en remboursement.
A cette mesure il faut ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarent plus de 760 000 euros de patrimoine net, soit 500 000 foyers en France. Si, dès l'été, le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont de nouveaux milliards qui s'envolent pour le budget de l'Etat. Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêtent pas là, puisqu'une réforme des droits de succession est prévue. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Mesure archipopulaire. Y compris chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements. Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches.

Tirer un trait

Ces mesures risquent de coûter près de 4 milliards d'euros à l'Etat. "Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'euros", selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant. Ce qui l'est plus, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. "C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP. Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance."  Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en oeuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée.

 

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/256053.FR.php?utk=0007d134

 

Sécu: le gouvernement cache le dérapage

L'annonce d'un trou supplémentaire de plus d'un milliard attendra la fin des législatives

http://www.rue89.com/2007/05/23/le_gouvernement_va_t_il_laisser_la_securite_sociale_plonger_dans_le_rouge

 

Les comptes de la sécu replongent rapidement, un dérapage de plus de 1,1 millard d'euros, mais chut... Il semble urgent d'attendre la fin des législatives pour en parler... et donc laisser filer les déficits quelques semaines de plus.
Dans une interview aux Echos Eric Woerth, ministre du Budget et des Comptes publics, évoque des dépenses d'assurance maladie "dynamiques", bel euphémisme; mais il maintient, contre toute vraisemblance, la prévision de déficit pour l'année (8 milliards d'euros sans mesures nouvelles)...
Trois hommes ont entre leur main la décision de stopper l'hémorragie: les trois experts qui composent le comité d'alerte sur l'évolution des dépenses d'assurance maladie. Mais ils ne semblent pas si pressés de tirer la sonnette d'alarme. Le 6 avril, ils ont publié un premier communiqué d'attente mi-chèvre mi-chou qui leur a permis de respecter, formellement, leur obligation de rendre un avis "avant le 1er juin". Ils s'apprêtent à agir plus sérieusement, mais "dans les deux à trois semaines qui viennent", dit l'un d'entre eux, Michel Didier, directeur général de l'institut COE-Rexecode, "le temps de regarder de près les chiffres". Le temps aussi de laisser les législatives passer... "On ne tient pas vraiment compte du calendrier électoral, explique le même sage, mais c'est vrai que nos avis sont rendus à la fois au gouvernement et au Parlement, et que de Parlement, en ce moment, il n'y en a pas beaucoup..."
On pourrait ajouter qu'il n'y a pas beaucoup de gouvernement non plus, ou pas encore. En coulisse, les ministres s’activent pour savoir qui va hériter de ce vilain dossier de l'assurance-maladie: Roselyne Bachelot (Santé), Xavier Bertrand (Travail, mais aussi "Solidarité") ou Eric Woerth (Budget, mais aussi "Comptes publics")? A moins que ce ne soit Jean-Louis Borloo (Economie)…

Un dispositif d’alerte

Depuis 1996 et la création de la loi de financement de la Sécurité sociale votée par le Parlement, les comptes de la Sécu se voient fixer un objectif de dépenses annuelles à ne pas dépasser. Pour 2007, l’Ondam (Objectif national des dépenses d’assurance-maladie) est de 144,8 milliards d’euros, soit une hausse de 2,6% par rapport à l’année précédente. De l’avis des spécialistes, l’objectif est très ambitieux, mais pas impossible à tenir, compte tenu des bons résultats économiques du moment. Plus il y a de travailleurs cotisants, plus les recettes de la Sécu augmentent.
Pour contrôler la réalisation de cet objectif, un comité d’alerte, composé de trois professionnels de santé reconnus, a pour rôle de tirer la sonnette d’alarme dès que l’Ondam dérape de plus de 0,75%. Soit 1,1 milliard d’euros pour 2007. Ils doivent rendre un avis annuel (avant le 1er juin, ce qu'ils font généralement le 31 mai) et alerter en cas de "besoin".
Lorsqu'ils déclenchent l'alerte, gouvernement, Parlement et Caisse nationale d'assurance-maladie doivent alors proposer, sous un mois, des mesures d’économie. Problème: comme chacun le sait, les députés sont en campagne.

Dérapage annoncé

Or, après des chiffres plutôt bons en 2006 (réduction du déficit de l'assurance-maladie à 6,3 milliards d’euros), les dépenses de santé sont reparties de plus belle au cours des premiers mois de l’année. Surtout en janvier, février et, apparemment, en avril, notamment à cause d’une reprise de l’activité épidémique. Dans son avis du 6 avril, le comité d’alerte sonne le tocsin… entre les lignes: "Compte tenu des évolutions constatées, il apparaît que les dépenses ne pourront être contenues en deçà du seuil fixé par le décret n° 2004-1077 du 12 octobre 2004 (0,75 % au-dessus de l’objectif, soit 1,1 milliard d’euros en 2007) que si les économies prévues lors de la construction de l’Ondam 2007 sont intégralement réalisées." Sous-entendu, on va droit dans le mur... sauf si la Vierge apparaît entretemps avenue de Ségur.

Pression du gouvernement

A peine nommés, les membres du gouvernement concernés ont fait savoir qu’ils ne seraient pas mécontents d’un petit répit, le temps de mener à bien la campagne des législatives. Les trois membres du comité d’alerte (Jean-Michel Charpin, directeur général de l’Insee, François Monier, secrétaire général de la Commission des comptes de la Sécu, et Michel Didier, précité) ne sont pas insensibles à ces problèmes de calendrier. Tant que le Parlement n’est pas réuni, difficile de prendre des mesures d’économie.
Si l’argument peut paraître justifié, l’Assemblée nationale ayant désormais un vrai rôle de contrôle, il est économiquement désastreux. Et politiquement contestable, car le dérapage est ainsi évacué du débat des législatives. Le 29 mars, juste avant de quitter son ministère, Xavier Bertrand a fait un joli cadeau de campagne aux médecins généralistes en revalorisant le tarif des consultations (de 21 à 22 euros à partir du 1er juillet), ce qui ne peut qu'accentuer le dérapage.
Dans un entretien avec le Quotidien du médecin en décembre 2004, Raymond Soubie, aujourd'hui conseiller pour les affaires sociales du président Sarkozy, le disait pourtant clairement: "Si (...) les dépenses dépassent l'Ondam de 0,75% et que la procédure d'alerte se déclenche, la réforme aura échoué. Il est évident que, au-delà de l'amélioration du système, la maîtrise médicalisée et les systèmes d'accès aux soins ont aussi un objectif financier."

 

http://www.rue89.com/2007/05/23/le_gouvernement_va_t_il_laisser_la_securite_sociale_plonger_dans_le_rouge

Par Muriel Gremillet Libération - Guillaume Bouchet et Pascal Riché R89 - Publié dans :
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /2007 07:43

certains dénoncent des "pratiques berlusconiennes"

 

http://abonnes.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-31007831@7-37,0.html

 

 

Les relations du président Nicolas Sarkozy avec les médias inquiètent syndicats, partis politiques de gauche et ONG, dont certains dénoncent des "pratiques berlusconiennes" qui menacent la liberté de la presse.
Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne du chef de l'Etat, a rejoint mercredi le groupe Bouygues et sera nommé "en temps voulu" à la direction générale de TF1, la première chaîne de télévision française avec une part d'audience de 31,6% en 2006.

Cette nomination intervient après l'arrivée à l'Elysée et à Matignon de deux journalistes, l'une venant du Point et l'autre du Figaro.

La CGT a dénoncé "le cynisme absolu" de Nicolas Sarkozy et déploré une "démarche scandaleuse quelques jours seulement après son élection. "Le geste est culotté et violent", a dit à Reuters Jean-François Pujol, secrétaire général adjoint de la CGT-Culture qui dit craindre "pour la démocratie".

De son côté, la CFDT de la Communication et de la Culture a parlé d'"une nouvelle ère étouffante" pour l'information. Son secrétaire général adjoint Philippe Debruyne prévient qu'"il ne faudra pas se laisser faire".

"L'affaire Solly est particulière, caricaturale et exacerbée", a-t-il dit à Reuters, dénonçant "toutes ces amitiés qui se font désormais d'une manière totalement décomplexée et au grand jour". "Tout est permis, il n'y a plus à se cacher".

Le Syndicat national des journalistes a jugé la nomination à TF1 de Laurent Solly "extrêmement choquante car elle va mettre un peu plus à mal le lien de confiance entre les citoyens et cette chaîne de télévision".

"On peut craindre que cette nomination ne soit pas la dernière du genre", ajoute-t-il dans un communiqué.

RSF APPELE LES JOURNALISTES A LA VIGILANCE

Robert Ménard, président de Reporters sans Frontières (RSF) a appelé les journalistes à "la vigilance" et à "résister aux pressions".

Nicolas Sarkozy "n'est pas le premier politique à être interventionniste. Ils le sont en général beaucoup. Mais lui, il l'est de façon plus ouverte, plus évidente", a-t-il dit à Reuters.

"Les pressions (..) il y en a toujours eu, mais Nicolas Sarkozy en exerce manifestement plus que d'autres. A nous de résister!", a dit le président de RSF.

Il a insisté sur ses "liens tellement proches avec un certain nombre de médias", citant Arnaud Lagardère, président du groupe du même nom.

Premier éditeur de magazines au monde avec notamment Paris Match et Elle, le groupe contrôle également la radio Europe 1.

Ami proche du chef de l'Etat, Arnaud Lagardère l'avait présenté, lors d'un séminaire des cadres du groupe Hachette à Deauville en avril 2005, comme "un frère".

Le constructeur Martin Bouygues, P-DG du groupe Bouygues, qui possède 42,9% de TF1 a été l'un des témoins de mariage de Nicolas et Cécilia Sarkozy. Il est le parrain de leur fils Louis.

L'autre témoin de mariage est Bernard Arnault, président du numéro un mondial du luxe LVMH et propriétaire du quotidien économique La Tribune.

Mercredi, le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a dénoncé une "relation consanguine" avec certains groupes de presse, stigmatisant lui-aussi le groupe Lagardère.

La veille, son parti avait déploré une "collusion complètement indécente" et "un mélange des genres".

Pour la Ligue communiste révolutionnaire c'est "un danger" pour la démocratie. Dans un communiqué, la LCR condamne des "pratiques berlusconiennes qui mettent en danger la liberté de la presse et l'indépendance des médias".

 

 

______________________________________________________________

Félons ou pionniers ? : Nicolas les veut tous...

Les ministres de gauche de Sarkozy ? Des traîtres, dit-on au PS. Des éclaireurs, affirment leurs proches

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2220/dossier/a345208-f%E9lons_ou_pionniers_.html

 

Leur ralliement témoigne du malaise de la gauche. Et de l'habileté du président. Carole Barjon raconte comment Nicolas Sarkozy a su cultiver, de longue date, des amitiés à gauche et comment il veut dynamiter le PS

"Il faut qu'on soit plusieurs"

C'est la première chose qui vient à l'esprit de Bernard Kouchner lorsque Nicolas Sarkozy, de retour de Malte, le sollicite pour le Quaid'Orsay. Et c'est ce qu'il répète quelques heures plus tard, au téléphone, à son ami Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin, aujourd'hui secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, pour le convaincre, s'il en était besoin, d'entrer au gouvernement. C'est pourquoi aussi il a plaidé auprès du nouveau président de la République pour que le président d'Emmaüs, Martin Hirsch, son ami qui fut son directeur de cabinet au ministère de la Santé, obtienne un secrétariat d'Etat. A d'autres proches, pendant cette folle semaine de tractations, le fondateur de Médecins sans Frontières le redit autrement : « Je ne veux pas être tout seul. »
Kouchner le sait : solitaire, le rallié est un félon. Aux yeux de la gauche, Eric Besson, ancien secrétaire national du PS passé à l'ennemi en pleine campagne présidentielle, fait figure de traître absolu. Groupés, les ralliés ne sont plus jugés sur leur seule démarche, ils posent aussi la question de la capacité de leur ancienne famille, le Parti socialiste, à conserver ses troupes. Traîtres ou éclaireurs ? Félons pour leur ancienne famille, les nouveaux ministres de gauche de Sarkozy se vivent, eux, comme des pionniers. Le ralliement de Kouchner, Jouyet, Hirsch, Besson, les tentations d'Hubert Védrine, de Claude Allègre, de Jacques Attali et peut-être demain de Jack Lang, cela commence à faire beaucoup... Pourquoi tous ces hommes de gauche ont-ils dit oui, chacun à sa manière - portefeuille ministériel ou mission future - à Sarkozy ? Pourquoi d'autres sont-ils tentés ? Peut-on réduire ces disponibilités à un vulgaire opportunisme ? Ou à une vocation d'agents doubles, de taupes dormantes ? Peuton déclarer, comme l'a fait François Hollande à propos de son ( ex ?) ami Jean-Pierre Jouyet : « Je le connais depuis trente ans, il a toujours eu des convictions de droite » ? Une affirmation « fausse » qui a choqué leur ami commun l'avocat Jean-Pierre Mignard, fondateur avec les deux précédents du très deloriste club Témoin. Selon lui, Jouyet est « une personnalité de gauche incontestable que le PS n'a pas su gérer et qui aurait dû figurer sur sa liste européenne » . « Tant que le parti fera prévaloir une logique d'appareil , tout ceci se reproduira » , s'énerve Mignard.

Tous des atypiques ?

Tous des atypiques, entend-on dans la vieille maison. Atypique, Védrine, certes plus mitterrandiste que socialiste orthodoxe, mais ministre de Jospin pendant cinq ans ? Atypique, Kouchner, certes plus militant de la cause humanitaire que distributeur de tracts du PS, mais témoin essentiel de la cause anti-totalitaire ? Atypique, Jouyet, certes plus représentatif de la haute fonction publique que de la base,  mais qui fut un pilier du cabinet Jospin ? Atypique, Besson, venu de l'entreprise privée, mais députémaire socialiste ayant réussi son implantation locale ? Atypique, Martin Hirsch, auteur d'un rapport remarqué sur les travailleurs pauvres et promoteur du revenu de solidarité active que Ségolène Royal avait adopté dans son programme ? Atypique, enfin, Claude Allègre, grande gueule mais fidèle de Jospin ? Sans doute un peu, chacun à sa manière. On peut les voir comme des aventuriers ou des ambitieux.
Mais tous ont apporté leur pierre à la gauche et ont contribué à élargir son assise.
L'ouverture au monde ou à l'entreprise pour les uns, le réalisme économique ou l'ancrage associatif et la noblesse de l'action caritative pour les autres.

Si vous voulez faire bouger les choses…

Voilà ce que Sarkozy, pourtant le champion de la droite décomplexée, espère avoir volé à la gauche en moins d'une semaine. 8 mai. Après un jour de repos à Malte, le nouveau président décroche son téléphone. Premier sur sa liste : Hubert Védrine, aujourd'hui avocat international et président de l'Institut François-Mitterrand. Sarkozy, alors ministre du Budget, l'a connu en 1993, sous la deuxième cohabitation, celle de Mitterrand-Balladur. Védrine était secrétaire général de l'Elysée. A l'époque, Sarkozy, qui caresse déjà de grandes ambitions, s'intéresse de près au fonctionnement du palais présidentiel, pose beaucoup de questions, apprend, emmagasine tout. Sarkozy aime les pros, et Védrine en est un. Parfois vu à gauche comme un cynique, c'est un adepte de la realpolitik. Il parle clair et va droit au but. Tout pour plaire à Sarkozy, qui n'aime pas non plus les discours contournés. Ils n'entretiennent pas de relations suivies mais ont quelquefois déjeuné ensemble. Védrine n'est "demandeur de rien", mais il accepte le principe d'une discussion. Pour lui, l'élection présidentielle crée une situation nouvelle. Il n'est pas dupe de l'aspect tactique de la tentative d'ouverture, mais il croit à la mise en commun des compétences, gage de la crédibilité d'une politique. De retour à Paris, le chef de l'Etat le reçoit, vendredi 11 mai, dans ses bureaux de la rue Saint-Dominique. Il veut lui confier le ministère de la Justice. Refus. L'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin ne veut pas endosser à ce point la future politique gouvernementale. Pour lui, la politique étrangère est l'un des rares domaines où "une approche non partisane est possible" . Sarkozy est d'accord : "Je ne suis pas l'atlantiste que l'on croit", lui dit-il. L'entretien achoppe cependant sur les attributions du Quai-d'Orsay que Sarkozy envisage de réduire au profit d'autres ministères ( délivrance des visas et coopération notamment ) mais aussi des Affaires européennes, qu'il veut alors rattacher à Matignon, et du pouvoir qu'il entend conférer à Jean-David Levitte, responsable d'un conseil de Sécurité à l'Elysée. Mais Sarkozy a d'autres fers au feu. Fort de ses 53 % au second tour, le nouveau président de la République veut une ouverture large. Entre-temps, il a donc déjà pris d'autres contacts, notamment avec Bernard Kouchner, qu'il sait disponible. Il les connaît, lui et sa femme, Christine Ockrent, depuis longtemps. Certes, l'ancien ministre socialiste de la Santé dénonçait encore, un mois auparavant, "la pêche dans les eaux de l'extrême-droite"  du candidat de l'UMP, mais l'important n'est pas là. Ne s'est-il pas dit, en décembre 2006, "prêt à travailler dans un gouvernement d'union nationale, une véritable équipe de France", si Sarkozy était élu ? N'at-il pas lancé, au soir du second tour, un appel à une alliance avec le centre ? Avec Kouchner, qu'il reçoit plusieurs fois entre le 9 et le 17 mai, jour de la nomination du Premier ministre, les choses vont plus vite. L'ancien French doctor, qui bénéficie d'une certaine manière de l'échec de la négociation avec Védrine, obtient facilement de conserver les Affaires européennes, condition sine qua non à son entrée au gouvernement. Il recommande aussi ses amis Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch. Conseil inutile. Sarkozy y a déjà pensé.
Dès le mercredi 9 mai, Emmanuelle Mignon, aujourd'hui directeur de cabinet du président, puis Claude Guéant ont pris contact avec Martin Hirsch pour lui offrir un poste de conseiller à l'Elysée. Le soir même, Sarkozy, rentré de Malte dans l'après-midi, le reçoit rue Saint-Dominique et lui propose un secrétariat d'Etat. "Vous connaissez comme moi la complexité des structures de l'Etat , lui dit-il, et vous vous plaignez de ses lourdeurs. Si vous voulez faire bouger les choses, il vous faut des leviers. Vous ne pouvez pas vous contenter d'être un demi-levier ." Et Sarkozy ajoute : "Je peux me permettre d'avancer sur le terrain social car mon score de 53 % veut dire que j'ai été élu aussi avec des voix de gauche."
Hirsch réserve sa réponse. Le président d'Emmaüs avait déjà accepté de rencontrer, le 1 er février dernier, Place-Beauvau, celui qui était alors ministre de l'Intérieur et qui lui avait envoyé une très longue lettre avant de le croiser aux obsèques de l'abbé Pierre. Il juge que le candidat Sarkozy a évolué pendant sa campagne sur les minima sociaux. Ce 9 mai, il est tenté, mais il hésite. La fonction ministérielle le gêne. Il ne veut pas endosser toute la politique gouvernementale et aimerait conserver sa liberté de parole. Il veut aussi contribuer à la mise en oeuvre de son idée de revenu de solidarité active. Il ne veut ni se défiler ni surtout se retrouver en position de conflit avec le nouveau pouvoir, position qui serait préjudiciable à sa cause. Après quatre jours de réflexion et d'échanges de messages avec Bernard Kouchner, il envoie, le dimanche 13 mai, un texto à Mignon et Guéant pour suggérer la création d'un haut-commissariat aux Solidarités actives contre la Pauvreté. L'accord est entériné dès le lendemain au cours d'un dernier rendez-vous avec le président de la République.
Avec Jouyet, les choses vont encore plus vite. Sarkozy l'a connu comme directeur du Trésor en 2004 lorsqu'il était ministre des Finances. Appréciant sa compétence, il avait alors refusé sa démission – "On va voir, rien ne presse" - avant de le nommer plus tard ambassadeur chargé des questions économiques internationales. A l'époque, les deux hommes s'apprécient, échangent beaucoup lors des conseils des ministres européens, où Sarkozy s'ennuie ferme. Le ministre le présente alors fréquemment comme son "socialiste préféré", voire, un peu plus tard, comme un "sarkozyste de gauche". Ce samedi 12 mai, lorsque Sarkozy, alors installé au pavillon de la Lanterne à Versailles, l'appelle pour lui proposer le secrétariat d'Etat aux Affaires européennes, le social-libéral Jouyet ne tergiverse pas : c'est oui. "La relance de l'Europe m'intéresse et elle transcende les clivages."  Reste le cas d'Eric Besson, qui a officiellement rallié le candidat UMP avant son élection. A-t-il failli passer à la trappe après le coup de fil de Ségolène Royal à Sarkozy le 6 mai au soir ? Après avoir félicité le nouveau président pour son élection, l'ex-candidate du PS lui a demandé "une seule chose" : ne pas prendre Besson au gouvernement. Mais le veto Royal n'est pas la seule chose qui inquiète Besson. Après toutes ces grosses prises emblématiques comme Kouchner ou Hirsch, vaut-il encore quelque chose pour la galaxie Sarkozy ? Le président, qu'il revoit le 15 mai, puis François Fillon le rassurent : "Tu n'imagines pas les pressions de la gauche pour qu'on te laisse sur le carreau", lui dit le futur Premier ministre, avant de lui proposer le secrétariat d'Etat à la Prospective, placé sous sa responsabilité.

Zarkozy s'intéresse à la gauche depuis longtemps …

Si Sarkozy a pu réussir son opération de débauchage, c'est qu'il s'intéresse à la gauche, à son fonctionnement, à sa stratégie, à ses élus depuis longtemps, beaucoup plus longtemps qu'on ne croie.
Depuis près de vingt ans, il cultive les amitiés à gauche, Jacques Attali, habitant de Neuilly, ou l'historien Jean-Michel Gaillard, aujourd'hui décédé. Il a connu cet ancien conseiller de Mitterrand à l'Elysée, par l'intermédiaire du producteur Jacques Kirsner, ancien trotskiste. C'est ce dernier qui produira le film qu'ils réaliseront ensemble - Gaillard en sera le scénariste - sur la vie de Georges Mandel dont Sarkozy avait écrit la biographie. Lorsque Gaillard mourra d'un cancer, Sarkozy lui rendra un bel hommage dans "le Journal du Dimanche". Il a aussi su séduire l'historien Max Gallo. Dans la sphère politique, Sarkozy a toujours entretenu à l'Assemblée nationale de bonnes relations avec Julien Dray, qui jugeait qu'"il aurait pu être gaucho car il conceptualise tout de suite", ou avec Malek Boutih, qui avait expliqué, avant de se faire taper sur les doigts par le PS, que Sarkozy "redonnait l'envie de la politique". Autre vieilles connaissances : Bernard Tapie et Jack Lang, que Brice Hortefeux, fidèle du nouveau chef de l'Etat, rencontre régulièrement.

"Quand on est fort, il faut ouvrir"

Aujourd'hui en charge du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, Hortefeux a joué un rôle non négligeable dans la préparation des ralliements et d'éventuels renversements d'alliances. C'est lui qui avait lancé voici plus d'un an la Diagonale, club de sarkozystes de gauche, organisateur de tables rondes auxquelles ont participé Jean-Marie Bockel, député-maire socialiste de Mulhouse, le producteur Marin Karmitz ou Richard Descoings, ancien conseiller de Jack Lang et directeur de Sciences-Po. C'est Hortefeux qui prépare, avec la complicité de son voisin régional l'ancien ministre Michel Charasse, la venue en Auvergne du candidat Sarkozy entre les deux tours. Charasse, poids lourd de la mitterrandie - encore un - réservera à Sarkozy, le 27 avril, un accueil républicain remarqué dans sa mairie de Puy-Guillaume, destiné, dit Hortefeux, à "stopper la diabolisation" . Le nouveau président de la République en est depuis toujours "génétiquement convaincu", selon son ami Brice Hortefeux : "Quand on est fort, il faut ouvrir". Notamment pour couper court aux inévitables critiques sur l'omnipotence d'un Etat-UMP. Ouvrir à gauche donc, mais aussi aux chiraco-juppéistes et aux centristes, comme l'ont fait avant lui Giscard ou Mitterrand et, rupture oblige, comme ne l'avait pas fait Chirac avec les balladuriens. Mais, à en croire ses proches, les motivations de Sarkozy ne seraient pas purement politiques. On aurait tort, selon eux, de sous-estimer l'effet qu'a produit le "tout-sauf-Sarko" sur l'intéressé. "Pourquoi tant de haine ?" , at-il répété en fin de campagne.

Le nouveau monarque veut aussi être aimé ....

Parallèlement à la constitution du gouvernement et à ses ralliements spectaculaires, Sarkozy, entre deux joggings, s'attaque donc aussi aux partis de gauche. Son objectif est clair : déstabiliser un peu plus la gauche avant les législatives, bien sûr, dynamiter le Parti socialiste, notamment en cherchant, grâce aux manoeuvres de Bernard Tapie, à le couper du PRG, son allié traditionnel. Mais surtout écraser Bayrou, ce Bayrou qui a tenté de le tuer et qui l'a assimilé au CAC 40. En attirant à lui des hommes et femmes de gauche, en chassant sur les terres radicales, il veut l'asphyxier. Sarkozy veut "lui faire la peau", dixit un proche. Le "grand parti du centre" annoncé à sons de trompe par François Bayrou ? Sarkozy l'imagine volontiers, comme l'ont pronostiqué certains instituts de sondage, réduit à quatre ou cinq députés... Jeudi 17 mai, dans la matinée, Jack Lang, lui aussi, a rencontré le nouveau président de la République. L'ex-porte parole de Ségolène Royal s'est rendu à l'Elysée en tant que "porte-parole"  du Pas-de-Calais... "Une visite technique qui n'avait aucune connotation politique", a déclaré l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand. Peut-être. Mais après les législatives... Un mitterrandiste de plus au tableau de chasse de Nicolas Sarkozy ? Pourquoi pas ? C'est le syndrome de l'enfant boulimique : Nicolas les veut tous.

 

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2220/dossier/a345208-f%E9lons_ou_pionniers_.html
Par Carole Barjon, Claude Askolovitch, Nathalie Funès - Publié dans :
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /2007 06:31
dangerosité et inefficacité de la mesure "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy

http://ps-scpo.over-blog.com/article-10541501.html

 

"Travaillez plus pour gagner plus, c'est la nouvelle loi des prophètes." Sauf que Sarkozy, le prédicateur de la valeur travail, s'est bien gardé de s'étndre sur certaines subtilités du droit du travail. C'est du moins ce qui semble ressortir du communiqué d’Alain VIDALIES, secrétaire national du PS aux entreprises.

"En pointant les difficultés de mise en œuvre du dégrèvement de cotisations sociales et d’impôt des heures supplémentaires, le député Gilles Carrez vient d’apporter la preuve de la dangerosité et de l’inefficacité de la mesure "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy.

D’une part, ce dégrèvement ne concernerait que les salariés à temps plein, si bien que ceux à temps partiel, qui effectuent des heures complémentaires et non supplémentaires, ne bénéficieraient d’aucun gain de pouvoir d’achat. Pire, selon Monsieur Carrez, les salariés à temps partiel seraient à l’avenir menacés dans leur emploi, dès lors qu’il serait plus profitable à l’entreprise de demander des heures supplémentaires aux salariés à temps plein que de garder ceux à temps partiel.

D’autre part, le principe d’égalité devant l’impôt, auquel doit veiller scrupuleusement le Conseil constitutionnel, s’oppose fermement à ce que les salariés à temps plein bénéficient d’avantages dont seraient exclus ceux à temps partiel. La mesure serait dès lors contraire à la Constitution.

Enfin, le coût total du dégrèvement de cotisations et d’impôt sur les heures supplémentaires dépassant les 4 à 5 milliards d’euros, il est déjà suggéré de plafonner de nombre d’heures dégrevées, voire de ne mettre en œuvre la mesure qu’à titre expérimental.

Ces mises en garde de l’ancien rapporteur général du Budget montrent que la proposition-phare de Monsieur Sarkozy, qui n’a de surcroît jamais été soumise aux organisations syndicales, est à la fois contraire à la Constitution, mensongère à l’égard des salariés, et dangereuse pour l’emploi. Il est encore temps de se rendre à cette évidence"

Si l'on ajoute à cela que les Français sont loin d'etre les moins travailleurs des Européens, cela commence à faire un certain nombre d'approximations.

 

http://ps-scpo.over-blog.com/article-10541501.html

____________________________________________________________

Les Français ne sont pas des paresseux !

Rien n’est plus faux en effet que ce préjugé tenace

 

http://www.alternatives-economiques.fr

 

Il faut, parait-il, "réhabiliter la valeur travail". Nicolas Sarkozy en a fait le thème central de sa campagne victorieuse. Il considère manifestement que la paresse actuelle des français est la cause principale des difficultés que rencontre le pays. Il s’agit là pourtant d’une contrevérité qui aurait du en bonne logique lui coûter l’élection tant le propos est insultant à l’égard des 22,5 millions de salariés, qui travaillent dur chaque jour, et des 2 millions de chômeurs, qui aimeraient pouvoir en faire autant. Les résultats de l’économie française ne sont pas, c’est vrai, toujours à la hauteur, mais c’est plutôt du côté des élites économiques dirigeantes qu’il faut en chercher les causes. Et les remèdes. 

les salariés français figurent au contraire
parmi les plus productifs au monde

Rien n’est plus faux en effet que ce préjugé tenace d’une France paresseuse : les salariés français figurent au contraire parmi les plus productifs au monde. Selon les chiffres du Bureau of Labor statistics, organisme officiel américain donc peu suspect de socialisme militant ou de francophilie excessive, un français qui occupe un emploi avait produit 71 900 dollars de richesses en moyenne au cours de l’année 2005. C’est certes moins que les 81 000 dollars produits par l’employé américain moyen mais significativement plus que les 64 100 dollars d’un anglais, les 59 100 des allemands ou encore les 56 300 dollars d’un japonais... Et même en matière de temps de travail, si Nicolas Sarkozy ne se contentait pas de répéter les poncifs que lui soufflent ses amis chefs d’entreprises, il saurait que les salariés français ne sont pas, et de très loin, ceux qui travaillent le moins en Europe. Selon Eurostat, l’organisme statistique officiel de l’Union, un salarié français travaillait en moyenne 36,4 heures par semaine au troisième trimestre 2006. Contre 36,1 dans l’ex Union à 15. Les français travaillent presqu’aussi longtemps que les anglais, 36,5 heures, et significativement plus que les danois, 34,6 heures, dont le modèle social est si envié, ou encore que les allemands, 34,5 heures, pourtant champions du monde de l’exportation. Sans parler des néerlandais qui ne restent en moyenne que 29,8 heures au travail chaque semaine. Dans l’ex Europe à 15, c’est en Grèce, 39,9 Heures, et au Portugal, 39,2 Heures, qu’on travaille le plus longtemps. Rattraper la Grèce et le Portugal, est-ce cela l’ambition de Nicolas Sarkozy pour l’économie française ?

la démarche des 35 heures était parfaitement censée…

Si, à niveau de richesses comparable, le chômage est plus important chez nous que chez nos voisins, c’est justement parce que ceux qui ont déjà un emploi sont particulièrement productifs. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs la démarche des 35 heures était parfaitement censée. Et c’est pour la même raison, qu’en cherchant à allonger le temps de travail de ceux qui ont déjà un emploi, Nicolas Sarkozy ne ferait qu’aggraver le chômage. Quant aux chômeurs, soupçonnés de se complaire dans leur situation, il serait pourtant difficile de les pénaliser davantage qu’aujourd’hui afin de les obliger à trouver un emploi.

les chômeurs français figurent déjà
parmi les plus mal traités

En 2003, 10 des pays de l’ex Union à 15 dépensaient, en effet, davantage que la France pour indemniser leurs chômeurs, rapporté à leur PIB. Jusqu’à 2,7 fois plus par chômeur pour le Danemark ou les Pays Bas, mais aussi un peu plus pour le Portugal...  


Si la paresse des salariés n’est pas en cause, ni le coût de leur travail, les raisons de ces difficultés ne sont-elles pas à chercher à  la tête des entreprises ?

Contrairement à ce que laisse entendre le nouveau président de la République, les salariés français ne sont donc pas des paresseux ni les chômeurs de l’Hexagone des profiteurs. Pour autant, il ne fait guère de doutes que les entreprises françaises rencontrent des difficultés importantes. Elles sont souvent à la peine sur les créneaux High tech en expansion et s’en sortent, en particulier, nettement moins bien sur le marché mondial que les entreprises allemandes. Et cela bien que le travail soit sensiblement plus cher Outre Rhin : 33 dollars de l’heure en 2005 pour un ouvrier de l’industrie contre 24,6 en France selon les chiffres du BLS. Si la paresse des salariés n’est pas en cause, ni le coût de leur travail, est-ce que les raisons de ces difficultés ne seraient pas à chercher plutôt en priorité du côté de la tête des entreprises ? Du côté de la faible qualité de leurs dirigeants et de l’inefficacité de leurs modes de gestion ? Quand on observe, par exemple, le gigantesque gâchis que l’incurie d’un Arnaud Lagardère, actionnaire de référence, combinée à la soif de pouvoir d’un Noel Forgeard a provoqué au sein d’Airbus, on se dit en effet que c’est surtout au niveau de ses élites économiques, de leur recrutement et de leurs habitudes de fonctionnement, que l’économie française aurait besoin d’une "rupture". Mais évidemment il est plus naturel pour l’ancien maire de Neuilly, qui a recueilli un pourcentage record de 87 % des voix dans sa commune, de chercher à culpabiliser salariés et chômeurs plutôt que de bousculer ses amis patrons... 

 

http://www.alternatives-economiques.fr

Par Science Po Paris et Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives Economiques - Publié dans :
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 06:34

La rumeur commence à prendre corps...


http://www.exprimeo.fr/article/1156/francois-bayrou-et-segolene-royal-vont-ils-lancer-un-appel-commun-le-11-juin.htm


Ils avaient marqué la première semaine de l'après premier tour de la présidentielle.

Feront-ils de même le lendemain du 1er tour des législatives ?

Imaginez le soir du 10 juin, une Assemblée en prévision avec plus de 400 députés UMP, un PS laminé, des Verts et des PCF sans représentation parlementaire à deux ou trois exceptions près...

Tout est alors prêt pour :

* constater l'échec du PS,

* lancer un appel contre le "tout UMP".

Dés le lendemain après-midi, Ségolène Royal et François Bayrou font un pas supplémentaire par rapport à leur débat post-présidentiel.

Ils annoncent des accords de désistement pour préserver le pluralisme au sein de l'Assemblée.
Les déclarations de F. Bayrou sur France 3 hier soir ont renforcé la rumeur ce matin.

Cette rumeur qui est née des déclarations de proches de S. Royal dont le Maire de Lyon et le Président de la Région Rhône Alpes prend aujourd'hui une autre dimension.

 

http://www.exprimeo.fr/article/1156/francois-bayrou-et-segolene-royal-vont-ils-lancer-un-appel-commun-le-11-juin.htm


_____________________________________________________________
Les socialistes menacés par le défaitisme


Aux 17 millions d'électeurs de gauche et du centre qui se sont massivement mobilisés, le PS oppose la primauté du débat interne…

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912820,0.html

 

Plus légitimiste que jamais, le Parti socialiste a pris acte le 6 mai de la défaite de sa candidate mais, plus inquiétant, il se comporte déjà en perdant des élections législatives, emboîtant en cela le pas des médias et des sondages qui donnent à voir le scrutin de juin au travers de la même grille bipartisane que la présidentielle. Comme si l'issue de ces élections si particulières que sont les législatives devait logiquement être la réplique exacte du rapport de force établi par le second tour de la présidentielle.
Certes, la droite sort net vainqueur d'une campagne présidentielle qui marque un bouleversement de l'équilibre gauche-droite. Mais, de même que les succès de la gauche à Amiens, Caen ou Bordeaux ne préjugent pas pour juin de victoires assurées de candidats socialistes dans ces villes, la poussée de Nicolas Sarkozy au sein de l'électorat populaire et les bons reports des voix Front national sur sa candidature ne font pas encore une majorité UMP écrasante en juin.

Pourtant, pour des socialistes plus présidentialistes que jamais, la page des législatives serait déjà tournée et il ne s'agirait que de limiter la défaite. Au jeu du décryptage du scrutin présidentiel, les socialistes ont même semblé prêter plus d'attention aux rapports de force locaux dans la perspective des municipales de 2008. Voire de la présidentielle de 2012...

Aux 17 millions d'électeurs de gauche et du centre qui se sont massivement mobilisés, le PS oppose la primauté du débat interne sur la ligne idéologique du parti et son leadership. Les classes populaires et moyennes, qui seront les premières touchées par le programme de la droite, peuvent donc bien attendre.

Comment expliquer cette défection aux électeurs qui ont cru en l'audace d'un dialogue constructif avec les centristes de Bayrou ? Comment rendre acceptable un comportement fondé sur une analyse à courte vue du rapport de force politique établi par la présidentielle ?

l'offre politique élargie des législatives

ne peut être réduite à un choix binaire

Selon les premiers sondages (CSA- Cisco), les candidats UMP ou apparentés seraient crédités pour le scrutin du 10 juin de 35 % d'intentions de vote contre 30 % pour ceux du PS et leurs alliés du PRG et du MRC, tandis que Verts (1 %), PC (2 %), extrême gauche (3 %), FN (8 %), MPF (2 %) et CNPT (2 %) retrouveraient des scores avoisinant ceux obtenus le 22 avril par leurs candidats. A l'issue d'un sondage plus récent de l'IFOP, les Verts étaient déjà à 5 %...

Cette arithmétique binaire, en privilégiant des reports par bloc de droite et de gauche, repose sur une hypothèse biaisée consistant à appliquer au scrutin de juin le même prisme polarisé que celui de la présidentielle. Or l'offre politique élargie des législatives ne peut être réduite à un choix binaire aussi tranché. Il est peu probable que l'électorat se scindera aussi nettement, que la participation sera équivalente et qu'il y aura autant de votes utiles que lors du scrutin du 6 mai.

Cette arithmétique fait aussi abstraction de facteurs déterminants tant anciens - implantation territoriale des candidats ou partis - que nouveaux - émergence d'un centre rénové et humiliation d'un Front national déterminé à préserver ses bases. Ces facteurs augurent de possibilités réelles pour les candidats du FN et du centre de se maintenir, donc de provoquer des triangulaires, une probabilité sérieuse. Ou bien de négocier des reports.

Sauf négociations de second tour, pour le centre de François Bayrou, crédité de 15 % des intentions de vote, le pari est risqué. Des candidats du Mouvement démocrate (MoDem) pourraient être en mesure de se maintenir çà et là, mais il est peu probable qu'ils se désistent en faveur de l'UMP. Des accords avec la gauche seraient alors leur seul moyen de s'assurer un groupe à l'Assemblée. Quant au PS, cela reste une voie non seulement pour limiter la "casse", mais surtout pour former un contre-pouvoir crédible.

Du côté du FN, l'enjeu de ces législatives est de taille. Il aura à coeur de reconquérir un électorat séduit par Nicolas Sarkozy et de survivre après avoir vu son espace politique phagocyté au cours de la présidentielle. S'il est peu probable que le FN retrouve en juin ses scores de 2002, avec plus de 13 % des voix obtenus par Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle dans 26 départements et des pointes à 16 %-17 % dans le Nord, l'Est et le Sud-Est, le parti conserve un capital de réserve.

S'il était prévisible que dans un duel Sarkozy-Royal les partisans de Le Pen choisiraient majoritairement le candidat d'une droite "décomplexée", il est moins évident qu'en cas de triangulaire les électeurs frontistes se reportent dans des proportions analogues sur le candidat UMP du cru, au détriment d'un FN présent au second tour.

un rapport de force plus complexe

et ouvert qu'il n'y paraît

La situation électorale des législatives présente donc un rapport de force plus complexe et ouvert qu'il n'y paraît. Pour la droite, la stratégie sera simple : réunir une majorité présidentielle présentée comme la confirmation du 6 mai, en invoquant les risques d'une cohabitation. Pour la gauche et le centre, la voie paraît plus étroite mais pas moins payante. Elle est surtout impérative pour redonner une part du pouvoir aux près de 17 millions d'électeurs qui ont voté Royal contre Sarkozy.

Cette voie suppose des choix courageux et du pragmatisme pour nouer des alliances sur le mode ouvert entre les deux tours de la présidentielle : celui d'un rapprochement sans exclusive avec un centre rénové qui aurait choisi l'option d'une négociation de progrès avec la gauche. Il ne s'agit pas de vendre son âme, il s'agit de ne pas abandonner les électeurs en chemin.


Yohann Aucante, politologue, est maître de conférence à l'EHESS
Mickaël Vaillant,   politologue, est chargé de cours au CELSA

 

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912820,0.html

Par Exprimeo - Publié dans :
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Participez !

Cet espace est le votre
si vous désirez déposer des
contributions personnelles

mso@mail.pf


Visiteurs
Free Web Counter

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus