Lundi 30 avril 2007

"... passer à l'âge adulte de notre démocratie ..."

 

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Pensez-vous que le débat avec François Bayrou a été bénéfique pour vous ?
C'est la démocratie qui en a tiré un bénéfice. C'est un événement inédit dans l'histoire politique française qu'un candidat placé au second tour de l'élection présidentielle propose un débat avec un candidat qui n'a pas été retenu au premier tour. J'ai pris cette initiative parce que cela correspond à l'idée que je me fais de la politique. C'est cohérent avec ce que je suis, ma façon différente de faire de la politique, le constat que j'avais fait de la crise démocratique, le score de François Bayrou, les messages qu'ont envoyés ses électeurs. J'ai retenu du premier tour une confirmation de ce que j'ai entendu dans les débats participatifs : les Français ont envie que la vie politique se rénove en profondeur et que l'on puisse dépasser les antagonismes bloc contre bloc.

Le débat l'a montré. Une douzaine de fois, François Bayrou a manifesté son accord avec ce que je disais. Sans renoncer à la confrontation principale entre la droite et la gauche, il y a quelque chose à inventer, j'ai senti que le moment était venu. La politique a un besoin profond de rénovation. J'ai donné un contenu et une preuve à cette rénovation.

Avant le premier tour, vous aviez une autre attitude. Comment expliquez-vous ce changement vis-à-vis du parti centriste ?
C'est vrai, je l'ai dit : l'UDF a toujours gouverné avec la droite. Et, dans les collectivités territoriales, l'UDF ne vote jamais les budgets des régions, des départements ou des mairies de gauche, même s'ils sont bons. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise la confrontation bloc contre bloc. C'est pourquoi il y aura une part de proportionnelle dans la réforme des institutions. FrançoisBayrou, qui l'a vu de près, a fait un constat sur l'Etat UMP, sur le bilan et sur les dérives idéologiques et langagières de Nicolas Sarkozy. La création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, la théorie génétique pour les pédophiles, la façon dont sa campagne s'est brutalisée ont heurté une partie de l'électorat centriste.

La communauté de valeurs va du PS à l'UDF ?
Je ne parle pas de recomposition politique ou d'appareils politiques. Je ne me pose pas, pour l'instant, la question des coalitions. Si nous sommes dans des affrontements permanents 50-50, la France ne peut pas s'en sortir, se remettre en mouvement. Sur certains thèmes fondamentaux, je réussirai à sortir de cet affrontement bloc contre bloc, quel que soit le choix définitif de l'UDF en tant que parti.

Sur la réforme des institutions, l'Etat impartial, nous avons une vision commune. Je ne veux plus que l'Etat soit maîtrisé par un seul parti, par un seul clan, ce n'est pas la République. Je suis la seule à avoir une vision de la réforme institutionnelle complète. Ce n'est pas le cas du côté de la droite. Elu avec 82% des voix, Jacques Chirac avait l'occasion exceptionnelle de déverrouiller la vie politique française. Il ne l'a pas fait, tous les pouvoirs sont restés concentrés. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est toujours président de l'UMP. Ce qui est contraire à l'esprit des institutions.

Quels signaux allez-vous envoyer à la gauche inquiète de votre évolution vers le centre ?
La gauche n'est pas inquiète car je rassemble sur la base du pacte présidentiel. Les valeurs et les idées de ceux qui m'ont soutenue ne sont pas oubliées. Je les ai tous reçus ou contactés car je veux que leur idéal et leurs bonnes idées rejoignent le pacte. Compte tenu de la situation dans laquelle la France se trouve, il faut absolument lui éviter cinq années de droite dure.
Quant au vote autour de François Bayrou, il est assez varié et toutes les motivations sont d'ailleurs respectables. J'ai pris acte de cette réalité-là sans la mépriser et j'ai pris l'initiative de sortir des schémas traditionnels. Par ailleurs, j'en ai assez de ce procès permanent où lorsque l'on se parle ou l'on dialogue, on est déjà suspect. Il est temps de passer à l'âge adulte de notre démocratie.

Arlette Laguiller se détermine pour la première fois pour le candidat socialiste depuis 1981. Que lui dites-vous ?

La question de la protection de la dignité des travailleurs est centrale. C'est un beau combat qui a le mérite d'être désintéressé. Elle est populaire et estimée. J'ai cité son nom en meeting et elle a été acclamée. Les personnalités qui sont cohérentes, qui ont un idéal principal et ne lâchent pas, sont très attachantes. Je ne la voyais pas pour lui demander quoi que ce soit. Juste pour le plaisir de la rencontrer, de la remercier.  Je veux une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres. Je veux être présidente d'une France apaisée et énergique.

Vous aviez été en concurrence avec Dominique Strauss-Kahn. Il a été très absent dans votre campagne du premier tour, et puis là il est très présent. La photo de votre déjeuner en tête à tête, c'est celle de Mitterrand-Rocard en 1988 ?

Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix.

Il n'y a pas de rapprochement de ligne entre M. Strauss-Kahn et vous aujourd'hui ?

La seule ligne aujourd'hui, c'est le pacte présidentiel. Ma volonté, c'est de rassembler tous les talents autour de ce pacte. Je suis dans une démarche de sincérité et de fidélité à mes engagements, dans le respect des personnalités différentes, de leurs bonnes idées. Par exemple, j'ai confié une mission à José Bové sur la mondialisation et la souveraineté alimentaire.

Quand vous parlez du "bout de chemin" que vous allez faire ensemble avec François Bayrou, ce chemin va jusqu'où ? Jusqu'au second tour, au-delà des législatives ?

Il faut respecter les étapes. Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi.

Pourriez-vous prendre François Bayrou comme premier ministre ?

Je l'ai déjà dit : par définition, je ne m'interdis rien.

Sur les retraites, les 35 heures, comment pouvez-vous concilier votre vision et celle des électeurs de François Bayrou ?

Le travail d'explication doit continuer. Je pars avec des préjugés très lourds, sous prétexte que les socialistes sont incompétents en économie et préfèrent le social. De plus, comme je suis une femme, par définition, il y a un préjugé d'incompétence, même si j'ai le soutien de toute la nouvelle école des économistes qui comptent en France et sur la scène internationale. Mon pacte réconcilie l'efficacité économique et le progrès social. C'est une vision neuve, qui suscite aussi l'intérêt des organisations syndicales de salariés que j'ai reçues. J'appelle donc les électeurs à regarder ce qu'il y a dans le pacte présidentiel que j'ai construit après une importante phase d'écoute.

Lors du débat, nous avons d'ailleurs levé des ambiguïtés, puisque François Bayrou voyait dans mon programme une étatisation de l'économie. C'est tout sauf ça. L'économie de marché est une réalité incontournable. Mais je crois qu'elle a besoin d'une régulation pour éviter ses désordres. Et les entreprises y ont tout intérêt. Elles sont d'ailleurs les premières à se tourner vers l'Etat quand elles sont en difficulté. C'est l'Etat qui définit la politique fiscale. Mais les partenaires sociaux définissent la politique sociale. L'Etat a reculé pendant cinq ans sur l'investissement dans la recherche et l'innovation, c'est très grave, il va falloir au contraire en faire une priorité. Les pouvoirs publics, en redistribuant l'argent public, ont un rôle très important dans le développement économique. En même temps, je supprimerai les aides aux entreprises qui n'en ont pas besoin, pour les concentrer sur les PME qui innovent. Je souhaite débureaucratiser l'intervention de l'Etat et la cibler sur les vrais besoins.

Pensez-vous qu'il faut réduire la dépense publique ou pas ?

Oui, il faut lutter contre les gaspillages et les doubles emplois et rendre la dépense publique plus efficace. Il faut relancer la croissance et diminuer le chômage. D'abord par la confiance. J'ai un discours très moderne vis-à-vis des entreprises. Je leur dis même : faites du profit, gagnez de l'argent, à condition qu'il soit honnêtement gagné et équitablement distribué. Avancez, prenez des risques. Mais il faudra que les banques aident davantage les PME. Les entreprises manquent d'épargne. Aujourd'hui, la rente est avantagée par rapport à la rémunération du travail, y compris dans les différentes propositions faites par Nicolas Sarkozy. Je propose, au contraire, de moduler l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation des bénéfices. Tout ce qui sera réinvesti dans l'entreprise bénéficiera d'allégements fiscaux. Je veux un pacte de croissance avec les PME, le Small Business Act.

Les organisations syndicales de salariés seront encouragées au compromis que je propose sur la base d'un dialogue social rénové. Du côté du Medef, c'est plus compliqué, parce que le Medef est un agglomérat de grandes banques, d'entreprises du CAC 40 et de PME qui n'ont pas toutes le même intérêt. Mais, là aussi, les choses bougent et je sais que beaucoup de patrons veulent sortir du manichéisme social. Je le vois par exemple avec les prises de position du Centre des jeunes dirigeants.

Sur les 35 heures, vous aviez porté une critique et maintenant vous dites qu'il faut les généraliser. Ce n'est pas une contradiction ?

Non. La deuxième loi sur les 35 heures était trop uniforme. Mais la diminution du temps de travail reste un objectif. En revanche, la façon dont on y parvient devra à nouveau être mise sur la table entre partenaires sociaux. Ce qui a manqué, dans l'application de la loi, c'est l'accompagnement humain. C'est aussi le faible poids des syndicats qui a permis dans certaines entreprises une application des 35 heures qui a dégradé les conditions de travail.

Allez-vous renationaliser GDF, comme le revendique la gauche ?

Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche. Les enjeux ont changé. Quand on voit les problèmes énergétiques que la France et l'Europe vont devoir gérer dans les années qui viennent, les enjeux financiers considérables, cela mérite quand même un débat public. Nous avons besoin d'un grand pôle public de l'énergie.

Sur les retraites, remettez-vous en cause le principe de 42 ans de cotisation pour le salarié moyen à terme ?

La question des retraites sera totalement remise à plat. Sur la question de la durée de cotisation, il faudra prendre en compte la pénibilité et regarder de très près la question des retraites des femmes. Il y aura une discussion avec les partenaires sociaux. On ne pourra pas déconnecter la question des retraites de celle de la réussite de la lutte contre le chômage, car des emplois en plus ce sont des cotisations en plus. Il faut éviter de brutaliser la question des retraites en l'abordant comme le fait la droite et s'orienter vers des systèmes de retraite à la carte, plus souples. Il n'y aura pas de retraite couperet. En même temps, il faut garantir à ceux qui ont travaillé le plus durement d'accéder à une qualité de vie suffisante.

Faut-il modifier les règles de présentation des candidats aux élections professionnelles ?

Cette question sera traitée dans le débat sur les règles de représentativité qui seront revues. Sans brutaliser du jour au lendemain le paysage syndical. Les organisations syndicales y sont prêtes, si l'on réussit le syndicalisme de masse, soit avec un crédit d'impôt, soit avec un chèque syndical, c'est-à-dire une incitation à adhérer à une organisation syndicale. Lorsque l'on a interrogé les salariés sur la raison pour laquelle ils n'adhéraient pas à une organisation syndicale, ils ont répondu : la peur. Est-il normal que dans la France de 2007 un droit constitutionnel fasse encore peur? Non, car un pays moderne a besoin d'un bon dialogue social.

Vous parlez de la dette, mais vous n'avez pas chiffré la manière de desserrer cet étau.

La marge de manœuvre passe par la réforme de l'Etat et la clarification des compétences des collectivités territoriales. Quand j'ai interrogé José Luis Zapatero ou Romano Prodi sur la manière dont ils avaient réduit la dette de leur pays, ils m'ont répondu que c'est par une meilleure répartition des responsabilités, des compétences pour éviter des doublons, des chevauchements de financement, qu'ils y sont parvenus.

Ensuite, on peut rendre plus efficace le service public. Plutôt que de dire comme Nicolas Sarkozy que l'on va supprimer un fonctionnaire sur deux – ce qui, à mon avis, n'est pas très responsable et d'ailleurs il ne l'a pas fait quand il était ministre des finances –, on peut améliorer l'efficacité du service public. Enfin, la baisse de la dette passe évidemment par la relance de la croissance. Je crois beaucoup au levier écologique. La France a pris du retard. Or les experts estiment que de un à deux millions d'emplois peuvent être créés dans ce domaine. En Espagne et en Allemagne, j'ai été surprise de voir le nombre d'emplois créés grâce à ce secteur.

Si vous êtes élue, c'est vous qui mènerez la campagne des législatives ?

Mon rôle, c'est de réunir une majorité présidentielle.

Ou bien est-ce le chef du gouvernement ou le chef du parti qui mènera cette campagne ?

Nous n'en sommes pas là. Ce qui intéresse aujourd'hui les Français, c'est le second tour de l'élection présidentielle.

Si François Bayrou prend l'option d'entrer dans la majorité présidentielle, y aura-t-il des accords, des désistements entre le PS et son parti, comme il y en avait autrefois et aujourd'hui encore entre le PS et le Parti communiste ?

Si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en œuvre le pacte présidentiel.

Avez-vous le sentiment que le PS y est prêt ?

C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique.

Vous n'êtes pas comme Nicolas Sarkozy, qui dit que tous les députés UDF qui l'auront rejoint avant le 6 mai auront l'investiture de sa majorité présidentielle.

Je laisse à d'autres ces débauchages et ces pressions. La bataille principale, elle est pour la France neuve et donc contre la droite dure, avec le bilan désastreux que le candidat sortant refuse d'assumer. C'est l'homme du passé et du passif. Il s'en prend à Mai 68 dans son discours de Bercy en oubliant que les ouvriers, qu'il découvre, ont obtenu les accords de Grenelle. Moi, je veux prendre le meilleur de chaque époque pour inventer la France de demain.

Et, demain, vous prendrez le PS ?

Ce n'est pas compatible avec la fonction de chef de l'Etat.

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"La victoire de Royal paraît arithmétiquement
possible, mais politiquement difficile"

on n'est pas propriétaire de ses voix

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En sachant que la participation au deuxième tour est toujours supérieure à celle du premier, qui des deux candidats peut profiter d'un taux de participation encore plus important ?  
Cela n'a pas été systématiquement le cas. En 1969, on a eu plus d'abstentions au second tour qu'au premier, du fait de l'élimination de la gauche. Il est difficile de répondre à une question comme la vôtre.

On peut penser que compte tenu des bons scores réalisés par Sarkozy et Royal, puisque le total des voix Sarkozy-Royal atteint 56 %, alors qu'il n'était que de 37 % en 2002 pour Le Pen-Chirac, et de 43 % en 1995 pour Chirac-Jospin, la dynamique qu'ont créée l'un et l'autre fait qu'ils ont de bonnes chances d'engranger des soutiens issus de l'abstention du premier tour, même si celle-ci a été historiquement basse.

Pour donner une petite piste, on peut penser que compte tenu du score historiquement bas de la gauche au premier tour, qui a atteint 36 %, on a plus eu affaire à des abstentionnistes de gauche que de droite. Même si l'abstention, je le répète, a été très faible. 

A qui profiteront les abstentions au deuxième tour ? 

Question prospective difficile. Il y a des chances qu'on ait des électeurs des extrêmes qui s'abstiennent, aussi bien des électeurs d'extrême gauche que d'extrême droite. Même si pour l'extrême gauche, au nom de l'anti-sarkozysme et du souhait de faire du second tour un référendum anti-Sarkozy, il peut y avoir une bonne mobilisation. 

De la même manière, les électeurs du FN de premier tour, en dépit de l'opération de captation, de siphonnage que Sarkozy a réussie sur l'électorat Le Pen traditionnel, auront certainement moins de difficulté à voter Sarkozy en 2007 que Chirac en 1995 ou en 1988. 

Est-ce que l'on peut réellement dire, au vu des précédentes élections, que le report des voix se fait d'après les consignes de vote qui sont données ? Dans quelle mesure ? 

Je dirais non. Il y a un principe majeur qui est : on n'est pas propriétaire de ses voix. Je citerai deux exemples : en 1981, on a tendance à dire que le PCF a fait voter en sous-main contre Mitterrand. De la même manière, il y a eu des récits précis qui tendent à dire qu'une partie de l'appareil RPR de l'époque a fait voter Mitterrand en 1981, pour éliminer le président sortant, Giscard d'Estaing. Dans les faits, on sait que les électeurs communistes de 1981 ont voté massivement Mitterrand. Et malgré tout, les électeurs RPR ont voté Giscard. 

Deuxième exemple : Jean-Marie Le Pen en 1988 dit : il ne faut pas une voix pour le candidat socialiste (Mitterrand). Pour autant, on a pu observer des transferts de voix non négligeables de l'électorat Le Pen vers Mitterrand. Même chose en 1995 Le Pen dit : Chirac, c'est Jospin en pire. Pour autant, quand on regarde le rapport de force au second tour, on a pu constater de bons reports de voix FN sur Jacques Chirac.

Les consignes de vote du candidat pour lequel on a voté peuvent compter, surtout si ces consignes émanent de partis militants, comme le PC ou le FN. Mais l'électeur reste souvent dans son choix au second tour. 

A combien estimez-vous le report des voix FN sur les deux candidats en lice et le taux d'abstention des électeurs FN au 2e tour ? 

Lorsqu'on regarde les enquêtes d'intention de vote de l'IFOP faites depuis le 22 avril, on constate de très bons reports de l'électorat frontiste sur Sarkozy. Dans ce cadre, on n'est pas du tout dans la situation de 1988 où une partie des électeurs du FN s'étaient placés dans le giron de Mitterrand. Dans nos enquêtes, on a environ, sur 100 électeurs Le Pen qui déclarent une intention de vote de second tour, entre 82 et 89 qui voteraient en faveur de Sarkozy. Sachant qu'il faut aussi prendre en compte les électeurs Le Pen qui ne se prononcent pas, à savoir 10 % environ. 

Ce qui change par rapport à 1988, c'est qu'on a eu une campagne spécifique du candidat Sarkozy positionnée très à droite qui a siphonné une partie très importante de l'électorat Le Pen traditionnel. Pour autant, les 11 % d'électeurs déclarant un vote en faveur de Jean-Marie Le Pen peuvent être attirés par le fait que la campagne de second tour de Sarkozy reste sur ce sillon de droite, en parlant beaucoup de sécurité, d'immigration, en s'en prenant à l'héritage de Mai 1968. 

L'idée est donc que Sarkozy, sans le dire, réhabilite la phrase de Charles Pasqua de 1988 qui avait fait scandale : les électeurs du FN et ceux de la droite républicaine ont les mêmes valeurs. Il est plus facile pour un électeur FN de franchir le pas du second tour en faveur du candidat de la droite qu'auparavant. Ce que je dis là ne prend pas en compte ce que va dire Le Pen demain. 

Les consignes de Le PEN demain peuvent-elles influencer les électeurs ? 

Cela va jouer un rôle, car c'est un leader qui a eu plus de 3 millions de voix. Mais on voit qu'il y a des remous internes au sein du FN quand certains disent que sur certains points Royal est "moins pire" que Sarkozy. Propos certainement alimentés par la rancoeur liée à la captation d'une partie de l'électorat FN par Sarkozy. Mais il y a aussi peut-être tout une base qui va se retrouver dans le discours de Sarkozy du second tour. La direction du FN est prise entre ces deux tensions. L'influence de ce que va dire Le Pen va être réelle, mais il y a absolument toutes les chances qu'il se contente, comme en 1988, et comme en 1995, d'un soutien ou d'un non-soutien elliptique. Il est clair donc que l'influence jouera un rôle, mais sera minoritaire en comparaison avec les aspirations de la base du FN. 

Sait-on à qui vont aller majoritairement au deuxième tour les voix portées sur François Bayrou au premier ? 

C'est une des clés du scrutin. La victoire de Royal au second tour paraît arithmétiquement possible, mais politiquement très difficile. Elle doit en effet rassembler la quasi-totalité de la gauche, et doit parvenir à attirer un grand nombre d'électeurs Bayrou. Dans ce cadre, quand on regarde nos enquêtes, pour l'instant, Royal parvient à attirer entre 53 et 57 % d'électeurs Bayrou qui déclarent un vote.
Avec une abstention de 14 %. 

Mais je pense que le fait que pour l'instant elle parvient à attirer un électeur Bayrou sur deux représente plus un plafond qu'un socle à partir duquel les transferts Bayrou-Royal pourraient augmenter. Pourquoi ? C'est vraiment lié à la sociologie composite de l'électorat Bayrou, dans lequel il y a des électeurs de gauche, de centre gauche, qui ont été déçus par la campagne du PS au premier tour, qui se sont montrés sceptiques face à Royal, face à sa capacité d'incarner la fonction présidentielle. Et on a eu des électeurs de gauche qui pensaient que seul Bayrou pouvait battre Sarkozy au second tour. On peut penser que ces électeurs vont aller majoritairement chez Royal.

Mais au sein de l'électorat Bayrou coexistent aussi des électeurs UDF "historiques" de centre droit, qui ont voté Bayrou par identification partisane, surtout parce qu'ils ont été gênés par le positionnement de Sarkozy au premier tour. On peut penser que ces électeurs voteront Sarkozy au second tour. On a de ce point de vue un élément probant : lorsqu'on regarde la proximité politique des personnes interrogées, si Royal attire plus d'électeurs Bayrou que Sarkozy, celui-ci parvient à obtenir plus d'intentions de vote chez les sympathisants UDF. Le plus souvent des gens qui ont sûrement voté Bayrou mais restent ancrés à droite. 

Pour se rapprocher des 50 % des voix, il faudrait que Royal, sur 100 électeurs Bayrou de premier tour ait 15 % qui s'abstiennent ou votent nul, et en capte 51 %. Mais on est là dans des projections. Pour parler des transferts de voix, il faut d'abord examiner le rapport de force électoral du premier tour, avec une gauche historiquement faible, une tripolarisation de la vie politique, et des extrêmes réduits. Dans le cadre de ce rapport de force, Royal doit réaliser un grand écart difficilement gérable qui consiste à conserver la plupart des électeurs sur son aile gauche, et, comme on l'a dit, attirer un nombre très important d'électeurs Bayrou. 

Cela rappelle le dilemme de Chirac en 1998 à front renversé, puisque lui se trouvait entre le fait de conserver les électeurs du centre droit, et essayer d'attirer des électeurs du FN. C'est un peu ce qui arrive à Royal dans cette élection. 

Quel a été l'effet du débat Ségolène Royal-François Bayrou pour les reports de voix UDF au second tour ? 

Il est trop tôt pour mesurer les effets de ce débat. Celui-ci a eu lieu samedi, c'est à partir des jours qui arrivent qu'on en verra l'effet et les reports de voix Bayrou sur Royal. Même si l'on peut penser qu'il est vraisemblable que l'électorat de centre droit franchira difficilement le pas d'un vote Royal. Sachant que l'électorat de centre gauche de Bayrou, elle arrive à l'attirer. L'effet de ce débat est d'autant plus difficile à juger qu'on est devant un objet politique non identifié dans le cadre de ce second tour, avec la présence très forte du candidat arrivé en troisième position. 

Quelle part des électeurs de l'extrême gauche ne vont pas voter pour la candidate socialiste du fait de son rapprochement au centre ? 

C'est une question majeure. On est face à deux tensions. Pour l'instant, on observe une tolérance forte de l'électorat de gauche non socialiste vis-à-vis du rapprochement Royal-Bayrou. Cette tolérance peut tenir jusqu'à la fin de la campagne au nom de l'anti-sarkozysme et de faire, chez cette gauche radicale, du second tour un référendum anti-Sarkozy. 

Mais la question est : quid de ces électeurs de gauche face à d'autres pas supplémentaires de Royal ou de son entourage vers Bayrou ? On a parlé de Bayrou ministre, premier ministre, de l'entrée de l'UDF au gouvernement. On ne peut jurer de rien. Surtout qu'on tient pour acquis des reports excellents de la gauche ou de la gauche non socialiste vers Royal, et on voit que ce n'est pas tout à fait le cas. On a des situations très variables selon les différents électorats. 

Si chez les électeurs de Buffet et Besancenot, les reports se font très bien, au-dessus de 90 %, les reports sont moins satisfaisants au sein de l'électorat Laguiller, par exemple. On voit dans notre dernière enquête que chez les électeurs d'extrême gauche, si l'on prend le cumul des enquêtes d'intentions de vote de l'IFOP depuis le 22 avril, on a par exemple sur 100 électeurs Laguiller 52 % qui se prononceraient pour Royal, 30 % pour Sarkozy, et 18 % s'abstiendraient ou voteraient blanc. 

Il y a toujours un vote révolutionnaire, ou un rejet d'un électorat très masculin de la candidate socialiste, ou les sarkozystes de gauche, électeurs issus de catégories très populaires attirés par le discours de remise en ordre de Sarkozy, le discours sur la sécurité, ou le discours sur le flux migratoire. On a vu tout au long de la mandature, quand on réalisait des enquêtes de popularité, une percée non négligeable de Sarkozy à gauche, et même à l'extrême gauche. 

Quelle sera l'influence des ralliements des élus UDF à Sarkozy sur l'électorat de l'UDF ? 

L'excellent score de Sarkozy au premier tour, le fait qu'il rallie beaucoup d'élus, les sondages qui lui sont tous favorables depuis le 15 janvier, tout cela participe d'une dynamique bénéfique en faveur du candidat de l'UMP. Mais l'influence de ces ralliements sur les électeurs semble limitée. On est plutôt là dans la préparation de la bataille des législatives. 

Pensez-vous que des électeurs ayant choisi Ségolène Royal au premier tour pourraient se reporter sur Sarkozy au second et inversement ? Ce genre de reports de voix se sont-ils déjà produits dans le passé et si oui, dans quelle proportion ? 

Ce sont des cas vraiment très, très marginaux. Dans nos enquêtes d'intention de vote de second tour, quand on observe les reports de voix, on a 1 % d'électeurs Royal au premier tour qui vont chez Sarkozy, et 1 % d'électeurs Sarkozy qui vont chez Royal. Ce sont des proportions très marginales. 

Le débat du 2 mai entre Royal et Sarkozy peut-il avoir une influence sur le vote du second tour ? 

Une influence, peut-être, mais qui va être limitée. Cela a toutes les chances de ne faire bouger les rapports de force qu'à la marge. En effet, à la question que nous avons posée : avez-vous l'intention de suivre le débat du 2 mai ? 62 % des gens disent qu'ils vont le suivre mais que celui-ci ne pourra pas les faire changer d'avis quant à leur vote, et 17 % disent que le débat peut les faire changer d'avis. Et il y a beaucoup d'électeurs Bayrou qui déclarent cela, puisque 38 % d'électeurs Bayrou le déclarent. 

Historiquement, on n'a jamais vu un débat télévisé d'entre-deux tours inverser une tendance. Contrairement à ce qui a été dit, ce n'est pas le débat de 1974 qui a assuré la victoire de Giscard d'Estaing, qui était en tête avant le débat. C'est la même chose pour Mitterrand en 1981. Quant à 1988 et 1995, l'écart dans les intentions de vote entre, d'une part, Mitterrand et Chirac et, d'autre part, Chirac et Jospin n'a pas été réduit. 

Quels sont les résultats des derniers sondages ? 

Le dernier sondage réalisé vendredi et samedi donne un avantage net à Nicolas Sarkozy, puisqu'il est crédité de 53 % d'intentions de vote, contre 47 % pour Ségolène Royal. Notons que ce sondage n'a pas pu véritablement prendre en compte les effets électoraux du débat entre la candidate socialiste et François Bayrou. 

Dernier point : on se focalise sur les reports de voix, mais il convient de s'intéresser à ce que donnent les intentions de vote selon les catégories de population. Et ce qui frappe dans cette enquête comme dans les enquêtes précédentes de l'IFOP, c'est la très forte avance de Sarkozy dans l'électorat âgé. Il obtiendrait 63 %, soit 10 points de plus que sa moyenne, chez les 65 ans et plus. Auprès de ce segment traditionnellement mobilisé, qui va voter, Royal accuse donc un vrai retard. 

Alors que dans d'autres catégories, chez les jeunes, les moins de 35 ans, Royal l'emporte. Elle l'emporte aussi chez les catégories supérieures et au sein des professions intermédiaires. En revanche, chez les ouvriers, Sarkozy et Royal font jeu égal. Au-delà des reports de voix, il faut donc aussi procéder à une analyse par segment démographique, qui explique l'avance prise par Sarkozy. 

 

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Sondages : les tendances divergent
mais Nicolas Sarkozy reste en tête

Ségolène Royal progresse chez les Bayrouistes …

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Ségolène Royal gagne deux points au second tour de la présidentielle à 48 % mais Nicolas Sarkozy reste donné vainqueur avec 52 % des voix, selon un sondage LH2 pour RMC, BFM TV et 20 Minutes, publié lundi 30 avril.
Selon une autre enquête publiée le même jour par l'IFOP, Nicolas Sarkozy est crédité de 53 % d'intentions de vote, en hausse de 0,5 point, contre 47 % à Ségolène Royal. Ce sondage paraîtra cette semaine dans Paris-Match.
L'indécision des sondés recule : 5 % ne se prononcent pas, contre 9 % lors du précédent sondage IFOP rendu public samedi, et réalisé jeudi et vendredi pour Fiducial, M6 et Le Journal du dimanche.
Pour l'IFOP, 57 % des électeurs de François Bayrou (+ 4 par rapport à samedi) choisiraient Ségolène Royal au second tour, contre 43 % pour Nicolas Sarkozy. Pour LH2, 55 % des électeurs du candidat de l'UDF se reporteraient sur la socialiste, contre 45 % sur le candidat de la droite. La proportion était de 50-50 le 22 avril au soir.
En revanche, une majorité des sympathisants UDF sondés envisagent de voter pour M. Sarkozy, selon LH2, ce qui confirme apparemment un décalage entre le socle de l'électorat centriste et les nouveaux électeurs de François Bayrou, plus favorables à la gauche.
En ce qui concerne les électeurs de Jean-Marie Le Pen, les deux sondages divergent fortement : 89 % des électeurs de Jean-Marie Le Pen se reporteraient sur le candidat UMP, soit une hausse de 12 points, contre 11 % pour la socialiste, selon l'IFOP. Pour LH2, au contraire, 74 % des électeurs de Jean-Marie Le Pen choisiraient Nicolas Sarkozy et 26 % Ségolène Royal, soit une hausse de 16 point pour la candidate socialiste dans l'électorat frontiste.
Selon LH2, 80 % des personnes interrogées disent avoir fait définitivement leur choix, 12 % ont une préférence marquée pour un candidat tout en pouvant encore changer d'avis, et 8 % hésitent encore.

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-903935,0.html

Dimanche 29 avril 2007
Quasi affranchie du parti, Royal était la seule à pouvoir entamer des travaux d'approche avec l'UDF

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/250576.FR.php


De Dominique Strauss-Kahn à Laurent Fabius, de Lionel Jospin à François Hollande, à des degrés divers, les poids lourds du PS subissent la campagne de Ségolène Royal comme un calvaire. Beaucoup réfrènent difficilement leur mauvaise humeur persistante. Froissé, DSK continue par exemple de se plaindre des vexations que lui inflige la candidate. Les mêmes ne souffraient pas de telles humeurs vis-à-vis de leur candidat en 2002 : à l'époque, aucun ne quémandait la permission de Jospin pour aller dire dans les médias tout le bien que leur inspirait leur champion. Cette fois, certains semblent jouer la défaite, parce qu'ils ont le même âge que Royal, et déjà en tête l'échéance élyséenne de 2012.
Et voilà qu'elle amorce un virage stratégique qu'ils se forcent à endurer en silence, ou presque... Royal se soucie fort peu du devenir d'un parti... qui le lui rend bien. C'est à la fois la force et la faiblesse de la candidate. Aucun autre dirigeant PS n'aurait osé se lancer dans l'aventure que représentent les travaux d'approche entamés avec François Bayrou. Même les tenants d'une social-démocratie «moderne», partisans, à terme, d'une stratégie d'alliance au centre, ne se seraient pas risqués si loin entre les deux tours d'une présidentielle. Trop dangereux, trop de coups de trompe à prendre de la part des autres éléphants, trop de risques de déclencher la colère de la base. Royal n'est pas aussi corsetée. Peu lui chaut sans doute de faire imploser le PS au profit de Bayrou en cas d'échec. Mais c'est cette liberté qui lui autorise cette «audace stratégique» que loue Jean-Pierre Chevènement, pourtant cofondateur du PS d'Epinay, attaché depuis trente-cinq ans à l'union de la gauche.
Royal renoue ainsi avec ce qui a fait son succès : à l'automne, c'est l'opinion qui l'a imposée au parti et à un appareil qui a tenté beaucoup pour lui faire barrage. C'est parce que les sympathisants la plébiscitaient dans les sondages qu'elle est devenue le choix naturel des militants.Avec un Bayrou à 19 %, l'opinion pourrait être tentée par une entente entre le PS et l'UDF pour battre Sarkozy. Un sondage Sofres publié aujourd'hui par le Figaro Magazine fait même de Bayrou son Premier ministre préféré en cas d'élection de Royal : il n'en fallait pas plus pour qu'elle se tourne vers le centre afin d'entamer un dialogue inédit. Sans illusion sur le fait de récupérer le tiers d'électeurs UDF ancrés à droite, elle espère ainsi convaincre ceux tentés par l'abstention le 6 mai que son esprit d' «ouverture» est sans rapport avec les pressions exercées par Sarkozy sur les parlementaires UDF.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/250576.FR.php

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Dernier grand meeting parisien pour Sarkozy,
Royal au chevet de la santé publique …

tous à la télévision

http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp_article.php?idrub=4&xml=070429020002.qfk8yacm.xml

 

Nicolas Sarkozy organise dimanche après-midi sa dernière grande réunion publique parisienne de la campagne à Bercy, tandis que Ségolène Royal sera le matin au Samu de Corbeil-Essonnes.

Tous deux se retrouveront sur le plateau de Canal + pour un duel à distance.

A la mi-journée, les deux champions s'affronteront à distance sur Canal +. M. Sarkozy ouvrira le feu, et Mme Royal lui succèdera sur le plateau de la chaîne cryptée à J-7 du second tour.

A cette occasion, le débat, la veille, entre la candidate PS et l'UDF François Bayrou, devrait nourrir le bras de fer qu'ils ont engagé.

Les soutiens des deux finalistes de la présidentielle se succèderont dans les médias dans les émissions politiques dominicales.

Il est prévu un face à face dans le grand jury RTL/Le Figaro/LCI entre le numéro un du PS François Hollande et l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

Au grand rendez-vous Europe1/TV5 Monde/Le Parisien, François Fillon, un des premiers ministrables de M. Sarkozy en cas de victoire du candidat UMP, s'exprimera pendant une heure avant de laisser la place, également pendant une heure, à Jean-Louis Bianco, co-directeur de la campagne de Mme Royal et parmi les premiers ministrables de la candidate socialiste.

Dans l'après-midi, Nicolas Sarkozy sera à Bercy pour sa dernière grande réunion parisienne de la campagne, qui devrait lui permettre de faire une démonstration de force.

De son côté, Ségolène Royal se rendra au Samu de Corbeil-Essonne.

 http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp_article.php?idrub=4&xml=070429020002.qfk8yacm.xml

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Sarkozy et Royal invités

de "Dimanche +" sur Canal

Enième rebondissement dans ce qu'on va bientôt appeler "l'affaire des débats" concernant les élections présidentielles

http://www.leblogfinance.com/2007/04/sarkozy_et_roya.html

 

Attention, les Français risquent de se lasser de ses enfantillages ou caprices de diva ... alors qu'ils souhaiteraient très certainement que l'on traite plus du fond et des questions économiques tandis que les suppressions de postes et  les délocalisations se ramassent à la pelle, même si nous ne sommes encore qu'au printemps.

Si Ségolène Royal et François Bayrou ont eu le mérite de confronter leurs opinions ce matin pendant plus d'une heure sur des sujets aussi importants que les retraites, lla BCE, le déficit budgétaire, les deux finalistes du second tour de la présidentielle seront les invités de "Dimanche+", en clair et en direct sur Canal Plus, a annoncé samedi la chaîne cryptée. Mais ils feront en quelque sorte "chambre à part" ... puisque ils ne devraient pas se retrouver ensemble au même moment sur le plateau de Canal. Caprice de diva  comme dirait Christine  Ockrent  ?

Les deux finalistes du second tour de la présidentielle seront les invités de "Dimanche+", en clair et en direct sur Canal Plus, a annoncé samedi la chaîne cryptée, précisant que le candidat UMP remplacera finalement Michèle Alliot-Marie pour cette émission.

Les deux candidats ne seront toutefois pas en même temps sur le plateau de Laurence Ferrari. L''émission débutera ainsi avec Nicolas Sarkozy pour une interview de 20 minutes, puis avec Ségolène Royal, également pour 20 minutes, selon la même source.

Un peu plus tôt, Canal Plus avait annoncé que Mme Royal remplacerait François Hollande, et que l'UMP serait représenté par la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, à cette émission dominicale d'une heure qui débute à 12H40. 

Nicolas Sarkozy et/ou Canal voudraient-ils ainsi prouver qu'aucune pression n'a été exercée sur la chaîne cryptée pour qu'elle renonce à organiser le débat Royal/Bayrou qui semble déplaire fortement à l'ego du candidat UMP ?

 

http://www.leblogfinance.com/2007/04/sarkozy_et_roya.html

Samedi 28 avril 2007
"C'est un évènement quand même !"


http://www.20minutes.fr/article/154759/20070428-France-Accords-et-desaccords-entre-Bayrou-et-Royal.php

 

C’est sur ce commentaire off de Ségolène Royal que le débat qui l’a opposé à François Bayrou samedi matin s’est achevé. "Un événement" car pour la première fois dans une élection présidentielle, l’un des finalistes du second tour a débattu pendant 1h50 avec un candidat éliminé au premier tour.

Une Ségolène Royal "pugnace"

Reste à savoir ce qui ressortira de cette confrontation, que Ségolène Royal a préféré qualifier de "dialogue". De fait, le ton est rarement monté, les deux interlocuteurs se livrant même à quelques plaisanteries, signe que l’enjeu était loin d’être aussi important que celui du 2 mai. Ségolène Royal est tout de même apparue "pugnace", ainsi que l’avait qualifiée Nicolas Sarkozy, dépassant largement le temps de parole qui lui était imparti. François Bayrou, stoïque, n’a pas cherché à s’imposer, laissant la finaliste développer en détail les grandes orientations de son pacte présidentiel.

Du ralliement au rapprochement

Le leader centriste n’a pas dérogé à sa position habituelle, renvoyant régulièrement les deux finalistes dos à dos et réitérant sa position d’outsider qui en a marre des "bénis-oui-oui et des bénis-non-non" de la droite et de la gauche. Malgré quelques appels du pied de la candidate socialiste, qui a plusieurs fois souligné que "des rapprochements n’étaient pas impossibles", François Bayrou n’a toujours pas donné de consigne de vote et ne sait toujours pas pour qui il va voter le 6 mai.
Si ce débat n’avait pas vocation à déboucher sur un "ralliement", comme l’ont d’emblée souligné Royal et Bayrou, il aura tout de même permis aux 16 millions d’électeurs qui ont voté pour eux de se faire une idée sur les points d’accord et de désaccord entre les deux programmes.

35 heures, retraite, salaire minimum européen

L’élue de Poitou-Charentes et le Béarnais sont apparus plutôt en phase sur la nécessité de réformer les institutions de la Ve République, d’organiser un nouveau référendum sur l’Europe et de mettre l’accent sur la prévention en matière sociétale. En revanche, ils étaient radicalement opposés sur le plan économique. François Bayrou a reproché à Ségolène Royal de trop compter sur la puissance publique pour relancer la croissance et l’emploi. Et de citer l’exemple des aides versées par l’Etat aux entreprises pour qu’elles embauchent ou la prise en charge du dépôt de garantie des locataires par les régions.
Parmi les autres points de désaccord, les 35 heures, que Bayrou ne souhaite pas généraliser aux PME, la loi Fillon sur les retraites, que Royal prévoit de réformer, le salaire minimum européen, jugé utopique par le leader centriste ou encore la carte scolaire, à laquelle Royal préfère le "libre-choix" tandis que Bayrou l’estime essentielle pour garantir "l’égalité des chances".
Alors "Est-ce que vous seriez prêts à vivre ensemble... au sein d'un grand parti?", demande Olivier Mazerolle en guise de conclusion, faisant rire l'assemblée. Réponse de Ségolène Royal : "Il s'appelle François, mais n'exagérons rien"...

Jacques Delors demande aux électeurs

de Bayrou de voter Royal

 

Elle représente une conception du monde et de la société qui a toujours été la mienne : une société du respect et de la fraternité

 

http://www.france24.com/france24Public/fr/administration/article-afp.html?id=070428173837.me2qta4e&cat=france

 

Jacques Delors demande aux électeurs de François Bayrou de voter le 6 mai pour Ségolène Royal en leur lançant: "Il y a urgence (...) il faut se compromettre dès maintenant", dans une interview au Journal du Dimanche à paraître le 29 avril.

"Je comprends que M. Bayrou veuille créer un parti démocrate et c'est logique qu'il pense à l'élection (présidentielle) de 2012. Mais compte tenu de son diagnostic grave sur la France, on ne peut pas attendre", dit l'ancien président socialiste de la Commission européenne.

Pour lui, "cinq ans, c'est trop long!". "Il y a urgence, poursuit-il, c'est cela que je veux dire aux électeurs de François Bayrou: il faut se compromettre dès maintenant". "Je pense en premier lieu aux 15% de Français qui connaissent une vie très difficile et à qui il faut apporter confiance et moyens d'existence", a ajouté M. Delors.

S'agissant de Ségolène Royal, Jacques Delors, qui accompagnera, selon le JDD, la candidate jeudi à Lille pour son dernier meeting, explique qu'elle "représente à ses yeux une conception du monde et de la société qui a toujours été la (sienne) (...): une société du respect et de la fraternité".

Il réfute en outre le procès en incompétence des détracteurs de la candidate PS, soulignant qu'"on ne demande pas au président de la République d'être le meilleur économiste de France, le plus grand spécialiste des questions sociales, ou un diplomate de génie".

Quant aux désaccords entre Mme Royal et M. Bayrou sur les questions économiques, M. Delors, qui est "partisan de l'économie de marché régulée à la française", souligne que "Ségolène Royal est dans le droit fil de cette pensée".

Comme on lui demande si Nicolas Sarkozy serait "un danger pour la France", il répond: "je rejette cette formule, au nom d'une démocratie apaisée et parce que les Français ont le choix entre deux personnalités capables. Ils ont à faire un choix de société".

 http://www.france24.com/france24Public/fr/administration/article-afp.html?id=070428173837.me2qta4e&cat=france

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Satisfaction unanime au PS après le débat
entre Ségolène Royal et François Bayrou

"Un mouvement qui inverse la pente"

http://abonnes.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-903365,0.html


Alors que certaines déclarations de Ségolène Royal en direction des électeurs centristes avaient provoqué des tensions au sein du PS, l'unanimité semble revenu parmi les socialistes, samedi 28 avril, après le débat inédit avec François Bayrou.
"Les présents ont tiré avantage de ce dialogue. L'absent aura été le seul perdant", a résumé le premier secrétaire François Hollande, désignant Nicolas Sarkozy.
"C'était serein et en même temps sans concession", selon Elisabeth Guigou. Très proche de Ségolène Royal, Julien Dray a vu dans le débat avec M. Bayrou "un booster considérable pour la dernière semaine", alors que "l'énervement" domine, selon lui, chez le candidat UMP.

Plus à gauche du PS, le satisfecit est similaire, chez le sénateur Jean-Luc Mélenchon, qui s'était élevé contre l'idée d'une alliance PS-UDF. "Pugnace et convaincante, Ségolène Royal n'a rien cédé sur ses propositions. Il n'a pas été question des ministres UDF et c'est parfait." La candidate PS a démontré "qu'elle avait raison de vouloir ce débat avec François Bayrou", a-t-il ajouté.

Les socialistes se sont aussi réjouis que Ségolène Royal n'ait de nouveau évoqué pendant le débat la possibilité de "ministres UDF". "Elle a clos l'épisode, évité le piège de la confusion, est revenue aux fondamentaux de son pacte, a tenu bon sur ses valeurs économiques et sociales", s'est félicité le fabiusien Claude Bartolone. "Ceux qui auraient voulu mener des procès en sorcellerie sur ce thème en seront pour leurs frais", a dit Julien Dray.

Les membres du PS ont surtout souligné que le débat Royal-Bayrou était défavorable à Nicolas Sarkozy, qui n'a pas mâché ses mots vendredi et samedi, dénonçant les "petits combines" de ses rivaux, occupés à "bavasser" dans un "grand hôtel".

"Il est dans une démarche politique traditionnelle : exclusives, intimidations et débauchages individuels", a estimé François Hollande, fustigeant le "mépris déplacé" de M. Sarkozy. Le candidat UMP "a montré sa vraie nature, toute sa morgue", a renchéri le député strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen.

"Non seulement le débat a eu lieu en dépit de lui, non seulement ce débat permet un mouvement qui inverse la pente dans le sens de Ségolène Royal mais de surcroît la candidate socialiste a gagné en crédibilité aux yeux de tous"