Dimanche 28 mai 2006 7 28 /05 /2006 07:17
Longtemps, les militants du PS se sont méfiés des stars des sondages


http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-776733,0.html


Lors de l'affrontement entre Michel Rocard et François Mitterrand à la fin des années 1970, la relative jeunesse du premier, sa "différence" et son "parler vrai" lui avaient assuré des scores flatteurs dans les sondages, qui faisaient de lui le socialiste le plus populaire dans l'opinion. Dans l'appareil mitterrandien du PS au contraire, il se heurtait à de vives résistances. Ce découplage avait été vécu par de nombreux élus et militants comme une stratégie de contournement du parti par les médias, que beaucoup d'entre eux réprouvaient.
D'une certaine façon, la montée en puissance de Ségolène Royal dans les baromètres de popularité et sa stratégie de conquête des médias rappellent le cas Rocard. Mais aujourd'hui élus et militants sont tentés de se plier à la loi des sondages. Si la popularité de Mme Royal agace ses concurrents potentiels à l'investiture socialiste, elle rassure plutôt à l'intérieur du parti et favorise de nombreux ralliements.

C'est que les temps ont changé. D'abord, la démocratie est encore beaucoup plus "médiatique" qu'à l'époque de l'affrontement Mitterrand-Rocard. Ensuite, la fin des années 1970 était une période d'espoir dans la politique et les partis, notamment à gauche. Alors que, depuis le début des années 1990, la crise de la représentation et la désaffection vis-à-vis des appareils politiques ne cessent de s'approfondir. Les militants du PS ont donc, pour beaucoup, le sentiment que leur parti ne peut plus se permettre de prendre de haut les sondages d'opinion et leurs étoiles. D'autant que ces militants sont encore tétanisés par le souvenir du 21 avril 2002. Ils veulent éviter de revivre ce moment d'horreur politique.

Pas question donc de se priver a priori de l'atout Royal. Au contraire, pour ses partisans au sein du PS, sa popularité est la meilleure garantie d'éviter le renouvellement du scénario catastrophe de la précédente élection présidentielle.

Mais cette attitude revient aussi, pour le Parti socialiste, à accepter un peu plus la "dictature des sondages".

Michel Rocard avait un projet et une démarche politiques très différents de ceux de François Mitterrand. Il mettait sa popularité au service de ses idées, et ce sont bien ces idées que combattaient les mitterrandiens. Alors que Ségolène Royal, pour l'essentiel, plaît au sein du PS parce qu'elle est en tête des sondages, même avec des idées encore en pointillé. Ce glissement n'est pas sans conséquences potentielles pour l'avenir. La légitimité de l'action du PS en tant que parti politique pourrait s'affaiblir par rapport à celle que confère l'opinion. La confirmation du "phénomène Royal" représenterait un pas de plus vers la démocratie "d'opinion" - nourrie par les médias et la société civile - et un nouveau recul de la démocratie "de parti".

Par ailleurs, la démarche de Mme Royal, telle qu'elle l'a elle-même définie, revient à se mettre à l'écoute de l'opinion puis à reprendre à son compte les idées-forces qui se seront dégagées. Si elle est couronnée de succès, elle pourrait signifier une nouvelle remise en cause du rôle des dirigeants politiques, en particulier pour la gauche, qui a longtemps eu une démarche plus "programmatique" que la droite. Jusqu'à présent, au moins dans la définition française, l'homme - ou la femme - politique était supposé, non pas épouser un éventuel consensus déjà existant, mais acquérir ses propres convictions ; puis les défendre avec assez de force pour créer un rassemblement autour de ces idées.

L'exemple le plus parlant est celui de la peine de mort : si François Mitterrand s'était contenté d'adhérer au consensus de l'époque, il n'aurait jamais aboli le châtiment suprême - de surcroît en l'annonçant à l'avance avant même son élection en 1981 -, à contre-courant, précisément, de tous les sondages d'opinion.

La démarche de Ségolène Royal est présentée comme une réponse et une tentative de solution à la crise du politique. Mais elle pourrait aussi représenter, de façon paradoxale, une nouvelle étape du processus d'affaiblissement des dirigeants et des structures politiques.

Par Jean-Louis Adréani - Publié dans : Le Monde
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Samedi 27 mai 2006 6 27 /05 /2006 00:59
Elle fustige également "l'arrogance" et les "haines recuites" de la droite

 

" L'an prochain, nous construirons la France du respect ". " L'alternance, nous la voulons et nous la réussirons ! "  a-t-elle lancé devant un millier de sympathisants réunis à Lorgues, dans le Var.

La très probable candidate à la candidature du PS a également levé un coin de voile sur ce que sera le principal "socle de campagne" des socialistes en 2007.

Le projet socialiste s'articulera ainsi autour de quatre grandes priorités, à commencer par le plein emploi, "un secteur dans lequel le travail sera moins taxé que le capital" et la révolution scolaire, "pour que les enfants n'aillent plus à l'école la peur au ventre face à la violence, ou pour être mis sur une voie d'apprentissage dès 14 ans".

Ségolène Royal a également cité l'environnement, "pour créer dès maintenant la France de l'après-pétrole et des énergies renouvelables défiscalisées" et, enfin, l'Europe, "pour réconcilier une fois pour toutes ceux qui ont voté pour le oui et ceux qui se sont prononcés pour le non, et reconstruire ensemble une Europe de la paix et non pas celle du chômage et des délocalisations".

Organisée par la fédération socialiste du Var, la Fête de la Rose de Lorgues est l'occasion tous les ans à la même époque d'accueillir une personnalité politique de gauche.
Ségolène Royal en a profité pour régler quelques comptes avec la droite. "Qu'ils s'en aillent en 2007. Ils ont fait assez de dégâts, ils ont tout eu, tous les pouvoirs, ils ont tout essayé et tout raté, même les complots entre eux", a-t-elle martelé.

"Ils nous infligent leurs haines recuites, leur arrogance, ils n'exercent le pouvoir que pour eux-même, c'est de la corruption", a-t-elle ajouté.

Ségolène Royal a ainsi trouvé "choquante" l'amnistie accordée par Jacques Chirac à l'ancien champion olympique Guy Drut. "C'est un manque de respect pour les Français. La justice, ce sont les mêmes règles pour tous, petits ou grands. Ça me rappelle La Fontaine, les animaux malades de la peste : "Selon que vous serez puissants ou misérables..."

Ségolène Royal a enfin fait état de 50.000 nouveaux adhérents au PS à l'échelon national (une hausse de 40 % pour le seul département du Var).

Ce rendez-vous varois était aussi pour les observateurs l'occasion de voir, à une an de la présidentielle, qui des principaux ténors parisiens de son parti s'afficherait aux côtés de la présidente de la région Poitou-Charentes.

Or, il n'y en avait aucun. Pas même Julien Dray, dont la venue avait été pourtant annoncée.

    http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=20777&1837

Par Reuters - Publié dans : L'Express
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Vendredi 26 mai 2006 5 26 /05 /2006 06:17
Haro sur Ségolène ! psychorigide, réactionnaire, antisémite : les corbeaux montent une opération "Darkstream" pour tenter de ternir son image

Un blog de soutien taxé d'extrême droite... ???
Alors voilà que mon blog est épinglé parce qu'il y aurait donc des liens douteux... à savoir ceux qui renvoient sur des articles parlant de DSK et de Fabius et où ils sont présentés comme "des membres éminents" de la communauté juive.

"Le Canard enchaîné rappelle que le fait de désigner un individu par son appartenance religieuse ou ethnique est traditionnellement utilisé par l'extrême-droite".

Et voilà, l'amalgame est fait.

Que Ségolène se rassure, je n'ai jamais voulu lui porter tort d'autant que... ma grand-mère était juive... tout le reste se passe de commentaires, j'enlève les liens.

Adriana Evangelitz

Par mso et Adriana Evangelitz - Publié dans : Blog : Segolene Royale... Une femme Présidente ???
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Jeudi 25 mai 2006 4 25 /05 /2006 00:13

Ségolène Royal a annoncé sa décision de ne pas se représenter aux élections législatives de 2007

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-775406@51-749161,0.html

 

La présidente PS du conseil régional de Poitou-Charentes renonce à son mandat de députée des Deux-Sèvres qu'elle détient depuis 1988. "J'ai décidé (...) de transmettre le flambeau de ma circonscription en continuant à y veiller de très près depuis la région, qui est le mandat que je garde. Je crois que la cohérence est une valeur politique de première importance, et c'est pourquoi je le fais", a-t-elle répondu à une internaute qui l'interpellait sur le sujet. Mi-juin, les militants appelés à voter pour investir leurs candidats du PS, devront donc, dans les Deux-Sèvres, désigner quelqu'un d'autre.

Partisane du non-cumul des mandats -une mesure qui devrait figurer dans le projet du PS pour 2007- Ségolène Royal a saisi l'occasion "de respecter avant l'heure ce principe". En cas d'échec, elle ne disposerait plus de la représentation nationale qu'offre l'Assemblée. Une décision dure à prendre, confiait-elle en aparté, à l'issue du chat, où elle s'est rendue en compagnie de Christophe Chantepy, président de son association de campagne, Désirs d'avenir.

Ségolène Royal n'est pas la première à faire ce choix. Jean-Yves Le Drian, président PS du conseil régional de Bretagne, l'a précédée, et a déjà fait savoir qu'il renonçait, lui aussi, à son mandat de député du Morbihan, décroché pour la première fois en 1978. Pour bien d'autres raisons, faute d'avoir obtenu la circonscription qu'elle souhaitait, la maire de Lille, Martine Aubry, ne sera pas non plus candidate aux législatives. Aucun autre présidentiable, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, ou Jack Lang, n'est à la tête d'un exécutif local, même si les deux premiers restent très actifs dans leurs mairies - Grand-Quevilly (Seine-Maritime) pour M. Fabius, Sarcelles (Val-d'Oise) pour M. Strauss-Kahn.

En annonçant sa décision, Ségolène Royal envoie surtout un signe supplémentaire de sa détermination à être candidate à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle. Elle le fait à un moment où les attaques redoublent contre elle et le premier secrétaire du PS, François Hollande, accusés de "privatiser" le parti à leur avantage.

Tentative de déstabilisation

Depuis quelques jours, le couple est dans la ligne de mire des candidats rivaux. Les rumeurs enflent pour tenter de les déstabiliser, soit parce qu'ils agiraient de concert, soit qu'ils se disputeraient sur un "ticket" que M. Hollande aurait conclu avec Lionel Jospin... L'attitude, parfois ambiguë du premier secrétaire, nourrit les spéculations. Et les nouvelles déclarations de François Rebsamen, numéro deux du parti, sur Europe 1, mardi matin, affichant sans complexe ses préférences, n'ont pas contribué à apaiser les esprits.

"Les présidentiables, il n'y en a pas tant que ça : quelqu'un qui est en haut des sondages, une femme, Ségolène Royal, et puis logiquement, le premier secrétaire du PS qui a redressé le parti depuis 2002...", a-t-il déclaré, ajoutant tout juste sur sa liste Lionel Jospin comme "recours si on n'y arrive pas". Réunis à huis clos au siège du parti quelques heures plus tard, les représentants des candidats ont manifesté leur colère. Le député de Paris , Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn a reproché à M. Rebsamen de choisir des "candidats officiels" et de mépriser les autres. Patrick Mennucci, qui représentait Ségolène Royal, a fait profil bas, se montrant conciliant sur tout. Un nouveau sondage BVA pour L'Express, réalisé du 19 au 20 mai auprès de 955 personnes, ajoute sans doute à la nervosité : près de six Français sur dix jugent envisageable de voter pour Ségolène Royal en 2007.

Mardi, plus d'un millier de questions sont parvenues sur le site Lemonde.fr. En réponse à un internaute qui lui demandait si la France devait demander "pardon aux Algériens pour son passé colonial", elle a pris position sur ce sujet très sensible : "Demander pardon bien sûr. Ce qui compte, c'est que la France soit au clair avec toute son histoire et toutes celles et tous ceux qui la composent et qui ont souffert... Je pense aux Algériens qui ont vécu la répression, mais je pense aussi aux harkis et à leurs souffrances. Etant fille d'un officier qui a été engagé dans la guerre d'Algérie (...), je mesure l'importance de la prise de parole récente sur cette période qui a permis bien des résiliences". Elle voudrait y ajouter "la douleur des rapatriés". Ségolène Royal s'est déclarée par ailleurs hostile à une loi sur la dépénalisation du cannabis et favorable à une réforme de l'enseignement supérieur pour "arrêter d'engager les jeunes dans une impasse".

 

Par Isabelle Mandraud - Publié dans : Le Monde
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Mercredi 24 mai 2006 3 24 /05 /2006 02:41
François Hollande s'en prend aux présidentiables, qui en retour lui reprochent de favoriser la candidature de Ségolène Royal, sur fond de sondages inquiétants pour la gauche

 

http://www.lefigaro.fr/france/20060523.FIG000000019_le_parti_socialiste_au_bord_de_la_crise_de_nerfs.html

En faisant montre d'autorité, samedi à Marseille, François Hollande n'avait peut-être pas imaginé qu'il déclencherait les hostilités. Sa petite sortie contre les présidentiables a fait redoubler les critiques de ceux qui n'apprécient pas que le couple François Hollande-Ségolène Royal préempte le débat présidentiel au PS. A l'origine, une petite réflexion, glissée, l'air de rien, dans le discours du premier secrétaire lors de la réunion hebdomadaire des états généraux du projet, consacrée ce jour-là à l'Education. «On est là tous les samedis... je ne sais pas où sont les autres», feignait-il de s'étonner, s'attirant un succès facile auprès des militants. Les autres, ce sont bien sûr les présidentiables : Ségolène Royal, Jack Lang, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn... Et de renchérir le lendemain au micro d'Europe 1 : «Aujourd'hui, nous parlons trop de candidatures et pas suffisamment de projet», a-t-il expliqué, déplorant «un peu de précipitation, et dans les préférences, et dans les sélections, et dans les annonces». Ce qui lui vaut un retour difficile rue de Solférino.

«Le PS organise lui-même son impuissance»

Car en matière de «préférences» et d'«annonces», les proches du premier secrétaire n'ont pas été les derniers. La prise de position du porte-parole Julien Dray en faveur de la candidate Ségolène Royal a fait grincer des dents chez les autres présidentiables. Quant au numéro 2 du PS François Rebsamen, il a été très critiqué pour avoir dit qu'au cas où Ségolène Royal ne ferait pas le poids, le meilleur candidat serait Hollande.

Hier, le fabiusien Claude Bartolone a attaqué sur ce thème. «On est en pleine duplicité. Le premier secrétaire organise le désordre, puis il s'en plaint», s'est-il étonné, reprochant aussi à la direction de reléguer les présidentiables dans les débats en atelier. Ces réunions, qui se tiennent chaque samedi dans une ville différente, sont d'ailleurs pour eux une sorte de piège. Lorsqu'ils y participent (ils sont tous passés, par exemple, le 6 mai à Bordeaux pour parler emploi), ils sont relégués en fond de salle. On a ainsi pu y voir Laurent Fabius, assis au neuvième rang, tendant le bras comme un écolier pour réclamer la parole à un modérateur qui ne le reconnaissait pas dans la pénombre. A la tribune, on trouvait des syndicalistes, des sociologues, des altermondialistes, mais peu de ténors socialistes, au point qu'il est difficile pour un observateur de faire le tri entre ce qui engage le PS et ce qui reste de l'ordre de la réflexion générale et personnelle. «Le PS organise lui-même son impuissance», constate amèrement un jospiniste. Sans compter que ces forums décousus n'auront d'influence qu'à la marge : le vrai projet s'élabore chaque mercredi matin, rue de Solférino, en commission du projet.

En s'en prenant aux présidentiables en général, Hollande a d'ailleurs ouvert la boîte de Pandore des critiques qui se retournent contre lui. «Ça cafouille, et j'aurais aimé que cette déclaration de François qui est bonne, intervienne plus tôt», a ainsi déclaré Bertrand Delanoë sur Canal+, en montrant du doigt «certains dirigeants du Parti socialiste, dont des proches de François, (qui) sont trop allés dans l'arène des questions de personnes». «Il y a quelques personnes qui regardent trop leur nombril», a ajouté le maire de Paris , parlant de «politique spectacle».

«Il est temps de remettre enfin un peu d'ordre»

a également estimé Jack Lang dans Le Parisien, lui-même candidat et qui n'était pas plus présent à Marseille que les autres, bien qu'il ait été ministre de l'Education, mais qui s'enorgueillit d'être «le plus assidu à la commission du projet». Bartolone, lui, prête des arrière-pensées à Hollande : le premier secrétaire, dit-il, pense que «le désordre peut lui donner l'occasion de se renforcer» dans la course à l'Elysée.

http://www.lefigaro.fr/france/20060523.FIG000000019_le_parti_socialiste_au_bord_de_la_crise_de_nerfs.html

Par Myriam Levy - Publié dans : Le Figaro
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