

"Ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble ..."
Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain président de la République d’accomplir sa mission au service de tous les Français.
Je remercie du fond du coeur les près de 17 millions d’électeurs, de citoyens, de citoyennes, qui m’ont accordé leur confiance. Je mesure leur déception et leur peine. Mais je leur dis que quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas. J’ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous.
Je remercie tous les militants qui ont porté ce grand moment démocratique. Bien sûr les militants socialistes mais aussi tous les autres militants de la gauche et de l’écologie, ceux de Désirs d’avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement.
Gardons intactes l’énergie et la joie de l’immense rassemblement populaire vibrant de ferveur qui m’ont accompagnée tout au long de cette campagne, ici et dans les outre-mers.
J’ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la gauche. La forte participation traduit un renouveau de notre démocratie, et notamment pour les jeunes, partout dans le pays et en particulier dans les quartiers, qui se sont massivement inscrits pour voter. Bravo à tous ces jeunes pour cet engagement civique qui rappelle à la République le devoir de respect et d’égalité qu’elle a envers eux.
Ce que nous avons commencé ensemble nous allons le continuer ensemble. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures.
Je serai au rendez vous de ce travail indispensable et j’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais. Mon engagement et ma vigilance seront sans faille au service de l’idéal qui nous a rassemblé et nous rassemble et qui va, j’en suis sûre, nous rassembler demain pour d’autres victoires.
Gardez confiance. Gardez intact votre enthousiasme, restez mobilisés. D'autres rendez-vous démocratiques nous attendent. Et je continue le combat commencé avec vous. Ce que nous avons entrepris pour la France portera ses fruits, j'en suis sûre. Ensemble nous ferons vivre l'espérance. C'est ma conviction de femme de gauche et de progrès. Vive la République, Vive la France.
Soutiens polynésiens
à
Ségolène Royal
pour la refondation
du parti socialiste
Dans le temps présent, c'est une relation d'amitié qui s'est nouée entre nous
Discours de Ségolène Royal lors de la visite d'Oscar Temaru
à la fête de la Musique en Poitou-Charentes le 21 juin 2006
Monsieur le Président, Cher Oscar,
Je suis très heureuse de t'accueillir à l'occasion de la Fête de la Musique dans notre Région où nous aurons le plaisir de découvrir tout à l'heure deux groupes de danseurs et de danseuses qui nous donneront un aperçu de cet art si vivace et de la riche culture polynésienne.
Ce sera un beau moment de fête partagée. Ce ne fut pas toujours le cas.
J'ai appris, à l'occasion de ta venue, qu'au 19ème siècle, la danse traditionnelle polynésienne fut, avec la pratique de la langue polynésienne et du tatouage, sévèrement interdite
Par des Occidentaux qui non seulement n'en comprenaient pas la signification mais plaquèrent, sur cette forme majeure d'expression du peuple polynésien, les schémas étroits et les puritanismes de leur ethnocentrisme arrogant. Interdiction de danser, puis limitation à quelques heures et quelques lieux obligés, réglementation tatillonne s'immiscant à tort et à travers dans cette pratique artistique
Mais la danse polynésienne a résisté
Elle a retrouvé ses lettres de noblesse.Elle a maintenu vif le fil de la tradition tout en renouvelant et réinventant sa gestuelle. Elle l'a finalement emporté sur la bêtise et le préjugé. En me penchant quelque peu sur les pages de cette histoire, j'ai découvert que, parmi celles et ceux qui ont contribué à cette renaissance, un chorégraphe polynésien s'appelait Hollande (Gilles). Heureux présage : il fallait bien qu'un jour, nos routes se croisent ! On dit qu'il contribua, dans les années 60 et 70, à faire connaître au monde la beauté de vos danses.
Tu es, cher Oscar, par ta victoire électorale et celle de la liste d'union que tu conduisais, celui qui a rendu au peuple polynésien sa dignité et la maîtrise de son histoire un certain 14 juin 2004
Je m'en souviens : dans l'Hexagone aussi, nous fêtions la victoire de la gauche aux élections régionales. 2ème coïncidence. Votre victoire, chers amis, fut ressentie jusqu'ici comme un coup de tonnerre car elle signifiait la fin d'un système qu'on disait inexpugnable, fort de ses méthodes peu regardantes.
Vous, c'est forts de vos valeurs, d'un combat de longue date et d'une immense espérance populaire que vous avez, dans ce Pays de Polynésie, remis en marche une histoire que la droite avait figée sous la férule d?un pouvoir absolu. Votre joie et votre fierté furent aussi les nôtres.
Je crois profondément que, sous nos latitudes respectives et dans les contextes qui sont les nôtres, nous partageons l'essentiel :
le rejet de l'arrogance dans l'exercice de la responsabilité politique, une certaine idée de la morale publique, le refus de la soumission aux conformismes de la pensée, la volonté qu'un développement économique respectueux de l'environnement soit au service du progrès social et d'un partage équitable. Une conviction démocratique, aussi, qui fait confiance à l'intelligence des citoyens et entend leur redonner le pouvoir de peser pleinement sur le destin collectif.
Ce "grand changement" auquel vous vous êtes attelés en Polynésie, vous l'appelez "Taui Roa". C'est plus qu'un programme : c'est un état d'esprit fraternel, solidaire, tout entier au service du peuple polynésien
Tu es, cher Oscar, avec toutes celles et tous ceux mobilisés à tes côtés, l'artisan d'une véritable renaissance démocratique dans les 5 archipels de la Polynésie.
Merci d'être aujourd'hui dans notre région de Poitou-Charentes qui est fière de t'accueillir, pour la Fête de la Musique et dans cette salle Pierre Loti qui porte le nom de plume d'un écrivain de Rochefort qui, dit-on, l'emprunta à Tahiti. Il en fit le titre d'un de ses livres : "Le mariage de Loti" où il raconte les amours tragiques d'un lieutenant de vaisseau et de la douce Rarahu.Comme vous le voyez, les chemins de la Polynésie et du Poitou-Charentes s'étaient, dans le passé, déjà croisés, au moins sur le plan littéraire. J'ai appris que c'est en Poitou-Charentes que Pouvanaa A Opaa, grand leader polynésien, fut exilé et privé de sa liberté par le pouvoir d'alors qui ne tolérait pas l'opposition dont il était l'âme en Polynésie et s'efforça par tous les moyens d'étouffer sa voix.
Dans le temps présent, c'est une relation d'amitié qui s'est nouée entre nous et que pourraient prolonger, entre nos deux territoires, des formes de coopération concrète et d'entraide utile.
Par exemple, dans le domaine de la navigation de plaisance, dimension importante de l'économie touristique polynésienne, puisque nombre de bateaux construits à La Rochelle naviguent aujourd'hui dans les eaux polynésiennes.
Dans le domaine de la pêche qui, pour vous et pour nous, représente une activité importante et des emplois nécessaires.
Dans le domaine de l'environnement dont la Polynésie et le Poitou-Charentes ont fait, l'une et l'autre, une forte priorité. Je sais, cher Oscar, à quel point cette question du développement durable et du traitement des déchets te passionne et mobilise ton gouvernement.
Nous aurons l'occasion d'en reparler mais je serais heureuse que nous trouvions ensemble des formes de coopération qui inscriraient dans la durée le lien tissé entre la Polynésie et le Poitou-Charentes.
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