Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /2006 22:57
Etrillée pour avoir vanté les mérites de Tony Blair, le chef du gouvernement britannique, Ségolène Royal l'est aujourd'hui sur l'UDF

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-773768@51-749161,0.html

Les propos de deux de ses partisans, Gérard Collomb et Julien Dray, qui n'excluent pas, à terme, un rapprochement avec François Bayrou, ont soulevé de nombreuses réactions au PS. Au point que Ségolène Royal et François Hollande, cités par l'AFP jeudi 18 mai, ont fait l'un et l'autre une mise au point.
"Si Bayrou veut rejoindre le PS, on ne va pas lui dire non
, a réagi la présidente PS de la région Poitou-Charentes. Mais la mission des socialistes, et la seule logique politique, c'est le rassemblement de la gauche."

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a, lui, assuré que son parti restait ferme sur sa "stratégie de rassemblement de la gauche". "Nous travaillons avec les Verts, les radicaux de gauche, les communistes s'ils le souhaitent, à une plate-forme commune pour les législatives de 2007", a-t-il souligné.

Mercredi, au lendemain du vote par le président de l'UDF de la motion de censure contre le gouvernement, Julien Dray, porte-parole du PS, avait estimé sur i-télé qu'"à ce stade", il n'était pas envisageable, pour les socialistes, de gouverner avec le centre, mais que, "dans le cadre d'un repositionnement politique, tout est ouvert". Le maire de Lyon avait aussi abondé dans ce sens.

Aussitôt, les adversaires de Ségolène Royal, candidate potentielle du PS en 2007, sont montés au créneau. Dans un texte intitulé "Un doute Royal", le député de Paris , Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, dénonce la tentation "de forger un deuxième centre". Chez les fabiusiens, la députée européenne Marie-Noëlle Lienemann se dit "scandalisée" par les propos de M. Dray. "Le PS, dit-elle, doit repousser avec force toute alliance avec le centre aujourd'hui et demain. (Il) doit rejeter à la fois le spectre de la troisième force (alliance avec les centristes) et de la troisième voie (politique de M. Blair)."

Dans un entretien aux Echos, vendredi, Ségolène Royal prend ses distances avec M. Blair. Son "absence de réaction fait peur", dit-elle à propos de la fermeture d'une usine Peugeot de 2 300 salariés en Grande-Bretagne. Elle précise aussi sa vision de l'économie. Partisane d'un "bon deal" pour succéder au "vieux compromis fordien mort" depuis longtemps, Ségolène Royal propose de "nouvelles sécurités" pour les salariés entre deux emplois, avec des formations "adaptées" et un accompagnement personnalisé, à l'image de ce qui se fait en Scandinavie : "Plutôt que l'obsession de démanteler le droit du travail, voilà le type de nouvelle donne dont nous pourrions nous inspirer."

               http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-773768@51-749161,0.html

Par Isabelle Mandraud - Publié dans : Le Monde
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