Dimanche 24 septembre 2006 7 24 /09 /2006 08:29
"Les Français me comprennent" dit-il ...

http://www.lemonde.fr/web/journal_electronique/ouverture/0,0-0,1-0,0.html?aaaammjj=20060924&article_id=487774

 

Les polémiques déclenchées par le ministre de l'intérieur sont observées de près chez les villepinistes. Le bloc sarkozyste, lui, semble avoir peu de doutes.
Comme toutes les semaines, ce petit groupe d'une quinzaine de députés proches de Dominique de Villepin s'est retrouvé à Matignon autour du premier ministre. Sourire aux lèvres. Ce jour-là, mardi 19 septembre, la perspective d'un vote rapide sur la privatisation de Gaz de France sonnait comme une victoire contre Nicolas Sarkozy, qui comptait sur la lenteur des débats pour pousser le gouvernement dans le piège du 49-3. " Mais on n'a pas débouché le champagne pour autant ", raconte un participant.

Les ratés de la rentrée du ministre de l'intérieur font renaître l'espoir chez ses rivaux. La polémique sur la " responsabilité " des juges relancée par le président de l'UMP leur fait espérer, selon un élu, " un tournant " afin d'imposer " un autre critère de choix " pour le candidat de l'UMP à la présidentielle. " Mais on n'en est pas là, c'est encore trop tôt pour juger ", s'empresse de corriger cet interlocuteur.

Car c'est avant tout la prudence et l'attentisme qui dominent dans le camp des antisarkozystes. Depuis le temps qu'ils pronostiquent la chute du président de l'UMP, ils sont un peu échaudés.

" Il faut le laisser mariner dans ses ennuis "

explique un ministre chiraquien. Le calendrier lui-même ne milite pas en faveur d'un nouveau bras de fer. Le vote sur GDF et le débat sur le budget sont autant de rendez-vous qui exigent l'unité du parti majoritaire et diffèrent l'affrontement. " Tout cela arrive un peu tôt pour que ça marque, confie un proche de Jacques Chirac. Dans une semaine, on sera passé à autre chose. Mais je sens un mouvement interrogatif. "

Les proches du président de l'UMP font bloc. Seul le député des Deux-Sèvres Dominique Paillé doute. Il s'apprête à expliquer au probable candidat à la présidentielle que " ses méthodes stigmatisantes nuisent à son profil de rassembleur ". Roselyne Bachelot (Maine-et-Loire) espère que le discours du président de l'UMP, le 12 octobre à Périgueux, lui permettra de " donner du fond à son interpellation ".

Pour le reste, les élus fidèles au ministre de l'intérieur louent le " parler vrai " de leur mentor au nom de la " rupture ". " Soit Nicolas est tiède, et il n'est pas entendu, analyse Patrick Devedjian, son conseiller politique. Soit il est tranchant, et il retient l'attention. "

" Sur le dossier de la justice, poursuit-il, il importe de faire la démonstration que la gauche ne changera pas davantage les choses que la majorité actuelle. Et puis notre problème c'est toujours d'empêcher Le Pen d'être présent au deuxième tour. "

Dans cette perspective, M. Sarkozy a choisi de revivifier le clivage droite-gauche alors qu'il avait paru vouloir en brouiller les lignes à d'autres moments. Jusqu'à présent, les sondés semblent approuver " les sorties " du candidat, qu'il s'agisse de l'expulsion du squat de Cachan, de la suppression des régimes spéciaux de retraite ou de la responsabilité des juges. De quoi permettre au numéro 2 du gouvernement de claironner à chacune de ses interventions :

" Les Français me comprennent. "

Régulièrement consultés par le ministre de l'intérieur, les sondeurs l'ont pourtant prévenu : " Les Français commenceront à douter s'ils ont le sentiment que les résultats ne sont pas au rendez-vous ", analyse Pierre Giacometti (Ipsos). Stéphane Rozès (CSA) explique : " En 1988, la ligne dure de Charles Pasqua n'a pas fait gagner la droite. Aujourd'hui, les raisons du succès de Sarkozy sont nécessaires, mais elles ne seront pas forcément suffisantes en 2007. "

De son côté, l'UMP a fait réaliser une étude pour apprécier " après coup "  l'impact des mots "Kärcher " et " racaille " employés par le ministre de l'intérieur. Résultat, selon Manuel Aeschlimann, directeur du département opinion publique du parti : " Les gens ont oublié la polémique, et Nicolas a gagné en crédibilité sur l'échelle de l'autoritarisme." " C'est bingo ", exulte le député des Hauts-de-Seine, qui précise toutefois :

" Mais ce ne sont pas les sondages qui conduisent notre stratégie. "

Vraiment ?

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65 % des Français approuvent les critiques

du ministre de l'intérieur sur les juges

UNE MAJORITÉ de Français semble approuver les propos de Nicolas Sarkozy sur les juges.

Selon un sondage CSA, publié samedi 23 septembre par Le Parisien, auprès d'un échantillon représentatif et réalisé selon la méthode des quotas, 65 % des personnes interrogées estiment que la justice n'est " pas assez sévère ".

Ils sont 54 % à penser que M. Sarkozy " a eu raison de dire que certains magistrats ont démissionné de leurs responsabilités " et que ces critiques " ne portent pas atteinte à l'indépendance de l'autorité judiciaire ".

Enfin, pour défendre ses idées, le ministre de l'intérieur " doit rester au gouvernement ", selon 51 % des sondés, contre 37 % qui jugent qu'il devrait quitter le gouvernement.

Par Philippe Ridet - Publié dans : Le Monde
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