Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 18:28
Contre la déprime d'une droite qui réprime, Royal a joué la proximité d'une gauche qui a appris de ses erreurs

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/243874.FR.php

On aime bien la gauche. Toute la gauche. Celle, utile et sympathique, de la protestation permanente liée par le serment solennel de ne jamais se colleter au pouvoir. Mais aussi celle qui gagne. C'est la plus dérangeante, la plus difficile à supporter, la moins facile à aimer. Car le pouvoir conquis, il lui arrive de se perdre en compromissions et en facilités. Ce n'est pas seulement la faiblesse des hommes, c'est le poids de l'ordre établi qui toujours parvient à mettre des bâtons dans les roues aux idéaux, difficiles à atteindre, de justice et d'égalité. Tel est leSégolène Royal, cette fois, d'assumer la responsabilité de la conquête du pouvoir. Qu'elle soit une femme en situation d'emporter l'Elysée est une nouveauté mais pas une garantie de victoire. Au contraire. Cela lui a valu plus de coups que la moyenne, de la misogynie des éléphants jusqu'au poignard dans le dos d'un ex du PS touché en pleine campagne par la grâce du sarkozysme. La candidate n'est pas devenue une femme battue. Elle continue de faire jeu égal avec Sarkozy qui propose de poursuivre la politique qu'il mène depuis cinq ans. Contre la déprime d'une droite qui réprime, Royal a joué la proximité d'une gauche qui a appris de ses erreurs. Et a su renouer avec les préoccupations du plus grand nombre dont les plus démunis qui l'avaient quittée en 2002. 35 heures, insécurité, institutions, Nation, autant de sujets qu'elle a réécrits en affranchie. Il reste du travail. Pour l'heure, sa persévérance lui vaut d'être applaudie pour son "indépendance d'esprit" par la fille de Mitterrand. Pour ceux qui croient aux "forces de l'esprit", cela vaudra message du vieux Président. Pour les autres, Royal a encore quatre semaines pour rendre "sa révolution" convaincante. terrible destin de la gauche de gouvernement : risquer de décevoir dès lors qu'elle a soulevé assez d'espoir pour gagner. Mais tel Sisyphe, elle repart à chaque élection pour convaincre qu'elle peut changer le monde. Il revient à


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Entretien Ségolène Royal avec "Libération"

L'identité nationale "a besoin d'être consolidée"

 
Ségolène Royal juge qu'il "est par définition présent dans une campagne présidentielle" et qu'il y a sur ce sur ce sujet "une vraie confrontation des points de vue" entre les principaux candidats.
La candidate dit qu'elle sera "responsable de ce qui arrivera" à la présidentielle.
"Je ne ferai porter la responsabilité sur personne d'autre", assure-t-elle. Selon la candidate, "les responsables du parti socialiste tiennent tous leur rôle dans la campagne" et les "300.000" militants "se battent". "Le parti, dans ses profondeurs, est totalement en ordre de marche", en conclut Ségolène Royal.

L'identité nationale"

"Le candidat de la droite a donné a donné sa vision des choses, en proposant un  ministère de l'Identité nationale et de l'immigration. Le candidat UDF, lui, se moque de tout cela. Il a tort. (...) Quant au candidat du Front national, il confond nation et nationalisme. Il y a donc une vraie confrontation des points de vue", explique-t-elle.
Selon la candidate PS, qui se défend de tout "calcul" ou "tactique politique", "il faut donner une réassurance sur l'identité nationale, qui a besoin d'être consolidée au moment où les Français s'inquiètent de la dilution de la nation dans la mondialisation". Elle se décrit toutefois en "Européenne résolue", "partisane d'une France ouverte au monde, internationaliste et généreuse". "La nation n'est pas incompatible avec l'ouverture" et elle "a un autre nom qui est celui de la République", souligne-t-elle.

Attaques contre Sarkozy et Bayrou

Pour la candidate socialiste, le "ni droite ni gauche" de François Bayrou "masque l'immobilisme le plus absolu, le refus de dire clairement quelles sont les solutions qui seront apportées aux problèmes qui se posent au pays".
Quand l'un des "deux candidats de droite", François Bayrou, "propose de supprimer les charges sociales pour les entreprises embauchant deux personnes, c'est inadmissible", juge-t-elle, ciblant l'une des propositions phares du candidat UDF. "On ne donne pas les mêmes aides aux banques, à la grande distribution ou  aux PME! Le temps est venu des politiques sélectives", explique-t-elle, prônant "du sur-mesure". "Le marché est accepté, pas le système libéral", précise la candidate PS, soulignant qu'"il faut un marché régulé, qui permette de faire converger l'intérêt de l'entreprise et du salarié".
A ses yeux, il y a par ailleurs une "profonde rupture de confiance" entre les jeunes de banlieue et le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, depuis les violences de l'automne 2005. Selon elle, ce dernier "n'est pas capable de résoudre les problèmes" des banlieues.
"Jusqu'à lundi, il a quand même eu tous les pouvoirs entre les mains pour pouvoir régler cette question-là ! C'est un échec sur toute la ligne. Et on ne voit pas davantage de solution, dans son programme présidentiel", souligne-t-elle deux jours après le départ du candidat de l'UMP du ministère de l'Intérieur. "C'est difficile d'incarner l'unité de la nation si certains espaces du territoire sont inaccessibles", raille-t-elle.

http://elections.france2.fr/presidentielles/2007/actu/29508933-fr.php?mode=impression

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Les sondages se suivent mais ne se ressemblent pas 

 

LH2 Egalité à 27%, IPSOS, Sarkozy largement en tête

Si bien que l'issue du premier tour nous paraît de plus en plus incertaine plus on s'approche de la date fatidique du 22 avril. Alors que le dernier LH2 pour RMC-BFM TV-20 Minutes donnait Nicolas Sarkozy en baisse et à égalité avec Ségolène Royal, le sondage du jour d'Ipsos/Dell pour SFR et Le Point montre au contraire que le Président de l'UMP accroit encore son avance au 1er tour.

Allez y comprendre quelque chose !

Dans ce sondage donc, Nicolas Sarkozy arriverait largement en tête du 1er tour de l'élection présidentielle avec 31% des suffrages (+1), suivi par Ségolène Royal 25.5% (stable) et François Bayrou à 18.5% (-0.5).
Toujours 4eme Jean-Marie le Pen avec 13% (-0.5). Les autres candidats seraient en dessous des 3.5%.. c'est la seule chose qui soit commune d'ailleurs à l'ensemble des enquêtes d'opinion ! Pour ce premier tour, et parmi les gens qui se sont dit certains d'aller voter, 12% n'ont pas encore fait leur choix. Cela pourrait changer pas mal de choses !
Au second tour, Nicolas Sarkozy l'emporterait sur Ségolène Royal par 53.5% (+0.5) contre 46.5% pour Ségolène Royal. Dans le cas d'un deuxième tour François Bayrou contre Nicolas Sarkozy
c'est le président de l'UDF qui l'emporterait avec 52.5%.. La baisse est tout de même significative par rapport aux enquêtes qui donnait plus de 60% au candidat centriste il y a encore quelques semaines.
Ce sondage quotidien d'Ipsos/Dell pour SFR et Le Point a été réalisé les 23, 24 et 26 mars auprès d'un échantillon national de 1.247 personnes, renouvelé quotidiennement par tiers, représentatif de la population inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas).

 

http://www.telenews.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=1285

Par Jean Michel Thenard - Publié dans : Libération
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