Samedi 31 mars 2007
Pour la première fois depuis le début de la campagne, la route de Ségolène Royal a croisé celle de François Hollande 

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889880@51-822961,0.html


L'image, rare, était attendue. Pour la première fois depuis le début de la campagne, la route de Ségolène Royal a croisé celle de François Hollande. La candidate socialiste et son compagnon, premier secrétaire du PS, ont tenu un meeting commun, jeudi 29 mars, devant plus de 6 000 personnes réunies au Zénith de Limoges, inauguré à peine deux semaines auparavant par Polnareff. Le passage de relais du couple à la tribune s'est fait après un rapide baiser sur la joue et selon un partage des rôles bien orchestré.
Très en verve, François Hollande a joué les chauffeurs de salle en commençant par appeler au meilleur score "dès le premier tour" en faveur de Mme Royal : "Le 22 avril, c'est le lendemain du 21 avril, c'est facile à se rappeler." Puis, il s'est attaqué avec un humour féroce à François Bayrou décrit comme un "voyageur sans bagage, sans programme, sans parti, sans allié, sans mémoire".

Mais c'est à Nicolas Sarkozy que François Hollande réserve ses flèches les plus dures : "Quand il dit qu'il est candidat des honnêtes gens, ceux qui ne voteront pas pour Nicolas Sarkozy sont aussi d'honnêtes gens." A sa suite, tandis que son compagnon l'observe depuis les coulisses, Mme Royal peut développer son "pacte présidentiel" et vanter, dans la capitale limousine, "l'esprit de résistance". 

BAINS DE FOULE, VISITES D'ENTREPRISE,

"RENCONTRES POPULAIRES"

A la sortie du meeting - introduit par le Chant des partisans, et conclu par une Marseillaise en fanfare -, Mme Royal et M. Hollande viennent, l'un après l'autre, à la rencontre de la presse. "Elle a trouvé son style de campagne, c'est très important, glisse le premier secrétaire du PS. Qu'est-ce qui pourrait lui arriver maintenant ?" Appelé sur son téléphone portable par sa compagne, il s'éclipse en jetant une boutade : "Venez dans les réunions où je suis seul !" M. Hollande fuit tout ce qui pourrait mettre en avant son couple. Il a sèchement refusé de poser pour des photos avec la candidate pour Paris Match, il dit qu'il n'a pas lu son livre... Limoges n'est qu'une étape dans le tour de France solitaire du premier secrétaire qui prépare aussi les élections législatives.

Comme elle en a pris l'habitude, Ségolène Royal se déplace trois jours de suite dans une région, suivie par le bus des journalistes du "Ségo-tour". Le programme est serré - comme en témoigne la note de 20 pages remise à la presse - avec 7 départements traversés, du Centre à l'Auvergne, et des arrêts multiples qui alternent bains de foule, visites d'entreprise, "rencontres populaires" sur des places publiques ou dans des salles municipales, et meetings.

Jeudi, Mme Royal a commencé par arpenter, au milieu des éleveurs, la foire des Hérolles, avant de se rendre dans la petite commune de Coulonges (Vienne) pour un discours consacré au monde rural. Seule, une poignée de militants est au rendez-vous mais, même là, l'équipe de la candidate, ravie, montre discrètement du doigt un "people", Régine Deforges. Oui, l'écrivain, qui possède une maison non loin de là, soutient Mme Royal, non, elle ne fait pas partie de son comité de soutien local. "Jospin est un ami personnel, je ne peux pas lui faire ça", dit-elle, avant de se rattraper : "Je serai à Limoges ce soir, c'est dans ces moments-là que je manifeste mon soutien. Ségolène Royal, c'est quelqu'un qui a fait des progrès."

PROPOSITIONS POUR L'EMPLOI

Poursuivant sa tournée, la candidate déjeune sur une base de loisirs gérée par une association d'éducation populaire, puis visite l'usine textile France-conception, là où François Hollande... commande ses costumes. Mais la direction est priée de se faire discrète sur ce fidèle client. Pour Mme Royal, qui pose avec les ouvrières, l'entreprise constitue une "parfaite illustration des PME qui seront, demain, aidées beaucoup plus efficacement". En liquidation il y a dix ans, le site, qui emploie aujourd'hui 85 salariés, a redémarré avec un ancien délégué CFDT et 33 personnes qui ont réinvesti leurs indemnités de licenciements. Mme Royal y développe sa théorie du "gagnant-gagnant" : les aides seront réservées à ces PME "qui investissent, s'agrandissent et embauchent".

Partout, sur son passage, la candidate précise ses propositions pour l'emploi, "la République du respect et de la confiance" et teste sa nouvelle devise "la France présidente, c'est nous, c'est vous", en incitant ses partisans à convaincre "dix personnes" autour d'elles. Vendredi, le parcours comprend une autre visite d'entreprise, d'autres "rencontres populaires" et un nouveau meeting au B. Box de Clermont-Ferrand, une boîte de nuit de 4 000 m2. Elle ne devrait pas recroiser François Hollande sur sa route de campagne avant le 19 avril, lors du dernier meeting prévu avant le premier tour de l'élection, à Lille, comme le veut la tradition socialiste.

 

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889880@51-822961,0.html

_____________________________________________________________________________

Mme Royal veut répondre au malaise du monde rural

La candidate PS propose que l'Etat paye pendant un an le salaire des jeunes non qualifiés embauchés par les TPE

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-890198@51-822961,0.html

 

Il y a Ségolène Royal des villes et Ségolène Royal des champs. La candidate des "citoyens" contre les "puissants". Pour la dernière étape de son déplacement dans le centre de la France, Mme Royal, qui se trouvait dans la Creuse et le Puy-de-Dôme vendredi 30 mars, a dévoilé ses annonces, en faveur des jeunes et des services publics, uniquement en milieu rural, dans des petites salles municipales pleines à craquer. C'est à Guéret (Creuse) qu'elle lance l'idée d'un "contrat première chance" pour les jeunes en situation d'échec scolaire ; à Montaigut-en-Combrailles (Puy-de-Dôme) qu'elle fait le "serment" que plus "aucun service public ne fermera sans l'accord des élus".
Samedi, trois autres candidats de gauche, Marie-George Buffet (PCF), José Bové, et Gérard Schivardi (soutenu par le Parti des travailleurs) devaient à leur tour faire le voyage jusqu'à à Firmi, dans l'Aveyron, pour la "Fête nationale des services publics" organisée par des collectifs de défense.

"IL FALLAIT Y PENSER"

A Guéret, Mme Royal, citant le chiffre de 500 000 offres d'emploi non pourvus dans les très petites entreprises, et celui de 190 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification, a proposé que l'Etat prenne en charge pendant un an le salaire et les charges d'un jeune embauché dans le secteur du commerce et de l'artisanat. "C'est un vaste chantier que je souhaite lancer, a-t-elle souligné. Si ce jeune fait ses preuves, s'il reprend goût à la vie, alors je demanderai aux artisans et aux commerçants de le recruter sur un contrat stable et durable".

Pour la candidate, le coût de ce programme avoisinerait 1 milliard d'euros, financé par redéploiement des aides publiques et des fonds de la formation professionnelle, et serait réservé à des jeunes en difficulté "repérés par les enseignants dès le collège". "Je vois ce que coûte le chômage et la désespérance", a-t-elle justifié. Mais fidèle à sa méthode, Mme Royal ne s'engage pas dans les détails, préférant confier à Dominique Meda, inspectrice générale des affaires sociales, le soin de lui remettre un rapport sur le sujet d'ici à deux semaines.

Cette mesure est complémentaire de sa proposition de créer 500 000 emplois tremplins, réservée cette fois aux jeunes qualifiés. Dans les deux cas, a insisté la candidate, "les régions seront en première ligne" pour piloter le dispositif. Ce sont ses "contacts de terrain", a-t-elle avancé en prenant l'exemple d'une discussion avec un "quincallier", qui l'ont conduite, vendredi, "à accélérer".

En réalité, la candidate cherchait depuis des semaines une idée "frappante et lisible" sur le thème de l'emploi pour faire pièce à la proposition de François Bayrou d'exonérer de charges les deux premiers emplois. "Rapprocher les 500 000 emplois non pourvus et les 190 000 jeunes en situation d'échec, c'est simple mais il fallait y penser", se félicite Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Mme Royal. Ce faisant, la candidate socialiste ouvre à son tour le thème du coût du travail des jeunes. "Au bout d'un an, assure M. Bianco, il y aura des contrats avec un engagement d'embauche à la clé, sauf s'il y a des problèmes. C'est le contraire du CNE et du CPE où il n'y avait pas motivation".

A Montaigut, la candidate a dénoncé la "litanie de la fermeture" des services publics en milieu rural et promis de les "reconquérir". "Je sais ce que c'est, a-t-elle déclaré. Il n'y a rien de comparable entre le coût économique et le coup psychologique qui s'abat sur ces petites communes lorsque les services publics ferment". Une position chaleureusement approuvée par les habitants réunis dans la salle des fêtes qui ont tout autant apprécié cette conclusion de Mme Royal : "La France puise son identité, son authenticité en milieu rural dans les territoires . C'est ça qui irrigue les villes."

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-890198@51-822961,0.html

par Isabelle Mandraud publié dans : Le Monde
Vendredi 30 mars 2007
L'autorité, c'est de notre côté ; la fraude, les émeutiers, c'est de l'autre côté…

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889329,0.html


C'est l'heure, périlleuse entre toutes, où ce ne sont plus les discours qui font l'actualité mais l'actualité qui envahit les discours. Où la bataille politique s'emballe et où le dérapage guette. Où les indécis basculent et où chacun cherche à les faire tomber dans son escarcelle électorale sans laisser échapper ceux qui y sont déjà installés. Aux scènes de violences qui ont envahi, mardi 27 mars, les écrans de télévision a répondu, mercredi, une brutale montée de fièvre dans la campagne présidentielle.
Malignité du calendrier. Tout juste débarrassé de son habit de "premier flic de France", Nicolas Sarkozy est le premier à se rendre gare du Nord à Paris après les affrontements entre bandes et policiers.

Son successeur François Baroin ne s'y montrera que plus tard. Le candidat de l'UMP s'apprête à prendre un TGV pour Lille. Il est 12 h 30, des cris et des sifflets fusent. "Provocateur !", " facho !", entend-on.

"IDÉOLOGIE POST SOIXANTE-HUITARDE"

Accompagné d'une quinzaine de policiers en uniforme, Nicolas Sarkozy improvise une conférence de presse sur le quai. Qualifiant "d'inadmissibles" les violences de la veille, il se place immédiatement du côté de "ceux qui payent leurs billets de train" et attaque "l'idéologie post soixante-huitarde dont Libération est le plus brillant exemple". Cela tombe bien. Dans le quotidien cité, où Ségolène Royal "invitée spéciale de la rédaction" du journal, évoque justement " (sa) France de demain", un chercheur du CNRS, Hugues Lagrange, affirme qu'une "poussée du sentiment d'insécurité est peu probable" dans la campagne 2007.

Nicolas Sarkozy insiste : "Si Mme Royal veut régulariser tous les sans-papiers, si la gauche veut être du côté de ceux qui ne payent pas leur billet, c'est son droit, mais ce n'est pas mon choix." La candidate socialiste est presque au même moment l'invitée de l'émission "En aparté" sur Canal+. Elle dénonce "l'échec sur toute la ligne" de son rival au ministère de l'intérieur. "Les gens sont dressés les uns contre les autres, ont peur les uns des autres. La police a parfois peur de se rendre dans certains quartiers. Et ça, ce n'est pas la République." Le ton de la journée est donné.

Pendant son déplacement dans la région Nord - Pas-de-Calais, Nicolas Sarkozy saisit toutes les occasions de revenir sur le sujet des violences urbaines, tandis que Patrick Devedjian, qui l'accompagne, ne cache pas sa satisfaction de voir "la sécurité se replacer au coeur du débat" au moment où les sondages placent son champion à égalité avec la candidate socialiste. Face au personnel d'une chaîne d'articles de sports, à Villeneuve d'Ascq, la polémique monte d'un ton. "Nous, on devrait avoir les sans-papiers, les entreprises en déficit, les fraudeurs et dire "merci" ? J'ai besoin de la France silencieuse, immensément majoritaire et qu'elle dise maintenant ça suffit !", lance l'ancien ministre de l'intérieur.

"CE N'EST PAS MON GENRE"

Entre-temps, Ségolène Royal est arrivée à Blois. Rapide conférence de presse. La candidate socialiste lit une déclaration dans laquelle elle évoque les violences de la veille qui traduisent, selon elle, une "inquiétante dégradation de la confiance réciproque entre le service public de la sécurité et nos concitoyens". "Dans le "pacte présidentiel" que je propose, poursuit-elle, il y a d'abord et avant tout le rétablissement du lien de confiance. Et l'idée de sortir des logiques d'affrontement pour aller vers des logiques de rassemblement."

Lecture finie, Ségolène Royal précise qu'elle ne répondra à aucune question sur le sujet de la sécurité, car dit-elle, "je ne veux pas exploiter ce grave accident". L'un de ses porte-parole, l'ancien ministre Michel Sapin, commente : "Ségolène Royal est inattaquable sur la sécurité parce qu'elle a posé ses jalons très tôt." Un ton plus bas, il ajoute que "mieux vaut ne pas rallumer le débat sur la sécurité parce que personne n'y a intérêt".

Mais de nouveaux échos en provenance de Lille leur parviennent. Au cours d'une réunion publique, Nicolas Sarkozy vient de renouveler ses attaques. "L'autorité, c'est de notre côté ; la fraude, les émeutiers, c'est de l'autre côté. Au moins les choses sont claires." De son meeting à Tours, Ségolène Royal réplique : "J'entends un certain nombre de déclarations des candidats de la droite qui me rejettent dans le camp de je ne sais quel laxisme. Vous me connaissez, ce n'est pas mon genre !"

François Bayrou qui, en début de semaine, dénonçait "la course-poursuite" de ses rivaux sur le thème de l'identité nationale et assurait qu'il ne s'en "mêlerait pas", donne à son tour de la voix. D'Avignon, puis de Nîmes, il emprunte à Nicolas Sarkozy ses critiques contre le "laxisme" de la gauche et à Ségolène Royal ses accusations contre l'"échec de la politique répressive" de Nicolas Sarkozy, soit "vingt-cinq ans où les uns et les autres ont laissé se dégrader la situation".

En fin de journée, tombe un communiqué qui prédit un "réveil douloureux" de certains candidats au premier et au deuxième tour de l'élection présidentielle. Il est signé Jean-Marie Le Pen…

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889329,0.html

_________________________________________________________________________________

Deux jours au "2.8.2", l'antenne de campagne
de Ségolène Royal

Sophie Bouchet-Petersen : "Cette meuf m'intéresse parce qu'elle n'est pas formatée"

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889340@51-822961,0.html

 

C'est vrai que jusqu'à présent on s'est un peu bunkerisé pour ne pas se faire emmerder" : Sophie Bouchet-Petersen, conseillère de Ségolène Royal, évacue les fantasmes qui entourent l'antenne de campagne du 282 boulevard Saint-Germain à Paris. Surnommé par certains "la cité interdite", ce QG bis, dont la porte n'est gardée par aucun policier, regroupe une trentaine de personnes, l'équipe rapprochée de la candidate. Il se trouve à proximité du quartier général officiel, au siège du PS de la rue de Solférino, où se tient chaque matin le point-presse.
Passée la rotonde voûtée de l'entrée, ce bel appartement de 300 m2 compte une douzaine de pièces distribuées par un long couloir. Les murs sont blancs et le mobilier spartiate. Le problème d'espace, invoqué pour justifier cette antenne, est réel ; on ne pouvait pas pousser les murs de "Solfé" où des tentes ont dû être dressées dans les deux cours. Mais il est néanmoins évident qu'elle correspond à l'autonomie que revendique la candidate.

Si des rancoeurs demeurent après la primaire socialiste, les blessures cicatrisent. Claude Bartolone, ancien porte-parole de Laurent Fabius, fait ainsi preuve du zèle des ralliés pour s'insérer dans le dispositif où il est chargé de la presse nationale. Il est le seul, avec Mmes Royal et Bouchet-Petersen, à disposer d'un bureau personnel. Quand Elisabeth Guigou, Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang ou les trois porte-parole, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Najat Belkacem, viennent travailler ici, ils se partagent l'une des pièces.

DEUX PERSONNAGES PIVOTS

Deux personnages pivots incarnent la diversité du "2.8.2" D'un côté, le flegme de Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne, dont la table de travail, nette de tout papier, illustre la clarté cartésienne. De l'autre, l'étourdissante fantaisie de Mme Bouchet-Petersen dont le bureau-fourbi est submergé par les livres, les notes de synthèses, les Post-it sous lesquels elle a du mal à retrouver son paquet de cigarettes. Elle, qui trouve ses bonheurs dans "les idées, les gens, les livres et le terrain", livre, dans un savoureux mélange de fulgurances intellectuelles et d'argot revisité, sa "grille de lecture" des mutations de la famille ou remonte à Athènes pour expliquer la "démo-part'". "Avec Ségolène, on s'est connues en 1983 à l'Elysée, témoigne-t-elle. On était copines sans plus, mais moi, l'ancienne gaucho qui marchait sur des oeufs, j'étais épatée par cette énarque atypique, émancipée par l'école et venue au socialisme par un féminisme viscéral. Ma famille était plus soft que la sienne mais on n'y valorisait pas plus la thune. Cette meuf m'intéresse parce qu'elle n'est pas formatée. Plus qu'anticonformiste ; a-conformiste. Elle tient le choc parce qu'elle ne se laisse pas bouffer la rate par les coups tordus. Elle est saine, aime manger et boire un coup, elle dort bien. Et elle creuse son sillon."
L'unique salle de réunion compte huit places. Aussi les "réunions d'agenda" des lundis et jeudis se déroulent-elles dans le grand bureau où cohabitent Jean-Louis Bianco et François Rebsamen, codirecteurs de campagne, que Mme Royale a délaissé pour une pièce plus petite mais très lumineuse.

"APPRENDRE LE SÉGOLIEN"

M. Bianco coiffe la production d'argumentaires et de dossiers et assure la coordination des trois porte-parole tandis que M. Rebsamen, numéro deux du PS, est plus présent dans la campagne officielle et ne manque aucune des réunions du secrétariat national et du bureau national, transformé en comité de campagne. Tous deux sont à la pointe de la "réflexion stratégique" définie, à huis clos, avec Christophe Chantepy, le directeur de cabinet qui suit Mme Royal depuis ses cabinets ministériels.

"Ce qui me frappe chez Ségolène, c'est sa réactivité, loin du thématique figé de 2002, qui lui permet de s'adapter, d'improviser - par exemple pour rencontrer les salariés d'Airbus, confie M. Bianco qui a vécu les campagnes de 1988, 1995 et 2002. Elle consulte, discute, mais c'est elle qui tranche. Elle ne se laisse jamais embarquer." Le pas de deux avec les éléphants ? "A un moment donné, il fallait montrer que le parti était rassemblé autour du pacte présidentiel. Dans ses meetings, on bat tous les records de Mitterrand, au point de devoir décommander des cars et installer des écrans géants à l'extérieur", soutient-il.

On retrouve au "2.8.2" des collaborateurs venus de Poitiers, quelques recrues de Désirs d'avenir, comme Camille Putois, la chef du cabinet trentenaire, mais aussi beaucoup de PS "pur sucre" qui ont dû "apprendre le ségolien". Aurélie Filippetti, transfuge des Verts, qui travaille sur les discours croise Patrick Menucci dont la faconde marseillaise fait merveilles pour gérer la logistique ou Julien Dray taciturne lorsqu'il prépare les grandes émissions.

"NETSCOUADE"

L'atmosphère évoque celle d'un cabinet ministériel où les journées commencent vers 8 heures et se terminent autour de minuit. Les sandwichs ou les plats surgelés constituent l'ordinaire. Les quatre attachés de presse essuient le feu des appels, des courriels et des SMS. "J'ai calé un Pernaut le 3 avril... Le forum d'Elle, ça roule... Qu'est-ce qu'on fait pour France Culture ?" De Charlie Hebdo à Femme actuelle, les demandes d'entretien affluent. Parfois saugrenues. Un magazine de football demande si il y aura un bonus pour les maris qui cesseront de taper sur leur femme !

La cellule "déplacements" se charge des réservations : trains, avions, hôtels. Au fond du couloir se niche la "netscouade" où seize jeunes gens se partagent quatre tables pour consulter les blogs ou assurer la production de dossiers d'actualité et de la lettre électronique de Désirs d'avenir. Trois cameramans partent sur chaque déplacement pour rapporter des images. "Un réseau ça ne s'achète pas, ça se constitue, souligne Benoît Thieulin, chef de l'équipe. Et aujourd'hui le Net a remplacé les cafés du commerce et les préaux d'école."

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889340@51-822961,0.html

par Pascale Robert-Diard publié dans : Le Monde
Jeudi 29 mars 2007

Le candidat UMP cède trois points au premier comme au deuxième tour, selon le dernier sondage BVA


http://www.lefigaro.fr/presidentielle-sondage/20070329.WWW000000328__mars_lecart_se_resserre_entre_royal_et_sarkozy.html

 

Nicolas Sarkozy fait toujours la course en tête avec 28% des voix au premier tour, selon un sondage BVA pour le portail Orange et la presse régionale. Mais le candidat de l’UMP perd trois points en une semaine. Une chute qui profite à ses deux principaux concurrents : Ségolène Royal gagne trois points et recueille 27% des intentions de vote, et François Bayrou réalise la même progression, en remontant à 20%. Selon Jérôme Sainte-Marie, directeur BVA Opinion, la baisse de Nicolas Sarkozy s’explique surtout par "un mouvement au sein des sympathisants de droite, parmi lesquels il perd 6 points cependant que François Bayrou en gagne 7". Derrière ce trio, Jean-Marie Le Pen est à 12% (-1).
Olivier Besancenot se confirme en deuxième force de gauche : avec 4,5%, il s’approche de la barre symbolique des 5%.
Au second tour aussi, Nicolas Sarkozy marque le pas : il gagnerait avec 51%, mais ce score représente une chute de 3 points en une semaine : Ségolène Royal recueillerait, à l’heure actuelle, 49%. Ségolène Royal grimpe au bénéfice d’un meilleur report de voix des sympathisants UDF
Le candidat UMP semble en revanche avoir remporté la bataille de "l’identité nationale" : 34% des sondés jugent qu’il est le plus crédible sur cette question, devant Ségolène Royal (27%), François Bayrou (20%) et Jean-Marie Le Pen (9%).


http://www.lefigaro.fr/presidentielle-sondage/20070329.WWW000000328__mars_lecart_se_resserre_entre_royal_et_sarkozy.html

________________________________________________________
"C'est moi la patronne"


qu'elle gagne qu'elle perde ça sera sa responsabilité

C'est d'ailleurs bien comme ça qu'elle l'entend

http://hebdo.nouvelobs.com/p2212/dossier/a337760.html


A trois semaines du premier tour, Ségolène Royal a décidé de reprendre toute sa liberté. Quitte à tordre le bras de ses amis socialistes, François Hollande en tête... Son arme secrète pour gagner ? Ne rien céder de sa propre musique et retrouver la magie des premiers jours.

Ségolène Royal n'est pas du style à calmer les esprits

Scènes de la vie ordinaire au "2-8-2". Comprenez : le 282, boulevard Saint-Germain à Paris, là où bat le coeur du ségolénisme réel. Jeudi 15 mars, en milieu d'après-midi. Dans quelques heures, la candidate socialiste sera sur le plateau de France 2 pour une émission que l'on annonce décisive. Une de plus ! Les sondages sont médiocres. La menace Bayrou se précise. Ségolène Royal en a marre. Comment tout gérer en même temps ? Les fiches qu'il faut relire. Les argumentaires qu'il faut trier. Les conseillers qu'il faut écouter. L'éditeur de son livre qu'il faut rassurer et qui attend, au téléphone, d'ultimes arbitrages. Quel titre ? Une photo sur la couverture ?
A quand le bon à tirer ? Dans ce genre de situation, Ségolène Royal n'est pas du style à calmer les esprits et à faire retomber le stress de ses proches. C'est son mode de fonctionnement. Pour se concentrer, elle a besoin d'aller jusqu'au bord du gouffre. Là, sans crier gare, elle reprend sa chère liberté. "Maintenant, ça suffit. Je vais aller prendre l'air. Respirer. Courir..." Seule.
Même lieu, autre ambiance. Ce lundi 19 mars, la candidate a repris des couleurs. Le Conseil constitutionnel, en publiant la liste définitive des candidats à la présidentielle, vient de lancer la vraie campagne. Fini le virtuel. Pour Ségolène Royal, c'est une autre histoire qui commence. Elle le dit, elle le sent. Et, puisque les sondages sont à nouveau à la hausse, pourquoi laisser à d'autres le soin de commenter ce qui, au fond, ne relève que d'elle ? Devant une poignée de journalistes convoqués dans l'urgence, Ségolène fait du Royal. Ah, les gammes ségolénistes à l'heure des confidences ! Une Assemblée constituante pour fonder la VIe République ? Pourquoi pas ! Un jury populaire tiré au sort pour juger chaque année l'action de la présidente ? Et alors... Plus tard sans doute faudra-t-il recadrer, préciser, nuancer ces propos. Mais tout cela semble tellement secondaire pour une femme qui croit à son destin, reste persuadée de sa victoire et finit par dire l'essentiel au détour d'une phrase : "Ma liberté, c'est de ne pas me laisser formater l'esprit, et pour cela j'ai besoin de rester au contact direct du peuple français."

une "Marseillaise" revisitée

Pour Ségolène Royal, la politique est un combat, et la présidentielle, la mère de toutes les batailles. Elle a choisi de la livrer à sa façon, sans s'en laisser compter, et c'est sans doute ce qui inquiète tant les vieux pros du circuit et les adeptes impénitents des campagnes à l'ancienne. Pour comprendre, il faut remonter aux conditions de sa désignation par les militants socialistes. A la Ségo des origines ! Au fond d'elle-même, la candidate n'a pas changé depuis cette chevauchée victorieuse qui lui a permis d'écarter tous les éléphants du parti. Esprit de novembre 2006, esprit de mai 2007. La martingale, à ses yeux, reste la même. Ou plutôt elle aurait dû rester la même. Jeanne d'Arc n'est pas, sous sa plume, une référence innocente. "La France présidente", va-t-on lire sur ses affiches officielles. Les hiérarques du PS auraient préféré : "Le changement, le vrai". Quant au bandeau en forme de programme, il en a fait tousser plus d'un : "Familles, éducation, emploi, écologie ".
Quand elle commente, en cercle très privé, son parcours depuis le début de l'année, Ségolène Royal n'exprime qu'un seul regret. Celui d'avoir trop concédé. Les débats participatifs ? Si cela n'avait tenu qu'à elle, ils auraient duré encore plus longtemps. L'appareil du parti ? Si cela avait été possible, elle l'aurait tenu encore plus à distance, quitte à installer son siège de campagne beaucoup plus loin de cette rue de Solférino où, décidément, elle se sentira toujours une intruse. Son pacte présidentiel, enfin ? Avec un peu plus de culot, elle l'aurait rédigé dans une rupture beaucoup plus nette avec les tables de la loi du PS à l'ancienne.
Il y a quinze jours - c'était un samedi soir -, alors qu'il revenait d'une tournée dans le Nord, François Hollande l'a appelée sur son portable. La candidate était dans sa cuisine et préparait à dîner pour un couple d'amis. Tu reviens à quelle heure ? On te garde à manger ? Le premier secrétaire, que les militants du cru attendaient pour un couscous... royal, a quand même eu le temps de livrer quelques conseils avant de raccrocher. "Il faut que tu conserves ta petite musique." Du Mauroy dans le texte ! Et pour cause... Mais lorsqu'il a prononcé ces mots, Hollande n'était-il pas précisément au coeur du malentendu. Et si, plus qu'une "petite musique", sa compagne avait décidé de faire entendre sa propre partition, avec si besoin tambours et trompettes, comme une "Marseillaise" revisitée ?
On peut le dire autrement : Ségolène Royal ne se voit pas comme une petite cerise qu'on aurait posée sur le gros gâteau socialiste. Le caractère souvent flottant de sa campagne, qui fait parfois douter les électeurs les mieux disposés à son égard, découle bien sûr de cette manière toute personnelle qu'elle a de ne jamais laisser se figer la moindre situation, de cette mise en danger perpétuelle qui est aussi une façon de se construire dans la prise de risque. Mais, avec la candidate socialiste, la psychologie n'explique pas tout. Quand ça flotte, ça n'est pas toujours dans sa tête. Entre elle et les siens, entre la candidate et les dirigeants de son parti, il y a depuis toujours une tension implicite. Ils la regardent de haut, elle les observe du plus loin qu'elle peut.

Si elle perd, ils plongeront tous

Dans leur comité de campagne du mardi après-midi, elle ne fait que passer. Et encore ! De moins en moins souvent. Comme pour une corvée. Quand elle a regroupé les principaux d'entre eux dans un "comité stratégique", qui ne s'est jamais réuni, ils ont considéré qu'ils lui faisaient un cadeau dans l'urgence d'une campagne qui tournait au vinaigre. Elle n'a pas attendu bien longtemps pour confier, sans sourciller, que cette réserve d'éléphants finalement portait assez bien son nom et qu'il ne fallait pas compter sur elle pour la rouvrir à l'heure de la victoire. Tout cela est dit publiquement, avec parfois un peu plus de formes. Quoique... Dominique Strauss-Kahn en a fait récemment la cruelle expérience. Il s'était vu comme le sauveur suprême, le joker de luxe de la candidate. Celle-ci a laissé dire, et puis l'autre jour elle l'a fait venir à son côté, dans les Ardennes, pour le traiter illico comme un simple comparse. "Dominique est étonnant, a-t-elle confié à un proche, en marge de cette petite virée. Il se croit plus intelligent que moi. Mais alors comment peut-il vouloir être mon numéro deux ?"

Le ségolénisme est un cimetière
d'ambitions déçues ou frustrées

On ne peut rien comprendre de la campagne hors normes que mène Ségolène Royal si on oublie cette dimension interne. Dans l'histoire du PS, c'est la première fois que son champion n'est pas un ancien premier secrétaire. La candidate n'a réussi à s'imposer qu'en tordant le bras à l'appareil dans un rapport très complexe avec l'opinion militante, à la fois éblouie par tant de popularité et séduite par cet art consommé de la transgression. Tout cela a laissé des traces profondes que seul vient atténuer un désir commun de victoire. Si elle perd, ils plongeront tous. Si elle gagne, certains seront sauvés. Mais lesquels ?
Par tempérament, mais aussi par construction, Ségolène Royal vit dans la hantise de la mise sous tutelle. Ceux qui pensaient pouvoir introduire leur propre logiciel dans une campagne qu'ils jugeaient soit inconsistante, soit insuffisamment structurée en ont été pour leurs frais. Combien ont cru un jour ou l'autre qu'avec un peu de persévérence, une once d'habileté ou un brin de courtisanerie, ils allaient voir s'ouvrir toute grande la porte de la candidate ? Le ségolénisme est un cimetière d'ambitions déçues ou frustrées. Seul peut-être Chevènement, parce qu'il n'était plus rien et que tout lui est bonheur, a su trouver discrètement cette distance complice qui est aussi chez lui le fruit d'une très longue expérience. Les autres vont, viennent et parfois disparaissent. Comme le dit crûment Ségolène Royal : "C'est moi la patronne."
C'est d'ailleurs avec ces mots-là qu'au plus dur du combat, alors que tout semblait prendre l'eau, elle a relancé - de manière décisive ? - cette campagne que certains tentaient de lui soustraire. Le 14 mars au matin, en ouvrant les journaux, Ségolène Royal a constaté qu'elle faisait les gros titres mais que les articles étaient remplis de propos tenus par les éléphants du parti. La veille, Hollande, Fabius, DSK et les autres avaient longuement débattu du cas Bayrou devant le comité de campagne. Un adversaire de premier tour ou un allié de second ? Un homme de droite ? Un supplétif de demain ? Ce débat-là avait des allures de précongrès. On revenait aux choses classiques. Sans la candidate. Juste au moment où elle comptait, dans une semaine décisive, installer son "pacte" et sa logique du "donnant-donnant" au coeur de la présidentielle.
Les proches de Ségolène Royal jurent que ce jour-là elle a décidé de reprendre toute sa liberté et de ne plus s'essayer aux concessions boiteuses. Si l'on regarde de près ses déclarations, si l'on observe l'allure de ses meetings, quelque chose en effet a changé. Plus qu'un virage, c'est une tentative de retour aux sources afin de rallumer la magie d'autrefois. Celle qui s'était progressivement éteinte lors des premiers pas laborieux de cette étrange campagne. La virée provençale de la semaine dernière est l'exact reflet de cette nouvelle ambition avec une candidate sans complexe, moins guindée, plus proche du terrain et surtout capable, dans ses gammes sur l'identité nationale, de hisser bien haut les couleurs de son projet réel. Ce faisant, Ségolène Royal s'assume totalement dans une dernière ligne droite où se joue son destin. Déconstruire toujours des synthèses qu'elle juge obsolètes. Tenter constamment d'en proposer de nouvelles, plus baroques sans doute, mais toutes guidées par l'idée que, sans renouveau de la démocratie, il n'y a pas de solution à la grande dépression française.
Tout cela arrive tard. Tout cela est risqué. Tout cela mériterait une précision dans l'expression que la candidate ne peut - ou ne veut - assumer. Tout cela est ségolénien. Pour la suite, une chose au moins est claire : qu'elle gagne ou qu'elle perde, ça sera d'abord sa responsabilité. C'est d'ailleurs bien comme ça qu'elle l'entend.


http://hebdo.nouvelobs.com/p2212/dossier/a337760.html

par François Bazin publié dans : Le Nouvel Observateur
Mercredi 28 mars 2007
Contre la déprime d'une droite qui réprime, Royal a joué la proximité d'une gauche qui a appris de ses erreurs

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/243874.FR.php

On aime bien la gauche. Toute la gauche. Celle, utile et sympathique, de la protestation permanente liée par le serment solennel de ne jamais se colleter au pouvoir. Mais aussi celle qui gagne. C'est la plus dérangeante, la plus difficile à supporter, la moins facile à aimer. Car le pouvoir conquis, il lui arrive de se perdre en compromissions et en facilités. Ce n'est pas seulement la faiblesse des hommes, c'est le poids de l'ordre établi qui toujours parvient à mettre des bâtons dans les roues aux idéaux, difficiles à atteindre, de justice et d'égalité. Tel est leSégolène Royal, cette fois, d'assumer la responsabilité de la conquête du pouvoir. Qu'elle soit une femme en situation d'emporter l'Elysée est une nouveauté mais pas une garantie de victoire. Au contraire. Cela lui a valu plus de coups que la moyenne, de la misogynie des éléphants jusqu'au poignard dans le dos d'un ex du PS touché en pleine campagne par la grâce du sarkozysme. La candidate n'est pas devenue une femme battue. Elle continue de faire jeu égal avec Sarkozy qui propose de poursuivre la politique qu'il mène depuis cinq ans. Contre la déprime d'une droite qui réprime, Royal a joué la proximité d'une gauche qui a appris de ses erreurs. Et a su renouer avec les préoccupations du plus grand nombre dont les plus démunis qui l'avaient quittée en 2002. 35 heures, insécurité, institutions, Nation, autant de sujets qu'elle a réécrits en affranchie. Il reste du travail. Pour l'heure, sa persévérance lui vaut d'être applaudie pour son "indépendance d'esprit" par la fille de Mitterrand. Pour ceux qui croient aux "forces de l'esprit", cela vaudra message du vieux Président. Pour les autres, Royal a encore quatre semaines pour rendre "sa révolution" convaincante. terrible destin de la gauche de gouvernement : risquer de décevoir dès lors qu'elle a soulevé assez d'espoir pour gagner. Mais tel Sisyphe, elle repart à chaque élection pour convaincre qu'elle peut changer le monde. Il revient à


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/243874.FR.php

______________________________________________________________________________

Entretien Ségolène Royal avec "Libération"

L'identité nationale "a besoin d'être consolidée"

 
Ségolène Royal juge qu'il "est par définition présent dans une campagne présidentielle" et qu'il y a sur ce sur ce sujet "une vraie confrontation des points de vue" entre les principaux candidats.
La candidate dit qu'elle sera "responsable de ce qui arrivera" à la présidentielle.
"Je ne ferai porter la responsabilité sur personne d'autre", assure-t-elle. Selon la candidate, "les responsables du parti socialiste tiennent tous leur rôle dans la campagne" et les "300.000" militants "se battent". "Le parti, dans ses profondeurs, est totalement en ordre de marche", en conclut Ségolène Royal.

L'identité nationale"

"Le candidat de la droite a donné a donné sa vision des choses, en proposant un  ministère de l'Identité nationale et de l'immigration. Le candidat UDF, lui, se moque de tout cela. Il a tort. (...) Quant au candidat du Front national, il confond nation et nationalisme. Il y a donc une vraie confrontation des points de vue", explique-t-elle.
Selon la candidate PS, qui se défend de tout "calcul" ou "tactique politique", "il faut donner une réassurance sur l'identité nationale, qui a besoin d'être consolidée au moment où les Français s'inquiètent de la dilution de la nation dans la mondialisation". Elle se décrit toutefois en "Européenne résolue", "partisane d'une France ouverte au monde, internationaliste et généreuse". "La nation n'est pas incompatible avec l'ouverture" et elle "a un autre nom qui est celui de la République", souligne-t-elle.

Attaques contre Sarkozy et Bayrou

Pour la candidate socialiste, le "ni droite ni gauche" de François Bayrou "masque l'immobilisme le plus absolu, le refus de dire clairement quelles sont les solutions qui seront apportées aux problèmes qui se posent au pays".
Quand l'un des "deux candidats de droite", François Bayrou, "propose de supprimer les charges sociales pour les entreprises embauchant deux personnes, c'est inadmissible", juge-t-elle, ciblant l'une des propositions phares du candidat UDF. "On ne donne pas les mêmes aides aux banques, à la grande distribution ou  aux PME! Le temps est venu des politiques sélectives", explique-t-elle, prônant "du sur-mesure". "Le marché est accepté, pas le système libéral", précise la candidate PS, soulignant qu'"il faut un marché régulé, qui permette de faire converger l'intérêt de l'entreprise et du salarié".
A ses yeux, il y a par ailleurs une "profonde rupture de confiance" entre les jeunes de banlieue et le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, depuis les violences de l'automne 2005. Selon elle, ce dernier "n'est pas capable de résoudre les problèmes" des banlieues.
"Jusqu'à lundi, il a quand même eu tous les pouvoirs entre les mains pour pouvoir régler cette question-là ! C'est un échec sur toute la ligne. Et on ne voit pas davantage de solution, dans son programme présidentiel", souligne-t-elle deux jours après le départ du candidat de l'UMP du ministère de l'Intérieur. "C'est difficile d'incarner l'unité de la nation si certains espaces du territoire sont inaccessibles", raille-t-elle.

http://elections.france2.fr/presidentielles/2007/actu/29508933-fr.php?mode=impression

_________________________________________________________________________________

Les sondages se suivent mais ne se ressemblent pas 

 

LH2 Egalité à 27%, IPSOS, Sarkozy largement en tête

Si bien que l'issue du premier tour nous paraît de plus en plus incertaine plus on s'approche de la date fatidique du 22 avril. Alors que le dernier LH2 pour RMC-BFM TV-20 Minutes donnait Nicolas Sarkozy en baisse et à égalité avec Ségolène Royal, le sondage du jour d'Ipsos/Dell pour SFR et Le Point montre au contraire que le Président de l'UMP accroit encore son avance au 1er tour.

Allez y comprendre quelque chose !

Dans ce sondage donc, Nicolas Sarkozy arriverait largement en tête du 1er tour de l'élection présidentielle avec 31% des suffrages (+1), suivi par Ségolène Royal 25.5% (stable) et François Bayrou à 18.5% (-0.5).
Toujours 4eme Jean-Marie le Pen avec 13% (-0.5). Les autres candidats seraient en dessous des 3.5%.. c'est la seule chose qui soit commune d'ailleurs à l'ensemble des enquêtes d'opinion ! Pour ce premier tour, et parmi les gens qui se sont dit certains d'aller voter, 12% n'ont pas encore fait leur choix. Cela pourrait changer pas mal de choses !
Au second tour, Nicolas Sarkozy l'emporterait sur Ségolène Royal par 53.5% (+0.5) contre 46.5% pour Ségolène Royal. Dans le cas d'un deuxième tour François Bayrou contre Nicolas Sarkozy
c'est le président de l'UDF qui l'emporterait avec 52.5%.. La baisse est tout de même significative par rapport aux enquêtes qui donnait plus de 60% au candidat centriste il y a encore quelques semaines.
Ce sondage quotidien d'Ipsos/Dell pour SFR et Le Point a été réalisé les 23, 24 et 26 mars auprès d'un échantillon national de 1.247 personnes, renouvelé quotidiennement par tiers, représentatif de la population inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas).

 

http://www.telenews.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=1285

par Jean Michel Thenard publié dans : Libération
Mardi 27 mars 2007
En mettant en avant les valeurs et symboles républicains, la candidate socialiste espère retrouver les voix des ouvriers

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/243626.FR.php?utk=0007d134

 

"Depuis le début, sa cible, c'est l'électorat populaire." Julien Dray, proche de Ségolène Royal, ne peut être plus clair : en colorant depuis quelques jours son discours en bleu-blanc-rouge, et en imposant la Marseillaise en clôture de ses meetings, la socialiste cherche à détourner les milieux populaires de Nicolas Sarkozy et de Jean-Marie Le Pen. Quitte à écorner, maintenant qu'elle revendique haut et fort sa prise de "liberté", le dogme socialiste de la priorité du social sur le national. "Les classes populaires ont l'impression que la France fout le camp. Il y a une inquiétude. On ne peut pas regarder ce qui s'est passé le 29 mai 2005 lors du référendum sur l'Europe et éluder cette question", plaide Julien Dray, qui, avec Jean-Pierre Chevènement, a pesé pour que la candidate assume ce discours. "Bien sûr que la question sociale est centrale, mais la question de l'identité, à cause de la mondialisation, l'est aussi." Et le porte-parole du PS d'ajouter, toujours en pensant "aux classes populaires abandonnées par les élites", que la gauche ne peut pas faire avec cette question de l'identité "la même erreur qu'en 2002 avec la sécurité". 
Là encore, difficile d'être plus lumineux : il y a cinq ans, seuls 14 % des ouvriers avaient voté Jospin (25 % en 1995) et cette désertion des classes populaires, davantage que la dispersion à gauche, avait signé l'éviction du candidat socialiste dès le premier tour.
Professeur à Sciences-Po, Dominique Reynié voit dans cette reprise des valeurs patriotiques, déjà mises en avant par Royal dans son discours de Vitrolles, quand elle s'est porté candidate à l'investiture du PS, une volonté de ne pas laisser "se cristalliser sur Sarkozy un vote populaire, qui cherche dans l'Etat une réassurance face aux risques de la globalisation".  "Que ce soit dans le vote Le Pen ou dans la majorité qui s'est exprimée de façon écrasante pour le non en 2005, estime-t-il, on retrouve le besoin de réaffirmer le rôle de l'Etat, des services publics, d'un modèle social, qui semblent fonctionner dans l'espace géographique de la nation, alors qu'au niveau européen mais aussi régional avec la décentralisation de 2003-2004, tout cela reste très flou." 

"Vivre ensemble"

Il ne faut pas "laisser la nation à la droite et à l'extrême droite, a aussi argumenté, hier à Perpignan, Jean Glavany. La nation, c'est l'expression d'un passé commun, mais surtout d'une volonté de vivre ensemble. Mais la nation, ce n'est pas le nationalisme", a ajouté l'ex-ministre en reprenant un argument déjà avancé par Royal. Il nuance cependant son soutien en précisant que ce discours "serait choquant si on s'arrêtait là. Mais nous avons les 100 propositions de Ségolène Royal, largement inspirées par le projet socialiste". 
Julien Dray confirme : c'est parce qu'elle a d'abord "parlé du social et de la France métissée" que la candidate peut se permettre aujourd'hui de contrecarrer l'offensive de Sarkozy, qui a, lui, établi un lien entre "la crise de l'identité et l'immigration", avec sa proposition de "ministère de l'immigration et de l'identité nationale".  "Son discours sur la nation est adossé à ce qu'elle dit sur la valeur travail, la lutte contre la précarité", explique Dray, qui assure que Royal n'axera pas la fin de sa campagne sur cette thématique de l'identité, mais bien sur les questions sociales. Une précision utile, vue la gêne qui a accueilli, au PS et à gauche en général, cette prise de liberté "ségolénienne". "Les élites pensent toujours que les classes populaires ont besoin de la nation. Mais elles ont besoin de social", s'étonne un député du PS. "Ce qui intéresse les gens, ce sont les questions de salaires, d'emploi, de logement", prévient un élu socialiste du Nord.
Pour Stéphane Rozès, directeur de CSA-Opinion, le plaidoyer de la candidate pour la Marseillaise et le drapeau n'est pas le facteur de division de la gauche que dénoncent Bové, Besancenot ou Voynet. Pour lui, Ségolène Royal "ne risque pas de se couper de son électorat", car "la gauche et la droite ne mettent pas le même contenu derrière cette notion d'identité" .

"Aucune contradiction"

S'appuyant sur un récent sondage CSA sur l'Europe, Stéphane Rozès estime même que donner un contenu à sa vision de l'identité française peut aider Royal à rassembler à gauche. "Que les gens aient voté oui ou non le 29 mai 2005, il n'y a chez eux aucune contradiction entre identité européenne et identité française. Ceux qui ont voté oui revendiquent la fierté d'être européens et français, les autres ont exprimé leurs préoccupations sociales en se référent à l'identité nationale."

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/243626.FR.php?utk=0007d134

par Paul Quinio publié dans : Libération

Newsletter

Inscription à la newsletter

Recherche

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus