Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /2007 07:40
les Français ne veulent rien dire, rien entendre et rien voir …

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-883444,0.html

 

Vous ne l'aviez probablement pas remarqué, inconscients que vous êtes ! Il y a une sorte de conspiration générale dans ce pays pour éviter les sujets qui fâchent et faire taire ceux qui osent les soulever. Comme les trois petits singes du conte chinois, les Français ne veulent rien voir, rien entendre et rien dire.
Nicolas Sarkozy se présente au contraire comme celui qui n'a pas peur de parler haut et fort. Il ne cesse de le répéter. A commencer par cette affaire du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, qu'il veut créer s'il est élu président, et qu'on lui attache comme un grelot. "J'aimerais qu'on puisse dire j'aime la France sans être nationaliste. J'aimerais qu'on puisse parler de l'immigration sans être traité de raciste. On ne peut plus rien dire sur rien !", s'exclamait-il. La plupart des autres pays européens ont un ministère de l'immigration. Voilà trente ans qu'on évite de parler de ce sujet, avec le résultat que l'on sait : la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002. "La meilleure façon de faire revenir vers le camp républicain une partie des électeurs qui se sont laissé abuser, c'est de bouger et de parler", dit-il.

Beaucoup de bruit pour rien …

Cela ressemble à une scène d'opéra à grand spectacle avec une foule de figurants qui s'agitent en tous sens et un seul héros au milieu d'eux qui va enfin se mettre à chanter. Il y a d'un côté tous ceux qui le pressent de ne pas élever la voix et murmurent à son oreille : "Nicolas, il ne faut pas parler trop fort." Et lui, courageux, obstiné et inflexible, qui a décidé de ne se taire à aucun prix, d'aucune façon et sur aucun sujet. Car c'est dans sa nature, en quelque sorte. "Si je suis candidat à la présidence de la République, c'est pour dire les choses." C'est devenu son leitmotiv, la formule quasiment rituelle par laquelle il commence la plupart de ses phrases : "Je veux dire aux Français..." On l'entend donc proclamer qu'il faut aimer la France si on veut s'y installer, que le travail est au centre de tout, qu'il y a manifestement trop de fonctionnaires et que les 35 heures sont aussi absurdes que pernicieuses.

C'était donc cela qui était passé sous silence depuis des années ? On avait pourtant l'impression d'avoir déjà entendu cet air-là quelque part. Non seulement le refrain, mais chacun des couplets. Vous n'arriverez pas à me faire taire, s'écrie le héros, très remonté, fièrement campé au milieu de la scène sous la lumière des projecteurs. Tout va bien, dans cet opéra, jusqu'à ce qu'il commence à chanter. C'est alors qu'on découvre qu'en fait, et depuis longtemps, on connaît la chanson.

 

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-883444,0.html

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Concurrence Royal-Bayrou contre Sarkozy

Le ministre de l'intérieur pour souder le PS autour de sa candidate …

http://www.rtl2007.fr/analyses/decryptages/0/concurrence-royal-bayrou-contre-sarkozy-5463.html

 

 

Ségolène Royal a déjà la confirmation qu'elle ne se trouve pas dans la situation de Lionel Jospin en 2002 : il n'y a pas à ses côtés de candidats de gauche qui puissent lui enlever quelques précieux pourcentages de voix. Jean-Pierre Chevènement (5,33% en 2002) comme Christine Taubira (2,32%) se sont ralliés à la candidate choisie par le Parti socialiste.

Mis à part les candidats d'extrême-gauche, Ségolène Royal peut donc s'appuyer  dans le reste de sa campagne sur ce que représentent le Parti socialiste et ses différents leaders. Un de ses conseillers explique qu'elle doit avoir le PS avec elle, mais sans que cela la tire vers le bas.

La montée de François Bayrou dans les sondages est évidemment un élément de complication puisqu'il recueille des sympathies dans la gauche modérée. Les dirigeants socialistes estiment généralement que le score du président de l'UMP au premier tour de l'élection ne sera pas aussi haut que les prévisions le laissent penser. Mais en attendant, pour le contrer, les proches de Ségolène Royal considèrent qu'elle a intérêt à apparaître comme celle qui s'oppose vraiment à Nicolas Sarkozy. L'un d'eux précise : "François Bayrou se déclare antisystème ; Ségolène Royal doit apparaître anti-Sarkozy". Il s'agit d'arriver à démontrer à ceux qui souhaitent la défaite du ministre de l'Intérieur que la candidate est plus résolue dans ce combat que ne peut l'être un leader centriste.

Un autre élément est en train de ressouder les socialistes autour de Ségolène Royal : c'est la crainte des conséquences d'un très bon score de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle. A partir de 15% des suffrages le 22 avril, il est en mesure de présenter et de mettre en valeur de nombreux candidats UDF lors des élections législatives de juin. Des candidats qui viendront concurrencer ceux du PS et ceux de l'UMP. Nombreux sont les députés sortants de droite et de gauche qui constatent que dans leur circonscription "l'UDF se sent pousser des ailes".

Des triangulaires provoquées par François Bayrou après une campagne présidentielle réussie auraient probablement une portée bien plus considérable que celles organisées par le Front national dans le passé. Tous les scénarios sont imaginables : les députés UDF peuvent être suffisamment nombreux dans la prochaine Assemblée nationale pour jouer un rôle pivot. Au cas où le parti du Président (ou de la Présidente) fraîchement arrivé à l'Elysée aurait une courte majorité, François Bayrou pourrait même s'imposer comme Premier ministre de compromis.
On n'en est pas là, mais le risque d'un fort succès UDF n'est pas pris à la légère par les élus du PS. En particulier par les amis de Laurent Fabius qui disposent d'un important réseau de députés sortants. L'intérêt socialiste collectif leur ordonne de soutenir autant que possible Ségolène Royal afin qu'elle distance François Bayrou dans le rôle du meilleur anti-sarkozyste.

Naturellement, si dans les sondages Ségolène Royal venait à devancer Nicolas Sarkozy, l'UMP ferait tout son possible pour empêcher François Bayrou de se présenter comme le plus capable de la battre.

 

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Par Dominique Dhombres - Publié dans : Le Monde
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