Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /2007 21:24
 Ce n'est pas parce que le renard se couvre de plumes qu'on va le prendre pour une poule ...


BAYROU ET LE CLAN SARKO

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"Pourquoi je voterai Ségolène Royal" , par
Thomas Marcy du nouveau parti démocrate


Je ne peux cautionner la conception de la démocratie qui risquerait de triompher si Nicolas Sarkozy l'emportait …

http://udf76.typepad.fr/thomasmarcy/2007/04/pourquoi_je_vot.html
 


Citoyennes, Citoyens,

Comme chacun de vous je serai amené à faire un choix crucial dans dix jours, quand viendra le deuxième tour de l'élection présidentielle. Comme a su le prouver en son temps Pierre Mendès-France, faire de la politique c'est aspirer à gouverner et c'est donc choisir. C'est pourquoi je ne voterai ni blanc ni ne m'abstiendrai.
J'ai attendu, comme tous les autres candidats démocrates aux législatives, que François Bayrou se prononce sur le second tour des présidentielles pour me prononcer moi-même, ce qui était bien normal.
En pleine cohérence avec son attitude durant la campagne, F. Bayrou a refusé de donner une consigne de vote, tout en présentant les solides arguments de son refus de soutenir l'un(e) ou l'autre des deux candidats. Vouloir une démocratie adulte implique de laisser chaque citoyen(ne) se déterminer en son âme et conscience, pour le bien du pays.
Ce refus de donner une quelconque consigne et cette liberté de conscience s'applique également à chacun et chacune des candidat(e)s locaux du nouveau Parti démocrate, notamment celles et ceux qui auront l'honneur de défendre ses idées lors des prochaines élections législatives.
Il appartient donc à chacun(e) de se prononcer, selon sa sensibilité propre et son jugement. Ce qui implique l'acceptation de la diversité des opinions au sein du Parti démocrate, étant bien précisé que ce choix n'engage chaque fois que l'individu qui décide d'en faire état publiquement. Comme l'a dit auparavant F. Bayrou, un parti où tout le monde devrait penser la même chose serait un parti où l'on n'aurait renoncé à penser. 
Je déclare donc, face aux électeurs, qu'après mûre réflexion j'ai décidé de voter pour Ségolène Royal.

je refuse que la démagogie et le populisme le plus cynique
deviennent les modes de gouvernement habituels en France
Je ne peux en effet cautionner la conception de la démocratie qui risquerait de triompher si Nicolas Sarkozy l'emportait.
Une authentique démocratie ne saurait exister dans un système où tous les pouvoirs continueraient à être centralisés dans les mains d'un seul homme, sans le moindre contrôle véritable, sans de vrais contre-pouvoirs. Or, j'estime que Nicolas Sarkozy, dont les penchants autoritaires et le manque de contrôle de soi sont avérés, n'a aucune intention de modifier le système de monarchie républicaine actuel, bien au contraire. Entre ses mains il est à craindre que l'Etat perde encore un
peu plus de son prestige et de son impartialité pour être mis au service d'un clan. Nul ne peut prendre ainsi au sérieux sa promesse, surgie en toute fin de campagne, d'introduire une dose réelle de proportionnelle pour l'élection des députés : dans ses moments les plus lyriques, son lieutenant Brice Hortefeux a évoqué un maximum de 60 sièges (sur 577) selon ce mode de scrutin !
Et je ne veux pas que la démagogie et le populisme le plus cynique deviennent les modes de gouvernement habituels en France. A l'heure où une certaine droite française (mais aussi européenne) relève de plus en plus impunément le museau (qu'elle a fort sale), la récupération des thèmes lepénistes (dans un bel emballage marketing) ne saurait être tolérée. Et qu'on n'aille pas évoquer l'affaiblissement du FN pour vanter les mérites de cet abaissement intellectuel et moral de la politique : car cela revient simplement à disséminer dans le corps social le foyer de l'infection. La modernité ne doit pas passer par le reniement des conquêtes de l'esprit sur la bêtise ordinaire (qui n'attend que des circonstances favorables pour devenir criminelle).

les riches deviendront de plus en plus riches
et les très riches le deviendront immensément plus

Enfin, si je suis au Parti démocrate, c'est que je ne me résous pas à ce qu'un capitalisme financier absolutisé (et mensongèrement assimilé au libéralisme dans son ensemble) détruise l'égalité minimale qui seule permet l'existence effective d'une citoyenneté. Là où un citoyen a virtuellement les moyens économiques (même inutilisés !) de décider du destin de ses co-citoyens, ceux-ci ne sont plus effectivement libres, puisque privés d'autonomie. Et la République ne peut y survivre (cf. Platon, dans "Les Lois". Oui, je sais, mes références sont parfois un peu vieillottes; mais c'est que je n'ai pas encore eu le temps de lire le dernier ouvrage de Doc Gynéco : à chacun ses lacunes...). Le régime où domine le pouvoir du riche (ploutos), c'est la "ploutocratie". Un exemple récent et proche a existé, celui du multi-milliardaire Sylvio Berlusconi en Italie. Quelle fut l'une des mesures-phares de Berlusconi ? La suppression de tout impôt sur la succession (à commencer pour ses propres enfants, bien entendu...) Et que propose Sarkozy ? La même chose (pour 95% des successions exactement) ! Ainsi les riches deviendront de plus en plus riches et les très riches le deviendront immensément plus. Il ne restera plus qu'a dynamiter les dispositifs tels que la carte scolaire ou le système d'aide au logement social (dont sa ville, Neuilly, s'est bien sûr préservée, en piétinant la loi SRU de 1991) et l'apartheid social sera réalisé dans les faits ! Peu importe la criminalité et l'hyper-violence qui se développera alors dans nos villes : la peur rendra docile la population qui réclamera toujours plus d'ordre brutal et arbitraire. Quant aux (vraiment) riches (une infime minorité) ils pourront se payer des espaces privatisés à l'abri de la violence avec des polices privées (car, contrairement à ce qu'on croit, les études de sociologie urbaine montrent que les ghettos qui croissent le plus vite sont des ghettos de riches). Je pourrai encore citer la prime au communautarisme et la volonté déclarée de dynamiter la loi de 1905 fondatrice de la laïcité...
Quant au soi-disant modernisme économique de Sarkozy il y a de quoi en sourire. Comme Chirac, Sarkozy conçoit avant tout l'économie comme le moyen de reproduction de quelques classes sociales qui n'ont aucune envie d'affronter véritablement la concurrence méritocratique. J'ai déjà parlé de la suppression des droits sur héritage et de la carte scolaire. Il faudrait sans doute bien des pages pour exposer le capitalisme de coquins et de copains que Sarkozy veut faire passer pour une économie de marché moderne : on est à vrai dire plus proche du capitalisme à la Napoléon III où les relations incestueuses entre l'Etat et quelques "initiés" remplacent toute saine concurrence (F. Bayrou en a déjà dit long sur la fascination douteuse de Nicolas Sarkozy pour ces cercles de néo-féodaux). Comme à notre âge médiatique le culot paie toujours, il suffira d'exhiber quelques réussites d'individus méritants et de voeux pieux pour les PME-PMI qui souffrent et le tour sera joué. Au passage cela fera diversion sur le bradage des biens stratégiques de la Nation : où en est le projet de Sarkozy de mettre le destin de Gaz de France entre les mains du pouvoir algérien via un mariage forcé (!) avec la compagnie d'Etat de l'énergie de ce pays ?!!

Mais c'est aussi pour des raisons positives
que je voterai pour Ségolène Royal

Tout d'abord parce que l'on peut la créditer d'un désir nettement plus sincère de coopérer avec un Centre vraiment indépendant, d'une part parce qu'elle en a vraiment besoin politiquement, d'autre part parce qu'elle a intérêt à ne pas se retrouver en tête-à-tête avec les "éléphants" du PS (tandis que N. Sarkozy a seulement le projet de vider le Centre de toute substance pour le réduire à une brigade de supplétifs). Et on ne peut pas contester l'importance des pas qu'elle a faits récemment en notre direction.
Ensuite parce que j'ai l'intime conviction (et je l'assume !) qu'un rapprochement des démocrates avec les sociaux-démocrates du PS est la meilleure façon de transformer, sur la durée, l'essai du 22 avril et de changer durablement la politique en France, en faisant du Parti démocrate le pôle d'une très grande force progressiste, moderniste, indépendante et européenne. J'ai bien dit "socio-démocrates" (et pas le PS en général et en bloc) ainsi que "indépendante". Même s'il l'a dit un peu trop tard et/ou trop tôt dans la campagne, Michel Rocard a objectivement raison de prôner ce rapprochement dont la France a un besoin vital et qui vient d'être réalisé en Italie entre les sociaux démocrates et les centristes de la "Marguerite". Il serait évidemment progressif. Mais il implique certains gestes symboliques. Voilà donc pourquoi je déclare, à ma modeste échelle individuelle, mon vote pour Ségolène Royal.
Aux éventuels donneurs de leçons de réalisme politique je précise que je n'ai rien d'un "idiot utile" qui agirait par pur idéalisme. J'estime au contraire faire preuve de réalisme à moyen et long terme, en pensant d'abord à l'intérêt de mon pays.
Cette déclaration n'engage que moi.
Mais elle m'engage réellement, en tant que centriste fier d'appartenir à cette nouvelle famille tolérante et plurielle qu'est le Parti démocrate.


Salutations démocrates.


http://udf76.typepad.fr/thomasmarcy/2007/04/pourquoi_je_vot.html

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Quitterie Delmas, porte-parole des

jeunes UDF de Paris choisit Ségolène !

 

Pourquoi donner ma position de vote personnelle  ?

 

http://lesjeuneslibres.hautetfort.com

 


Parce que je veux participer de tout mon poids à la création du mouvement des démocrates aux côtés de François Bayrou. Mon engagement personnel s’est toujours fondé sur le dépassement des clivages gauche-droite. J’aime cette France qui s’engage dans les entreprises comme dans les associations. J’aime cette France rassemblée pour affronter les enjeux cruciaux qui nous attendent. Je me bats aussi pour le renouvellement du personnel politique. Pour ma génération, pour qu’elle devienne enfin co-décisionnaire de son avenir.

Je me bats pour rétablir le lien de confiance entre les Français et leurs élus, et donc pour le changement des pratiques politiques

Je souhaite aujourd’hui montrer aux yeux de tous, que les acteurs qui accompagnent François Bayrou dans son combat viennent de toutes les origines, toutes les diversités, mais se rassemblent autour de lui dans un objectif commun : fonder cette force politique nouvelle, la troisième voie, celle qui apaisera et permettra de mener les réformes en France de manière pragmatique et non idéologique.

Des parlementaires se sont exprimés, certains en faveur de Nicolas Sarkozy. Je suis heureuse d’être dans un mouvement où la parole est libre, la décision personnelle aussi.
Je ne souhaitais pas qu’on n’entende qu’un son de cloche d’élus qui ne représentent pas forcément toutes celles et tous ceux qui ont rejoint François Bayrou et qui se battent en son nom pour la création d’une nouvelle ère politique.

La logique d’internet est une logique de réseau, où la prise de parole est égale et non hiérarchique. Je suis heureuse d’en être un exemple.

je n’accepte pas les méthodes employées de pressions sur les individus, qualifiée "méthodes des Haut de Seine"

Si je ne vote pas à titre personnel Nicolas Sarkozy, c’est que sa dérive droitière durant la campagne sur le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale et ses propos sur l’eugénisme font de lui un incroyable conservateur. Je suis déjà d’ores et déjà en opposition politique avec ses idées.

Plus grave, me battant pour le changement des pratiques politiques, je n’accepte pas les méthodes employées de pressions sur les individus, qualifiée "méthodes des Haut de Seine", les Français ont le droit à la transparence, les élus de choisir leurs positions en âme et conscience. L’attitude des sarkozystes depuis de longues années à l’Assemblée Nationale vis à vis de nos élus UDF est inadmissible. J'ai très mal ressenti ces pressions, ces menaces et railleries, et provoque chez moi un esprit de résistance.

Si je vote à titre personnel aujourd’hui Ségolène Royal, c’est que dans sa liberté par rapport au PS, elle démontre qu’une refondation des appareils politiques est possible

De plus, je souhaite une réforme des institutions imminente, comme François Bayrou : séparation des pouvoirs, non cumul des mandats, proportionnelle, fin de la collusion politico médiatique.

Naturellement, je sais d’ores et déjà que le poids de la dette, les réformes qui ne se font pas sont une menace pour ma génération et les suivantes. Ce qui provoquerait si rien n’est fait une fracture générationnelle comme Bernard Spitz l’explique très bien dans son Papy Krach.

Je sais que beaucoup d’entre nous s’interrogent sur un vote blanc. C’est pour cela qu’il est important d’avoir 12 jours de réflexion et je sais qu’un certain nombre d’entre eux se prononceront suite au débat entre François Bayrou et Ségolène Royal.

Ils ont raison. Pour ma part, je suis heureuse d’assumer ma volonté d’incarner la diversité des opinions aux côtés de François Bayrou.

 

http://lesjeuneslibres.hautetfort.com

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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /2007 06:53
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /2007 10:12
"Il a bougé au cours de cette campagne", a-t-elle déclaré lors de l'émission "A vous de juger"

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-901924@51-825418,0.html

 

Elle a estimé que s'adresser à lui, est "une démarche responsable, respectueuse des électeurs et utile pour la France".  Mme Royal a cité au crédit de M. Bayrou "le constat qu'il fait sans concession de la situation de la France et des propositions de Nicolas Sarkozy". "Je crois qu'il a, au cours de cette campagne, compris un certain nombre de choses", a-t-elle dit, et en particulier "des valeurs inscrites dans mon pacte présidentiel" telles que "l'Etat impartial", "l'efficacité écologique" ou "la priorité éducative". Mme Royal a également cité le co-développement et la proposition d'un plan Marshall pour l'Afrique, proposé par M. Bayrou.

"Rénovation profonde de la politique"

Concernant le débat public avec François Bayrou, elle a réaffirmé qu'elle serait prête à débattre publiquement avec lui. Elle a proposé que les caméras de France 2 viennent filmer, vendredi, la rencontre devant la presse régionale à laquelle elle a convié François Bayrou. 
Selon elle, sa proposition de dialogue avec M. Bayrou rélève d'une"rénovation profonde de la politique, c'est très audacieux". "Je veux rassembler tous les républicains de progrès qui pensent que toute décision politique doit être motivée par les valeurs humaines, et non par les valeurs boursières", a-elle ajouté.

Mais elle a également défendu ses points de divergence avec le président de l'UDF, comme la création d'un service public de la petite enfance et d'un service public de la caution, critiqués par François Bayrou dans son discours mercredi après-midi. Elle a récusé le "tout sauf Sarkozy", estimant qu'elle veut "faire adhérer les citoyens à un projet, à une espérance". "Je ne crois pas à un homme providentiel, je n'ai pas la même façon de concevoir le pouvoir que Nicolas Sarkozy", a-t-elle ajouté.

Marqueurs à gauche

Mais la candidate socialiste s'est aussi montrée offensive sur les thèmes sociaux, en marquant sa différence avec Nicolas Sarkozy. "Ca suffit de considérer que ce sont les salariés qui doivent payer la flexibilité !", s'est-elle exclamée. Elle a de nouveau demandé à Noël Forgeard de rembourser les 6 millions d'euros d'indemnités perçus lors de son départ d'EADS.
Elle a également attaqué M. Sarkozy, l'accusant de vouloir diviser les Français."Il y a trop de riches d'un côté et trop de pauvres de l'autre" , a déploré la candidate du Parti socialiste. "Je ne suis pas pour dire qu'il y a des gens qui veulent se lever tôt et d'autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres", a-t-elle lancé.

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-901924@51-825418,0.html

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Royal  manoeuvre en majesté
et au grand  jour


Ségolène Royal
déjeune avec DSK

... et débat avec Bayrou


http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=42832&1837

 

"Je ne suis pas hostile à ce débat. Je vais même faire une proposition très précise parce qu'il ne faut pas que des négociations d'organisation ralentissent la campagne présidentielle", a-t-elle dit dans une déclaration.

Lors d'une conférence de presse, François Bayrou a dit qu'il acceptait de débattre avec la candidate socialiste, tout en refusant d'appeler à voter en sa faveur.

Débat "d'éclaircissements"
devant la presse régionale

"Je suis une personnalité politique qui met toujours en avant l'intérêt de la France, l'intérêt de la qualité du débat public", a dit Ségolène Royal, qui a proposé au président de l'UDF de la rejoindre vendredi à 11h lors d'un forum de la presse quotidienne régionale devant lequel elle doit s'exprimer à Paris.

"Je propose donc à François Bayrou de partager ce temps de parole et de débat qui m'était ainsi proposé et de venir débattre des points qu'il a évoqués à l'instant", a-t-elle précisé dans une conférence de presse.

Commentant l'intervention de François Bayrou, Ségolène Royal a constaté "un certain nombre de convergences fortes" avec les positions du responsable centriste, mais a également entendu les "jugements portés sur le programme économique qui est le mien".

"Il faut relire ensemble (tous les deux) le pacte présidentiel pour lever les ambiguïtés ou les mauvaises interprétations", a-t-elle dit.

Priée de dire si elle était déçue par le refus de François Bayrou de donner une consigne de vote, la candidate socialiste a répondu:

"C'est de sa responsabilité (...) François Bayrou a dit un certain nombre de choses assez claires sur le projet de l'un et celui de l'autre. Il a dit des choses extrêmement sévères sur la situation de la France et les propositions (...) avancées par Nicolas Sarkozy, en particulier sur l'aggravation des difficultés qu'elles entraîneraient".

"Il m'a rejointe sur ce constat et moi je fais confiance ensuite à l'intelligence des électeurs", a-t-elle ajouté.

Ségolène Royal a lancé un appel à la participation massive des électeurs centristes au 2e tour. "Les électeurs doivent faire un choix. Quand j'entends dire qu'il y aurait peut-être un appel à la non-participation ou au vote blanc, là je ne suis pas d'accord", a-t-elle souligné.

http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=42832&1837

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Sarkozy 51, Royal 49 : rien n'est joué


Selon le baromètre TNS-Sofres, la candidate PS

bénéficie d'un bon report des voix bayrouistes

http://www.lefigaro.fr/presidentielle-sondage/20070425.FIG000000216_sarkozy_royal_rien_n_est_joue.html

 

Le jeu reste ouvert. Depuis di­manche soir, l'idée d'une victoire confor­table de Nicolas Sarkozy s'était ­installée dans les esprits. Notre premier baromètre de l'entre-deux-tours TNS-Sofres-Unilog risque de tempérer l'enthousiasme de l'équipe sarkozyste. Mais il pourrait aussi avoir pour effet de remobiliser ses électeurs. Cette enquête révèle en effet une issue du deuxième tour beaucoup plus incertaine que prévu : 51 % contre 49 %. En clair, malgré ses onze millions de voix et ses cinq points d'avance, le candidat UMP est loin d'avoir gagné. Il devra ­ferrailler jusqu'au bout et ne pas négliger les reports de voix du centre.
Car c'est l'autre enseignement de notre sondage : la candidate socialiste bénéficie d'un meilleur report des voix de François Bayrou (46 %) que son concurrent UMP (25 %). Mais 29 % n'ont pas encore pris leur décision. Cela marque une sensible dégradation des reports de voix UDF sur l'UMP. Jusqu'à présent, les premières enquêtes, réalisées dimanche soir par d'autres instituts, mesuraient plutôt un partage des suffrages à parts égales entre les deux finalistes. Ce mauvais report pour Nicolas Sarkozy est d'autant plus surprenant que, dans notre enquête, 70 % des sympathisants UDF déclarent spontanément vouloir voter pour le candidat UMP.
L'explication tiendrait au fait que, dimanche, bon nombre d'électeurs de Bayrou ne venaient pas de l'UDF, mais bien de la gauche.

La clé de l'Élysée

Quoi qu'il en soit, l'attitude qu'adoptera aujourd'hui le ­­­pré­sident de l'UDF, qui doit faire connaître ses intentions concernant le second tour, devrait peser lourd sur l'issue du match Sar­kozy-Royal. Les électeurs bayrouistes détiennent plus que jamais la clé de l'Élysée. Ce résultat pourrait inciter l'ex-ministre de l'Intérieur à revoir sa stratégie d'ouverture vis-à-vis des cen­tristes. « La stratégie des ralliements ne suffira pas. Il faudra aussi une ouverture sur les thématiques », estime un ministre.
Les autres reports de voix sont sans surprise. Les électeurs de Jean-Marie Le Pen se reportent à 62 % sur l'UMP. Ceux du trotskiste Olivier Besancenot à 78 % sur le PS. Cela est assez conforme aux enquêtes réalisées avant le premier tour.
Dans le détail catégorie par catégorie, il n'y a pas non plus de surprise. Ségolène Royal domine chez les 18-34 ans. Nicolas Sarkozy est plébiscité par les 35-49 ans et les retraités. La candidate PS devance son concurrent chez les ouvriers, mais elle est dominée chez les commerçants, les cadres et les employés.
Reste la question du pronostic. Les sympathisants UMP semblent avoir meilleur moral que ceux de la gauche. Seuls 28 % des partisans de la candidate PS pronostiquent une victoire de leur championne. Pour 90 % des électeurs sarkozystes, la victoire ne fait aucun doute.

 

Par Le Monde, L'express, Le Figaro, - Publié dans :
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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /2007 04:36
L'UMP déploie toute son énergie pour débaucher les élus favorables à François Bayrou. Ségolène Royal lui propose un "débat public et ouvert"

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/249573.FR.php


A l'assaut de la maison UDF. Dès dimanche soir, l'UMP a entamé le travail de démolition du centre. Objectif : mettre la pression maximale sur les élus du parti de François Bayrou pour les faire flancher et rallier, si possible, la demeure UMP. Hier soir, Ségolène Royal s'est dit prête à «un débat public» avec le centriste et lui a proposé de participer à une nouvelle majorité sur la base de son "pacte présidentiel". Le PS pense mettre ainsi le patron UDF devant ses responsabilités. Bref, de tous les côtés, la chasse au Béarnais est ouverte.

Indispensable

A droite, l'opération de débauchage a été confiée au ministre UDF de l'Education nationale, initiateur dès dimanche soir d'un appel de "parlementaires de l'UDF" ayant "entendu le message de Nicolas Sarkozy". Signe que son statut est à la hausse, Robien était hier soir dans l'avion privé qui conduisait le président de l'UMP à Dijon pour un meeting (lire page 4). Sa mission consiste à amadouer les parlementaires UDF en leur garantissant leur réélection et la possibilité de se constituer en un groupe autonome à l'Assemblée. S'ils refusent d'apporter leur soutien à Sarkozy, ils auront à affronter partout des candidats UMP "portés, précise Robien, par le souffle présidentiel". 
De son côté, le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, se chargeait hier de caresser les centristes dans le sens du poil : en cas de victoire de Sarkozy, la présence "massive" de l'UDF au gouvernement serait "indispensable"... D'ailleurs, des proches de Sarkozy ont indiqué hier que, s'il était élu, le candidat de l'UMP travaillerait à "une nouvelle majorité présidentielle multipolaire", avec «"rois pôles" (UMP, "centriste" et "de gauche" ) pour "rassembler" le plus large possible.
Hier soir, Robien n'avait encore débauché ­ il préfère parler de « convaincre» ­ qu'une poignée d'élus, dont... son suppléant, le député Olivier Jardé : «Les calculs et les plans sur la comète, ça devient compliqué [...], rester dans le flou, c'est dangereux pour les législatives», confie ce dernier. Ce soir à Rouen, l'UMP promet «une surprise» au meeting de Sarkozy : le coauteur du projet présidentiel de Bayrou, Pierre Albertini, député et maire de la ville fétiche des centristes, pourrait se prononcer publiquement pour le rival de Royal. «J'espère toujours que François Bayrou fera de même», confie, faussement naïf, Robien.
Pour l'UMP, les députés UDF ont encore quelques jours pour se prononcer en faveur de Sarkozy. Outre Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc et André Santini, ralliés depuis longtemps, les députés Michel Hunault, Francis Hillmeyer et Claude Leteurtre appellent à voter Sarkozy. Plusieurs autres devraient suivre après la déclaration de Bayrou, attendue pour demain. Ainsi, le député du Lot-et-Garonne Jean Dionis du Séjour dira demain, sur son blog, «qui est le candidat de [sa] raison». Santini, député des Hauts-de-Seine, le fief de Sarkozy, confie qu'il est lui aussi en «contact permanent» avec ses amis de l'UDF, qui ne seraient «pas du tout disposés à échanger un baril UMP contre deux barils PS». Sans surprise, on retrouve, parmi les plus empressés soutiens de Sarkozy, les plus conservateurs des élus UDF, notamment ceux qui ont rejoint «l'Entente» des parlementaires opposés à l'adoption par les couples de même sexe.

Débauchage

Pierre Méhaignerie, secrétaire général de l'UMP et ex-dirigeant du parti centriste, s'emploie lui aussi à détourner de la ligne Bayrou. «Je leur rappelle la mésaventure de l'Union du centre (UDC) en 1988», explique-t-il. L'UDC, groupe parlementaire autonome, s'était déclaré disposé à collaborer avec la majorité de gauche et le gouvernement de Michel Rocard. Mais, se souvient Méhaignerie, «Rocard était harcelé par la gauche du PS» et la même chose se reproduirait demain avec Royal, «aussi longtemps que le PS n'aura pas fait le choix de la social-démocratie». Pour lui, l'UDF reste l'alliée naturelle de l'UMP, qui porte dans son programme des revendications chères aux centristes : «limitation du nombre de ministres, pouvoirs accrus du Parlement, contrôle des nominations par le président»... Méhaignerie admet qu'il reste au moins un sujet de désaccord sensible entre les deux partis : l'instauration de la proportionnelle. La semaine prochaine, il animera, à Rennes, un meeting des centristes de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire. «Il y aura, assure-t-il, beaucoup d'UDF.» 
Au siège de l'UMP, l'opération de débauchage a été préparée de longue date par une équipe chargée d'étudier la nouvelle carte électorale pour repérer les points faibles des élus UDF. Il s'agit maintenant, comme le confie un cadre de l'UMP, «de faire céder les digues» autour de Bayrou.
Dans les mairies, les conseils généraux ou régionaux codirigés par les deux formations, la pression est également mise sur les élus de base pour leur rappeler que le PS a toujours été et reste l'adversaire. «80 % des élus de Bayrou sont sur le point de nous rejoindre, veut croire un haut dirigeant de l'UMP. Ils vont laisser s'exprimer leur patron mercredi et le quitteront ensuite sur la pointe des pieds ou avec fracas... Ce ne sera pas forcément par amour pour nous, mais pour sauver leur peau.» Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy, insiste : «L'UDF est intimement liée à l'UMP. Ses valeurs sont chez nous.» Hier, il a exclu pour l'heure toute négociation d'état-major à état-major avec l'UDF. En dépit de tous ces coups bas, Nicolas Sarkozy a eu hier matin un bref échange téléphonique avec François Bayrou. Il voulait le féliciter de son score du premier tour…


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/249573.FR.php

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L'UDF reste sourde aux avances

L'état-major centriste dissèque le scrutin en vue des législatives et reste silencieux avant la prise de parole de Bayrou

 http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/249564.FR.php


Ne pas faire le jeu de Sarkozy ni celui de Royal. Remis de son élimination, François Bayrou réfléchit au coup d'après. Le leader de l'UDF est convaincu de tenir la clé de l'Elysée. De ses déclarations dépendra la suite : la victoire ou la défaite des deux autres. Lui-même joue gros : la pérennité du parti centriste et la réélection de plusieurs fidèles "bédouins".

Conjectures

Au siège de la rue de l'Université, sa garde rapprochée se perd en conjectures. Autour de la table : la directrice de campagne Marielle de Sarnez, les sénateurs Jacqueline Gourault et Michel Mercier, le patron des députés UDF, Hervé Morin, et quelques voltigeurs, comme le député de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde ou le député européen Jean-Marie Cavada. L'heure est à l'analyse fine des résultats circonscription par circonscription, à la consultation des élus et à l'élaboration d'une stratégie viable. Objectif de l'UDF, qui, dans l'idéal, espère présenter 577 candidats aux législatives : reconstituer un groupe le plus étoffé possible à l'Assemblée nationale et donner un socle au "nouveau parti démocrate" que Bayrou appelle de ses voeux.
Sans attendre l'issue du brainstorming interne, Corinne Lepage, présidente du mouvement écologiste Cap-21 et soutien du candidat Bayrou, a hier fait valoir son opinion : "Ce qui est sûr, c'est que François Bayrou ne doit pas renouer d'alliance avec la droite."  De leur côté, les parlementaires centristes qui se réunissent cet après-midi ont reçu une consigne de silence absolu jusqu'à mercredi matin, date à laquelle François Bayrou s'exprimera officiellement. Sur la suite et la création du nouveau parti démocrate.

Ligne officielle

Ils ne sortent donc de leur réserve que pour abonder dans la ligne officielle : "Nous voulons faire émerger une troisième force politique et capitaliser sur notre score du premier tour", indique le député Nicolas Perruchot. Jean-Christophe Lagarde renchérit : "On ne va pas entrer dans de petites négociations de couloirs", dit-il en réponse à l'invitation de Jean-Louis Borloo aux élus UDF de participer "massivement au gouvernement"  en cas de victoire de Sarkozy. "La question des places, des portefeuilles, n'est pas un critère pour nous", riposte Marielle de Sarnez, agacée par les tentatives des sarkozystes de circonvenir ses troupes.
A l'UMP, pourtant, on ne doute pas que la digue UDF craque sous peu. Peut-être même dès ce soir à Rouen. Une ville dont le maire, Pierre Albertini, responsable du projet présidentiel de François Bayrou, est attendu au meeting de Nicolas Sarkozy.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/249564.FR.php

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La stratégie du "tout sauf Sarkozy"
ne suffira pas, selon Michel Noblecourt

Jusqu'à présent, Royal a relevé à peu près tous les défis, alors qu'à chaque fois on s'est attendu à ce qu'elle trébuche…

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-900774@51-841384,0.html


Mathématiquement la victoire de Nicolas Sarkozy semble assurée. A-t-on dans le passé déjà constaté une inversion de tendance par rapport au premier tour ? Est-ce possible en 2007 ? 
Je pense qu'il ne faut pas raisonner d'une manière mathématique seulement. Si vous regardez l'élection de 1981, la référence en quelque sorte, vous observez que Royal fait un score quasiment identique à celui de Mitterrand qui avait fait 25,9 % au premier tour. Et il était déjà en 1981 derrière Giscard d'Estaing, président sortant, qui avait réalisé 28,3 %. Nous sommes en présence d'un écart plus important, puisque Sarkozy a dépassé les 30 %.

Autre différence : l'absence de réserves consistantes du côté des petits candidats de gauche, puisqu'en 1981, là aussi, il y avait un candidat communiste, Georges Marchais, qui avait obtenu 15,3 %, alors qu'aujourd'hui Marie-George Buffet fait moins de 2 %. Il y a donc peu de réserves à gauche, et dans une large mesure, le résultat du second tour dépendra du comportement de l'électorat de Bayrou. Et pour une part aussi de l'électorat du FN.

Qu'avez-vous pensé du discours de Ségolène Royal hier ? 

Je pense que son discours manquait de punch et de la conviction dont à mon avis il faut qu'elle fasse preuve pour le 2e tour. Je pense aussi qu'elle aurait dû intervenir plus tôt. C'est peut-être une ébauche des discours à venir. 

Est-ce que Ségolène Royal peut rassembler toute la gauche ? 

Elle semble bien partie pour cela. Vous observerez que dès le soir du scrutin, tous les candidats de la gauche et de l'extrême gauche ont soit appelé à voter pour elle, c'est notamment le cas d'Arlette Laguiller, soit appelé, comme Besancenot et Bové, à battre la droite. Je pense donc que le réflexe anti-Sarkozy, très fort dans l'extrême gauche, va jouer en faveur de Royal au deuxième tour.

Le départ d'Eric Besson et son ralliement au camp de Nicolas Sarkozy n'est-il pas la preuve que Mme Royal a des difficultés à rassembler dans son propre camp ? Est-ce que certains "éléphants" n'ont pas intérêt à ce qu'elle trébuche afin d'être libres de préparer la prochaine élection présidentielle de 2012 ? 

En ce qui concerne Eric Besson, je pense que c'est quelqu'un qui a obtenu sa notoriété en trahissant son camp. Il était secrétaire national à l'économie. Ce qui sera intéressant, ce sera de voir l'utilisation qu'il pourra faire au service de Sarkozy du petit livre qu'il avait édité en janvier, qui dénonçait le danger représenté par Sarkozy. 

C'est vrai que les éléphants ont apporté un soutien à géométrie variable à Royal pendant la campagne du 1er tour et que certains ont visiblement fait le pari qu'elle allait trébucher. Ils font ce pari depuis l'apparition de Royal dans le paysage. Mais manque de chance, cela ne se produit pas. Je pense que cela sera plus difficile pour eux, compte tenu de son score, ils sont obligés de se mobiliser dans la campagne du 2e tour. 

Sachant que derrière, il y a les législatives, et que le scénario le plus favorable pour le PS et pour les députés socialistes qui veulent être reconduits et pour les candidats qui veulent être élus, c'est quand même celui d'une victoire de Royal. Je pense donc que les calculs et les arrière-pensées pour 2012 vont être temporairement mis de côté. 

Sur quels thèmes le rapprochement entre PS et UDF peut-il se faire ? 

Je ne pense pas qu'il puisse y avoir un rapprochement en termes d'appareil entre PS et UDF. Je pense que ni l'un ni l'autre ne le souhaite. En revanche, il y a un certain nombre de thèmes sur lesquels il y a d'évidentes convergences entre socialistes et centristes. Je pense à la réforme des institutions. Royal propose une République nouvelle, la VIe République, avec un renforcement des pouvoirs du Parlement, l'instauration d'une démocratie plus participative et l'introduction d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés. C'est un point auquel l'électorat centriste est particulièrement sensible. 

Je pense aussi qu'il peut y avoir des convergences sur la question de l'Europe. Aussi bien Royal que Bayrou étaient favorables à un nouveau traité après l'échec du référendum de 2005, et ils étaient l'un et l'autre partisans d'un nouveau référendum pour faire ratifier ce traité, probablement en 2008. Autre thème traditionnel : celui de l'Etat impartial, déjà évoqué par Raymond Barre en 1988, repris par Bayrou, et dans son intervention de dimanche, Royal a explicitement repris cette volonté de bâtir un Etat impartial. 

Enfin, il y a aussi la préoccupation pour ne pas dire l'urgence écologique commune aux deux candidats, Royal et Bayrou, qui ont tous les deux signé le pacte de Nicolas Hulot et ont mis l'exigence environnementale au coeur de leur campagne. 

Est-ce que c'est sur ces thèmes que Ségolène Royal va insiter pour capter l'électorat centriste ? Comment pourra-t-elle alors réussir un grand écart : rassembler de l'extrême gauche au centre ?  

C'est un cas de figure classique pour une élection présidentielle. Tout candidat socialiste disputant le deuxième tour - ce qui a été le cas de toutes les élections présidentielles depuis 1965 à l'exception de celle de 1969 et bien entendu de celle de 2002 - est confronté à la même équation : il doit à la fois rassembler l'ensemble de la gauche. Pendant longtemps, c'était principalement l'électorat communiste, maintenant c'est un électorat beaucoup plus dispersé et plus faible. Et en même temps conquérir une partie de l'électorat centriste. 

En 1981, on n'était pas dans le même cas de figure puisque le candidat centriste, Giscard d'Estaing, était le président sortant, mais Mitterrand a dû aussi, pour l'emporter, s'adresser à l'électorat du troisième homme de cette campagne, qui était Chirac, qui avait fait 18 %. Donc on sait aujourd'hui que Chirac avait effectivement favorisé l'élection de Mitterrand en 1981. 

En 1988, le 3e homme était Raymond Barre, lui aussi candidat centriste, qui avait recueilli 16,5 % des suffrages. Là aussi, notamment à travers le thème de l'Etat impartial, Mitterrand avait cherché à séduire cet électorat. Donc c'est la même équation pour Royal : il faut qu'à la fois elle capte l'ensemble de la gauche autour d'une réaction "tout sauf Sarkozy" et qu'elle puisse favoriser l'adhésion positive autour de son propre projet, en insistant sur les thèmes qui peuvent séduire l'électorat centriste. 

Sur les 18 % de "bayrouistes", quel pourcentage Ségolène Royal peut-elle espérer récupérer ? 

C'est un peu compliqué d'établir une règle arithmétique sur la part de l'électorat de Bayrou qu'elle peut récupérer. On peut voir d'après les premières enquêtes qu'environ la moitié de l'électorat de Bayrou semble prêt à voter pour Royal. Il faut bien voir qu'il y a chez les électeurs de Bayrou trois composantes : une composante purement centriste qui déjà avait voté pour lui en 2002 et lui avait assuré ses 6 % de l'époque ; la deuxième composante qui a voté pour lui parce que justement il tenait un langage en opposition avec le discours de Sarkozy, notamment les emprunts que le candidat de l'UMP a faits dans sa campagne au discours de l'extrême droite ; donc c'est un électorat qui reste anti-sarkozyste ; et la troisième composante est une composante de gauche. On a donc des sympathisants du PS qui ont voté pour Bayrou le 22 avril, soit par déception vis-à-vis de Royal, soit parce qu'ils avaient acquis la conviction que Bayrou était le seul capable de battre Sarkozy le 6 mai. 

Après, la part que Royal réussira à capter dans cet électorat, dépend dans une large mesure de la campagne du 2e tour, des thèmes qu'elle mettra en avant, et des personnalités du PS qu'elle mettra au premier plan, certains étant plus aptes que d'autres à séduire l'électorat de Bayrou.

Comment Ségolène Royal peut elle convaincre les électeurs de l'UDF ? Quels sont les thèmes sur lesquels Ségolène Royal doit insister pour rassembler plus large ? 

Je pense qu'elle va insister sur deux points : d'une part, l'urgence sociale, toutes les questions liées à la précarité, au chômage, au pouvoir d'achat, aux inégalités, les questions liées à la fracture sociale, ce qui répond en grande partie aux préoccupations de l'électorat socialiste, et de gauche en général. Et le deuxième point qu'elle mettra en avant est une pratique de la politique, je dirai même une autre éthique. Ce qui lui permet d'englober à la fois la réforme des institutions, la démocratie participative, la réhabilitation du dialogue social, ou encore la décentralisation. 

Pourquoi Mme Royal semble-t-elle obstinée à se passer des sociaux-démocrates représentés par Rocard, Kouchner et surtout Dominique Strauss-Kahn ? Dans une optique d'ouverture vers le centre, ne se tire-t-elle pas une balle dans le pied ? 

Je pense qu'il faut distinguer entre ces différentes personnalités. Rocard joue un rôle très marginal au sein du PS. Il n'y a plus de courant rocardien en bonne et due forme. Lui-même n'est plus dans les instances dirigeantes du PS. Il en est de même pour Kouchner, même si celui-ci a été intégré dans l'équipe de campagne, l'équipe des 13 éléphants, de Royal. 

Quant à Strauss-Kahn, elle l'a utilisé, il est intervenu à de nombreuses reprises dans la campagne de Royal, il a fait beaucoup de meetings, d'émissions de télévision. Mais il ne faut pas oublier qu'il était le rival de Royal dans la primaire interne au PS. Donc sa défaite a laissé des cicatrices qui ne sont pas tout à fait refermées. C'est vrai que la relation entre eux est assez complexe. En même temps, Royal sait qu'elle aura besoin de mettre en avant Strauss-Kahn dans la campagne pour le deuxième tour, quitte à aller jusqu'à laisser entendre qu'il pourrait être son premier ministre. Mais il y a aussi d'autres personnalités qui peuvent être mises en avant et qui ne l'ont pas encore été : Jacques Delors, qui a une vraie aura dans l'électorat centriste. 

Je pense aussi, en dehors du PS, à un homme comme Cohn-Bendit, qui porte la sensibilité écologiste et qui a toujours joué un peu les passerelles entre la gauche et le centre. 

Pensez-vous que Bayrou puisse se prononcer en faveur d'un candidat ? Quelle sera sa stratégie ? 

Je ne crois pas que Bayrou se prononcera en faveur d'un candidat. Je pense que son souci principal est de s'appuyer sur le bon score qu'il a réalisé, 18,5 %, pour construire un nouveau parti et pour préparer les élections législatives, en espérant alors que son nouveau parti pourra tenir une place importante dans l'opposition quel que soit l'élu, Sarkozy ou Royal. 

Je pense donc qu'il ne donnera pas de consigne de vote et qu'il rappellera principalement un certain nombre d'exigences, de priorités qui ont été celles de sa campagne. 

Comment Ségolène peut-elle limiter le nombre de votes blancs venant de "bayrouistes" ? 
Elle peut limiter le nombre de votes blancs en essayant de susciter non pas un vote de protestation, mais un vote d'adhésion. Il ne faut pas qu'elle en reste à la contestation de Sarkozy, il faut qu'elle montre qu'elle a de vraies propositions. Elle a un programme qui peut permettre, notamment pour les jeunes, d'améliorer la donne en matière d'emploi, d'ouvrir des perspectives d'avenir, et effectivement de dissuader ceux qui, déçus par le résultat du 22 avril, seraient tentés soit par l'abstention, soit par le vote blanc. Il faut qu'elle suscite un vote de conviction. Cela se joue autant sur son projet que sur sa méthode, et aussi sur sa personnalité. 
Le projet, c'est son pacte présidentiel présenté le 11 février. Il faut qu'elle l'ajuste par rapport au 2e tour pour tenir compte des préoccupations de l'électorat de Bayrou. Sa méthode, c'est celle qui lui a plutôt pas mal réussi jusqu'à présent, puisque c'est à partir de cette méthode "participative", pour simplifier, qu'elle a réussi à la fois à gagner la primaire socialiste et ensuite à sauter les obstacles de la campagne, qui ont été nombreux, pour laver l'affront du 21 avril 2002 et se qualifier au second tour.

Donc c'est une méthode "labellisée Royal" qui la conduit à remettre en cause un certain nombre de dogmes, de tabous socialistes. Par exemple les 35 heures, la carte scolaire, la sécurité, avec ce qu'elle appelle l'ordre juste, et l'identité nationale. Sa méthode est donc à la fois la participation et la liberté de la candidate, qui s'est beaucoup affranchie de l'appareil socialiste. 

Quant à sa personnalité, il faut qu'elle réussisse à montrer - et ce sera le cas lors du débat qui l'opposera à Sarkozy - qu'elle a la capacité, le sang-froid, et bien entendu les compétences pour exercer la fonction de président de la République. Il faut qu'elle travaille sa stature présidentielle.

Que pensez-vous de la stratégie du "tout sauf Sarkozy" ?  

Je pense que la stratégie du "tout sauf Sarkozy" est une stratégie qui sera nécessairement insuffisante pour Royal si elle veut l'emporter. Cette stratégie va cimenter l'extrême gauche, puisqu'elle va se positionner essentiellement sur cette idée de rejeter Sarkozy. Mais je pense que si Royal choisit uniquement la stratégie du "tout sauf Sarkozy", elle ne réussira pas à conquérir, justement, cette part de l'électorat centriste qui lui est indispensable pour l'emporter le 6 mai. 

Peut-on envisager un vote protestataire des électeurs du FN en faveur de Ségolène Royal ? 

Là aussi, dans chaque élection où le FN s'est trouvé à un niveau élevé, ce qui n'était pas le cas en 1981, il ne faut pas l'oublier (Le Pen n'avait pas réuni les 500 parrainages), sans parler de 2002 qui était exceptionnel, l'électorat de Le Pen ne s'est jamais reporté à 100 % sur le candidat de la droite. 

Il y a une partie de l'électorat de Le Pen qui est très anti-système et peut préférer soit l'abstention, soit le vote Royal le 6 mai, plutôt que de voter pour Sarkozy. J'ajouterai que dans la mesure où le candidat de l'UMP a siphonné dans une large mesure l'électorat lepéniste, ce qui explique la faiblesse du score de Le Pen, ceux qui ont voté Le Pen sont les irréductibles qui ne se sont pas laissé capter par Sarkozy. Je pense donc que le report automatique de l'électorat de Le Pen sur Sarkozy ne sera pas aisé. 

Quel sera le rôle de François Hollande dans les deux prochaines semaines ?  

Je pense que dans l'immédiat le rôle de Hollande est très important, puisqu'il n'est pas simplement le compagnon de Ségolène Royal, il est le premier secrétaire du PS. Donc c'est lui qui, dans une large mesure, va orienter la stratégie de campagne du 2e tour. Je pense qu'il va être très présent. 

En ce qui concerne les perspectives pour après le 6 mai dans le cas d'une élection de Royal, je ne pense pas qu'il fasse partie du gouvernement. Je pense qu'il restera premier secrétaire du PS. Il aura d'abord comme mission de gagner les élections législatives du 17 juin. Ce sera sa priorité. Ensuite, dans le cadre d'un quinquennat, il est possible que dans une seconde phase il abandonne ses responsabilités au PS et rejoigne le gouvernement de Ségolène Royal. 

Quel conseil donneriez-vous à Ségolène Royal pour qu'elle l'emporte ? Comment voyez-vous évoluer le PS en cas de défaite de Royal ?  

Je conseillerais à Royal de travailler sa posture présidentielle. Elle a su le faire dans un certain nombre de débats télévisés. On l'a vue aussi apparaître dans quelques meetings. Mais elle n'a pas encore réussi jusqu'ici à montrer en permanence sa capacité présidentielle. C'est le point qu'elle doit travailler absolument si elle veut l'emporter. 

L'écart avec Sarkozy est important, mais en même temps, compte tenu des interrogations que l'on peut avoir aujourd'hui sur le vote de l'électorat de Bayrou ou celui de Le Pen, je pense que c'est ouvert et qu'il est possible qu'elle l'emporte. Jusqu'à présent, Royal a relevé à peu près tous les défis, alors qu'à chaque fois on s'est attendu à ce qu'elle trébuche. 

Si Royal avait été battue le 22 avril, donc n'avait pas été qualifiée pour le 2e tour, je pense que le PS aurait explosé, qu'il serait aujourd'hui dans une situation de crise très grave pour son avenir. Dans la mesure où elle s'est qualifiée dans de bonnes conditions, où elle a lavé l'affront du 21 avril 2002, je pense que le risque de crise est écarté. L'élection du 6 mai sera serrée. Si elle perd, je pense que l'écart sera faible et que par ailleurs, il y a des élections législatives derrière. Donc le PS devra essayer de les gagner. 

Cela obligera le PS à clarifier sa doctrine, peut-être et même sans doute à affirmer sa conversion social-démocrate. Mais je pense que les risques de crise sont devenus beaucoup plus limités depuis la qualification de Ségolène Royal. 

En cas de victoire de Ségolène Royal , comment la gauche pourrait-elle obtenir une majorité à l'Assemblée nationale compte tenu de son faible score cumulé au premier tour ? 

C'est vrai que c'est une incertitude supplémentaire, parce que le PS, qui est très haut dans un paysage où la gauche, elle, est très faible, n'a plus de partenaire lui permettant de bâtir une majorité. Le PC est quasiment mort, avec moins de 2 % pour Buffet ; les Verts ne sont pas loin de connaître la même issue avec le très mauvais score de Voynet. Ce que l'on appelait la gauche plurielle a donc volé en éclats. 

Les seuls partenaires du PS aujourd'hui sont le Parti radical de gauche et Jean-Pierre Chevènement, ce qui n'est pas suffisant pour bâtir une majorité. Mais ce qu'il faut bien voir, c'est que si Royal est élue, là aussi, cela peut créer une dynamique pour les législatives. On peut penser que les électeurs auront le souci de donner une majorité à la nouvelle présidente. Il ne faut pas oublier qu'en 1981 le PS avait emporté les élections législatives qui avaient suivi la dissolution décidée par Mitterrand et qu'il avait eu la majorité à lui tout seul. Ce sera peut-être moins facile aujourd'hui d'arriver à ce résultat, mais on ne peut pas l'exclure.

Par Chat Michel Noblecourt - Publié dans : Libération
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /2007 03:54
François Bayrou détient en partie les clés du second tour...

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Nicolas Sarkozy réussit son double pari d'arriver en tête du premier tour de l'élection présidentielle et de contenir le Front national. Ségolène Royal efface pour la gauche le traumatisme du 21 avril 2002 et se qualifie avec un score honorable pour le second tour. De son côté, et malgré son très bon résultat, François Bayrou n'empêche pas un second tour qui verra le retour de l'affrontement classique entre la gauche et la droite, logique qu'il a tenté de bousculer sans y parvenir.

NICOLAS SARKOZY EN POSITION FAVORABLE

POUR LE SECOND TOUR

Le résultat de Nicolas Sarkozy est un succès personnel. Avec un score autour de 30 % (moyenne des estimations Ipsos, TNS-Sofres, CSA, IFOP), il atteint un niveau élevé au regard de la concurrence à droite (MM. Le Pen et Bayrou) et de l'histoire électorale. Hormis les scrutins atypiques de 1965 (élection du général de Gaulle) et de 1969 (effacement de la gauche), son score s'approche de celui de Valéry Giscard d'Estaing, vainqueur de 1974 avec 32,6 % des suffrages au premier tour ; il dépasse tous les scores de Jacques Chirac, ceux de ses défaites de 1981 (18 %) et de 1988 (19,9 %), comme ceux de ses victoires de 1995 (20,8 %) et 2002 (19,9 %).

C'est aussi un résultat record pour la droite républicaine (52 % pour le total des voix Sarkozy et Bayrou, même si cette totalisation peut prêter à discussion) ou pour la droite dans son ensemble (65 % des voix en incluant l'extrême droite). La droite fait aujourd'hui plus qu'aux premiers tours de toutes les élections depuis 1969. C'est là l'illustration du virage à droite de la société, pas seulement électoralement, mais davantage sur le plan des valeurs et des attentes.

C'est enfin un succès stratégique. Avec le "confinement" de Jean-Marie Le Pen obtenu en choisissant de droitiser fortement sa campagne au risque de laisser le centre vacant, il reproduit avec une réussite presque comparable, la stratégie de François Mitterrand à l'égard du PC en 1981. Pour la première fois depuis 1988, le score de Jean-Marie Le Pen est en baisse à une élection présidentielle. En revanche, le renouveau d'un courant centriste peut apparaître comme un demi-échec du président de l'UMP, dont le parti fut créé en 2002 avec pour ambition de fédérer l'ensemble des sensibilités de la droite. Au soir de 2007, les droites "réaffirment leur pluralité historique" (René Rémond).

SÉGOLÈNE ROYAL ET LA GAUCHE

EN SITUATION DE FRAGILITÉ

Avec environ 25,5 % des voix au premier tour, Ségolène Royal réalise un score honorable, dans la lignée des scores socialistes aux élections présidentielles depuis 1981. Elle fait mieux que les 23 % des voix de Jospin, Chevènement et Taubira réunis en 2002, mieux que les 23 % de Lionel Jospin en 1995, et un score proche de celui de François Mitterrand, vainqueur de l'élection présidentielle de 1981 (25,8 %). De ce point de vue, le courant socialiste et elle-même peuvent se sentir confortés.

Cependant, cette semi-victoire se fait au détriment des partenaires traditionnels de la gauche et doit compter avec un centre qui a attiré une proportion élevée de ses électeurs potentiels.

Le PC et les Verts sont réduits à la portion congrue. Les deux anciens ministres de l'ex-gauche plurielle, Marie-George Buffet et Dominique Voyet, ne réalisent à elles deux que 3,5 % des voix. L'extrême gauche dispersée réalise un total de moins de 8 % là où elle dépassait 10 % en 2002.

C'est donc une élection où la gauche est historiquement faible. Avec moins de 37 % des voix, elle réalise son plus mauvais score depuis 1974. Elle se situe en deça de son score pourtant décevant de 2002 au premier tour (43 %) et si Ségolène Royal peut prétendre approcher le score de Mitterrand de 1981, le total des voix de gauche (37 %) ne rivalise en rien avec celui d'alors, qui flirtait avec les 50 % de suffrages exprimés au premier tour. Ségolène Royal, porteuse des valeurs de la gauche mais également la plus à droite des candidats socialistes, se trouve en position délicate pour affirmer les enjeux de solidarité et répondre aux attentes de l'électorat qui se focalise sur le social, demandes auxquelles elle n'a su répondre que partiellement dans la campagne du premier tour.

UN CENTRISME RENOVÉ DÉTENANT EN PARTIE

LES CLÉS DU SECOND TOUR

Au regard de l'histoire électorale, il paraît clair que le candidat de l'UMP est en position plus confortable que celui du PS. Mais l'émergence de François Bayrou, à la fois représentant d'un centre traditionnel et d'une force inédite, s'approchant davantage d'un parti central comme on en trouve dans certains pays européens que de la tradition française d'un centre droit, tend à brouiller les repères classiques de l'analyse et des comparaisons des rapports de forces gauche-droite. Tout comme François Bayrou a réussi à émerger en dehors de ce clivage dans cette campagne, il brouille les repères électoraux classiques et les traditions politiques de l'entre-deux tours. Porteur d'une protestation ("un nuage de purée protestataire au centre de l'échiquier", selon Marcel Gauchet) ou d'une rénovation profonde de la vie politique comme il le déclare lui-même ("rien ne sera plus comme avant"), il détient en partie les clés du second tour.

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-900029@51-898554,0.html

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La presse européenne prédit un duel féroce

 M. Sarkozy va devoir batailler bec et ongles
contre une candidate socialiste renaissante
 

http://www.cyberpresse.ca/article/20070422/CPACTUALITES/70422139/6488/CPACTUALITES

La presse européenne dans son ensemble se félicitait lundi de la très forte participation enregistrée au premier tour de l'élection présidentielle française et prédisait un dur affrontement au 2e tour entre les deux candidats arrivés en tête, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

"M. Sarkozy (31% selon les derniers chiffres) reste le favori mais il va devoir batailler bec et ongles contre une candidate socialiste renaissante", note le Guardian. "Mme Royal (près de 26%) est à présent en position d'unir son parti et de réinstaller un semblant de discipline", ajoute le journal britannique de centre-gauche.

De son côté, le Daily Mail (centre-droit) rappelle que "le taux de participation (environ 85%) enregistré au cours de cette élection offre une opportune leçon à la Grande-Bretagne".
Pour la presse espagnole, et notamment El Pais (centre-gauche), face au "favori", Mme Royal sera condamnée à séduire les électeurs du centriste François Bayrou (plus de 18%) pour l'emporter.

"La France a de nouveau démontré qu'elle roule à droite", commentait de son côté l'édition en ligne du quotidien libéral El Mundo. "Sarkozy doit se sentir un gagnant plein de sécurité. Ségolène Royal une gagnante pleine d'espérance", résumait ce journal.
Le Soir de Bruxelles salue "cinq ans après le 21 avril 2002" le "vent d'espoir qui a soufflé hier sur la France". "Les citoyens, par un jour de si beau temps, sont venus patiemment faire la queue dans les bureaux de vote", se félicite le journal. "S'il n'y avait que cela, ce serait déjà une énorme nouvelle. Le signe qu'après des années de crise, de divorce entre la classe politique et le pays réel, la fracture démocratique a sans doute commencé hier de se réduire", analyse le premier quotidien francophone belge.
Pour le quotidien polonais Rzeczpospolita (droite conservatrice), "en se rendant aussi massivement aux urnes, les Français ont prouvé qu'ils voulaient rompre avec un quart de siècle de mitterrandisme et de chiraquisme".

Le quotidien allemand de centre-gauche Süddeutsche Zeitung estime que "tout est pourtant de nouveau possible depuis dimanche". Une victoire de la candidate socialiste "sera difficile, mais pas impossible", analyse le journal, qui se félicite que, lors de ce premier tour, "la gauche française a retenu la leçon et ne s'est pas éparpillée comme la dernière fois".

Quant à Nicolas Sarkozy, il va désormais "glisser encore plus à droite, pour récupérer (les voix, plus de 10%) de Le Pen", prédit le quotidien de Munich.

Relevant que "cette fois, il n'y a pas eu de surprise", le journal des milieux d'affaires, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), observe de son côté que "beaucoup dépendra à présent de ce vers qui se tourneront les électeurs de Bayrou - à moins que, déçus, ils ne restent à la maison".

En Italie, le quotidien turinois La Stampa fait observer que "cette fois les sondages l'avaient annoncé et ce se sera bien (...) la droite contre la gauche, un gaulliste contre une socialiste".

Pour le Corriere della Sera, "le grand perdant du premier tour est Jean-Marie le Pen".

"Dans les derniers jours de la campagne ses sympathisants avaient rêvé que le vieux leader pourrait de nouveau jouer un mauvais tour aux socialistes mais il doit se contenter de la quatrième place", rappelle le plus grand quotidien d'Italie.

En Suisse, Le Temps estime que "l'enjeu, ces prochains jours, sera les voix du centre et le ralliement, ou du moins le rapprochement, avec François Bayrou", tandis que La Tribune de Genève rappelle que "jamais dans l'histoire de France, a fortiori celle de la Ve République, une femme n'a participé à un second tour d'élections présidentielles".
"Elle a 15 jours pour prouver par son programme qu'elle porte véritablement le renouveau, qu'elle est habitée par un nouveau socialisme, notamment en matière économique. Sinon ses détracteurs se focaliseront à nouveau sur ses tailleurs. Et ce sera la voie royale pour Sarkozy", note le quotidien de Genève.

 

http://www.cyberpresse.ca/article/20070422/CPACTUALITES/70422139/6488/CPACTUALITES

Par Philippe Chriqui - Publié dans : Le Monde
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