Dimanche 31 décembre 2006

Je suis très heureuse de vous présenter tous mes voeux pour cette année 2007 d'abord pour vous, pour vos proches, pour tous ceux qui vous sont chers, pour que cette année vous apporte encore plus de bonheur que l'année qui vient de se terminer

par Segolene-Video.org publié dans : Daylimotion
Dimanche 31 décembre 2006
Temaru va battre campagne pour Ségolène Royal

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/225906.FR.php

 

Tong Sang, le président flossiste, doit faire face à des disputes au sein de sa coalition. Ce qui augure mal de la stabilité promise.
C'est déjà la foire d'empoigne. Elu mardi à la présidence de la Polynésie, Gaston Tong Sang doit déjà affronter les sautes d'humeur de ses partenaires de la "plateforme autonomiste" pour la composition de son gouvernement. Le nouvel homme fort de Tahiti a présenté hier son équipe de quinze membres. Comme prévu, les "îliens", ces représentants des archipels éloignés qui font et défont les majorités, ont obtenu la vice-présidence et trois ministères. Le Tahoeraa Huiraatira, le parti de Gaston Flosse et de Tong Sang, sept ministères. Rautahi et le Ai'a Api, deux petits partis autonomistes, deux maroquins. En revanche, le Fetia Api, une formation proche de l'UDF qui a voté en faveur du renversement de Temaru, a décliné l'invitation.

Esclandres

Les tractations ont duré jusqu'à la dernière minute, chacun tirant la couverture à soi. Mardi soir, quelques heures après l'élection de Tong Sang et deux jours avant la nomination officielle du gouvernement, les "îliens" prenaient possession de "leurs" ministères devant les caméras. Il n'en fallait pas davantage pour que le Ai'a Api, un parti dirigé par Emile Vernaudon et Hiro Tefaarere, des habitués des coups de force et des esclandres, monte au créneau. "Il faut que le président du pays sanctionne une attitude désobligeante et irrespectueuse, non seulement à son encontre, mais aussi de tous les partenaires de la plate-forme autonomiste", a lancé jeudi Hiro Tefaarere. Sinon, a-t-il menacé, "le Ai'a Api ne se sent pas du tout lié, ni concerné, par la formation du gouvernement, et on ne voit pas l'intérêt pour nous, toujours dans ces conditions, d'y participer". Ambiance.
Finalement, après deux jours de nouvelles discussions à couteaux tirés, Tong Sang a réussi à satisfaire tout le monde. Reste que la stabilité qu'il avait promis de ramener le jour de son élection apparaît déjà comme un leurre. Et alors qu'il reprochait à son prédécesseur, l'indépendantiste Oscar Temaru, d'avoir marchandé le soutien des "îliens" à sa majorité à coups de ministères et de présidences de conseils d'administration, il en est réduit à faire la même chose.
De leur côté, Temaru et ses troupes digèrent leur défaite. Si certains avaient craint une réaction violente après le renversement, il n'en a rien été. "Nous n'avons jamais été en faveur d'une déstabilisation du pays. Nous préférons essayer d'informer l'électorat pour qu'il nous fasse confiance, comme en 2004 et 2005", a expliqué le dauphin officieux de Temaru, Tony Geros.

Renvoi d'ascenseur

Avril 2007, c'est le nouvel objectif de l'opposition. Temaru va battre campagne pour soutenir Ségolène Royal. Si la candidate socialiste est élue, il espère un renvoi d'ascenseur, c'est-à-dire une dissolution de l'assemblée. "Si l'instabilité persiste, il n'y a pas d'autre solution que de retourner aux urnes. Mais cette décision ne peut être prise qu'à Paris, en coulisses. Or, si Ségolène Royal est élue, on aura plus de chances d'être dans la confidence des dieux", a confié Tony Geros. Vu les premières difficultés de Tong Sang à constituer son équipe, l'hypothèse semble crédible.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/225906.FR.php

par Christian Le Goff publié dans : Libération
Samedi 30 décembre 2006
A quelques jours de ses vœux et de son départ pour la Chine, la candidate socialiste revient sur l’année 2006

http://www.lejournaldudimanche.fr/pdf/journal_pdf.php?nummag=3129

 

Quels sentiments suscite en vous la pendaison, samedi à l’aube, de Saddam Hussein ?
Un sentiment indéfinissable de dégoût. Je suis opposée à la peine de mort, fût-ce pour un dictateur abominable. De plus je m’interroge. Quel retentissement profond vont avoir sur une partie de la population irakienne les images de cette exécution diffusées dans le monde entier ? C’est ajouter l’humiliation à la honte. Il ne faudrait pas que la manipulation de ces images finisse par créer un sentiment de solidarité avec un dictateur dont les actes sont définitivement indéfendables.
La rencontre initialement prévue, hier soir, au bord du canal Saint-Martin avec les Enfants de Don Quichotte s’est, finalement, transformée en entretien téléphonique pour éviter les journalistes. Le regrettez-vous ?
Il avait été clairement convenu entre nous que cette rencontre se ferait sans la presse. Je ne voulais pas que la présence de caméras et d’appareils photo heurte la dignité des sans-domicile fixe installés là-bas. C’est l’association les Enfants de Don Quichotte qui, un peu par hasard, a informé, dans l’aprèsmidi, le correspondant de l’AFP, présent sur place, de ma venue.
Probablement n’imaginait-elle pas que cette visite susciterait une telle affluence médiatique. Mais ce qui compte, c’est que nous ayons finalement pu nous parler longuement, à trois reprises par téléphone, et faire calmement un point approfondi.

Le président de l’association, Augustin Legrand, a évoqué votre position en faveur d’un "plan Marshall pour les SDF"…
C’est une expression. Mais il est insupportable que, en 2006, il y ait tant de gens qui dorment dans la rue. C’est d’autant plus révoltant que c’est la même chose tous les ans. Chaque hiver, on fait mine de découvrir un problème qu’on s’empresse d’oublier dès le printemps venu. Et les annonces tonitruantes que le gouvernement a improvisées dans l’urgence n’y changent rien. La question de l’hébergement d’urgence se pose, c’est évident. Mais plus largement, il faut un vaste plan pour lutter contre la précarité.
Que la grande pauvreté existe encore dans un pays comme le nôtre, voilà le scandale ! D’autant plus que, en face de ces très nécessiteux, il y a ceux qui engrangent toujours plus de rendement, de profit, de stock-options.

Ferez-vous de la lutte contre la précarité un enjeu de votre campagne présidentielle ?
La droite a fait de la précarité un principe. Par son discours fermé, individualiste, elle ne cesse de prôner le "chacun pour soi". Et il a fallu le rejet violent contre le CPE pour qu’elle marque un coup d’arrêt à cette logique impitoyable. Mais la France peut retrouver confiance en elle.
Se reconstruire. Chaque citoyen a son rôle à jouer dans ce redressement. Il faut changer d’état d’esprit. Aujourd’hui, les Français se sentent seuls, abandonnés par une puissance publique qui n’assume plus ses missions de sécurité et de protection. Ils ont peur de la précarité. La peur tétanise, incite à l’inaction, au repli sur soi. Une campagne présidentielle est un formidable moment pour modifier l’image du pays et lui redonner de l’énergie.

Jetez-vous un regard positif sur l’avenir ?
Il n’y a pas de fatalité. Je refuse, de toutes mes forces, l’idéologie du déclin. La France peut se remettre d’aplomb très vite si elle le décide et si nous, responsables politiques, l’y encourageons. Je veux aider les Français à retrouver les valeurs fondamentales qui les font tenir et avancer ensemble.
Le "ciment de la nation", ce n’est pas qu’une expression ! C’est une force.
A bâtir, solidairement.

L’année 2006 qui s’achève aura été extraordinaire pour vous à plus d’un titre. Quelle histoire !
C’est vrai, quelle histoire ! C’est une aventure extraordinaire mais qui me donne des obligations. Je sens au travers de mes contacts quotidiens avec les Français que j’incarne à leurs yeux un espoir. Mais c’est une responsabilité énorme. Je ne veux pas, je ne dois pas décevoir.
C’est à moi de prouver que je suis à la hauteur de cette attente. En m’accordant ainsi leur confiance, les Français me font un magnifique cadeau. Je me dois de leur rendre ce présent en leur donnant envie d’avoir envie d’avenir.

Avez-vous souffert de la violence des attaques qui ont, parfois, été portées contre vous ?
De la part de mes adversaires, ce ne fut pas une surprise. Ce fut plus rude quand il s’est agi de mes amis. Le débat interne qui a secoué le PS a été âpre. Plus que je ne le pensais. Ce fut un choc : j’avoue que je ne m’attendais pas à cette brutalité. Mais tout ça est derrière nous. N’y revenons plus.
Je ne suis pas du genre à regarder en arrière, ni à ressasser le passé. Je préfère préparer l’avenir. Il y a encore tant à faire !

Sentez-vous aujourd’hui le PS soudé derrière vous ?
Oui, vraiment, et c’est une bonne surprise. Je ne sens plus, aujourd’hui, les réticences, les moqueries, les dénigrements que je sentais encore au moment de mon investiture. Je n’entends plus les "Pourquoi elle ? Comment ça se peut ?". Les arrièrepensées se sont évanouies, le climat s’est apaisé, place au travail.
Tout le monde est bienvenu pour travailler avec moi, dans la loyauté et la fidélité. Je ne suis pas dans des logiques d’élimination ni de contrainte, au contraire.
Le rassemblement doit être total.
Mais je n’ai pas d’inquiétude : il est acquis que je garderai ma liberté d’action, mon autonomie, tout en prenant appui sur le parti.
Il y a le rôle de la candidate et le rôle du parti. Peu importe si, parfois, il y a de légères divergences, chacun est dans sa fonction. Ce qui compte c’est que, au bout, nous soyons d’accord sur le projet présidentiel que je prépare.

Vous partez, en Chine, jeudi prochain pour cinq jours. On dit que ce sera votre seul grand déplacement pendant cette campagne.
On verra. Cela dépendra des événements et des circonstances, je ne ferme rien. Aller en Chine était une priorité. C’est en Chine que les mutations sont les plus fortes, les interrogations sur l’avenir les plus vives. J’y vais pour comprendre ce qui se passe, tisser des liens avec les responsables chinois. Les Chinois me facilitent d’ailleurs grandement l’organisation de ce voyage même si, pour l’instant, je ne veux pas en dire plus, car ils tiennent à la confidentialité. La Francela Chine.
Nous avons beaucoup de retard sur les Allemands, qui exportent trois fois plus que nous. Pourquoi ? Nous ne devons pas craindre une Chine qui se développe.
A l’échelle de la planète, ce qui est plus inquiétant c’est une Afrique qui ne se développe pas.
doit accompagner plus qu’elle ne le fait l’émergence de

Votre récent voyage au Liban, à Gaza et en Israël, a été violemment critiqué ; ne craignez-vous pas que cela recommence?
Ce voyage n’a pas été une seule fois contesté sur place, que ce soit au Liban, à Gaza, ou en Israël. Les seules polémiques, subalternes, malhonnêtes, décalées sont venues de l’UMP. Mais c’est dérisoire. Ce qui m’importe, c’est d’avoir conquis la confiance de ceux que j’ai rencontrés là-bas. J’ai bien compris les points de vue en présence sans donner de leçons. Sans juger de façon péremptoire. Ce qui permettra, demain, je l’espère, d’aider au processus de paix.

http://www.lejournaldudimanche.fr/pdf/journal_pdf.php?nummag=3129

par Virginie Le Guay publié dans : Le journal du Dimanche
Vendredi 29 décembre 2006
le président de l'UMP
affronte une adversaire redoutable

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20061227.FAP4006/2006_lannee_royal.html

 

Ses détracteurs auront attendu toute l'année que le phénomène s'essouffle. Loin de s'effondrer, Ségolène Royal s'est imposée en 2006 comme la première femme sérieusement en mesure d'accéder à l'Elysée et tient désormais la dragée haute à un Nicolas Sarkozy qui ne parait plus intouchable.

Le 8 janvier, la présidente de la région Poitou-Charentes déclenchait encore les sarcasmes en snobant les cérémonies de commémoration du dixième anniversaire de la mort de François Mitterrand à Jarnac. Elle préférait aller soutenir au Chili la candidate socialiste à la présidentielle Michelle Bachelet, inaugurant ainsi le style qui fera son succès: afficher sa différence.

Quelques mois plus tard, ses adversaires ne riaient plus du tout: après avoir tenté un retour, Lionel Jospin devait se retirer piteusement de la course, tout comme Jack Lang. Candidats dans le cadre de la primaire socialiste, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont été balayés: le 16 novembre, Mme Royal a été désignée à plus de 60% candidate des socialistes à la présidentielle. L'incapacité de l'extrême gauche à s'entendre autour d'une candidature commune a été en décembre une autre bonne nouvelle pour Mme Royal.

Sa désignation est un coup dur pour Nicolas Sarkozy: chantre de la "rupture" depuis 2002 -devenue "rupture tranquille" depuis sa déclaration officielle de candidature le 29 novembre-, le président de l'UMP affronte une adversaire redoutable. D'autant plus que 2006 n'a pas été simple pour le ministre de l'Intérieur.

L'année avait pourtant bien commencé, avec l'enterrement politique de son plus sérieux rival à l'UMP: Dominique de Villepin. Le 28 février, entre un et trois millions de personnes manifestaient en France contre le contrat première embauche (CPE), bébé du Premier ministre. Devant cette mobilisation, le président Jacques Chirac devait annoncer l'abandon du projet.

Dans la foulée éclatait en avril l'affaire Clearstream, alimentant à l'encontre de M. De Villepin les soupçons de manipulation destinée à déstabiliser Nicolas Sarkozy. Affaibli, le Premier ministre affrontait en juin une fronde sans précédent de sa majorité contre le projet de fusion entre GDF et Suez. Lancée en février par le chef du gouvernement, cette initiative subira d'ailleurs un nouveau revers lorsque le Conseil constitutionnel statuera en novembre que la privatisation de Gaz de France ne pourrait avoir lieu avant juillet 2007. Au risque que le prochain gouvernement remette en cause l'opération.

L'affaiblissement du Premier ministre n'arrange pas que Nicolas Sarkozy. François Bayrou, qui a fait de la critique du gouvernement son fonds de commerce, a radicalisé son opposition en votant le 16 mai une motion de censure socialiste. Le président de l'UDF s'est déclaré candidat à la présidentielle le 2 décembre.

Les choses vont se compliquer pour M. Sarkozy mi-2006. Déjà empêtré dans le dossier des régularisations de familles d'enfants sans papier, il perd des points en juillet lorsque, après une opération policière contre un squat géant à Cachan, en banlieue parisienne, quelque 400 squatteurs se réfugient dans un gymnase mis à leur disposition par la mairie. Après des mois d'impasse, le conflit ne sera résolu qu'en octobre.

Parallèlement, Nicolas Sarkozy est critiqué après de nouvelles violences dans les banlieues. Le 19 septembre, deux CRS sont tabassés et sérieusement blessés alors qu'ils patrouillaient dans le quartier de la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne). Le 28 octobre, Mama Galledou, une étudiante de 26 ans, sera grièvement brûlée à Marseille dans l'incendie d'un bus par un groupe d'adolescents.

Le ministre d'Etat réplique en dénonçant un laxisme des magistrats face à la délinquance, provoquant la colère des intéressés. Il durcit aussi les lois sur l'immigration et fait voter un nouveau texte anti-délinquance.

Le 16 novembre, il laisse percer une certaine fébrilité en s'en prenant brutalement à la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui laisse planer le doute sur son éventuelle candidature à la présidentielle. L'incident, qui lui vaut une volée de critiques, montre que l'affrontement n'a jamais réellement cessé entre sarkozystes et chiraquiens. Jacques Chirac s'est d'ailleurs bien gardé en 2006 d'exclure une nouvelle candidature à l'élection présidentielle.

Pour autant, Nicolas Sarkozy n'a pas dit son dernier mot: il bénéficie toujours d'une confortable popularité et entend bien, à défaut d'avoir été l'homme de l'année 2006, être celui de 2007.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20061227.FAP4006/2006_lannee_royal.html

Jeudi 28 décembre 2006

Le maire autonomiste de Bora Bora, proche du tout-puissant sénateur UMP Gaston Flosse, revient sur les conditions de son élection

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=8038

 

Le 26 décembre, l'Assemblée de la Polynésie française a élu président de ce "pays d'outre-mer" Gaston Tong Sang, maire autonomiste de Bora Bora, au second tour par 31 voix, contre 26 à l'indépendantiste Oscar Temaru. Ce dernier avait été renversé le 13 décembre par un vote de censure après deux ans de pouvoir.
Gaston Tong Sang, nouveau président de la Polynésie française.

Agé de 57 ans, Tong Sang, un homme d'origine chinoise et issu d'un milieu très modeste, est un proche de l'ancien président et sénateur UMP Gaston Flosse. Membre du parti Tahoeraa Huiraatira de Flosse, Tong Sang a été à plusieurs reprises nommé ministre au sein de l'exécutif local.

Son élection à la présidence s'est jouée en deux temps. Le 13 décembre, une motion de censure de l'Assemblée de Polynésie a renversé le président sortant Temaru. Elu en mai 2004, ce dernier avait déjà été mis en minorité en octobre 2004 mais avait retrouvé son siège grâce à une alliance avec les deux élus centristes du Fetia Api, dirigé par le président de l'Assemblée, Philip Schyle. Le 26 décembre, celui-ci a finalement voté pour l'autonomiste Tong Sang, scellant en partie la défaite de Temaru.

Quel regard portez-vous sur votre élection ?

La majorité qui s’est dégagée autour de mon élection correspond parfaitement aux suffrages exprimés lors du renouvellement de l’assemblée de Polynésie française de mai 2004 et février 2005. On avait vu arriver à la tête du Pays un indépendantiste, Oscar Temaru, élu grâce à l’apport des voix d’autonomistes car il ne disposait pas de majorité ni en suffrages exprimés, ni en nombre de sièges. La plateforme autonomiste qui a permis mon élection est donc bien le reflet des suffrages exprimés dans les urnes. Les autonomistes ont su se rassembler autour de ma personne et surtout autour des idées qui nous ont mobilisés: redresser la situation économique et sociale, car le gouvernement a échoué sur ces questions, et lutter contre les propos xénophobes de M. Temaru vis-à-vis des Polynésiens venus de métropole. C’est ce point qui a provoqué la marche arrière des autonomistes qui s’étaient tout d’abord rallié à lui.

Pour l’instant, vous ne souhaitez donc pas renouveler l’Assemblée ?

Si l’instabilité politique persiste, il faudra revenir devant les urnes, mais en modifiant au préalable la loi électorale. Tout le monde s’acorde à dire que si aucune liste n’a pu obtenir une majorité claire, c’est à cause de cette fameuse prime majoritaire. Puisque celle-ci n’a pas produit l’effet attendu - donner une majorité confortable - il convient de revenir à une proportionnelle sans prime.

Cela fait partie du contrat passé avec Philip Schyle (le Président de l’Assemblée, qui a voté pour Gaston Tong Sang après avoir soutenu Oscar Temaru) ?

Tout à fait. Philip Schyle a accepté l’idée de modifier en priorité le mode de scrutin et, une fois ce changement acquis, de procéder à une dissolution de l’Assemblée si l’instabilité persiste. C’est l’engagement que j’ai pris avec lui.

Quand pourrait avoir lieu cette réforme du mode de scrutin ?

Nous ne maîtrisons malheureusement pas ce calendrier qui dépend du gouvernement central, de l’Assemblée nationale et du Sénat. La réponse est à Paris.

Mais il est demandé aux élus polynésiens de s’exprimer sur ce sujet et si possible de dégager un consensus. Je vais donc réunir l’assemblée de Polynésie en session extraordinaire sur la question et saisir ensuite le gouvernement d’une demande de modification du mode de scrutin. Le projet de loi sur l’Outre-mer, qui doit passer à l’Assemblée nationale en janvier prochain, ne concerne pas la Polynésie mais il pourrait accueillir un amendement sur le mode de scrutin aux élections à l’Assemblée de Polynésie.

Quel type d’autonomie prônez-vous ?

Celle prévue dans les statuts de 2004, obtenus grâce au président Flosse. L’Etat ne garde que les compétences régaliennes: défense, monnaie et justice. Le reste des compétences reviennent au Pays, notamment dans les domaines économique, social et culturel. C’est une autonomie tout en restant dans l’ensemble français: nous partageons les mêmes valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité.

Faut-il élargir les compétences du pays Polynésie ?

Non, je pense qu’on a atteint aujourd’hui un niveau de délégation des compétences suffisamment important. Il nous appartient plutôt de bien utiliser ces délégations, de les exercer pleinement. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire.

Que comptez-vous faire pour relancer l’économie polynésienne ?

Beaucoup acteurs économiques ont pratiquement cessé d’investir dans ce pays, compte tenu de la dégradation du climat social et de la propagande répétée en faveur de l’indépendance de M. Temaru. On assiste même à une fuite des investisseurs vers la Nouvelle-Calédonie et nous ne vivons que sur des chantiers en voie d’achèvement. Il y a peu de perspectives d’avenir, le commerce et la consommation tournent au ralenti. Début 2006, le gouvernement Temaru a pris des mesures fiscales, des hausses de taxes, qui ont fait flamber les prix. Le taux d’inflation est à son niveau le plus élevé depuis 20 ans: on dépasse les 4,5%.

En quoi votre arrivée va-t-elle changer les choses ?

Il faut redonner confiance aux investisseurs. On ressent déjà un soulagement général dans la population, un climat beaucoup plus apaisé. De même, Oscar Temaru n’a pas arrêté d’agresser l’Etat, les relations sont devenues tendues, voire inamicales. Du coup, les dossiers des contrats de développement sont au point mort. M. Temaru a même manqué de politesse en ne se rendant pas aux rendez-vous fixés avec le président de la République. C’est du jamais vu.

Votre élection marque-t-elle un renouvellement des générations au sein de la plateforme autonomiste ?

Oui, je pense qu’on verra de nouvelles têtes aux postes de ministre. J’essaie de refléter la diversité de la famille des formations politiques autonomistes.

Vous situez-vous dans la continuité de l’action de Gaston Flosse ?

Nous visons le même objectif de développement et de croissance économique, de mise en valeur de notre culture et de nos traditions. C’est peut-être la méthode qui diffère: la mienne est plus participative, en partageant un peu plus le pouvoir, en faisant participer d’autres formations. Surtout, je tiens des propos moins agressifs, plus respectueux vis-à-vis des partis de l’opposition. Je veux ramener un peu de sérénité et de calme. Nous en avons besoin ici.

Que va faire Gaston Flosse ?

Il continue à exercer ses fonctions de sénateur. Il est toujours représentant à l’Assemblée de Polynésie, il reste donc très présent dans la vie politique locale. Il m’a donné carte blanche pour agir, d’abord pour mener la motion de censure contre Oscar Temaru, puis pour l’élection de président de la Polynésie française.

 

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=8038

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