

"Ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble ..."
Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain président de la République d’accomplir sa mission au service de tous les Français.
Je remercie du fond du coeur les près de 17 millions d’électeurs, de citoyens, de citoyennes, qui m’ont accordé leur confiance. Je mesure leur déception et leur peine. Mais je leur dis que quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas. J’ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous.
Je remercie tous les militants qui ont porté ce grand moment démocratique. Bien sûr les militants socialistes mais aussi tous les autres militants de la gauche et de l’écologie, ceux de Désirs d’avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement.
Gardons intactes l’énergie et la joie de l’immense rassemblement populaire vibrant de ferveur qui m’ont accompagnée tout au long de cette campagne, ici et dans les outre-mers.
J’ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la gauche. La forte participation traduit un renouveau de notre démocratie, et notamment pour les jeunes, partout dans le pays et en particulier dans les quartiers, qui se sont massivement inscrits pour voter. Bravo à tous ces jeunes pour cet engagement civique qui rappelle à la République le devoir de respect et d’égalité qu’elle a envers eux.
Ce que nous avons commencé ensemble nous allons le continuer ensemble. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures.
Je serai au rendez vous de ce travail indispensable et j’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais. Mon engagement et ma vigilance seront sans faille au service de l’idéal qui nous a rassemblé et nous rassemble et qui va, j’en suis sûre, nous rassembler demain pour d’autres victoires.
Gardez confiance. Gardez intact votre enthousiasme, restez mobilisés. D'autres rendez-vous démocratiques nous attendent. Et je continue le combat commencé avec vous. Ce que nous avons entrepris pour la France portera ses fruits, j'en suis sûre. Ensemble nous ferons vivre l'espérance. C'est ma conviction de femme de gauche et de progrès. Vive la République, Vive la France.
Soutiens polynésiens
à
Ségolène Royal
pour la refondation
du parti socialiste
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060817.OBS8490.html
Vous êtes toujours candidat ?
- Je ne devrais plus l'être ?
Depuis que
-Depuis quelques mois, on est hypnotisé par des prédictions électorales qui seront, comme d'habitude, démenties par
Il faut bien être élu, tout de même ! Pour battre Sarkozy, mieux vaut être populaire...
- Je n'ai pas l'impression d'être impopulaire. Je crois avoir un lien assez fort, et depuis longtemps, avec les Français. Quant à
La preuve de la vitalité de ce pays, qui n'attend qu'une délivrance... On m'attrapait dans les allées. « On sera avec vous l'an prochain, débarrassez-nous de cette droite ! » Je suis monté sur scène pour saluer Jamel Debbouze. 50 000 jeu-nes m'ont applaudi. Ils criaient, « Jack président ! » - apparemment, ils ne lisent pas les sondages... La France attend la gauche.
Sarkozy a déjà perdu ?
-Il a prononcé les mots de sa condamnation. Le jeu du « Kärcher » et de la « racaille » le rattrapera. Il a défié
Sarkozy perdra quel que soit le candidat socialiste ?
-Les Français ne voudront pas d'un nouveau 21 avril. Et ils ne voudront pas prendre le risque Sarkozy.
Donc, les militants socialistes désigneront, cet automne, le futur président de la République
-Sans doute. Et c'est une responsabilité immense. Il faudra choisir le meilleur président pour la France.
Et le meilleur, c'est vous ?
-Je le crois. Sinon, pourquoi serais-je candidat ? Disons, le moins mauvais (sourire)... Vous connaissez l'adage : ne te juge pas, compare-toi...
Les autres sont mauvais ?
-Si vous comptez sur moi pour dénigrer mes camarades, arrêtons tout de suite. Je suis, envers mon parti, d'une loyauté viscérale. Jamais je n'ai manqué à ce devoir.
Jamais je n'ai fait campagne contre le PS. Jamais je n'ai renoncé à une bataille quand on avait besoin de moi. Jamais je n'ai affaibli les miens en faisant cavalier seul. Jamais je ne me suis défilé. J'ai été au côté de François Mitterrand quand il était le plus seul. J'ai protégé François Hollande quand il était, pour certains, bon à jeter aux chiens. Je n'ai jamais renié l'action de Lionel Jospin...
Des socialistes, par le passé, ne se sont pas gênés pour vous dénigrer...
-Raison de plus pour ne pas me prêter à ce jeu. La loyauté fait partie des vertus d'un homme d'Etat. Je n'ai aucun problème à reconnaître les immenses qualités de Lionel Jospin, de Laurent Fabius, de
Mais vous pensez être le meilleur
-Je veux présider ce pays et porter les valeurs de
Pourquoi vous ?
-Parce qu'il faut être à la fois révolutionnaire et homme d'Etat. Etre en même temps expérimenté et capable de renverser
Le PS compte d'autres hommes d'expérience
- Oui, et non des moindres. Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ont la culture de l'Etat, comme Lionel Jospin évidemment, qui a été un très bon Premier ministre, et qui aurait dû être président si cette campagne de 2002 n'avait été incroyablement triste et atone...
François Hollande dirige le parti depuis bientôt dix ans... Mais on n'attend pas de nous un simple exercice du pouvoir. La France a besoin de plusieurs révolutions.
Révolution démocratique. Révolution sociale. Révolution intellectuelle : il faut remettre la recherche, la science, la culture au coeur de
Je ne suis pas né en 1981, quand François Mitterrand m'a fait ministre. J'avais déjà construit, et toujours par des ruptures avec l'ordre établi. Enseignant, agrégé de droit, j'ai inventé le Festival mondial de Nancy. Dans une France de droite, dans une ville conservatrice, nous avons créé un événement unique, où se rencontraient créateurs, étudiants, artistes et politiques. C'était un bouillonnement quasi révolutionnaire...
Mais c'était il y a longtemps...
-Si l'on veut juger quelqu'un, il vaut mieux regarder son parcours. Ou alors c'est un pari, le nez au vent, l'impression du moment. Ce que j'ai été, je le reste. Ce que je suis, je l'ai prouvé. J'ai toujours essayé d'être un pas en avant.
J'ai mené avant d'autres des combats qui forment aujourd'hui l'ossature du projet socialiste. La réforme des institutions. Les droits des étrangers, des minorités.
L'Europe : c'est pour elle que j'ai brisé un partenariat politique vieux de vingt ans avec Laurent Fabius ! L'exi-gence de justice dans les rapports internationaux ?
C'était mon combat bien avant qu'on n'invente le mot d'altermondialisme. J'ai rejeté les accords du Gatt. Premier des socialistes dans ce combat, j'ai dénoncé l'AMI - l'Accord multilatéral d'Investissement. J'ai toujours combattu l'impérialisme, les hégémonies... Et je continue, aujourd'hui, à chercher l'avenir.
Pour l'instant, la nouveauté s'appelle
-Beaucoup de gens investissent Ségolène de leurs désirs. Ils nourrissent ses bons sondages en l'instrumentalisant... Je présente plus d'aspérités.
Sa popularité est-elle un faux-semblant ?
-Non. Ségolène vaut mieux que cette molle évidence qui
Elle a des convictions, jointes à une capacité à répondre à l'opinion...
Et c'est une femme
-Et c'est une femme. J'ai écrit moi-même un livre pour annoncer, et hâter, ce moment où les femmes prendraient leur part du pouvoir, ou le pouvoir...
Vous voyez !
- Revenons à
Parce qu'il est impossible de créer son entreprise ! Parce qu'une administration tatillonne, des banques imbéciles tuent l'initiative et le rêve !
Mais c'est du libéralisme !
-Non, de
A quel point Boulogne-sur-Mer et Paris appartiennent à deux mondes étrangers l'un à l'autre...
La gauche a souvent été accusée d'avoir abandonné les classes populaires, notamment sur la sécurité
-Parce que Sarkozy a rétabli la sécurité ? Flatter les peurs n'a pas fait reculer les agressions. Ne me faites pas le coup de l'angélisme. Je n'ignore rien, je n'accepte rien. Oui, certains jeunes sont totalement déstructurés, abandonnés, sans autres repères que leur violence et leur envie de détruire. Il faut être ferme et juste, punir, redresser, rééduquer... Il faut rétablir l'égalité et la sécurité avant que la logique des peurs et des replis ne balaie la République...
-Quand
De même l'intervention de militaires dans la réhabilitation des jeunes délinquants, notamment en outre-mer. La lutte contre la violence à l'école, y compris dans un partenariat avec l'armée, c'est moi qui l'ai initiée, dès 1992 ! Ségolène n'est pas coupable si les observateurs sont souvent sans mémoire. Quand elle était ministre de l'Enseignement scolaire, elle avait lancé, avec sa passion, une campagne contre
On reproche à
-Le lâchage commence ? Si vous pensez que Ségolène est surestimée, écrivez-le !
Mais ne comptez pas sur moi pour alimenter la chronique minable des médisances.
Je préfère parler de mes actes et de mes convictions que supputer les absences des autres. La Corse, j'y suis allé. J'ai soutenu le référendum de Sarkozy sur le statut de l'île, parce qu'il reprenait le projet que nous avions voulu avec Lionel Jospin. La crise du Proche-Orient me touche directement.
Je reviens de Syrie, où j'ai rencontré Bachar al-Assad. J'irai en Israël, dont je suis l'ami, comme je suis l'ami du Liban. Je ne me satisfais pas du fatalisme de la guerre.
Dans ce monde dangereux, l'autorité morale des dirigeants va compter plus que jamais. Je souhaite parler au nom de l'Europe. Et, sans être atlantiste, j'attends avec impatience que les Etats-Unis aient à nouveau un président digne de ce nom.
Avant de parler pour l'Europe, vous allez devoir convaincre le PS. Pour être candidat à la candidature, vous devez obtenir le parrainage de 30 élus du conseil national...
- Je les ai.
En êtes-vous sûr au rythme des ralliements à
-Je suis un dirigeant du Parti socialiste. La victoire de François Hollande au congrès du Mans est aussi la mienne, et François le sait, que j'ai dû protéger après le référendum européen. Je veux être candidat à la candidature devant nos militants. Je n'imagine pas qu'on puisse m'en empêcher.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060817.OBS8490.html
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