illu Tamatoa Berteil from Blast
"Le rapport de force nous est très favorable", estime François Rebsamen, nº 2 du PS et soutien de Ségolène Royal. Après le nouveau retrait de la vie
Depuis bientôt six mois,
Pour les fabiusiens et les jospinistes, la plupart des 80 000 nouveaux adhérents encartés au PS avant juin pour désigner le candidat n'ont d'yeux que pour Ségolène. "Ce sont des supporteurs qui imposent au parti la dictature des sondages à laquelle nous résistons depuis des années", estime Jean-Luc Mélenchon, soutien de Fabius.
Un argument que ne rejette pas forcément le camp ségoléniste. "Il y a un décalage entre l'appareil du PS et la société, et les nouveaux militants sont là pour les réconcilier", explique Arnaud Montebourg, porte-parole de Royal.
Hier, Pierre Mauroy et la fédération du Nord – troisième du PS par le nombre d'adhérents – ont rallié Ségolène, "la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement". Ce soutien de poids vient s'ajouter à celui déjà acquis de la fédération des Bouches-du-Rhône, quatrième du parti. Après le retrait de Jospin et en cas de non-candidature de François Hollande, le camp Royal devrait aussi certainement gagner la fédération socialiste nº 1, celle de Paris. Un arsenal impressionnant.
Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn veulent encore y croire. "C'était déjà jouable, ça l'est encore plus aujourd'hui", a déclaré hier Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK. Les concurrents
Réponse dans six semaines.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060928.OBS3967.html
candidature comme un échec pour Lionel Jospin ?
Bien sûr. Lionel Jospin voulait revenir pour des raisons personnelles et politiques : remettre le PS dans le bon sens, ce qui revenait à dire faire barrage à Ségolène Royal. Il a depuis le 21 avril toujours gardé dans un coin de sa tête l'idée que sa carrière politique n'était pas terminée. Il n'a pu que constater l'échec de cette tentative de retour, et a fini par comprendre que les conditions qui auraient permis de l'imposer comme candidat naturel de la gauche n'étaient pas réunies.
Le premier problème est que ses interventions n'ont rien suscité. Son entrée progressive dans la campagne interne lancée le 20 juin dernier; sa sortie devant les militants du MJS à La Rochelle, où il avait eu l'ambition de rassembler par l'émotion ; rien de tout cela n'a provoqué de mouvement dans l'opinion ou au sein de la base militante socialiste. Les gens autour de lui n'étaient pas très nombreux, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du parti.
Deuxième problème: son entrée en campagne était difficile, sachant qu'il était obligé de passer outre sa déclaration du 21 avril 2002.
Il devait justifier son retour, expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un retour, que sa candidature nouvelle était d'une autre essence.
Quelles conséquences ce retrait
de Lionel Jospin peut-il entraîner ?
Cela peut déjà faire retomber le niveau de tension dans ces primaires. Le discours de Jospin, c'était un peu l'appel aux armes. Au vu de cet argumentaire, qui dramatisait le débat, son retrait va permettre de faire baisser la pression.
Par ailleurs, cette décision profitera nécessairement aux autres candidats opposés à Ségolène Royal. Cet apport sera-t-il décisif ? Je ne le crois pas. Le mouvement anti-Ségolène n'en sortira pas accru - Jospin ne pesait en effet plus grand-chose au parti socialiste. Il en sortira en revanche simplifié, moins divisé.
Je ne pense cependant pas qu'il s'agisse d'une stratégie de la part de Lionel Jospin pour parvenir à abattre sa rivale. A mon sens, son arrière-pensée est, et a toujours été, que le phénomène Ségolène est artificiel, que ça ne durera pas. Il continuera d'ailleurs à le penser, même si elle est désignée, peut-être même si elle est élue en 2007.
Ce retrait de Lionel Jospin, c'est aussi une preuve de la force de Ségolène Royal.
Il parlait d'une bulle et il se heurte à un mur. Je le crois victime de ses propres illusions. Lançant son entrée en campagne, il pensait devenir le candidat incontournable, solide et expérimenté. Il a en réalité surestimé ses forces, surestimé aussi l'influence qu'il avait sur Dominique Strauss-Kahn et François Hollande.
Quel poids Lionel Jospin peut-il désormais
avoir sur la primaire et sur l'élection présidentielle ?
Je pense -mais ce n'est qu'une opinion- qu'il restera silencieux ou quasi-silencieux pendant la primaire et l'élection.
En revanche, il a dit dans sa déclaration quelque chose qui n'a pas été suffisamment souligné sur les responsabilités au sein du parti socialiste qu'il pourrait continuer à convoiter.
Si je devais faire un pari, je miserais sur un retour lors du prochain congrès socialiste. Et ce, quel que soit le résultat de l'élection présidentielle. Surtout en cas de défaite de la gauche.
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Mauroy soutient officiellement Royal
L'ancien Premier ministre et 105 élus socialistes du Nord estiment que
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"
Le premier secrétaire fédéral Gilles Pargneaux, le député et président du conseil général Bernard Derosier, le député-maire de Dunkerque Michel Delebarre ou encore le député Bernard Roman se sont joints à Pierre Mauroy, "en tant que militants", soulignant que leur démarche ne visait "pas à contourner le parti".
"Beaucoup d'atouts"
"Aujourd'hui nous constatons que
Une "forte inclinaison (en faveur de
La favorite des sondages a "beaucoup d'atouts", selon l'ancien Premier ministre, citant "sa modernité, sa simplicité, cette volonté de proximité avec les citoyens".
Selon lui, "incontestablement, Ségolène s'est envolée, tout le monde a perçu qu'il y avait une volonté de changement".
"Nous pouvions penser que François Hollande serait un candidat légitime. Il en avait la capacité", a rappelé le président de la communauté urbaine de Lille, notant que la profusion des candidatures au sein du PS avait empêché celle de "rassemblement" du premier secrétaire.
"Influencer les candidats"
Cinq des dix députés PS du département, de nombreux conseillers généraux et régionaux, maires et délégués de la fédération, la troisième
Celui-ci n'a pas caché que cet appel, prononcé avant le dépôt des candidatures le 3 octobre, vise "peut-être aussi à influencer les candidats".
"Si vous étiez un peu moins nombreux, ce serait quand même un peu plus facile", leur a-t-il lancé en souriant.
Mais, avant même qu'il ne soit prononcé, le choix
Selon Yves Durand, l'initiative
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Ségolène Royal, pourquoi on l'aime
Elle incarne l'énergie face aux habitudes, l'espérance face au défaitisme, les citoyens face aux élites

Par Philippe Besson écrivain, Patrice Chéreau metteur en scène et réalisateur, Christophe Girard adjoint au maire de Paris en charge des affaires culturelles et Philippe Torreton comédien :
qu'il s'agit d'une émulsion médiatique,
d'une bulle qui va se dégonfler
Que l'imposture ne tardera pas à être mise au grand jour. Pourtant, l'importance politique de Ségolène Royal perdure, déjouant tous les pronostics. Elle va même en s'amplifiant. Désormais, les débats s'organisent autour des propositions de la présidente de la région Poitou-Charentes. Les salles des meetings où elle se rend sont combles et les rencontres très nombreuses avec les militants connaissent un succès jamais observé jusque-là. Chaque jour, on dénombre de nouveaux ralliements à sa candidature. Les sondages d'opinion, qui ne sont certes qu'un instantané de l'opinion, indiquent qu'elle creuse l'écart sur ses concurrents dans la course à l'investiture socialiste. Il faut dorénavant admettre que les (mauvais) augures se trompent lourdement. Et en tirer les conséquences.
Certes, il est légitime de s'interroger sur une telle percée dans un pays qui, traditionnellement, accorde ses suffrages à des candidats plus mûrs ou ayant déjà concouru à l'élection présidentielle, à des personnalités soutenues inconditionnellement par leur parti politique, à des hommes, etc. Mais si, justement, ce qui faisait la force de Ségolène Royal, c'était sa différence, sa singularité ?
à se doter d'une dirigeante qui sorte du moule
et n'obéisse pas à des standards presque aussi vieux que le suffrage universel ? Et s'ils avaient envie d'imiter les Espagnols qui ont élu Zapatero, les Allemands, désormais conduits par Angela Merkel, les Chiliens qui ont porté au pouvoir Michelle Bachelet, ou même les Américains qui n'hésitent pas à confier les rênes de la première puissance mondiale à des personnalités plus qu'à des caciques ? Souvenons-nous du miracle Clinton.
Ségolène Royal incarne l'énergie face aux habitudes, l'espérance face au défaitisme ambiant, l'authenticité face aux calculs d'appareil, le courage face aux attaques, la nouveauté face aux vieux schémas, les citoyens face aux élites, l'ordre juste face au laisser-aller inéquitable. Pour toutes ces raisons, elle suscite l'intérêt et l'adhésion et paraît en mesure de réinstaller la gauche au pouvoir après cinq années d'une droite dure avec les gens modestes, complaisante avec les plus favorisés, faussement sécuritaire.
Dans ces conditions, les socialistes devraient se réjouir de compter, dans leur camp, une telle personnalité. Tout faire pour assurer son succès, à commencer par se rassembler autour d'elle. Et que voit-on ? Un certain acharnement à démolir le seul espoir aujourd'hui sérieux de victoire de la gauche, des responsables qui se livrent à des attaques personnelles où il est question d'enfants à garder, de vide sidéral de la pensée, de mensurations et autres amabilités. On est en droit de s'interroger sur la campagne de dénigrement orchestrée par des camarades socialistes, et que ne manqueront pas de récupérer les candidats de la droite. Et en droit de se demander à quoi une telle nocivité pourrait servir.
à cette animosité stérile et dangereuse.
Grand temps également de cesser de nier la réalité d'un phénomène qui, à l'évidence, signifie quelque chose. Les presque deux mois de campagne interne doivent impérativement se dérouler dans un climat serein et respectueux et permettre qu'émerge une candidature en rapport avec les besoins de
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… un vrai renouvellement dans la façon de faire de la politique dans ce pays, avec des candidats plus jeunes et des femmes De quoi lever les verrous qui sclérosent la politique française depuis trop longtemps…
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ne nuit-elle pas à son propre camp ?
Non, j'ai plutôt l'impression qu'elle a lancé un appel à la raison au PS pour que les candidats qui hésitent à se présenter ne le fassent pas. Ce n'est d'ailleurs pas anodin que cet appel intervienne quelques jours à peine avant le dépôt des candidatures à l'investiture socialiste. Il lui sert à légitimer sa candidature en disant aux autres présidentiables : "je suis la candidate préférée des Français à gauche, alors vous n'avez plus que deux solutions: continuer à vous quereller en faisant le jeu de la droite, ou bien avancer". Tel est en substance le sens de son message lancé à Dakar. L'éventualité d'une défaite à la présidentielle est en effet envisagée quotidiennement par les socialistes. Face à la menace Sarkozy, Ségolène est la seule à avoir fait preuve d'une réelle intelligence politique. Elle a compris que les primaires à gauche ne peuvent que desservir les socialistes si ceux-ci continuent à s'attaquer les uns les autres. Les arguments machistes et misogynes que Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius utilisent régulièrement contre Ségolène Royal vont forcément être repris par la droite à un moment ou à un autre.
Voilà pourquoi elle demande aujourd'hui un soutien franc et massif aux socialistes.
Bien sûr, ses déclarations peuvent continuer à énerver ceux qui la critiquent. Mais Jack Lang par exemple a déjà émis des signaux de retrait en faveur de Ségolène.
Hollande quant à lui a toujours déclaré qu'il n'avait pas l'intention de se lancer dans la campagne. Et cela, en dépit du dernier appel d'Emmanuelli demandant qu'il se présente: connaissant le fossé idéologique qui sépare les deux hommes, on peut d'ailleurs douter de la sincérité de cet appel… Enfin, Jospin n'est pas à mon avis un adversaire de taille pour battre Royal. Il ne reste donc plus que DSK et Fabius. C'est à eux surtout que Ségolène s'adressait depuis Dakar. Face à leurs coups bas, elle a toujours tenu à calmer le jeu et à rester à l'écart des querelles de personnes.
D'ailleurs, les querelles intestines du PS intéressent peu les militants. Ils sont venus pour empêcher la droite de gagner et à ce titre ils exigent un vrai projet.
Avec cette visite à Dakar, la ressemblance entre
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s'affine encore.
Est-ce normal de se rapprocher ainsi
de son futur adversaire ?
C'est vrai qu'ils feraient un beau couple tous les deux! (rires) Plus sérieusement, les socialistes ont effectivement du mal à accepter que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy fassent partie d'une nouvelle génération politique. Tous deux font preuve de réactivité, ils ont une vraie présence sur le terrain, un activisme qui séduit et ils parlent avec pragmatisme de thèmes qui concernent la vie quotidienne. Sur des sujets comme l'immigration ou l'éducation, ils ont prouvé que le clivage gauche-droite n'est plus forcément pertinent et qu'on peut faire de la politique sans suivre systématiquement les idées de son parti. C'est un concept qui permet de durer et qui plait aux Français.
Ségolène Royal s'est montrée extrêmement habile en calquant ses méthodes sur celles de Sarkozy. Elle s'est ainsi emparée du concept de "management politique" que le ministre de l'Intérieur avait été le premier à inaugurer: une présence excessive dans les médias, des déclarations-choc, un travail sur le look et l'image… Elle a surtout réussi là où le PS a toujours échoué: parler à la gauche de la gauche. Hantés par le spectre du 21 avril 2002, les socialistes ont cherché depuis une méthode pour se faire entendre par les classes populaires et par ceux qui avaient voté pour les extrêmes. Ségolène est la seule à avoir réussi, grâce notamment à la "méthode Sarko". Dans ce contexte, je ne vois pas comment le PS pourrait aujourd'hui se passer de la "machine à gagner" qu'est devenue Ségolène Royal.
N'y a-t-il pas un risque de lassitude des Français
concernant ce duel "Ségo-Sarko" ?
C'est amusant de voir que ce sont les mêmes qui ont vendu le duel qui redoutent ses conséquences aujourd'hui… A savoir, l'ensemble des médias. Il ne faut pas se voiler la face: le duel "Ségo-Sarko" sert les ventes de la presse. Des pics de vente sont enregistrés à chaque fois que l'un ou l'autre fait la "Une" d'un journal. Ce sont donc de "bons clients" pour la presse.
Concernant une éventuelle lassitude, les Français ont déjà démontré qu'ils sont en mesure de refuser les duels imposés, notamment en 2002, avec Chirac-Jospin. Ils sont tout à fait capables de choisir le candidat qui est le plus à même de répondre à leurs attentes, indépendamment des incitations des médias.
Deux éléments sont toutefois à ne pas négliger: Sarkozy ne chasse pas tellement sur les terres de Le Pen, d'où un risque de le revoir au second tour; et des votes contestataires sont toujours possibles à l'extrême gauche. Les risques sont donc les mêmes qu'en 2002, avec toutefois une différence de taille: cette fois, la présidentielle est un débat qui passionne les Français. Ils ont compris que cette échéance est aussi importante qu'en 1981. La gauche veut récupérer le pouvoir et la droite doit prouver qu'elle peut durer sur le long terme. Surtout, c'est une élection qui peut marquer un vrai renouvellement dans la façon de faire de la politique dans ce pays, avec des candidats plus jeunes et des femmes. De quoi lever les verrous qui sclérosent la politique française depuis trop longtemps…
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La "joie infernale" de Ségolène
Ségolène Royal ne fait rien comme les autres
C'est devenu une habitude chez elle, et cela ne lui a pas trop mal réussi jusqu'ici. Ségolène Royal ne fait rien comme les autres candidats à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle.
Dans les journaux télévisés du soir, mardi 26 septembre, on les voyait se bousculer devant les grilles de la rue de Solférino comme des usagers de
Au même moment, l'intéressée, royale, c'est le cas de le dire, était à des milliers de kilomètres de là, à Dakar. Elle y était reçue avec tous les égards dus à une princesse socialiste, native du lieu, qui plus est. "La population vous accueille dans la thématique d'une joie infernale", lui disait une Sénégalaise, tout de blanc vêtue. "Une joie infernale, cela me va très bien", répondait Ségolène en riant. On pouvait voir la scène sur France 2, suivie d'un dépôt de gerbe sur la tombe de Léopold Sédar Senghor et d'une audience avec le président Abdoulaye Wade.
Même chose sur TF 1, avec, en prime, un tacle destiné à Nicolas Sarkozy, venu deux jours plus tôt à Dakar pour tenter de lui voler la vedette. "C'est le hasard, vous ne croyez pas ?", lançait-elle. Mais sa flèche la plus dure, elle la lâchait un peu plus tard en évoquant les luttes internes au Parti socialiste. "C'est à se demander si certains n'ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n'est pas déclenchée", disait-elle.
Un certain Lionel Jospin, à la fois responsable et victime de la calamiteuse campagne de 2002, lequel s'efforce actuellement de revenir sur le devant de la scène et de lui barrer la route, a dû, à ce moment-là, entendre ses oreilles tinter.
Ségolène Royal n'a pas, en tout cas, mal choisi son moment pour se rendre au Sénégal. Indigènes, le film de Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze, sort mercredi 27 septembre dans cinq cents salles. Il raconte l'histoire des tirailleurs sénégalais et maghrébins qui ont combattu, pendant la seconde guerre mondiale, du mont Cassin jusqu'à l'Alsace, pour la libération de
Jacques Chirac devait annoncer, le même jour, une revalorisation de leurs pensions, gelées depuis 1959. Ségolène leur a rendu hommage, à Dakar, et rappelé que son père, militaire de carrière, avait jadis commandé certains d'entre eux. Cela avait évidemment plus d'allure que de se presser rue de Solférino pour régler des détails de cuisine interne.
Elle est vraiment infernale, non ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-817351,0.html
http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/205206.FR.php
Les attaques invraisemblables pleuvent sur
Les militants du pays minier du Pas-de-Calais ont entendu
La foule de Frangy-en-Bresse l'a également applaudie à l'idée de "la création d'un syndicalisme de masse pour rétablir le rapport de force, aujourd'hui totalement déséquilibré entre les dirigeants et les salariés". Elle ajoutait : "C'est l'intérêt bien compris du pays qu'un syndicalisme de masse oblige à la négociation collective. C'est dans les pays où les taux de syndicalisation sont les plus élevés qu'il y a moins de licenciements collectifs et qu'il est moins nécessaire de recourir à la grève pour être entendu."
Ce ne sont, à l'évidence, pas les idées de Nicolas Sarkozy. Les positions de
La candidate a en vérité ouvert le dossier épineux de la démocratie sociale. En évoquant l'adhésion obligatoire aux syndicats, que madame Thatcher en son temps avait réussi à briser, nous sommes là plus proches de l'antithatchérisme le plus ferme que des oeuvres tièdes de son successeur Tony Blair. J'ajouterais, non sans malice, que bien des socialistes qui ont voté non le 29 mai 2005 devraient s'y retrouver !
Est-il également permis d'évoquer le concept soudain apparu si novateur d' "ordre juste" qu'elle a lancé dans son discours de Rodez le 12 mai dernier et qui lui a valu un procès en "nomadisme idéologique". Pourtant, il ne s'agit que du rappel de ce que doit être la République : parce qu'elle est égalitaire, elle ne peut s'autoriser à être sévère que si elle l'est à l'égard de tous, donc juste.
On ne peut lutter contre les zones de non-droit dans la République que si on assume et organise la lutte contre les privilèges judiciaires de ceux qui détiennent l'argent, la puissance et le pouvoir. A Rodez,
L'ordre juste est hautement supérieur à l'injustice de l'ordre autoritaire de l'UMP. Et il est hautement préférable au désordre injuste que conduirait une République aux abonnés absents, incapable de donner un sens à la loi républicaine. Ce sont finalement là des analyses que ne récuserait pas un Jean-Pierre Chevènement.
C'est ici que prend sa force la "révolution démocratique" que
La "révolution démocratique" est l'instauration d'un rapport de responsabilité entre les dirigeants mandatés pour décider et les citoyens dépositaires de
Sur les problèmes environnementaux, l'ancienne ministre de l'Environnement tient un langage à la hauteur de l'urgence planétaire, en faisant de la fin du pétrole le point central de la restructuration de l'ensemble des politiques publiques : "C'est une question de survie, l'environnement doit donc être intégré à toutes les décisions publiques et privées qui sont prises." Elle prend le soin d'ajouter : "La protection de l'environnement est liée à la démocratie et à l'exigence de transparence. Tous les mensonges officiels que l'on a connus à propos du nuage de Tchernobyl, de l'amiante, des OGM, ont permis de ne pas remettre en cause des habitudes, des puissances financières, des rapports de force et des intérêts corporatifs. Quand il y aura la transparence totale et quand l'information scientifique sera donnée sur l'impact de la dégradation de l'environnement, sur la santé publique, alors les gens se bougeront, et les politiques prendront les bonnes décisions." Ce sont là des propos auxquels Dominique Voynet n'aurait pas enlevé une virgule.
Voici comment
A Frangy, elle déclara : "Quels qu'aient été nos votes lors du référendum, nos raisons étaient voisines. Nous voulions les uns et les autres une Europe plus protectrice, plus citoyenne, plus sociale et plus politique. De l'Europe que nous voulons, à l'Europe telle qu'elle est, nous mesurons la distance et le travail qu'il reste à faire, mais c'est le rôle de l'idéal que d'aider à transformer le réel. Il n'est évidemment pas question, pour les socialistes, de soumettre à nouveau à la ratification un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Notre projet prévoit de proposer l'élaboration d'un texte court, visant seulement à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. Il devra bien sûr, une fois négocié, être soumis à l'approbation du peuple."
Dans les différents éléments d'identité de sa candidature syndicalisme de masse, ordre juste, révolution démocratique, excellence environnementale
http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/205206.FR.php
Sondage
et des Français pour le Parti Socialiste
Après le débat de Lens, la présidente de
A l'échelle de l'ensemble des Français, la présidentiable socialiste fait également la course en tête, préférée par 46% des sondés (-1 point par rapport à la fin août), devant Lionel Jospin (19%, - 2 points), Dominique Strauss-Kahn (15%, -1 point), Jack Lang (14%, + 2 points), Laurent Fabius (10%, + 1 point) et François Hollande (6%, -2 points).
- Sondage réalisé par téléphone le 22 septembre auprès d'un échantillon national représentatif de 802 personnes, selon la méthode des quotas.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060926.FAP4373.html?2103
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François Hollande a une pancarte dans le dos. Avec, en son centre, l'effigie de Ségolène Royal. A quatre jours de l'ouverture officielle du dépôt des candidatures à la candidature socialiste pour la présidentielle de 2007, les concurrents de la présidente de Poitou-Charentes, toujours intouchable dans les sondages, accentuent la pression sur le Premier secrétaire du PS. Pas un jour ne se passe sans que Laurent Fabius, Lionel Jospin et, dans une moindre mesure, Dominique Strauss-Kahn se relaient pour distribuer les coups anti-Royal, mais par le biais d'une procuration au nom du numéro 1 du PS.
Ce soir, comme la semaine passée, les amis de Fabius vont remettre sur le tapis du bureau national du PS la question de l'organisation des débats de la campagne interne, qui s'ouvrira le 3 octobre. Satisfait à juste titre de sa prestation lors du grand oral organisé à Lens devant les militants de la fédération du Pas-de-Calais, le député de Seine-Maritime réclame la tenue de huit débats entre les candidats (lire ci-dessous). Surtout, il met régulièrement en cause l'organisation même du vote militant des 16 et 23 novembre. Ce week-end, dans le Journal du dimanche, il a estimé que «les conditions d'une désignation loyale ne sont pas réunies». Dans la ligne de mire des fabiusiens : l'arrivée massive de nouveaux militants via la campagne d'adhésion organisée au printemps sur l'Internet, ainsi que le penchant très royaliste des «grosses fédérations». Derrière ces deux accusations, un seul et même constat : Hollande roule pour sa compagne.
«Vote au canon»
Le porte-parole du PS Julien Dray, désormais rangé derrière Royal, a répondu hier qu'il n'y avait pas «des adhérents de première zone et de deuxième zone». Il a précisé que, pour voter, les nouveaux venus devaient «être répertoriés», c'est-à-dire avoir pris un contact avec leur fédération. Hollande brandit, lui, comme «une fierté» l'arrivée de plus de 80 000 adhérents. A propos des grosses fédérations, le fabiusien Claude Bartolone n'en revient toujours pas que Georges Frêche ait pu annoncer, la semaine dernière, que sa fédération de l'Hérault «va amener à Royal 85 % des adhérents». «C'est bien la preuve que nos inquiétudes sur la transparence sont justifiées», plaide le député de Seine-Saint-Denis.
L'entourage de Hollande répond que «le vote au canon» qui prévaut souvent lors d'un congrès ne fonctionne pas lors d'un scrutin de désignation comme celui-là. Et prend en exemple la primaire de 1995 avec le premier secrétaire de l'époque, Henri Emmanuelli, soutenu par Laurent Fabius, battu à l'arrivée par Lionel Jospin. Surtout, le rappel au respect des règles par les fabiusiens, qui avaient transgressé en 2005 le vote des militants sur la Constitution européenne, laisse «de marbre» la rue de Solférino : le premier secrétaire n'acceptera «aucun procès d'intention de la part de Laurent Fabius». Un autre hollandais, qui note que le député de Seine-Maritime lors du congrès du Mans, en novembre, avait déjà contesté les résultats, prévient : «Fabius disqualifie le vote par avance parce qu'il sait qu'il a perdu.»
«Tohu-bohu».
Les piques de Lionel Jospin pointent davantage la manière dont Hollande n'a pas exercé ses prérogatives de premier secrétaire. «Quelque chose n'a pas été préparé», a-t-il récemment déclaré pour s'étonner du «tohu-bohu» actuel. Visé : son successeur à la tête du parti, qui, en ne s'imposant pas depuis
Le patron du PS réplique que c'est un comble de lui reprocher de n'avoir jamais voulu «transformer le PS en écurie hollandaise», mais d'avoir à l'inverse toujours «veillé» à n'interdire aucune candidature, celles de Jospin ou Fabius comprises. Un de ses amis: «Ce qui ne leur plaît pas, c'est de ne pas être en situation. Hollande a joué la carte du rassemblement en repoussant le choix du candidat. Aucun prétendant n'en a profité.» Et d'ajouter, en pensant à
L'ultime mise sous pression est venue dimanche du leader du NPS, Henri Emmanuelli, qui a appelé Hollande à «renverser la table» en se déclarant candidat. Sans écarter cette hypothèse,
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