

"Ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble ..."
Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain président de la République d’accomplir sa mission au service de tous les Français.
Je remercie du fond du coeur les près de 17 millions d’électeurs, de citoyens, de citoyennes, qui m’ont accordé leur confiance. Je mesure leur déception et leur peine. Mais je leur dis que quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas. J’ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous.
Je remercie tous les militants qui ont porté ce grand moment démocratique. Bien sûr les militants socialistes mais aussi tous les autres militants de la gauche et de l’écologie, ceux de Désirs d’avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement.
Gardons intactes l’énergie et la joie de l’immense rassemblement populaire vibrant de ferveur qui m’ont accompagnée tout au long de cette campagne, ici et dans les outre-mers.
J’ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la gauche. La forte participation traduit un renouveau de notre démocratie, et notamment pour les jeunes, partout dans le pays et en particulier dans les quartiers, qui se sont massivement inscrits pour voter. Bravo à tous ces jeunes pour cet engagement civique qui rappelle à la République le devoir de respect et d’égalité qu’elle a envers eux.
Ce que nous avons commencé ensemble nous allons le continuer ensemble. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures.
Je serai au rendez vous de ce travail indispensable et j’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais. Mon engagement et ma vigilance seront sans faille au service de l’idéal qui nous a rassemblé et nous rassemble et qui va, j’en suis sûre, nous rassembler demain pour d’autres victoires.
Gardez confiance. Gardez intact votre enthousiasme, restez mobilisés. D'autres rendez-vous démocratiques nous attendent. Et je continue le combat commencé avec vous. Ce que nous avons entrepris pour la France portera ses fruits, j'en suis sûre. Ensemble nous ferons vivre l'espérance. C'est ma conviction de femme de gauche et de progrès. Vive la République, Vive la France.
Soutiens polynésiens
à
Ségolène Royal
pour la refondation
du parti socialiste
Ségolène Royal a gagné la première manche et l'a même gagnée haut la main
http://www.liberation.fr/page.php?Article=390059
Elle ne bénéficiait au départ d'aucun appui dans le parti
D'aucun courant, d'aucun réseau, d'aucune écurie présidentielle, d'aucune sympathie particulière au sein de l'appareil. Les principaux dirigeants à l'exception notable de François Hollande, qui savait mieux qu'eux qui elle était vraiment la regardaient avec condescendance, scepticisme et même irritation. Que venait-elle faire subitement dans la cour des grands où elle n'avait pas été invitée ? Elle ne pouvait faire valoir aucune légitimité personnelle, elle n'avait aucun titre d'aucune sorte à mettre en avant. Laurent Fabius a occupé toutes les fonctions qui préparent à un destin national, Dominique Strauss-Kahn a été le plus brillant et le plus moderne ministre des Finances que la gauche ait jamais eu (Jacques Delors ayant dû consacrer la moitié de son temps à neutraliser les pulsions malavisées de ses collègues du gouvernement), Jack Lang incarne le pouvoir heureux, François Hollande accumule l'expérience et le statut d'un premier secrétaire en place depuis neuf ans et dont l'habileté comme le talent ne sont plus à démontrer. Sur son Aventin, Lionel Jospin est regardé par tous comme un homme d'Etat. Ségolène Royal, qui n'a occupé que des fonctions ministérielles de second rang, n'a rien
Et cependant, elle a réussi la percée dans l'opinion la plus impressionnante depuis 2002
Elle s'est hardiment et intelligemment servie de ce prestige tout neuf comme d'un levier l'imposant parmi les prétendants socialistes et même, pour l'instant, l'installant en tête de leur petite escouade. Cette irruption fracassante a des racines : depuis le triomphe impromptu du PS aux élections régionales de 2004, à l'occasion desquelles elle a été élue à la présidence de Poitou-Charentes, Ségolène Royal n'a cessé de figurer dans le quatuor des socialistes les plus populaires, en compagnie
La question est maintenant de savoir si la personnalité politique la plus populaire
Ségolène Royal s'est montrée jusqu'ici très habile, depuis le choix du moment pour surgir jusqu'au terrain sur lequel elle a su entraîner ses concurrents : l'image, d'abord et longuement, puis le message sur des thèmes soigneusement sélectionnés (l'autorité, la sécurité, l'ordre juste), d'inspiration manifestement et attentivement néoblairiste. L'originalité de Ségolène
Jean Daniel, le Nestor de la gauche réformiste, va jusqu'à proclamer qu'il l'écoute désormais avec cette attention particulière qu'il réservait à Pierre Mendès France, François Mitterrand ou Lionel Jospin. C'est presque ce qui s'appelle un sacre
A ceci près que, désormais, le PS a choisi un projet qui s'impose à tous les prétendants et que ceux-ci vont devoir changer d'exercice et de méthode : au lieu de se différencier pour s'imposer, ils devront se comparer pour se distinguer. En clair, même si le projet adopté par le bureau national et que les militants vont ratifier ne constitue pas les Tables de la Loi et ne se métamorphosera pas en constitution impérieuse, il implique cependant une stratégie claire et des options précises. Les candidats à la candidature vont donc devoir passer des figures libres aux figures imposées. Le poids de leurs images et de leurs profils personnels ne va pas disparaître pour autant, mais ils devront interpréter chacun à sa façon une musique commune. On passe de la liberté de mouvement à une gymnastique de la comparaison.
Ségolène Royal devra s'inspirer comme les autres d'un texte de surcroît parrainé par François Hollande et s'astreindre aux règles d'une concurrence organisée
Une campagne de trois mois s'ouvrira dès les journées de La Rochelle à la fin du mois d'août. Elle atteindra son summum lors de trois débats thématiques mis sur pieds entre ceux et celles qui se seront déclarés officiellement candidats à
Seuls électeurs ? C'est là où tout se jouera durant ce second set.
Face à Ségolène Royal, y aura-t-il regroupement des présidentiables derrière l'un d'eux (Dominique Strauss-Kahn ?), irruption d'un fédérateur (Lionel Jospin ?), percée d'un prétendant s'affirmant par la force de son envergure ? Ou bien l'incomparable popularité de Ségolène Royal fera-t-elle sauter toutes les écluses, entraînant irrésistiblement les militants derrière celle qui devrait alors affronter Nicolas Sarkozy dans un duel cruel qui ne s'arrêterait pas au premier sang ?
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