Samedi 30 septembre 2006
La révolte devant l'état des choses, le courage de les changer !


illu  Tamatoa Berteil  from  Blast

 

"Le rapport de force nous est très favorable", estime François Rebsamen, nº 2 du PS et soutien de Ségolène Royal. Après le nouveau retrait de la vie politique de Lionel Jospin hier, le boulevard semble tout tracé pour la présidente de Poitou-Charentes, alors que s'ouvre demain le dépôt des candidatures pour la primaire socialiste. Passage en revue des atouts royaux.

Des sondages au sommet

Depuis bientôt six mois, Ségolène Royal caracole en tête des sondages tant chez les sympathisants socialistes, pour la primaire de novembre, que chez les Français, pour la présidentielle de mai. Dernier en date, un sondage CSA publié mercredi la donne gagnante contre Sarkozy à 52 % contre 48 % (31 % contre 30 % dès le premier tour).

Des adhérents supporteurs

Pour les fabiusiens et les jospinistes, la plupart des 80 000 nouveaux adhérents encartés au PS avant juin pour désigner le candidat n'ont d'yeux que pour Ségolène. "Ce sont des supporteurs qui imposent au parti la dictature des sondages à laquelle nous résistons depuis des années", estime Jean-Luc Mélenchon, soutien de Fabius.
Un argument que ne rejette pas forcément le camp ségoléniste. "Il y a un décalage entre l'appareil du PS et la société, et les nouveaux militants sont là pour les réconcilier", explique Arnaud Montebourg, porte-parole de Royal.

Des fédés sous le charme

Hier, Pierre Mauroy et la fédération du Nord – troisième du PS par le nombre d'adhérents – ont rallié Ségolène, "la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement". Ce soutien de poids vient s'ajouter à celui déjà acquis de la fédération des Bouches-du-Rhône, quatrième du parti. Après le retrait de Jospin et en cas de non-candidature de François Hollande, le camp Royal devrait aussi certainement gagner la fédération socialiste nº 1, celle de Paris. Un arsenal impressionnant.

Des adversaires à la traîne

Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn veulent encore y croire. "C'était déjà jouable, ça l'est encore plus aujourd'hui", a déclaré hier Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK. Les concurrents de Royal comptent surtout sur les débats pendant la campagne pour déstabiliser la favorite.
Réponse dans six semaines.

http://www.20minutes.fr/articles/2006/09/29/20060929-actualite-france-Segolene-s-avance-sur-une-voie-royale.php?

par 20 minutes publié dans : Site
Vendredi 29 septembre 2006
Il parlait d'une bulle et il se heurte à un mur

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060928.OBS3967.html


Analysez-vous ce retrait de la course à la
candidature comme un échec pour Lionel Jospin ?

Bien sûr. Lionel Jospin voulait revenir pour des raisons personnelles et politiques : remettre le PS dans le bon sens, ce qui revenait à dire faire barrage à Ségolène Royal. Il a depuis le 21 avril toujours gardé dans un coin de sa tête l'idée que sa carrière politique n'était pas terminée. Il n'a pu que constater l'échec de cette tentative de retour, et a fini par comprendre que les conditions qui auraient permis de l'imposer comme candidat naturel de la gauche n'étaient pas réunies.

Le premier problème est que ses interventions n'ont rien suscité. Son entrée progressive dans la campagne interne lancée le 20 juin dernier; sa sortie devant les militants du MJS à La Rochelle, où il avait eu l'ambition de rassembler par l'émotion ; rien de tout cela n'a provoqué de mouvement dans l'opinion ou au sein de la base militante socialiste. Les gens autour de lui n'étaient pas très nombreux, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du parti.

Deuxième problème: son entrée en campagne était difficile, sachant qu'il était obligé de passer outre sa déclaration du 21 avril 2002.

Il devait justifier son retour, expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un retour, que sa candidature nouvelle était d'une autre essence.

Quelles conséquences ce retrait

de Lionel Jospin peut-il entraîner ?

Cela peut déjà faire retomber le niveau de tension dans ces primaires. Le discours de Jospin, c'était un peu l'appel aux armes. Au vu de cet argumentaire, qui dramatisait le débat, son retrait va permettre de faire baisser la pression.

Par ailleurs, cette décision profitera nécessairement aux autres candidats opposés à Ségolène Royal. Cet apport sera-t-il décisif ? Je ne le crois pas. Le mouvement anti-Ségolène n'en sortira pas accru - Jospin ne pesait en effet plus grand-chose au parti socialiste. Il en sortira en revanche simplifié, moins divisé.

Je ne pense cependant pas qu'il s'agisse d'une stratégie de la part de Lionel Jospin pour parvenir à abattre sa rivale. A mon sens, son arrière-pensée est, et a toujours été, que le phénomène Ségolène est artificiel, que ça ne durera pas. Il continuera d'ailleurs à le penser, même si elle est désignée, peut-être même si elle est élue en 2007.
Ce retrait de Lionel Jospin, c'est aussi une preuve de la force de Ségolène Royal.

Il parlait d'une bulle et il se heurte à un mur. Je le crois victime de ses propres illusions. Lançant son entrée en campagne, il pensait devenir le candidat incontournable, solide et expérimenté. Il a en réalité surestimé ses forces, surestimé aussi l'influence qu'il avait sur Dominique Strauss-Kahn et François Hollande.

Quel poids Lionel Jospin peut-il désormais

avoir sur la primaire et sur l'élection présidentielle ?

Je pense -mais ce n'est qu'une opinion- qu'il restera silencieux ou quasi-silencieux pendant la primaire et l'élection.

En revanche, il a dit dans sa déclaration quelque chose qui n'a pas été suffisamment souligné sur les responsabilités au sein du parti socialiste qu'il pourrait continuer à convoiter.
Si je devais faire un pari, je miserais sur un retour lors du prochain congrès socialiste. Et ce, quel que soit le résultat de l'élection présidentielle. Surtout en cas de défaite de la gauche.

 

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060928.OBS3967.html



Mauroy soutient officiellement Royal

L'ancien Premier ministre et 105 élus socialistes du Nord estiment que Ségolène Royal est "la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement"

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060928.OBS3902.html


L'officialisation du soutien de Pierre Mauroy à Ségolène Royal, pour l'investiture socialiste, intervenue jeudi 28 septembre, n'est pas une surprise. Conformément aux prévisions, l'ancien Premier ministre ainsi que 105 élus et responsables socialistes du Nord, ont estimé que Ségolène Royal était "la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement" du parti.
"Ségolène Royal est devenue la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement dans lequel tout le Parti socialiste, puis toute la gauche, se retrouveront", a déclaré M. Mauroy au cours d'une conférence de presse.
Le premier secrétaire fédéral Gilles Pargneaux, le député et président du conseil général Bernard Derosier, le député-maire de Dunkerque Michel Delebarre ou encore le député Bernard Roman se sont joints à Pierre Mauroy, "en tant que militants", soulignant que leur démarche ne visait "pas à contourner le parti".

"Beaucoup d'atouts"

"Aujourd'hui nous constatons que Ségolène Royal incarne fortement cette volonté de changement voulue par tous les socialistes et la gauche, attendue par les Français", a affirmé Pierre Mauroy qui a aussi salué la "décision sage, responsable" de Lionel Jospin de ne pas briguer l'investiture.
Une "forte inclinaison (en faveur de Ségolène Royal au sein du PS, ndlr) entre en résonance avec un vaste mouvement populaire dont il serait irresponsable et surtout dangereux de contester la réalité", a-t-il ajouté.
La favorite des sondages a "beaucoup d'atouts", selon l'ancien Premier ministre, citant "sa modernité, sa simplicité, cette volonté de proximité avec les citoyens".
Selon lui, "incontestablement, Ségolène s'est envolée, tout le monde a perçu qu'il y avait une volonté de changement".
"Nous pouvions penser que François Hollande serait un candidat légitime. Il en avait la capacité", a rappelé le président de la communauté urbaine de Lille, notant que la profusion des candidatures au sein du PS avait empêché celle de "rassemblement" du premier secrétaire.

"Influencer les candidats"

Cinq des dix députés PS du département, de nombreux conseillers généraux et régionaux, maires et délégués de la fédération, la troisième de France, se sont engagés au côté de Pierre Mauroy.
Celui-ci n'a pas caché que cet appel, prononcé avant le dépôt des candidatures le 3 octobre, vise "peut-être aussi à influencer les candidats".
"Si vous étiez un peu moins nombreux, ce serait quand même un peu plus facile", leur a-t-il lancé en souriant.
Mais, avant même qu'il ne soit prononcé, le choix de Pierre Mauroy a été sévèrement critiqué par le député PS nordiste Yves Durand - un proche de la maire de Lille Martine Aubry - qui lui a fait part de sa "colère teintée d'amertume" dans une "lettre ouverte".
Selon Yves Durand, l'initiative de Pierre Mauroy "ne peut qu'apparaître comme une pression sur les militants, alors que le débat n'est pas engagé et que la procédure de dépôt des candidatures n'est même pas achevée".

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060928.OBS3902.html



Ségolène Royal, pourquoi on l'aime

Elle incarne l'énergie face aux habitudes, l'espérance face au défaitisme, les citoyens face aux élites


http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/207396.FR.php


Par Philippe Besson écrivain, Patrice Chéreau metteur en scène et réalisateur, Christophe Girard adjoint au maire de Paris en charge des affaires culturelles et Philippe Torreton comédien :

Depuis un an, on nous annonce sans relâche
qu'il s'agit d'une émulsion médiatique,
d'une bulle qui va se dégonfler

Que l'imposture ne tardera pas à être mise au grand jour. Pourtant, l'importance politique de Ségolène Royal perdure, déjouant tous les pronostics. Elle va même en s'amplifiant. Désormais, les débats s'organisent autour des propositions de la présidente de la région Poitou-Charentes. Les salles des meetings où elle se rend sont combles et les rencontres très nombreuses avec les militants connaissent un succès jamais observé jusque-là. Chaque jour, on dénombre de nouveaux ralliements à sa candidature. Les sondages d'opinion, qui ne sont certes qu'un instantané de l'opinion, indiquent qu'elle creuse l'écart sur ses concurrents dans la course à l'investiture socialiste. Il faut dorénavant admettre que les (mauvais) augures se trompent lourdement. Et en tirer les conséquences.
Certes, il est légitime de s'interroger sur une telle percée dans un pays qui, traditionnellement, accorde ses suffrages à des candidats plus mûrs ou ayant déjà concouru à l'élection présidentielle, à des personnalités soutenues inconditionnellement par leur parti politique, à des hommes, etc. Mais si, justement, ce qui faisait la force de Ségolène Royal, c'était sa différence, sa singularité ?

Et si, précisément, les Français étaient enfin prêts
à se doter d'une dirigeante qui sorte du moule

et n'obéisse pas à des standards presque aussi vieux que le suffrage universel ? Et s'ils avaient envie d'imiter les Espagnols qui ont élu Zapatero, les Allemands, désormais conduits par Angela Merkel, les Chiliens qui ont porté au pouvoir Michelle Bachelet, ou même les Américains qui n'hésitent pas à confier les rênes de la première puissance mondiale à des personnalités plus qu'à des caciques ? Souvenons-nous du miracle Clinton.
Ségolène Royal incarne l'énergie face aux habitudes, l'espérance face au défaitisme ambiant, l'authenticité face aux calculs d'appareil, le courage face aux attaques, la nouveauté face aux vieux schémas, les citoyens face aux élites, l'ordre juste face au laisser-aller inéquitable. Pour toutes ces raisons, elle suscite l'intérêt et l'adhésion et paraît en mesure de réinstaller la gauche au pouvoir après cinq années d'une droite dure avec les gens modestes, complaisante avec les plus favorisés, faussement sécuritaire.

Dans ces conditions, les socialistes devraient se réjouir de compter, dans leur camp, une telle personnalité. Tout faire pour assurer son succès, à commencer par se rassembler autour d'elle. Et que voit-on ? Un certain acharnement à démolir le seul espoir aujourd'hui sérieux de victoire de la gauche, des responsables qui se livrent à des attaques personnelles où il est question d'enfants à garder, de vide sidéral de la pensée, de mensurations et autres amabilités. On est en droit de s'interroger sur la campagne de dénigrement orchestrée par des camarades socialistes, et que ne manqueront pas de récupérer les candidats de la droite. Et en droit de se demander à quoi une telle nocivité pourrait servir.

Il est grand temps de mettre fin
à cette animosité stérile et dangereuse.

Grand temps également de cesser de nier la réalité d'un phénomène qui, à l'évidence, signifie quelque chose. Les presque deux mois de campagne interne doivent impérativement se dérouler dans un climat serein et respectueux et permettre qu'émerge une candidature en rapport avec les besoins de la France et les aspirations des Français.

http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/207396.FR.php

 

par François Bazin publié dans : Le Nouvel Observateur
Jeudi 28 septembre 2006

… un vrai renouvellement dans la façon de faire de la politique dans ce pays, avec des candidats plus jeunes et des femmes De quoi lever les verrous qui sclérosent la politique française depuis trop longtemps…

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060927.OBS3736.html

 

En parlant de "machine à perdre", Ségolène Royal
ne nuit-elle pas à son propre camp ?

Non, j'ai plutôt l'impression qu'elle a lancé un appel à la raison au PS pour que les candidats qui hésitent à se présenter ne le fassent pas. Ce n'est d'ailleurs pas anodin que cet appel intervienne quelques jours à peine avant le dépôt des candidatures à l'investiture socialiste. Il lui sert à légitimer sa candidature en disant aux autres présidentiables : "je suis la candidate préférée des Français à gauche, alors vous n'avez plus que deux solutions: continuer à vous quereller en faisant le jeu de la droite, ou bien avancer". Tel est en substance le sens de son message lancé à Dakar. L'éventualité d'une défaite à la présidentielle est en effet envisagée quotidiennement par les socialistes. Face à la menace Sarkozy, Ségolène est la seule à avoir fait preuve d'une réelle intelligence politique. Elle a compris que les primaires à gauche ne peuvent que desservir les socialistes si ceux-ci continuent à s'attaquer les uns les autres. Les arguments machistes et misogynes que Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius utilisent régulièrement contre Ségolène Royal vont forcément être repris par la droite à un moment ou à un autre.
Voilà pourquoi elle demande aujourd'hui un soutien franc et massif aux socialistes.
Bien sûr, ses déclarations peuvent continuer à énerver ceux qui la critiquent. Mais Jack Lang par exemple a déjà émis des signaux de retrait en faveur de Ségolène.
Hollande quant à lui a toujours déclaré qu'il n'avait pas l'intention de se lancer dans la campagne. Et cela, en dépit du dernier appel d'Emmanuelli demandant qu'il se présente: connaissant le fossé idéologique qui sépare les deux hommes, on peut d'ailleurs douter de la sincérité de cet appel… Enfin, Jospin n'est pas à mon avis un adversaire de taille pour battre Royal. Il ne reste donc plus que DSK et Fabius. C'est à eux surtout que Ségolène s'adressait depuis Dakar. Face à leurs coups bas, elle a toujours tenu à calmer le jeu et à rester à l'écart des querelles de personnes.
D'ailleurs, les querelles intestines du PS intéressent peu les militants. Ils sont venus pour empêcher la droite de gagner et à ce titre ils exigent un vrai projet.

Avec cette visite à Dakar, la ressemblance entre
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s'affine encore.
Est-ce normal de se rapprocher ainsi
de son futur adversaire ?

C'est vrai qu'ils feraient un beau couple tous les deux! (rires) Plus sérieusement, les socialistes ont effectivement du mal à accepter que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy fassent partie d'une nouvelle génération politique. Tous deux font preuve de réactivité, ils ont une vraie présence sur le terrain, un activisme qui séduit et ils parlent avec pragmatisme de thèmes qui concernent la vie quotidienne. Sur des sujets comme l'immigration ou l'éducation, ils ont prouvé que le clivage gauche-droite n'est plus forcément pertinent et qu'on peut faire de la politique sans suivre systématiquement les idées de son parti. C'est un concept qui permet de durer et qui plait aux Français.
Ségolène Royal s'est montrée extrêmement habile en calquant ses méthodes sur celles de Sarkozy. Elle s'est ainsi emparée du concept de "management politique" que le ministre de l'Intérieur avait été le premier à inaugurer: une présence excessive dans les médias, des déclarations-choc, un travail sur le look et l'image… Elle a surtout réussi là où le PS a toujours échoué: parler à la gauche de la gauche. Hantés par le spectre du 21 avril 2002, les socialistes ont cherché depuis une méthode pour se faire entendre par les classes populaires et par ceux qui avaient voté pour les extrêmes. Ségolène est la seule à avoir réussi, grâce notamment à la "méthode Sarko". Dans ce contexte, je ne vois pas comment le PS pourrait aujourd'hui se passer de la "machine à gagner" qu'est devenue Ségolène Royal.

N'y a-t-il pas un risque de lassitude des Français
concernant ce duel "Ségo-Sarko" ?

C'est amusant de voir que ce sont les mêmes qui ont vendu le duel qui redoutent ses conséquences aujourd'hui… A savoir, l'ensemble des médias. Il ne faut pas se voiler la face: le duel "Ségo-Sarko" sert les ventes de la presse. Des pics de vente sont enregistrés à chaque fois que l'un ou l'autre fait la "Une" d'un journal. Ce sont donc de "bons clients" pour la presse.
Concernant une éventuelle lassitude, les Français ont déjà démontré qu'ils sont en mesure de refuser les duels imposés, notamment en 2002, avec Chirac-Jospin. Ils sont tout à fait capables de choisir le candidat qui est le plus à même de répondre à leurs attentes, indépendamment des incitations des médias.
Deux éléments sont toutefois à ne pas négliger: Sarkozy ne chasse pas tellement sur les terres de Le Pen, d'où un risque de le revoir au second tour; et des votes contestataires sont toujours possibles à l'extrême gauche. Les risques sont donc les mêmes qu'en 2002, avec toutefois une différence de taille: cette fois, la présidentielle est un débat qui passionne les Français. Ils ont compris que cette échéance est aussi importante qu'en 1981. La gauche veut récupérer le pouvoir et la droite doit prouver qu'elle peut durer sur le long terme. Surtout, c'est une élection qui peut marquer un vrai renouvellement dans la façon de faire de la politique dans ce pays, avec des candidats plus jeunes et des femmes. De quoi lever les verrous qui sclérosent la politique française depuis trop longtemps…

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060927.OBS3736.html


 

La "joie infernale" de Ségolène

Ségolène Royal ne fait rien comme les autres


C'est devenu une habitude chez elle, et cela ne lui a pas trop mal réussi jusqu'ici. Ségolène Royal ne fait rien comme les autres candidats à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle.
Dans les journaux télévisés du soir, mardi 26 septembre, on les voyait se bousculer devant les grilles de la rue de Solférino comme des usagers de la SNCF prêts à tout pour obtenir des billets de TGV à 5 euros. Ils venaient discuter au siège du PS des conditions d'organisation de la campagne interne, en particulier des trois futurs débats télévisés.

Au même moment, l'intéressée, royale, c'est le cas de le dire, était à des milliers de kilomètres de là, à Dakar. Elle y était reçue avec tous les égards dus à une princesse socialiste, native du lieu, qui plus est. "La population vous accueille dans la thématique d'une joie infernale", lui disait une Sénégalaise, tout de blanc vêtue. "Une joie infernale, cela me va très bien", répondait Ségolène en riant. On pouvait voir la scène sur France 2, suivie d'un dépôt de gerbe sur la tombe de Léopold Sédar Senghor et d'une audience avec le président Abdoulaye Wade.

Même chose sur TF 1, avec, en prime, un tacle destiné à Nicolas Sarkozy, venu deux jours plus tôt à Dakar pour tenter de lui voler la vedette. "C'est le hasard, vous ne croyez pas ?", lançait-elle. Mais sa flèche la plus dure, elle la lâchait un peu plus tard en évoquant les luttes internes au Parti socialiste. "C'est à se demander si certains n'ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n'est pas déclenchée", disait-elle.

Un certain Lionel Jospin, à la fois responsable et victime de la calamiteuse campagne de 2002, lequel s'efforce actuellement de revenir sur le devant de la scène et de lui barrer la route, a dû, à ce moment-là, entendre ses oreilles tinter.

Ségolène Royal n'a pas, en tout cas, mal choisi son moment pour se rendre au Sénégal. Indigènes, le film de Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze, sort mercredi 27 septembre dans cinq cents salles. Il raconte l'histoire des tirailleurs sénégalais et maghrébins qui ont combattu, pendant la seconde guerre mondiale, du mont Cassin jusqu'à l'Alsace, pour la libération de la France.

Jacques Chirac devait annoncer, le même jour, une revalorisation de leurs pensions, gelées depuis 1959. Ségolène leur a rendu hommage, à Dakar, et rappelé que son père, militaire de carrière, avait jadis commandé certains d'entre eux. Cela avait évidemment plus d'allure que de se presser rue de Solférino pour régler des détails de cuisine interne.

Elle est vraiment infernale, non ?

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-817351,0.html

par Aymeric Mantoux et Chiara Penzo publié dans : Le Nouvel Observateur
Mercredi 27 septembre 2006
"Les socialistes qui attaquent la favorite des sondages se trompent d'ennemi. Son programme, novateur et audacieux, peut rassembler toutes les gauches"

http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/205206.FR.php

 

Les attaques invraisemblables pleuvent sur Ségolène Royal, au point que Nicolas Sarkozy en fait désormais un point d'appui de son offensive contre elle. La gauche offre des armes au chef de l'UMP contre la seule candidate socialiste en mesure de le battre. Ceux qui nous ont conduits au 21 avril 2002 se rassembleraient-ils pour une nouvelle fois nous infliger le même résultat ? Quels sont donc les reproches qui lui sont adressés ? Son prétendu vide ?

Ceux qui portent ces attaques feraient bien de relire ses discours et ses déclarations depuis des mois

Les militants du pays minier du Pas-de-Calais ont entendu Ségolène Royal, à Cambrin, rappeler dans son discours que "la gauche doit imposer la juste hiérarchie entre le capital et le travail et faire en sorte que le travail soit moins taxé que le capital". Ils ont applaudi à la phrase : "Nous ferons en sorte que le capitalisme financier soit mis sous contrôle et refuserons de laisser broyer les hommes et les femmes par la dynamique du libéralisme sauvage." 
La foule de Frangy-en-Bresse l'a également applaudie à l'idée  de "la création d'un syndicalisme de masse pour rétablir le rapport de force, aujourd'hui totalement déséquilibré entre les dirigeants et les salariés". Elle ajoutait : "C'est l'intérêt bien compris du pays qu'un syndicalisme de masse oblige à la négociation collective. C'est dans les pays où les taux de syndicalisation sont les plus élevés qu'il y a moins de licenciements collectifs et qu'il est moins nécessaire de recourir à la grève pour être entendu." 
Ce ne sont, à l'évidence, pas les idées de Nicolas Sarkozy. Les positions de Ségolène Royal sont enracinées dans l'héritage du mouvement ouvrier et sa défense des droits sociaux, en s'inspirant d'expériences socialistes concluantes du nord de l'Europe. Elle cherche à renforcer le poids du syndicalisme et à modifier en profondeur les comportements des acteurs du capitalisme dérégulé ; elle cherche l'outil de réhabilitation du prix et de la valeur du travail dont elle a fait un élément central de son discours.
La candidate a en vérité ouvert le dossier épineux de la démocratie sociale. En évoquant l'adhésion obligatoire aux syndicats, que madame Thatcher en son temps avait réussi à briser, nous sommes là plus proches de l'antithatchérisme le plus ferme que des oeuvres tièdes de son successeur Tony Blair. J'ajouterais, non sans malice, que bien des socialistes qui ont voté non le 29 mai 2005 devraient s'y retrouver !
Est-il également permis d'évoquer le concept soudain apparu si novateur d' "ordre juste"  qu'elle a lancé dans son discours de Rodez le 12 mai dernier et qui lui a valu un procès en "nomadisme idéologique". Pourtant, il ne s'agit que du rappel de ce que doit être la République : parce qu'elle est égalitaire, elle ne peut s'autoriser à être sévère que si elle l'est à l'égard de tous, donc juste.
On ne peut lutter contre les zones de non-droit dans la République que si on assume et organise la lutte contre les privilèges judiciaires de ceux qui détiennent l'argent, la puissance et le pouvoir. A Rodez, Ségolène Royal évoquait dans ces termes l'ordre juste : "un principe fondateur d'un ordre solidaire autrement ambitieux que l'ordre aux petits pieds du tout sécuritaire sur fond de dérive vers le précariat pour tous". Elle ajoutait : "Alors que l'insécurité économique et sociale gagne du terrain, le comportement de la puissance publique se doit d'être irréprochable. Une mauvaise conduite à la tête de l'Etat constitue un vrai facteur d'insécurité, car pourquoi respecter des règles dont les puissants et les gouvernants s'affranchissent ?" 
L'ordre juste est hautement supérieur à l'injustice de l'ordre autoritaire de l'UMP. Et il est hautement préférable au désordre injuste que conduirait une République aux abonnés absents, incapable de donner un sens à la loi républicaine. Ce sont finalement là des analyses que ne récuserait pas un Jean-Pierre Chevènement.
C'est ici que prend sa force la "révolution démocratique" que Ségolène Royal entend accomplir dans la construction de cette République nouvelle. Si la loi doit assurer la justice tout en trouvant la force de s'appliquer et d'ordonner la société, les conditions de sa discussion et de sa fabrication doivent alors être reconsidérées en profondeur.
La "révolution démocratique" est l'instauration d'un rapport de responsabilité entre les dirigeants mandatés pour décider et les citoyens dépositaires de la souveraineté. Elle est aussi l'organisation concrète du "droit égal"  de ceux qui n'ont pas de titre à gouverner à s'occuper des affaires communes. «Notre projet affirme la compétence également légitime des citoyens ordinaires, ce pouvoir des "n'importe qui" toujours dénié par les élites autoproclamées de la naissance, de la richesse ou de la cooptation endogame.» Ce sont là des orientations qu'on pourrait retrouver dans les choix de tous les promoteurs d'une VIe République, quels qu'ils soient, Christiane Taubira ou moi-même.
Sur les problèmes environnementaux, l'ancienne ministre de l'Environnement tient un langage à la hauteur de l'urgence planétaire, en faisant de la fin du pétrole le point central de la restructuration de l'ensemble des politiques publiques : "C'est une question de survie, l'environnement doit donc être intégré à toutes les décisions publiques et privées qui sont prises."  Elle prend le soin d'ajouter : "La protection de l'environnement est liée à la démocratie et à l'exigence de transparence. Tous les mensonges officiels que l'on a connus à propos du nuage de Tchernobyl, de l'amiante, des OGM, ont permis de ne pas remettre en cause des habitudes, des puissances financières, des rapports de force et des intérêts corporatifs. Quand il y aura la transparence totale et quand l'information scientifique sera donnée sur l'impact de la dégradation de l'environnement, sur la santé publique, alors les gens se bougeront, et les politiques prendront les bonnes décisions." Ce sont là des propos auxquels Dominique Voynet n'aurait pas enlevé une virgule.
Voici comment Ségolène Royal construit pierre après pierre une synthèse originale des différentes gauches. Elle en fabrique un nouvel alliage, original, novateur et offensif, en rapport avec les besoins profonds de la société française. Les socialistes que nous étions avaient sous-traité, dans l'attelage cahotant de la gauche plurielle, aux autres partis de gauche des morceaux de l'appareillage idéologique des socialistes, peut-être par incapacité de regarder le monde tel qu'il était devenu. Le projet et le candidat socialiste de 2002 ne parlaient plus à quiconque, sauf au vide politique que le parti avait installé en lui-même. Voilà pourquoi la rénovation de la gauche passe par la nouvelle donne de Ségolène Royal. Celle-ci dépasse les anciennes contradictions de la gauche plurielle, les anciennes querelles qui appartiennent à la génération antérieure ainsi que les récents désaccords sur le TCE.
A Frangy, elle déclara : "Quels qu'aient été nos votes lors du référendum, nos raisons étaient voisines. Nous voulions les uns et les autres une Europe plus protectrice, plus citoyenne, plus sociale et plus politique. De l'Europe que nous voulons, à l'Europe telle qu'elle est, nous mesurons la distance et le travail qu'il reste à faire, mais c'est le rôle de l'idéal que d'aider à transformer le réel. Il n'est évidemment pas question, pour les socialistes, de soumettre à nouveau à la ratification un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Notre projet prévoit de proposer l'élaboration d'un texte court, visant seulement à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. Il devra bien sûr, une fois négocié, être soumis à l'approbation du peuple." 

Ségolène Royal renvoie aux significations profondes de la victoire du non en 2005, laquelle exigeait que la démocratie exerce sa maîtrise sur le destin de notre société, et demandait à retrouver la force perdue du bulletin de vote face à l'emprise des marchés et de l'économie.
Dans les différents éléments d'identité de sa candidature ­ syndicalisme de masse, ordre juste, révolution démocratique, excellence environnementale ­

Ségolène Royal ouvre le chantier de la reconstruction du politique et cherche à organiser les retrouvailles avec la force d'agir sur la réalité
Il est temps de se rassembler autour de cette nouvelle donne, à partir de nos propres convictions, sans en abandonner aucune, pour contribuer à la victoire d'une gauche enfin rénovée qui sera celle de toutes les gauches. Le temps nous presse et l'audace qui nous a manqués jusqu'ici est au rendez-vous. Rejoignez-nous.

http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/205206.FR.php


Sondage

Ségolène Royal candidate préférée des sympathisants PS
et des Français pour le Parti Socialiste

Ségolène Royal reste, de très loin, la candidate préférée des sympathisants PS et des Français pour le Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle 2007, selon un sondage CSA publié mercredi par "Le Parisien/Aujourd'hui en France".
Après le débat de Lens, la présidente de la région Poitou-Chatentes est désignée par 59% des sympathisants du PS (-7 points par rapport à l'université PS de la Rochelle fin août) et devance de plusieurs longueurs les autres candidats à la candidature socialiste: Lionel Jospin (23%, -7 points), Jack Lang (20%, +5 points), Dominique Strauss-Kahn (19%, inchangé), Laurent Fabius (12%, +1 point) et François Hollande (6%, -6 points).
A l'échelle de l'ensemble des Français, la présidentiable socialiste fait également la course en tête, préférée par 46% des sondés (-1 point par rapport à la fin août), devant Lionel Jospin (19%, - 2 points), Dominique Strauss-Kahn (15%, -1 point), Jack Lang (14%, + 2 points), Laurent Fabius (10%, + 1 point) et François Hollande (6%, -2 points).
- Sondage réalisé par téléphone le 22 septembre auprès d'un échantillon national représentatif de 802 personnes, selon la méthode des quotas.

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060926.FAP4373.html?2103

par Arnaud Montebourg publié dans : Libération
Mardi 26 septembre 2006
A quatre jours du dépôt des candidatures socialistes pour la présidentielle, le premier secrétaire concentre toutes les critiques

http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/206802.FR.php

 

François Hollande a une pancarte dans le dos. Avec, en son centre, l'effigie de Ségolène Royal. A quatre jours de l'ouverture officielle du dépôt des candidatures à la candidature socialiste pour la présidentielle de 2007, les concurrents de la présidente de Poitou-Charentes, toujours intouchable dans les sondages, accentuent la pression sur le Premier secrétaire du PS. Pas un jour ne se passe sans que Laurent Fabius, Lionel Jospin et, dans une moindre mesure, Dominique Strauss-Kahn se relaient pour distribuer les coups anti-Royal, mais par le biais d'une procuration au nom du numéro 1 du PS.
Ce soir, comme la semaine passée, les amis de Fabius vont remettre sur le tapis du bureau national du PS la question de l'organisation des débats de la campagne interne, qui s'ouvrira le 3 octobre. Satisfait à juste titre de sa prestation lors du grand oral organisé à Lens devant les militants de la fédération du Pas-de-Calais, le député de Seine-Maritime réclame la tenue de huit débats entre les candidats (lire ci-dessous). Surtout, il met régulièrement en cause l'organisation même du vote militant des 16 et 23 novembre. Ce week-end, dans le Journal du dimanche, il a estimé que «les conditions d'une désignation loyale ne sont pas réunies». Dans la ligne de mire des fabiusiens : l'arrivée massive de nouveaux militants via la campagne d'adhésion organisée au printemps sur l'Internet, ainsi que le penchant très royaliste des «grosses fédérations». Derrière ces deux accusations, un seul et même constat : Hollande roule pour sa compagne.

«Vote au canon»

Le porte-parole du PS Julien Dray, désormais rangé derrière Royal, a répondu hier qu'il n'y avait pas «des adhérents de première zone et de deuxième zone». Il a précisé que, pour voter, les nouveaux venus devaient «être répertoriés», c'est-à-dire avoir pris un contact avec leur fédération. Hollande brandit, lui, comme «une fierté» l'arrivée de plus de 80 000 adhérents. A propos des grosses fédérations, le fabiusien Claude Bartolone n'en revient toujours pas que Georges Frêche ait pu annoncer, la semaine dernière, que sa fédération de l'Hérault «va amener à Royal 85 % des adhérents». «C'est bien la preuve que nos inquiétudes sur la transparence sont justifiées», plaide le député de Seine-Saint-Denis.
L'entourage de Hollande répond que «le vote au canon» qui prévaut souvent lors d'un congrès ne fonctionne pas lors d'un scrutin de désignation comme celui-là. Et prend en exemple la primaire de 1995 avec le premier secrétaire de l'époque, Henri Emmanuelli, soutenu par Laurent Fabius, battu à l'arrivée par Lionel Jospin. Surtout, le rappel au respect des règles par les fabiusiens, qui avaient transgressé en 2005 le vote des militants sur la Constitution européenne, laisse «de marbre» la rue de Solférino : le premier secrétaire n'acceptera «aucun procès d'intention de la part de Laurent Fabius». Un autre hollandais, qui note que le député de Seine-Maritime lors du congrès du Mans, en novembre, avait déjà contesté les résultats, prévient : «Fabius disqualifie le vote par avance parce qu'il sait qu'il a perdu.» 

«Tohu-bohu».

Les piques de Lionel Jospin pointent davantage la manière dont Hollande n'a pas exercé ses prérogatives de premier secrétaire. «Quelque chose n'a pas été préparé», a-t-il récemment déclaré pour s'étonner du «tohu-bohu» actuel. Visé : son successeur à la tête du parti, qui, en ne s'imposant pas depuis 2002, a laissé faire «le surgissement d'un phénomène médiatique», alias Royal. L'angle d'attaque jospinien : la démocratie d'opinion qui porte la candidature de la députée se fait au mépris du parti. Hollande n'assumant pas son rôle de rempart, Jospin est obligé d'endosser les habits du commandeur.
Le patron du PS réplique que c'est un comble de lui reprocher de n'avoir jamais voulu «transformer le PS en écurie hollandaise», mais d'avoir à l'inverse toujours «veillé» à n'interdire aucune candidature, celles de Jospin ou Fabius comprises. Un de ses amis: «Ce qui ne leur plaît pas, c'est de ne pas être en situation. Hollande a joué la carte du rassemblement en repoussant le choix du candidat. Aucun prétendant n'en a profité.» Et d'ajouter, en pensant à la poussée Royal : «Mais personne ne peut dire qu'il ne s'est rien passé depuis un an.» 
L'ultime mise sous pression est venue dimanche du leader du NPS, Henri Emmanuelli, qui a appelé Hollande à «renverser la table» en se déclarant candidat. Sans écarter cette hypothèse, Stéphane Le Foll, le directeur de cabinet de François Hollande, a indiqué hier sur BFM qu'une candidature du patron du PS «ne peut pas être une candidature supplémentaire». Hollande croit-il vraiment pouvoir rassembler «DSK», Jospin, Lang et Royal derrière son panache blanc au nom du «rassemblement» ? Il a prévu d'ici à demain de revoir tout le monde, «sauf Fabius», qui a de toute façon indiqué hier soir qu'il annoncerait officiellement sa candidature dimanche. «Si on veut se rassembler autour du premier secrétaire, c'est encore possible», confiait hier Hollande. Qui ajoutait à l'adresse des autres candidats : «Chacun doit prendre ses responsabilités.» Et lui les siennes.


http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/206802.FR.php

par Paul Quinio publié dans : Libération

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