Retour aux fondamentaux !"
http://www.nouvelobs.com/articles/p2182/a314876.html
Un parti de bobos tenant un discours néochrétien sur le sort des exclus, à saute-mouton par-dessus la classe ouvrière
Ce n’est pas avec un tel discours que l’on gagne une élection présidentielle.
Voilà pourquoi, à un instant T, un sondage et un vote ne donnent pas nécessairement le même résultat. C’est au Parti socialiste que la distorsion entre les convictions intimes et les convictions affichées est la plus grande.
Autrement dit, c’est là que le surmoi que l’on nomme aujourd’hui politiquement correct joue le plus grand rôle. D’ordinaire, ce sont les militants qui se chargent de traduire le surmoi du parti, tandis que les électeurs se contentent d’exprimer leurs intérêts propres et leurs aspirations. Le surmoi du Parti socialiste se développe principalement en direction des défavorisés et des marginaux, chômeurs, RMIstes, immigrés, jeunes des quartiers sensibles, minorités ethniques, au nom de la justice et de l’égalité et en raison de la mauvaise conscience propre aux bobos, aux intellectuels, aux journalistes, en gros à la nouvelle bourgeoisie salariée. Cette mauvaise conscience est attisée en permanence par les groupes gauchistes, qui lui reprochent de ne pas en faire assez. Ainsi, le surmoi du PS se situe donc sur sa gauche, en tout cas en dehors de son centre de gravité sociologique. Quant à ce dernier – on est tenté de parler, en termes freudiens, du "ça" socialiste –, il ne se fait guère entendre qu’à l’occasion des élections. C’est, si l’on ose dire, un "ça" qui depuis quelque temps vote avec les pieds.
Lors de la présidentielle de 2002, l’électorat ouvrier a déserté la cause de Lionel Jospin,
en dépit ou en raison des 35 heures; lors du référendum européen de 2005, l’électorat populaire s’est reporté massivement sur le non pour exprimer un malaise diffus à l’égard de la direction du PS. Il faut prendre au sérieux les affirmations répétées de nombre de partisans du non : ce n’est pas contre l’Europe qu’ils ont voulu voter, mais contre la bobocratie européenne.
On remarquera encore que le PS a cessé de parler de "front de classe", comme il le faisait du temps de François Mitterrand. C’est que la différence entre ses opinions et ses intérêts, ou si l’on préfère entre ses militants et ses électeurs, se résume moins en termes de revenus financiers qu’en termes de bagage culturel.
L’antiracisme est devenu la passion dominante, l’opérateur universel des couches instruites de la population, non de celles dont le niveau d’instruction est plus modeste. Ce choix est des plus honorables ; il a pourtant l’inconvénient de donner aux milieux populaires le sentiment d’être abandonnés et même d’être voués aux poubelles de l’histoire. Et il est vrai que les bobos, une fois franchie la barrière sociale, sont sans indulgence pour l’élite des milieux populaires en voie "d’ empetitbourgeoisement". Le concept de "beauf", emprunté à Cabu, est celui, nettement péjoratif, par lequel les premiers désignent les seconds. Nous ne sommes plus ici dans les "luttes de classe" de Marx, mais dans la "distinction" de Bourdieu.
Si le PS a pu collectionner une impressionnante série de victoires aux élections locales et régionales entre les deux retentissantes défaites de 2003 et de 2005, c’est qu’à l’échelon local les cadres du parti donnent beaucoup moins dans l’idéologie néomarginale et collent davantage au peuple de gauche réel, celui qui vote dans les élections.
C’est à la lumière de ce nouveau panorama sociologique interne au PS qu’il faut tenter de comprendre la tentative en cours de
retour aux fondamentaux !
De ce point de vue, il n’y a pas de contradiction de sa part à se mettre dans les pas du mitterrandisme, ainsi que, corollaire obligé, à en appeler à l’unité de la gauche et à invoquer d’autre part les valeurs du travail, voire de
Conséquence : le oui à Ségolène est à bien des égards un non au PS.
Loin que ses appréciations positives à l’égard du blairisme social lui aient aliéné les milieux populaires, elles lui ont au contraire permis d’accentuer son avance sur ses concurrents socialistes au sein même de l’électorat d’extrême gauche, notamment celui d’Arlette Laguiller et d’Olivier Besancenot. Ne nous y trompons pas : ce que les ouvriers attirés par l’extrême-gauche retiennent du discours trotskiste, ce n’est pas le verbiage révolutionnaire, c’est la priorité donnée aux questions ouvrières. De même, ce que les ouvriers tentés par le Front national retiennent du discours lepéniste, ce ne sont pas les accents xénophobes, mais l’intérêt porté au sort des petites gens.
La sociologie apparente du PS est celle d’un parti de bobos tenant un discours néochrétien sur le sort des exclus, à saute-mouton par-dessus la classe ouvrière. On peut en penser ce que l’on veut, mais ce n’est pas avec un tel discours que l’on gagne une élection présidentielle, ni d’ailleurs que l’on relance
Le seul vrai concurrent en la matière, c’est Nicolas Sarkozy !
A l’exception d’Edouard Balladur et de notre confrère « Marianne », on n’a pas assez commenté le stupéfiant discours pour "la France au travail" tenu par le candidat potentiel de la droite à Agen le 22 juin dernier. C’est ce que l’on appelle un virage en épingle à cheveux. On croyait Sarkozy libéral, européen, américano-lâtre. On le découvre plutôt dirigiste, eurosceptique, réservé à l’égard des Etats-Unis. Ou les mots n’ont pas de sens ni de suite, ou il s’agit d’un tournant essentiel de la campagne qui commence. A peu de chose près, ce discours pourrait être signé par Jean-Pierre Chevènement. S’il oppose classiquement le droit à travailler et à gagner davantage à l’idéologie socialiste de la réduction du temps de travail, "l’utilité sociale pour tous" à "l’assistance pour tous", le reste est moins convenu. Déplorant "la chute du niveau de vie des Français", l’affaiblissement de "l’élitisme républicain", il s’inquiète de ce "front du refus qui unit désormais les classes moyennes aux classes populaires" et en appelle, comme Ségolène, à un sursaut moral : effort, travail, récompense, respect, autorité, fermeté. La plupart des mots sont les mêmes. Il dénonce en outre l’enrichissement scandaleux des "patrons voyous", avec leurs "parachutes en or", leurs "retraites-chapeau" et autres "formes d’abus de bien social". Encore plus étonnant : la charge à fond contre l’Europe monétaire !
Constatant un peu sommairement que les pays qui enregistrent les meilleures performances en matière d’emploi, de croissance, de pouvoir d’achat sont ceux qui se tiennent en dehors de l’euro, comme le Danemark, la Suède et la Grande-Bretagne, Nicolas Sarkozy affirme que l’euro a fait baisser le pouvoir d’achat et dénonce une "logique absurde" qui conduit à augmenter les impôts, à couper dans les investissements publics et à tailler dans les dépenses sociales quand la croissance ralentit et que le chômage augmente. Il ne faut pas faire, conclut-il, comme si après le non français il ne s’était rien passé.
Il y a sans doute beaucoup de généralisations abusives dans ce discours. Il sonne comme le discours chiraquien de naguère sur la "fracture sociale". Populisme électoral ? Sans doute.
Mais l’important est que les deux candidats majeurs du moment,
Les idéologies néomarginaliennes de la gauche et néolibérales de la droite s’estompent – sans disparaître, bien entendu – au profit d’un cœur de cible commun : le peuple français. C’est du reste la fonction traditionnelle des campagnes électorales que de ramener la
Pour les mêmes raisons, on vient de voir
Mais dans le cas du PS, il y a plus grave. Il serait absurde de sa part de renoncer au système présidentiel, le seul capable de lui assurer une majorité parlementaire dans le sillage d’une victoire à la présidence, comme François Mitterrand en était persuadé. Nous voyons bien aujourd’hui que la popularité de
Ce ne sont pas nos institutions qui sont malades, mais nos mœurs politiques,
et je crains que la réforme des premières ne soit pour la classe politique un moyen commode pour se dispenser de réformer les secondes.
On se demandait récemment, je l’ai fait moi-même, comment arracher le pays à l’espèce de rêve éveillé où il se complaît, et qui faisait dire à un philosophe allemand francophile, Peter Sloterdijk, que la France est pour ses voisins une contrée plus difficile à comprendre que le Tibet. Un début de réponse est en train d’apparaître par le biais de la campagne présidentielle qui s’ouvre cet automne. Elle consiste à traiter les Français comme des citoyens responsables, non comme une espèce protégée.
La démocratie ne consiste pas à croire que le peuple a toujours raison. Pourquoi d’ailleurs serait-il infaillible ? Elle consiste à penser que l’on ne saurait avoir raison tout seul contre le peuple.
C’est une chose simple, dont on se persuade aisément dès que l’on devient candidat.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060830.OBS9832.html
L'un des dirigeants du Nouveau Parti socialiste (NPS), Benoît Hamon, a souhaité mardi 29 août que François Hollande soit candidat à l'investiture du parti pour la présidentielle. "François Hollande est le seul qui a les cartes en main pour éviter une campagne interne aussi dure" que celle qui se prépare entre les multiples candidats, "rassembler les militants et les cadres du parti, de manière imparfaite sans doute", a déclaré Benoît Hamon.
Le secrétaire national à l'Europe a suggéré qu'une candidature du premier secrétaire du PS permettrait de limiter le nombre de candidats.
"Je souhaite que sa candidature enclenche une vraie dynamique de rassemblement, j'espère qu'elle aura cette vertu" car "aucune autre ne l'a pour l'instant", a-t-il affirmé.
Trois postulants, Laurent Fabius, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, sont déclarés,
"Choix de raison"
Selon le responsable socialiste, "cette compétition nous fait courir un risque collectif important". "Qu'on puisse avoir six ou sept candidats, c'est invraisemblable", a-t-il jugé.
Si la situation actuelle perdure, a fait valoir Benoît Hamon, "on n'échappera pas pendant deux mois à une campagne qui va aiguiser la confrontation entre les uns et les autres". "On est en situation d'épuiser tous nos candidats et de les essorer" avant la campagne contre la droite, a-t-il affirmé.
Dès lors, opter pour François Hollande "est un choix politique, de raison".
Le NPS a été fondé en 2003, après l'échec de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002, contre l'orientation de continuité du premier secrétaire.
Partie prenante de la synthèse du congrès du Mans, le NPS a voté le projet socialiste, dont, selon Benoît Hamon, Hollande "est le garant".
Vincent Peillon, autre dirigeant du NPS, a exprimé une préférence pour Ségolène Royal. Henri Emmanuelli, lui aussi dirigeant de ce courant, n'a pas encore pris position.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060830.OBS9832.html
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060828.OBS9589.html
Quel bilan pouvons nous tirer de l'université d'été du PS ? DSK en sort-il renforcé comme l'estime son lieutenant Jean-Christophe Cambadélis ?
- Lors de cette université d'été, nous avons surtout vu quelles étaient les thématiques et les angles d'attaques qui vont être développés par les divers candidats dans les semaines à venir, qui s'annoncent décisives.
Lionel Jospin a joué son va-tout à La Rochelle, avec à la fois un petit moment d'émotion et une très longue prestation qui montre qu'il ne regrette rien et qu'il ne va pas changer. Son objectif est de revenir par l'appareil et grâce à l'appareil, en mettant une grosse pression sur le premier secrétaire. Ensuite, Jospin verra si son action fait bouger les lignes au PS ou pas.
Quant à Dominique Strauss-Kahn, à force d'entendre qu'il a le profil d'un Premier ministre et non d'un président, il a finit par se servir de cette contradiction en expliquant qu'avec le quinquennat, le président doit être une sorte de super Premier ministre qui décide et coordonne l'action des ministres, plus qu'un monarque sans véritable pouvoir. Faute de pouvoir changer son image, DSK change l'habit en le taillant à sa mesure.
Au final, dans la compétition qui s'annonce au PS, comme François Hollande et Lionel Jospin semblent hors-jeu, il n'y aura vraisemblablement que trois candidats :
L'appel à l'unité de François Hollande a t-il des chances d'être entendu ? Lui-même n'est t-il pas dans une position délicate et ambiguë puisqu'il est à
- François Hollande est de caractère dans l'ambiguïté permanente. Il n'y a donc pas de changement notable à ce niveau-là. Le rassemblement dont il parle est impossible par nature puisque la course à la candidature socialiste est une compétition. Lorsque le premier secrétaire parle de rassemblement, on est dans
Seulement, dans cette course à l'investiture socialiste pour la présidentielle, il faut un débat maîtrisé et un peu de retenue entre les postulants. François Hollande veille à ce que le processus de démocratie interne au PS n'affaiblisse pas le candidat du parti par rapport à la droite.
A un mois du dépôt des candidatures et à deux mois du vote des militants, pensez-vous que
-
Toute la question est de savoir quelle est la solidité de la popularité de
Pour le moment, toutes les enquêtes montrent que c'est du très solide.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060828.OBS9589.html
L'Université d'été du PS à La Rochelle a-t-elle fait bouger les lignes dans
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060827.FAP8156.html?1833
A un mois du dépôt des candidatures à l'investiture, les présidentiables se sont savamment ignorés tout le week-end, chacun traçant sa route de son côté. Mais la partie compte désormais deux nouveaux joueurs.
L'image est suffisamment rare pour être soulignée: de "Ségolène" à "Lionel", tous étaient assis au premier rang de l'Espace Encan dimanche pour le discours de clôture de François Hollande. Qui les a invités à dépasser leurs querelles, pour ne pas faire le jeu de la droite. "Nous avons le devoir de gagner", a-t-il dit. "Le succès de 2007 ne sera pas le succès d'un seul ou d'une seule mais celui d'un collectif".
Dans un mois presque jour pour jour s'ouvrira la période de dépôt des candidatures (28 septembre au 3 octobre). Puis les militants éliront leur champion, les 16 et 23 novembre. Un choix qui sera "irréversible", selon François Hollande, qui refuse d'envisager un "scénario à la Lipietz" (Alain, éphémère candidat des Verts en 2002),
où le candidat investi s'écroulerait dans les sondages dans les premiers mois de campagne. Les "éléphants" ont donc moins de trois mois pour se départager.
Archi-favorite dans les sondages malgré une légère érosion,
Les critiques? Elle ne s'en "occupe pas". Seule présidentiable à ne pas venir débattre avec les jeunes socialistes du MJS, elle n'est intervenue à la tribune que pour un mot de bienvenue vendredi -ovationné par une salle archi-comble-mais en tant que présidente de la région hôte de Poitou-Charentes, et non comme candidate.
Poursuivant activement sa campagne en dehors des murs de l'Espace Encan, elle a pendant trois jours rencontré des salariés d'Alstom, ouvert l'Université d'été d'ATTAC, et est intervenue sur France-Inter et France-2. Jeudi, elle a réuni autour d'elle les présidents des régions socialistes. Alors que certains critiquent son manque d'expérience et le "flou" de ses propositions, elle en a profité pour vanter ses "résultats" locaux et présenter sa région comme un laboratoire où puiser des idées.
"Toute analyse du passé est utile, mais ce qui compte c'est de construire l'avenir", a-t-elle commenté d'une formule cinglante.
En revenant pour la première fois sur son échec à la présidentielle de 2002 et sa décision de quitter la vie politique, l'ancien Premier ministre est apparu tourné vers le passé. Même si restera l'image de ses yeux au bord des larmes quand il a lancé: "Je ne vous ai pas abandonnés!"
Comme il l'avait annoncé avant de venir à La Rochelle, Lionel Jospin n'a toujours pas dit s'il serait ou non candidat. A tel point que certains commencent à se demander s'il y songe véritablement. "Vous allez voir qu'il va nous faire un coup à la Delors (Jacques, qui avait refusé de se présenter à la présidentielle de 1995 malgré les pressions, NDLR)", parie un militant. "Il va nous dire qu'il est très touché de ce qui s'est passé à La Rochelle, mais que les conditions ne sont pas réunies pour sa candidature", poursuit ce militant.
Et si c'était lui ?
Reste l'hypothèse François Hollande. Dans "Le Monde" publié jeudi, le Premier secrétaire a pour la première fois avoué publiquement qu'il n'excluait pas de briguer l'investiture en cas de "confusion" au PS. Mais il ne devrait pas lever le suspense avant fin septembre, début octobre. Une situation "originale" pour le couple, comme l'a reconnu sa compagne Ségolène Royal. C'était en tout cas
Chez Dominique Strauss-Kahn, le moral remonte au même rythme que les sondages. Sa stratégie: se poser en candidat "anti-Sarko" sans s'occuper d"'Elle".
Toujours lanterne rouge des sondages
Laurent Fabius s'efforce, lui, d'apparaître comme le candidat du "concret" face à sa rivale, qu'il accuse sans la nommer de proférer des "banalités". "Je préfère dire: 'voici mon projet' que 'mon projet c'est Voici"', a-t-il raillé vendredi. Une stratégie qui pourrait profiter à
Jack Lang
Il reste donc trois mois... et six possibles candidats.
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Ce que
Une analyse datant de six mois qui garde toute sa pertinence, après la fête de la Rose et l'université d'été
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En quelques mois,
Le dépit affiché par les ténors socialistes de voir émerger une postulante qu'ils jugent illégitime dit leur surprise de voir battues en brèche les règles classiques de
Il n'est plus obligatoire d'avoir été, par exemple, premier ministre, ministre des finances, président de l'Assemblée nationale, chef de parti ou tout cela à la fois pour exiger l'aval de sa candidature et considérer, comme Laurent Fabius, que "c'est son tour". Le temps du président oint du Seigneur est sans doute révolu, où pour être candidat il fallait, comme le disait modestement de lui-même François Mitterrand en 1980, "appartenir au paysage
La candidature présidentielle repose davantage sur une alchimie entre l'envie des Français de vous entendre et la force des propos qu'on est en mesure de leur tenir.
On peut aussi penser que la percée de Mme Royal répond à une certaine réticence devant le schéma institutionnel de Nicolas Sarkozy, qui a paru proposer d'ajouter aux pouvoirs déjà si grands du président l'essentiel de la fonction de premier ministre.
Un type de présidence sachant limiter ses pouvoirs, acceptant de les partager ou de les contrebalancer, que paraît vouloir la députée des Deux-Sèvres, semble préférable à une présidence assoiffée de pouvoirs. Il devrait y avoir là matière à réflexion pour M. Sarkozy.
En deuxième lieu, le soutien à Mme Royal se construit contre l'enfermement partisan dans lequel le Parti socialiste, avec ses jeux de courants, donne l'impression de se complaire. Dans l'idéal, les électeurs voudraient des candidats issus des partis, mais libres par rapport à eux.
Au-delà, l'opposition entre la logique d'opinion et la logique d'appareil est un grand classique des batailles présidentielles du Parti socialiste, si l'on se souvient de la tentative de candidature
Mais, pour l'opinion publique, le refus de l'enfermement partisan consiste aussi à demander à la classe
L'un des principaux reproches adressés au PS est de n'avoir jamais tiré vraiment les leçons de l'échec de 2002 faute de remettre en cause le bilan du gouvernement Jospin. En dénonçant l'arrogance comme raison de l'échec de la candidature
Le troisième élément qui fait la percée de
La classe politique a tiré du 21 avril la leçon qu'il fallait au premier tour mobiliser ses troupes et contenir les extrêmes. Les socialistes donnent souvent l'impression de courir après Olivier Besancenot et la droite d'être sous la pression de l'extrême droite. Mais les électeurs, dont la majorité se situe entre le centre gauche et le centre droit, ne se retrouvent pas dans cette polarisation idéologique.
Classée sans conteste à gauche par son parcours et ses convictions, la députée des Deux-Sèvres est aussi identifiée aux préoccupations de société d'un grand nombre d'électeurs sur la famille et l'importance de l'école et de l'éducation. Son succès souligne l'échec du positionnement de Dominique Strauss-Kahn, qui s'est déplacé vers la gauche de la gauche pour répondre à ce qu'il croit être l'attente des militants. Il souligne aussi le manque d'impact de François Bayrou, peu discernable dans son positionnement hors majorité et hors gauche, ce qui, depuis Michel Jobert et en système majoritaire, constitue un "ailleurs" assez étroit.
La majorité des électeurs ne jugent pas crédibles les intentions du PS de revenir sur l'ouverture du capital d'EDF ou d'abroger
Mme Royal paraît promettre un programme plus proche des attentes des citoyens, qui rêvent du bon équilibre entre la tolérance et le respect de l'autorité, entre l'ouverture à l'économie de concurrence et le maintien de la cohésion sociale.
A beaucoup d'égards, la candidate possible du Parti socialiste retrouve le positionnement qui aurait été celui de M. Delors en 1995. Une candidature de centre gauche soutenue par un parti nettement plus à gauche et offrant aux socialistes la possibilité d'accroître sensiblement leur
Plutôt que d'attendre l'effondrement de
http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-745940,0.html
Entre larmes, lapsus et gaffe, il a tenté d'expliquer sa campagne, la défaite et son retrait tout en cognant sur Ségolène Royal
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/200678.FR.php
L'ancien Premier ministre a répondu samedi aux questions des jeunes socialistes, notamment sur l'échec de 2002. Entre larmes, lapsus et gaffe, il a tenté d'expliquer sa campagne, la défaite et son retrait . Sur son éventuelle candidature à l'investiture, il n'a rien dit .
Séance de psychanalyse en direct pour Lionel Jospin, samedi après-midi devant les militants du MJS (mouvement des jeunes socialistes) à
Et soudain, Lionel Jospin se lâche. "Le 21 avril a été une épreuve cruelle, soudaine et inattendue qui m'a profondément touché. Un choc puissant. Injuste." Les larmes lui montent aux yeux. "J'ai voulu marquer que j'acceptais l'arrêt du peuple. Jamais le peuple n'a à s'excuser des décisions qu'il prend", dit-il. Est ce de "l'orgueil", comme on lui a beaucoup reproché, s'interroge-t-il ? "Je préfère la fierté à la veulerie". De l'accusation d'abandon, il se défend avec vigueur — et un beau lapsus : "Pour autant, je ne vous ai jamais accompagné - pardon, abandonné". Et évoquant les législatives de 2002, il s'écrie :
"Avez vous vu beaucoup d'armées repartir à la bataille avec un général battu ?"
Sans visiblement se rendre compte que le propos pourrait toujours être d'actualité.
"Un autre militant du MJS prend la parole. "Lionel, le 21 avril, est-ce seulement la faute des autres ?" La réponse fuse, violente : "je vous suggère de vous départir de cette culture de la faute". Puis il se reprend, dénonce "les divisions de la gauche" et finit par reconnaître : "je ne pense pas que j'ai fait ma meilleure campagne présidentielle". C'est déjà presque trop : aussitôt il rappelle qu'il lui est "arrivé de conduire les socialistes à la victoire", lors des législatives de 1997. Et que si la campagne (de 2002) n'était pas bonne, il n'est pas seul en cause : "A l'Atelier ( son QG électoral, ndlr), tous les dirigeants du PS étaient là !" Il admet "un certain nombre d'erreurs" dont il faudra tirer les leçons pour "celui auquel le bonheur de mener une campagne échouera" - nouveau lapsus – "échoira !", se reprend-il."
"Les jeunes socialistes ne le lâchent pas. Ils veulent savoir si la politique du gouvernement qu'il a dirigé de 1997 à 2002 porte une responsabilité dans la déroute finale. Là, Jospin est crispé, sur
"si la partie s'est mal terminée, cela ne veut pas dire que nous l'avons mal conduite",
plaide-t-il. Mieux : "la période où nous avons gouverné est un socle sur lequel il faut s'appuyer pour aller plus loin".
Par exemple aux élections de 2007 ? "Si quelque chose peut me déterminer à être encore plus avec vous, c'est une conception de la politique, une vision du parti, une fidélité à une véritable
Il n'en dit pas plus, cogne au passage sur
"Nous devons refuser que quiconque décide de l'extérieur à notre place".
Lui, n'a en tout cas rien annoncé.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/200678.FR.php
Mais leur acharnement à décocher des flèches à l'encontre de
http://www.lefigaro.fr/france/20060826.WWW000000043_lang_et_dsk_enchanent_les_attaques_contre_segolene_royal.html
Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang ont répondu samedi, chacun à leur tour, aux questions des Jeunes socialistes, à l'Université d'été du PS, à
Les jeunes socialistes ont d’ailleurs remercié DSK comme Lang de leur venue. L’un d’entre eux a affirmé: "l'engagement militant, c'est aussi venir débattre", même si "d'autres ont refusé".
Strauss-Kahn s’en prend aux "beaux parleurs"
Du pain béni pour les deux candidats à l’investiture. Dominique Strauss-Kahn a d’ailleurs profité d'une question sur les OGM, pour critiquer ceux qui sont des "beaux parleurs quand ils sont seuls mais refusent de venir sur une estrade".
"Pour battre la droite et Nicolas Sarkozy, il faut une gauche qui soit capable de combattre sur le plan idéologique et apporter des solutions", a lancé l'ancien ministre. Autant de qualités dont il estime
Jack Lang refuse de "suivre le dernier chien qui passe"
Jack Lang a pour sa part dénoncé "la personnalisation outrancière du débat politique". Pour gagner, "il ne faut pas que les questions de fond soient reléguées au troisième ou quatrième plan", a-t-il dit. "Il faut avoir du courage" et ne pas avoir "la religion de l'opinion", a ajouté l'ancien ministre, dans une allusion aux sondages favorables à la présidente de Poitou-Charentes.
Le PS dans le passé a pu être "en rupture" avec l'opinion notamment "sur la question de la peine de mort ou le droit des homosexuels", a expliqué, dans un reproche implicite à la "démocratie participative" chère à Mme Royal. Plus cruel, Jack Lang a appelé les socialistes à ne pas "suivre le dernier chien qui passe", avant de se qualifier lui-même, en réponse à ceux qui l’estiment trop ancien sur la scène politique, "d’archaïque d’avant-garde".
Des militants socialistes déçus
Cet enthousiasme à critiquer
"Il y a de grosses turbulences, les messages sont brouillés", remarque un militant de Loire-Atlantique, qui ajoute: "Il faut que les responsables se comportent comme des adultes". "Ici, c'est un combat de personnes, plus que de fond. Une bataille de chefs", renchérit un autre militant.




