Lundi 21 mai 2007

72 % des personnes interrogées sûres de leur choix


http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912625@51-912203,0.html

 

Aux élections législatives de juin, les Français devraient offrir une large majorité à l'UMP, en lui accordant 40 % des suffrages, contre 28 % au PS et 15 % au Mouvement démocrate, selon un sondage TNS Sofres Unilog, publié lundi 21 mai par Le Figaro.
Dans cette configuration, l'UMP et ses alliés obtiendraient de 365 à 415 sièges, le PS et ses alliés de 137 à 153 sièges et le MoDem de 2 à 10 sièges.
L'indécision qui a marqué le scrutin présidentiel ne semble pas de mise pour les législatives : 72 % des personnes interrogées se déclarent sûres de leur choix, tandis que 25 % pourraient changer d'avis d'ici à la tenue du scrutin.
Tous les sondages réalisés depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence donnent l'UMP largement en tête.
61 % DES SONDÉS SATISFAITS
DE LA COMPOSITION DU GOUVERNEMENT
Par ailleurs, selon ce même sondage, 61 % des Français sont satisfaits de la composition du gouvernement de François Fillon, contre 24 % de mécontents. En outre, une très grande majorité des sondés (78 % ) approuve la participation de personnalités de gauche ou proches de la gauche au gouvernement, alors que 19 % la désapprouvent. La nomination de M. Fillon au poste de premier ministre est également saluée par 60 % des personnes interrogées, alors que 28 % se déclarent mécontentes.
Du côté de l'opposition, Dominique Strauss-Kahn arrive en tête des personnalités que les Français voudraient voir mener la campagne du Parti socialiste (37 %), suivi de Ségolène Royal (33 %), Laurent Fabius et François Hollande devant se contenter de respectivement 8 et 6 %.
 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912625@51-912203,0.html

Dimanche 20 mai 2007

Candidate, elle était. Candidate, elle demeure

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2219/articles/a344623-s%E9gol%E8ne__la_charge_de_solf%E9rino.html


Et tant pis si cela ne fait pas l'affaire des autres dirigeants socialistes. A commencer par le premier d'entre eux : François Hollande
"J'ai dit que je n'avais pas gagné ."  
La phrase a un peu de mal à sortir, mais l'honneur est sauf. Elle n'a pas prononcé le mot tabou ! Depuis son échec au second tour de la présidentielle, Ségolène Royal prend un malin plaisir à ne jamais parler de "défaite". Vendredi dernier, à Paris, au 282 boulevard Saint-Germain, elle y est de nouveau parvenue. Dans ce qui fut son quartier général de campagne, il y a du café, des macarons et une vingtaine de journalistes qu'elle souhaite "remercier d'avoir suivi cette campagne exceptionnelle". Détendue, souriante, la présidente du Poitou-Charentes fait de l'humour. Aucune explication de la défaite – "un événement comme celui-ci ne s'analyse pas sur le coin d'une table", estime-t-elle. Seul compte le message qu'elle martèle sur tous les tons : je suis là, bel et bien là, au premier plan, et pour longtemps.
Incroyable Ségolène ! En une semaine, la candidate aura déployé des trésors d'énergie pour tenter d'effacer son échec et essayer de rebondir. Samedi, en marge d'un conseil national réuni pour lancer la campagne des législatives, elle s'est même payé le luxe de réclamer que le PS désigne au plus vite son futur candidat - ou plutôt sa future candidate... - pour la présidentielle de 2012 ! N'at-elle pas vu ni entendu qu'elle avait perdu ? N'a-t-elle pas compris, ainsi que le lui suggèrent cruellement certains de ses camarades, que si le temps de la présidentielle était terminé, celui des présidentiables l'était aussi ?
Ségolène Royal n'en a cure. Elle ose tout. Le meilleur comme le pire parfois. Le plus improbable surtout. Depuis six mois, les Français ont appris à la voir avancer, apprécié son sens tactique, sa capacité à enivrer les foules et son goût de l'imprévu. Dimanche 6 mai, au soir des résultats, elle leur a offert un festival. Un coup de maître d'abord avec son intervention dès 20 heures pétantes, calculée pour s'épargner l'hallali et couper l'herbe sous le pied de ses rivaux. Un coup de folie ensuite, avec une apparition digne d'un soir de victoire, depuis la terrasse du siège du PS, rue de Solférino. Sur une petite estrade qu'elle a fait installer pour paraître plus grande, la joueuse d'échecs est redevenue la Madone. Saluant la foule du poignet, souriant aux anges, elle a même réclamé qu'on diffuse aux militants son hymne de campagne aux accords technos. Formidable déni de réalité ? Voire. Ce soir-là, la présidente du Poitou-Charentes n'a pas perdu la tête. Elle a voulu poser des jalons. "Ne pleure pas, c'était une première fois. Il y en aura d'autres", a-t-elle ainsi confié sur la terrasse à une socialiste en larmes avant de lancer, plus pragmatique, à l'adresse de son compagnon François Hollande : "Il faut bien occuper le terrain !".
Si Ségolène Royal n'a pas pleuré dimanche 6 mai, c'est qu'elle avait intégré sa défaite en lisant les sondages, trois jours plus tôt. Son abattement n'aura pas duré longtemps. Dès le lendemain, en Bretagne, elle sablait le champagne avec quelques journalistes. Pas vraiment pour un pot de départ. Mais pour clôturer le premier chapitre d'une aventure qui reste encore à écrire. Royal a perdu, elle le sait. Mais elle croit aussi tenir entre ses mains un trésor de guerre qui lui autorise tous les espoirs : 17 millions de voix se sont portées sur son nom. "C'est à la fois sa force et sa faiblesse, résume un socialiste. Elle pense que 100 % de ses électeurs ont voté pour elle, alors que la moitié s'est prononcée contre Nicolas Sarkozy..."  Mais au diable les grincheux et leurs calculs d'apothicaire ! Comme François Mitterrand en 1974 ou Lionel Jospin en 1995, Royal, battue hier au second tour, entend bien s'imposer demain comme leader de la gauche.
Comment trouver les moyens de survivre ? La première contrainte de Ségolène Royal est celle du rythme. Car pour capitaliser "ses" millions de voix, il lui faut aller vite. Elle sait que le temps est son meilleur ennemi. Le PS n'a pas prévu de se réunir en congrès avant l'automne 2008. Cela fait tard, beaucoup trop tard pour elle. Dans un an, le procès de sa campagne aura été instruit. Dans un an peut-être, d'autres lignes, d'autres alliances auront émergé de la refondation socialiste, faisant apparaître - qui sait ? - d'autres visages, d'autres profils. Dans un an enfin, les adhérents à 20 euros qui avaient fait son succès auront peut-être déserté le parti. Dimanche 6 mai sur les coups de minuit, les militants de son association Désirs d'Avenir et les jeunes de la Ségosphère n'ont-ils pas reçu sur leur portable un texto sans équivoque : "Prenez vos cartes du PS ; tous en bloc derrière Ségolène ... et on aura un parti en ordre de bataille derrière elle avec des idées neuves."
Pour frapper fort et vite, Ségolène Royal a usé, samedi dernier, du fusil à deux coups, son arme favorite. La première cartouche a été tirée devant ses 300 camarades du conseil national, à qui elle a réclamé qu'on désigne à l'avenir le futur candidat avant de rédiger le projet socialiste. Trancher la question du casting avant d'écrire le scénario ? Au PS, où "nous n'avons pas comme à droite le culte du chef qui pense pour ses troupes ",
comme le résume Henri Emmanuelli, la provocation tient de l'hérésie ! A une semaine de la défaite, elle tient aussi du non-sens tant le Parti socialiste paraît condamné à un travail de fond avant de pouvoir envisager l'avenir. Mais qu'importe ! Pour que les choses soient bien claires, Royal a tiré une seconde cartouche. Pas à la tribune celle-là, mais en coulisses. Devant les caméras, l'ex - future ? - candidate a expliqué que le PS devait désigner son champion « rapidement après les législatives », avant d'ajouter que « la solution la plus cohérente » serait que ce candidat soit aussi premier secrétaire du Parti socialiste. A bon entendeur...
Ségolène Royal, chef de parti ? Au PS, certains commencent à trouver que la plaisanterie a assez duré. Au soir des résultats, beaucoup ont assisté consternés à la petite rave party sur la terrasse de Solférino. "Je l'ai trouvé un peu impudente", glisse le jospiniste Daniel Vaillant. "On perd l'élection et elle rigole !" résume, stupéfait, Pierre Moscovici. Pour beaucoup d'élus, la perspective de voir Royal prendre les rênes de Solférino sidère autant qu'elle irrite. Il faut dire que sur le papier, la présidente du Poitou-Charentes cumule les handicaps. Socialiste depuis trente ans, elle ne s'est jamais vraiment impliquée dans l'appareil. Pendant sa campagne, elle n'a cessé de revendiquer sa liberté et de tenir le parti à l'écart. Alors, Royal a beau célébrer aujourd'hui "le talisman de l'unité"  des socialistes, ses camarades ne sont pas dupes. Au bureau national comme au conseil national, la semaine dernière, elle n'a pas pris le temps d'écouter ce qu'ils avaient à lui dire. "Je les connais par cœur", a-t-elle ainsi glissé samedi en quittant les lieux, sitôt achevée l'intervention de François Hollande.
Plus embêtant pour Ségolène Royal : le doute s'instille aujourd'hui jusque dans les rangs ségolénistes. Son refus de se représenter aux législatives - se privant ainsi d'un possible leadership de l'opposition à l'Assemblée nationale - a surpris. "Cela traduit une forme d'incompréhension des règles du jeu du pouvoir, confesse un président de région qui a fait sa campagne. Elle ne le sait pas encore, mais elle s'affaiblit ."  Ceux qui l'ont côtoyée régulièrement ces derniers mois ne doutent pas de son potentiel, mais de ses capacités à être un chef de parti. Sous couvert d'anonymat, ils confessent avoir été frappés par ses piètres qualités d'organisatrice et le manque de professionnalisme de sa campagne. La semaine dernière encore, elle a refusé de réunir ses proches, comme certains le lui conseillaient, "pour ne pas faire comme les autres... ". Elle semble aujourd'hui se battre pour que le poste lui revienne, plus que pour l'obtenir. "Quoi qu'il arrive, si elle parvient à s'imposer , il faudra imaginer d'autres modes de commandement", pronostique un premier fédéral. En clair : si Royal peut tenir la barre, il lui faudra quelqu'un de sûr et de dévoué dans les soutes.
L'heure n'est pas encore à la répartition des rôles, mais déjà des noms circulent, comme celui de son codirecteur de campagne et actuel numéro deux du PS, François Rebsamen, ou celui de son porte-parole Vincent Peillon. Le premier s'est montré très discret la semaine dernière, le second s'est emporté contre François Hollande qu'il soupçonne de jouer la montre... à raison. Car le premier secrétaire, qui assurait, en marge du congrès du Mans fin 2005, effectuer son dernier mandat, se montre beaucoup moins précis aujourd'hui. Mieux, il s'est même permis de renvoyer sa compagne dans les cordes en assurant que le temps n'était pas venu de parler de 2012.
Dans un ironique retournement de situation, François Hollande se retrouve à nouveau au centre de l'échiquier socialiste. Lui, dont plus personne ne voulait il y a une semaine, est aujourd'hui le seul à pouvoir, pour quelques mois encore, tenir la boutique et museler les ambitions. "Rien ne se fera sans lui ou contre lui", assure un proche de Ségolène Royal. Difficile pour autant d'imaginer qu'elle puisse continuer à faire « avec lui » durablement si elle veut prendre la tête du Parti socialiste. Pour l'instant, elle le préserve autant qu'il la protège. Il est à la fois le maître du calendrier, le fusible et le plus petit dénominateur commun de ses ennemis. Ce n'est pas la première fois que cela lui arrive. La dernière, c'était en 2002, juste après la déroute de Lionel Jospin. On connaît la suite.

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2219/articles/a344623-s%E9gol%E8ne__la_charge_de_solf%E9rino.html

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Hollande : après les législatives,
"tous les débats" ouverts au PS

... y compris à propos du "leadership" du Parti socialiste, affirme son Premier secrétaire au JDD. Le gouvernement d'ouverture "n'est que débauchage individuel", ajoute-t-il

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elections_2007/20070520.OBS7904/hollande__apres_les_legislativestous_les_debats_ouverts.html

 

François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, déclare que "le PS ouvrira tous les débats" après les élections législatives, y compris à propos du "leadership", dans un entretien paru dans le Journal du Dimanche.
Interrogé sur sa priorité au lendemain des élections, François Hollande répond : "le PS ouvrira tous les débats, sur toutes les questions, celle de notre ligne politique, des formes de notre action, des structures permettant le rassemblement et bien sûr celle du leadership".
"Son calendrier sera maîtrisé et décidé de façon collective", ajoute-t-il. "Rien ne sera occulté, rien ne sera différé. Il s'agit de nous mettre en ordre pour les années qui viennent. Je m'en porte aujourd'hui garant".

"Juin 2007" d'abord
Depuis la victoire de Nicolas Sarkozy face à Ségolène Royal le 6 mai, plusieurs personnalités du Parti socialiste ont blâmé François Hollande.Le député du Val-d'Oise Dominique Strauss-Kahn l'a qualifié de "principal responsable" de la défaite présidentielle. Manuel Valls, député-maire PS d'Evry (Essonne), a affirmé que le Premier secrétaire devrait "céder la place à un moment ou l'autre".François Hollande réaffirme dans le JDD : "la préoccupation immédiate de tous les socialistes aujourd'hui, c'est juin 2007". Selon lui, "le cycle électoral ouvert par la présidentielle n'est pas clos".
"Diviser"
Le numéro un du PS estime par ailleurs qu'en formant un gouvernement d'"ouverture", il ne s'agit pas pour Nicolas Sarkozy "d'unir, mais de diviser".
"Et ce en donnant une image de la politique qui n'est pas la nôtre. Pour Nicolas Sarkozy, elle n'est que ruse, artifice et compromission quand, pour nous, elle est fondée sur la cohérence des choix et le respect des convictions", affirme François Hollande.
"Comment appeler 'ouverture' ce qui n'est que débauchage individuel?", commente le patron du PS. "Toute l'opération engagée par le président de la République doit être regardée à l'aune de ce seul objectif: obtenir une majorité aussi large que possible (aux législatives) à sa seule dévotion et avoir les mains libres pour mener à sa guise sa politique de rupture".
Concernant le nouveau ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, François Hollande considère qu'il "est désormais lié à une équipe au sein de laquelle c'est le ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration qui délivrera les visas et sera responsable de la politique de 'codéveloppement'".
"C'est le chef de l'Etat qui définira seul la politique étrangère de la France", assure le Premier secrétaire du PS, avant d'ajouter: "Ai-je besoin d'évoquer, comme récompense au transfuge, un 'secrétariat d'Etat à rien du tout' ou la prime donnée à la captation d'amitié ou d'héritage ! Cette méthode n'honore pas son auteur".


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Dimanche 20 mai 2007

 "Le PS est le seul en Europe à avoir choisi la politique de l'autruche"


http://www.liberation.fr/transversales/weekend/254732.FR.php

 

La gauche française se retrouve-t-elle désormais dans une situation comparable à celle d'autres pays européens après une sévère défaite ? Ce qui s'est passé en 2001 en Italie quand Berlusconi a battu une deuxième fois le centre gauche fournit un sujet de réflexion. Compte tenu de l'ampleur de sa victoire (un peu comme celle de Sarkozy aujourd'hui), l'opposition avait choisi d'adopter un profil responsable en refusant de diaboliser Berlusconi. Les manifestations dans la rue se sont alors multipliées ­ la fameuse contestation du cinéaste Nanni Moretti, les rassemblements autour des palais de justice et des sièges de la RAI considérés comme menacés par le gouvernement de droite. Ces mobilisations critiquaient la timidité de l'opposition parlementaire qui, toutefois, a fini par récupérer ces mouvements de radicalité en leur donnant une perspective politique.
En France, le PS sera peut-être confronté à un problème comparable. Le choix d'une opposition résolue mais responsable peut-il ouvrir un espace sur sa gauche qui se manifesterait par l'agitation sociale, des manifestations contre la future réforme sur l'autonomie des universités ou le service minimum dans les transports ? Aucune prophétie n'est possible, mais ce qui est certain, c'est que la gauche de la gauche semble politiquement en difficulté.
Le PCF arrive au terme d'un long processus. Il a été le premier parti de France après la guerre, puis le premier parti de gauche (1 électeur sur 4 votait communiste sous la IVe République) ; en 1981 quand Mitterrand a été élu, le PC obtenait encore 15 % des voix. Avec moins de 2 % cette année, le PC est devenu presque un groupuscule. Il conservera néanmoins un certain nombre de députés, il dispose encore de militants (vieillissants), de quelques bastions municipaux et d'un peu d'argent. Mais les communistes ne peuvent plus constituer un pivot de l'alliance pour le PS. Par ailleurs, on avait assisté depuis une décennie à une progression électorale des trotskystes : portés par la conjoncture des luttes sociales, de l'altermondialisme et des mobilisations de la jeunesse. Le succès du «non» au référendum de 2005 leur avait donné beaucoup d'espoir. Incapable de se mettre d'accord sur un candidat unique qui aurait pu considérablement gêner Ségolène Royal, la gauche de la gauche sort très affaiblie de cette présidentielle en dépit du relativement bon score d'Olivier Besancenot. Paradoxalement, cette lourde défaite de la gauche offre une fenêtre d'opportunité pour le PS.

En Italie, les communistes et anciens communistes se retrouvent au pouvoir dans une coalition avec des chrétiens et des centristes... 
En 1991, le PCI a cessé d'être communiste. Il est devenu le Parti démocratique de la gauche (PDS), puis les Démocrates de gauche. Il est allé vers la social-démocratie, sans en prendre le nom. La minorité qui a préféré rester communiste s'est scindée en deux : le Parti de la refondation communiste et le Parti des communistes italiens. Ces deux partis représentent ensemble plus ou moins 8 % des voix. Après avoir longtemps hésité, ils ont accepté de participer à la coalition pour l'emporter en étant unis face à Berlusconi au scrutin de 2006. Prodi a gagné de la sorte. Le revers de la médaille est que cette coalition très hétérogène est divisée sur l'économie, le social, les questions de société (comme la reconnaissance ou non des droits des couples homosexuels) et la politique internationale. Ces tensions n'aident pas à gouverner. En France, l'extrême gauche ne veut pas entendre parler de coalition (comme d'ailleurs les trotskystes en Italie). La LCR et LO excluent toute possibilité d'alliance, évidemment avec Bayrou et ses amis, et même pas avec le PS. Le PC essaie de se couvrir à gauche, car il est tétanisé par la LCR qui par deux fois l'a dépassé lors d'une présidentielle. Cela dit, le PC sait que pour préserver quelques députés et ses dernières municipalités, il doit faire alliance avec le PS. Un PS qui ne lui fera vraisemblablement pas de cadeaux cette fois-ci...
Le Parti socialiste français risque-t-il de disparaître ? 
Je ne crois pas. C'est le seul parti à gauche qui peut donner des présidents de la République, des Premiers ministres et qui peut constituer une majorité parlementaire. Il a augmenté notablement le nombre de ses adhérents au cours de cette année et il offre la possibilité de faire des carrières politiques. Avec en plus un mode de scrutin qui pousse à un système bipartisan. Dorénavant, il n'y a que deux grands partis en France : l'UMP et le PS. Jusque dans les années 80, nous avions deux grands partis dominants flanqués de deux partis mineurs mais influents, l'UDF à droite et le PC à gauche. Si la raison l'emporte ­ mais les passions jouent aussi un rôle en politique ­ le PS devrait limiter les risques d'éclatement.
Reste à savoir pour quoi faire. Que veut dire socialisme aujourd'hui ? Que signifie le réformisme dont, non sans hésitation, il se réclame et comment le rendre attractif ? Quelle prise peut-il avoir sur la société ? Le PS va-t-il se borner à expliquer que la victoire de Nicolas Sarkozy s'explique parce qu'il est l'homme des grands médias, des patrons et du fric ? Ou la gauche va-t-elle se demander si cela ne traduit pas des bouleversements substantiels de la société et de la politique ? Sur toutes ces questions, il y a un très gros déficit de travail au PS. Car si Ségolène Royal a réussi à conquérir les voix des jeunes de 18-24 ans et à reprendre pied dans les catégories populaires qui avaient déserté Jospin en 2002, il reste encore beaucoup d'ouvriers et d'employés qui votent pour Le Pen et qui ont donné leurs voix à Sarkozy au second tour. Le PS est, comme toute la gauche, un parti du secteur public.

C'est une exception française ? 
Non. Partout en Europe, les électeurs de gauche sont plutôt des gens de haut niveau d'instruction, vivant dans des grandes villes, ouverts culturellement, et appartenant le plus souvent au secteur public. Tous les partis de gauche ont reculé dans le monde ouvrier. La classe ouvrière s'est elle-même métamorphosée, les ouvriers travaillent souvent dans des petites entreprises et n'exercent plus les mêmes activités que dans un passé récent. En plus, les catégories populaires partout en Europe se sentant en insécurité dans leur vie quotidienne ont la tentation d'aller vers des partis de droite ou des partis populistes comme ceux de l'extrême droite dont le discours sécuritaire les rassure.
En France, la gauche a beaucoup de mal à admettre ce que le reste de la gauche en Europe a parfaitement compris : la logique de choix individuel est maintenant un trait dominant de nos sociétés qu'il ne faut pas occulter, mais au contraire comprendre pour y apporter des réponses de gauche. En France, la réflexion du Parti socialiste sur les mutations de nos sociétés est à peu près au niveau zéro.

Pourquoi ce "niveau zéro de la réflexion" ? 
Il faut mettre sans doute cela en relation avec la base sociale de la gauche. Regardez la composition des partis : les membres du secteur public au sens large représentent 62,3 % des délégués du 33e congrès du PCF en 2006, 64 % des délégués du congrès de la LCR en 2003 et 71 % des délégués du PS du congrès de Grenoble en 2000.
La défense du service public est devenue l'un des thèmes fondamentaux de la gauche française. Elle adopte une position défensive quand ses adversaires sont offensifs, accaparent le thème du changement et l'accusent du coup d'être conservatrice. En outre, une compétition à l'intérieur de la gauche s'est engagée avec la LCR et le PC qui ont fait de la défense des services publics leur grand cheval de bataille. Le PS devrait peut-être répondre à la volonté de Sarkozy de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite en n'argumentant pas simplement sur leur nombre, mais encore sur leur travail, leur répartition, leur formation, l'évolution de leurs compétences ou de leurs carrières, les critères d'avancement, etc. Ce sont des grandes questions qui déterminent pour une part l'évolution de nos sociétés contemporaines. Rocard avait jugé qu'il revenait à la gauche de réaliser cette modernisation, Jospin eut le courage d'en parler, depuis le PS ne dit plus rien et Ségolène Royal a improvisé dans l'urgence quelques réponses...

Les socialistes européens sont-ils plus avancés ? 
C'est le Labour et notamment Tony Blair qui, parmi les premiers, a cherché à se confronter aux transformations de la société britannique après des années d'échec électoral. Son raisonnement était le suivant : si nous avons échoué, c'est que le monde a changé, le Labour doit donc changer. Le débat a également été déclenché dans le SPD en Allemagne, dans la social-démocratie suédoise, au sein des Démocrates de gauche en Italie, dans le Parti socialiste ouvrier espagnol, au Parti socialiste européen, dans l'Internationale socialiste... Le seul à avoir choisi la politique de l'autruche, c'est le PS français. Qui a diabolisé tout de suite Tony Blair en le qualifiant de «social-libéral» comme certains disaient de Rocard qu'il incarnait «la gauche américaine» .
De son côté, Blair, par exemple, a mis beaucoup d'argent dans les services publics, mais ce geste a été assorti d'une série d'exigences sur l'évaluation des politiques publiques et des projets. En Italie, la gauche, en négociant avec les syndicats, a entamé une grande réforme de l'administration publique avec une volonté de simplification, de transparence envers les usagers ou des augmentations au mérite. Ces gauches-là ont pris des coups, elles ont perdu une partie de leur électorat, mais elles ont réussi à s'ouvrir à d'autres catégories sociales. Elles défendent la nécessité du service public ­ c'est ce qui les distingue de la droite ­ notamment dans certains domaines, comme l'énergie ou les transports, mais s'efforcent de les moderniser.

Il y a donc une singularité idéologico-culturelle française ? 
C'est le poids de la culture du conflit, de l'affrontement et de la radicalité, qui vient de loin : la scène primitive se joue avec la Révolution française et se véhicule sur plus de deux siècles. Certes, de nos jours, les Français ne veulent pas la révolution, mais ils sont attachés à l'idée que ce qui compte, c'est le choc et la rupture. L'idée étant que la gauche doit être dure face à ses «ennemis» . D'où la diabolisation de Sarkozy qui ne demandait que ça. La France fonctionne encore souvent sur la trilogie des «anti» : l'anticapitalisme baptisé maintenant l'antinéolibéralisme, l'antiimpérialisme qui aujourd'hui s'appelle l'antimondialisation et l'antifascisme. Ce triptyque est profondément ancré dans l'histoire de la gauche. Pour preuve, ces sondages réalisés chez les électeurs de gauche à propos de l'ouverture vers le centre qui montrent leur opposition à cette perspective, hormis, et c'est important de le souligner car cela indique une grande évolution, chez les sympathisants socialistes. En France, le centre est historiquement associé à la droite et un accord avec lui est assimilé à une "compromission"  inacceptable. Cela singularise la gauche française.
Aujourd'hui donc, il n'y a pas de place pour un centre ou une grande coalition ? 
A cause de ce système bipartisan, le parti du centre est quasi mort-né, ce qui n'empêchera pas Bayrou d'espérer se représenter en 2012. Le PS tire le constat qu'il n'y a plus d'union de la gauche possible faute de combattants (le PC et les Verts sont anéantis). Il a alors deux possibilités, me semble-t-il. Il peut à l'avenir intégrer en son sein ou dans un autre parti refondé une composante modérée comme le font nombre d'autres partis sociaux-démocrates européens. Ou il peut s'orienter vers une alliance avec le Mouvement démocratique. Pour le moment, c'est quasi impossible puisque Bayrou veut, lui, créer un pôle centriste indépendant. Dans les deux cas de figures, cela supposera que le PS s'engage parallèlement dans une profonde analyse des attentes politiques des citoyens et des changements de la société en abordant des sujets essentiels, comme par exemple celui des salariés du privé ou des jeunes qui ne bénéficient pas des avantages du «socialisme pour une seule génération» ­ selon la formule d'un sociologue italien ­ qui a été mis en place. Il devra aussi engager un véritable travail de pédagogie envers ses troupes. Il s'agira alors de changer son ADN, sa culture, son identité. Cela représente un travail de très longue haleine qui pourrait aboutir à une synthèse des réformismes à l'instar de ce qui s'opère en ce moment en Italie avec la création du Parti démocratique regroupant les démocrates de gauche et les centristes de la Marguerite.
Professeur des universités, historien et politiste, Marc Lazar est directeur de l'Ecole doctorale de Sciences-Po. Spécialiste des gauches communistes et socialistes en Europe et de la politique italienne, il dirige au Ceri (CNRS-Sciences-Po), le groupe d'études et de recherches pluridisciplinaires sur l'Italie contemporaine. Il a notamment publié, avec Stéphane Courtois, Histoire du Parti communiste français, PUF, 2000 ; le Communisme, une passion française, Perrin, «Tempus», 2005, et l'Italie à la dérive. Le moment Berlusconi, Perrin, 2006. Il prépare actuellement un livre sur La Gauche française et les services publics à paraître chez Perrin et un livre collectif sur l'Italie depuis 1945 chez Fayard.



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Vendredi 18 mai 2007
La composition du gouvernement de François Fillon a été annoncée, vendredi 18 mai, par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-911679@51-907099,0.html

 

 L'équipe gouvernementale comporte quinze ministres et quatre secrétaires d'Etat. Elle rassemble sept femmes et douze hommes (dont quatre sont secrétaires d'Etat)


Premier ministre
François Fillon
UMP, 53 ans


Ministre  d'Etat, ministre de l'écologie, du développement
et de l'aménagement durable

Alain Juppé
UMP, 61 ans


Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi
Jean-Louis Borloo
Parti radical, 56 ans


Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer
et des collectivités locales

Michèle Alliot-Marie
UMP, 60 ans


Ministre des affaires étrangères et européennes
Bernard Kouchner
Parti socialiste, 67 ans


Ministre de l'immigration , de l'intégration,
de l'identité nationale et du
codéveloppement
Brice Hortefeux
UMP, 49 ans


Ministre de la justice
Rachida Dati
UMP, 41 ans


 
Ministre du travail,
des relations sociales et de la solidarité

Xavier Bertrand
UMP, 42 ans


Ministre de l'éducation nationale
Xavier Darcos
UMP, 59 ans


Ministre de l'enseignement supérieur
et de la recherche

Valérie Pecresse
UMP, 39 ans



Ministre de la défense
Hervé Morin
UDF-majorité présidentielle, 45 ans


 
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports
Roselyne Bachelot
UMP, 60 ans

Ministre du logement et de la ville
Christine Boutin
UMP, 63 ans



Ministre de l'agriculture et de la pêche
Christine Lagarde
51 ans


Ministre de la culture et de la communication,
porte-parole du gouvernement

Christine Albanel
51 ans



Ministre du budget, des comptes publics
et de la fonction publique

Eric Woerth
UMP, 51 ans


Secrétaire d'Etat chargé des relations
avec le Parlement, auprès du premier ministre

Roger Karoutchi
UMP, 55 ans


Secrétaire d'Etat à la prospective et évaluation
des politiques publiques, auprès du premier ministre

Eric Besson
ex-PS, 49 ans

Secrétaire d'Etat aux transports, près le ministre de l'écologie
du développement et de l'aménagement durable

Dominique Bussereau
UMP, 54 ans



Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, près le ministre
des affaires étrangères et européennes

Jean-Pierre Jouyet
53 ans


Hors gouvernement
Martin Hirsch
43 ans,

président d'Emmaüs-France, est nommé haut commissaire
aux solidarités actives contre les pauvretés


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Ouverture, rassemblement, parité

Les places dans ce gouvernement de 15 ministres étaient chères

http://www.rfi.fr/actufr/articles/089/article_51950.asp


Nicolas Sarkozy et François Fillon ont pourtant respecté l’engagement pris durant la campagne électorale d’appliquer le principe de la parité. C’est la première fois qu’il y a sept femmes pour huit hommes dans une équipe gouvernementale. Michèle Alliot-Marie quitte la Défense, qu’elle occupait dans le gouvernement de Dominique de Villepin, pour l’Intérieur. Elle se retrouve au troisième rang dans l’ordre protocolaire. C’est la première fois qu’une femme occupe ce portefeuille. L’entrée dans le gouvernement de Rachida Dati, la porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale, est particulièrement symbolique. D’une part, parce qu’elle accède pour une première nomination à un ministère très important, celui de la Justice. D’autre part, parce qu’elle est jeune (41 ans), qu’elle a eu un parcours atypique et qu’elle a des parents issue de l’immigration.

Parmi les nouvelles têtes, on trouve aussi Valérie Pécresse, députée et porte-parole de l’UMP, qui devient ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Christine Albanel, qui était jusque-là présidente de l’établissement public du Château de Versailles et «plume» de Jacques Chirac, est la troisième femme du gouvernement dont c’est la première nomination. Elle prend la tête du ministère de la Culture et de la Communication mais devient aussi porte-parole du gouvernement. Christine Boutin accède elle aussi pour la première fois à une responsabilité ministérielle (Logement et Ville). L’équipe féminine est complétée par deux figures plus habituées aux rouages gouvernementaux : Roseline Bachelot-Narquin (Santé, Jeunesse et Sports) et Christine Lagarde (Agriculture et Pêche).

Kouchner, tout un symbole
Le casting gouvernemental a aussi été innovant en matière d’ouverture politique. Nicolas Sarkozy et François Fillon ont repris à leur compte ce thème qui a été au cœur de la campagne électorale et dont le centriste François Bayrou avait fait son principal argument. Le gouvernement qui vient d’être formé regroupe, en effet, des personnalités du centre et de gauche. Hervé Morin, président du groupe UDF à l’Assemblée nationale et qui avait soutenu François Bayrou durant la campagne présidentielle, a été choisi pour occuper le poste de ministre de la Défense. C’est sa première nomination dans un gouvernement. Il incarne donc cette mouvance centriste qui a choisi de se rallier à Nicolas Sarkozy après le premier tour de la présidentielle et à laquelle le nouveau chef de l’Etat a promis une place dans la majorité.
Mais c’est l’arrivée de  Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste de la Santé, qui est la plus symbolique. Celui que l’on a surnommé le «French doctor », co-fondateur de Médecins sans frontières (MSF), a accepté le Ministère des Affaires étrangères et européennes.  Le choix de ce portefeuille n’est pas dû au hasard. Il est à la fois prestigieux et peu sensible dans le sens où il n’y a pas de désaccords fondamentaux entre la droite et la gauche sur la politique internationale de la France. Une autre personnalité de gauche a d’ailleurs été nommée comme secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères. Il s’agit de Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur de cabinet de Jacques Delors à Bruxelles mais aussi de Lionel Jospin, et proche de François Hollande. Eric Besson, le transfuge du Parti socialiste, qui avait quitté sa formation avec fracas pendant la campagne électorale, obtient lui aussi un secrétariat d’Etat rattaché au Premier ministre. Celui de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques.

Grincements de dents chez les "sarkozystes"
Cette volonté d’ouvrir les portes du gouvernement aux membres des autres familles politiques désireux de servir la France, une mission que Nicolas Sarkozy a qualifié de «devoir» le jour de son investiture, n’est pas anodine. Le nouveau chef de l’Etat a pris le parti de montrer que la «rupture» avec les anciennes méthodes politiques annoncée tout au long de la campagne comme son engagement le plus fondateur, n’était pas une promesse de gascon. Cette décision n’a évidemment pas fait plaisir à tout le monde à l’UMP. Parmi les proches de Nicolas Sarkozy qui ont trouvé la nouvelle un peu rude, on peut citer Patrick Devedjian qui a déclaré avec une ironie teintée d’agacement, il y a quelques jours, que l’ouverture pourrait peut-être même aller jusqu’aux «sarkozystes».
Il est vrai qu’ils ne sont pas omniprésents. Parmi les véritables fidèles, ceux qui ont suivi le nouveau président depuis longtemps, il n’y a en fait que Brice Hortefeux qui ait été sélectionné comme ministre. Il prend en charge le nouveau ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement. Nicolas Sarkozy a donc choisi un proche pour gérer un portefeuille dont l’annonce avait été largement critiquée par la gauche pendant la campagne électorale et qui risque de provoquer encore des polémiques. Roger Karoutchi, qui fait aussi partie des «sarkozystes» historiques, n’est que secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement.

On trouve, en revanche, un certain nombre de chiraquiens. Ce qui montre le désir de rassembler aussi au sein de la famille UMP et de n’exclure personne. Au premier rang des proches de l’ancien président figure Alain Juppé, seul ministre d’Etat, donc numéro 2 du gouvernement, qui prend la tête d’un super ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. La création de ce ministère est d’ailleurs l’une des principales innovations du gouvernement. Elle répond à l’engagement pris par Nicolas Sarkozy de faire de la défense de l’environnement un élément transversal de sa politique. Le choix d’Alain Juppé, un homme d’expérience, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre du Budget, donne de la crédibilité à ce portefeuille.

L’emploi d’un côté, le travail de l’autre
La séparation de l’ancien ministère de l’Economie en deux est confirmée. Jean-Louis Borloo prend en charge la partie qui regroupe l’Economie, les Finances et l’Emploi. Eric Woerth se charge de celle qui concerne le Budget, les Comptes publics et la Fonction publique. Ce redécoupage a pour objectif de permettre une meilleure gestion de la politique en faveur de l’emploi  en l’intégrant dans la stratégie économique visant à la relance de la croissance. Ce sera le rôle de Jean-Louis Borloo. Il reviendra, en revanche, à Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, de s’atteler à la tâche difficile de négocier avec les partenaires sociaux, par exemple, la mise en œuvre du service minimum dans les transports publics. Nicolas Sarkozy et François Fillon ont formé un gouvernement «irréprochable» dans le sens où il correspond aux promesses de campagne et permet d’aborder les élections législatives dans les meilleures conditions possibles : en affichant la volonté de Nicolas Sarkozy de gouve