Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /2007 06:57
"les investisseurs sont convaincus qu'avoir son ami à l'Elysée ne peut pas être un inconvénient..."


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Les patrons se rendent-ils à leur travail tôt le matin ? En tout cas, ils se sont reconnus dans les valeurs défendues par Nicolas Sarkozy. Et, depuis les résultats, ils exultent. Première à réagir, la patronne des patrons a envoyé dimanche soir un télégramme, rendu public, au nouveau président où elle le félicite et se met à son service. "Je tiens à vous présenter mes plus vives félicitations pour votre élection à la présidence de la République", a écrit la présidente du Medef. "Votre très nette victoire intervient aux termes d'une campagne où les questions économiques et sociales ont été placées au coeur du débat, et nous nous en réjouissons." Et Parisot d'offrir ses services au nouveau président : "Nous nous engageons à contribuer avec responsabilité et enthousiasme à l'écriture de la nouvelle page qui s'ouvre pour la France." 
Le ton est moins exalté, mais la CGPME ne cache pas non plus sa satisfaction. Dans un communiqué, l'organisation représentant les petites et moyennes entreprises s'est "réjouie de ses premières déclarations au travers desquelles il a souhaité valoriser le travail en rompant avec l'assistanat", tout en considérant ses adhérents comme le "fer de lance du nouvel élan désormais engagé". Et, en plus, les petits patrons sont pressés de voir s'appliquer le programme économique de Sarkozy. "La confédération attend que se concrétisent rapidement les mesures fiscales et sociales annoncées, notamment celles ayant trait au temps de travail et à la baisse des charges sociales." Une allusion claire à l'engagement de Sarkozy d'inciter les heures supplémentaires via des exonérations.
Que ce soit pour les grands ou les petits patrons, la question du temps de travail était perçue comme symbolique. Ils se sont sentis proches idéologiquement du discours du candidat de l'UMP (même s'il dit ne pas vouloir revenir sur la loi), alors que la promesse de Royal "d'étendre les 35 heures"  les a hérissés. La question était même devenue une idée fixe, comme l'a raconté Ségolène Royal lors du débat contre le candidat UMP. "J'ai rencontré la présidente du Medef. Elle m'a seulement dit : "Revenez sur les 35 heures." 
Les liens personnels entre Sarkozy et les patrons expliquent aussi cet accueil plus que chaleureux. C'est bien simple, jamais un président n'aura bénéficié d'un tel réseau d'amis-patrons, sans compter son frère Guillaume, ex-vice-président du Medef. La moitié du CAC 40 en fait partie : François Pinault, Jean-Claude Decaux, Arnaud Lagardère, Bernard Arnault... Mais le plus proche est Martin Bouygues, patron du groupe du même nom et propriétaire de TF1. Il est le parrain du petit Louis, le fils de Nicolas et de Cécilia. Hasard ou coïncidence, le titre Bouygues a atteint hier son plus haut annuel (+ 3,5 % à 62,50 euros). Quel que soit l'avenir industriel du groupe de BTP et de médias, les investisseurs sont convaincus qu'avoir son ami à l'Elysée ne peut pas être un inconvénient. On peut difficilement leur donner tort.


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De la casse dans les cortèges
anti-Sarkozy


Selon la police, il y a eu 730 véhicules incendiés et 592 interpellations


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/252405.FR.php

 

Une élection qui fait boum. 730 voitures ont été incendiées et 592 personnes interpellées en France dans la nuit de dimanche à lundi, selon un décompte fourni, hier, par la Direction générale de la police nationale (DGPN). Au matin, la DGPN estimait que le niveau de violence se situait "au-dessus de celui d'un 14 juillet", mais était "inférieur à celui d'un réveillon de la Saint-Sylvestre". En réalité, lors de la nuit du dernier Nouvel An, 397 voitures avaient été incendiées. Le bilan des manifs "anti-Sarko" va donc bien au-delà. Comme pour les arrestations, comparables à celles effectuées lors du mouvement anti-CPE : 420 personnes avaient été interpellées lors de la manif du 23 mars 2006.
A Paris, après des affrontements place de la Bastille où plus de deux mille personnes s'étaient réunies, des barricades ont été dressées rue de Lyon et rue du Faubourg-Saint-Antoine. Dans la nuit, 35 voitures ont été incendiées et 79 personnes interpellées. Des manifs "sauvages" se sont prolongées jusqu'à 3 heures. La préfecture de police n'a fourni que le décompte de ses propres blessés, soit 33 agents des forces de l'ordre. Côté manifestants, 51 personnes étaient toujours en garde à vue hier après-midi. Pour les organisations de gauche et d'extrême gauche, peu présentes dans la rue, le bilan était difficile à tirer. "Il y avait assez peu de militants. C'est difficile de savoir qui a été arrêté ou blessé, fait remarquer un manifestant. On a été dans la même incertitude après la nuit du 21 avril 2002." L'un des interpellés, en situation irrégulière, n'a pas fait l'objet de poursuite pénale mais était sous la menace d'un arrêté de reconduite à la frontière. Hier, un début de mobilisation était perceptible dans les lycées et collèges parisiens. Dans la soirée, quelque 400 jeunes se sont regroupés à la Bastille, parcourant l'arrondissement et provoquant de nombreux dégâts matériels. Une vingtaine d'entre eux, lycéens pour la plupart, ont été interpellés.
En province, le bilan des affrontements de dimanche fait état de 70 interpellations à Lille et 34 à Lyon. De source judiciaire, on indiquait que les gardes à vue risquaient d'être prolongées jusqu'à aujourd'hui.



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Par mso - Publié dans : Libération
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