Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 06:34

La rumeur commence à prendre corps...


http://www.exprimeo.fr/article/1156/francois-bayrou-et-segolene-royal-vont-ils-lancer-un-appel-commun-le-11-juin.htm


Ils avaient marqué la première semaine de l'après premier tour de la présidentielle.

Feront-ils de même le lendemain du 1er tour des législatives ?

Imaginez le soir du 10 juin, une Assemblée en prévision avec plus de 400 députés UMP, un PS laminé, des Verts et des PCF sans représentation parlementaire à deux ou trois exceptions près...

Tout est alors prêt pour :

* constater l'échec du PS,

* lancer un appel contre le "tout UMP".

Dés le lendemain après-midi, Ségolène Royal et François Bayrou font un pas supplémentaire par rapport à leur débat post-présidentiel.

Ils annoncent des accords de désistement pour préserver le pluralisme au sein de l'Assemblée.
Les déclarations de F. Bayrou sur France 3 hier soir ont renforcé la rumeur ce matin.

Cette rumeur qui est née des déclarations de proches de S. Royal dont le Maire de Lyon et le Président de la Région Rhône Alpes prend aujourd'hui une autre dimension.

 

http://www.exprimeo.fr/article/1156/francois-bayrou-et-segolene-royal-vont-ils-lancer-un-appel-commun-le-11-juin.htm


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Les socialistes menacés par le défaitisme


Aux 17 millions d'électeurs de gauche et du centre qui se sont massivement mobilisés, le PS oppose la primauté du débat interne…

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912820,0.html

 

Plus légitimiste que jamais, le Parti socialiste a pris acte le 6 mai de la défaite de sa candidate mais, plus inquiétant, il se comporte déjà en perdant des élections législatives, emboîtant en cela le pas des médias et des sondages qui donnent à voir le scrutin de juin au travers de la même grille bipartisane que la présidentielle. Comme si l'issue de ces élections si particulières que sont les législatives devait logiquement être la réplique exacte du rapport de force établi par le second tour de la présidentielle.
Certes, la droite sort net vainqueur d'une campagne présidentielle qui marque un bouleversement de l'équilibre gauche-droite. Mais, de même que les succès de la gauche à Amiens, Caen ou Bordeaux ne préjugent pas pour juin de victoires assurées de candidats socialistes dans ces villes, la poussée de Nicolas Sarkozy au sein de l'électorat populaire et les bons reports des voix Front national sur sa candidature ne font pas encore une majorité UMP écrasante en juin.

Pourtant, pour des socialistes plus présidentialistes que jamais, la page des législatives serait déjà tournée et il ne s'agirait que de limiter la défaite. Au jeu du décryptage du scrutin présidentiel, les socialistes ont même semblé prêter plus d'attention aux rapports de force locaux dans la perspective des municipales de 2008. Voire de la présidentielle de 2012...

Aux 17 millions d'électeurs de gauche et du centre qui se sont massivement mobilisés, le PS oppose la primauté du débat interne sur la ligne idéologique du parti et son leadership. Les classes populaires et moyennes, qui seront les premières touchées par le programme de la droite, peuvent donc bien attendre.

Comment expliquer cette défection aux électeurs qui ont cru en l'audace d'un dialogue constructif avec les centristes de Bayrou ? Comment rendre acceptable un comportement fondé sur une analyse à courte vue du rapport de force politique établi par la présidentielle ?

l'offre politique élargie des législatives

ne peut être réduite à un choix binaire

Selon les premiers sondages (CSA- Cisco), les candidats UMP ou apparentés seraient crédités pour le scrutin du 10 juin de 35 % d'intentions de vote contre 30 % pour ceux du PS et leurs alliés du PRG et du MRC, tandis que Verts (1 %), PC (2 %), extrême gauche (3 %), FN (8 %), MPF (2 %) et CNPT (2 %) retrouveraient des scores avoisinant ceux obtenus le 22 avril par leurs candidats. A l'issue d'un sondage plus récent de l'IFOP, les Verts étaient déjà à 5 %...

Cette arithmétique binaire, en privilégiant des reports par bloc de droite et de gauche, repose sur une hypothèse biaisée consistant à appliquer au scrutin de juin le même prisme polarisé que celui de la présidentielle. Or l'offre politique élargie des législatives ne peut être réduite à un choix binaire aussi tranché. Il est peu probable que l'électorat se scindera aussi nettement, que la participation sera équivalente et qu'il y aura autant de votes utiles que lors du scrutin du 6 mai.

Cette arithmétique fait aussi abstraction de facteurs déterminants tant anciens - implantation territoriale des candidats ou partis - que nouveaux - émergence d'un centre rénové et humiliation d'un Front national déterminé à préserver ses bases. Ces facteurs augurent de possibilités réelles pour les candidats du FN et du centre de se maintenir, donc de provoquer des triangulaires, une probabilité sérieuse. Ou bien de négocier des reports.

Sauf négociations de second tour, pour le centre de François Bayrou, crédité de 15 % des intentions de vote, le pari est risqué. Des candidats du Mouvement démocrate (MoDem) pourraient être en mesure de se maintenir çà et là, mais il est peu probable qu'ils se désistent en faveur de l'UMP. Des accords avec la gauche seraient alors leur seul moyen de s'assurer un groupe à l'Assemblée. Quant au PS, cela reste une voie non seulement pour limiter la "casse", mais surtout pour former un contre-pouvoir crédible.

Du côté du FN, l'enjeu de ces législatives est de taille. Il aura à coeur de reconquérir un électorat séduit par Nicolas Sarkozy et de survivre après avoir vu son espace politique phagocyté au cours de la présidentielle. S'il est peu probable que le FN retrouve en juin ses scores de 2002, avec plus de 13 % des voix obtenus par Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle dans 26 départements et des pointes à 16 %-17 % dans le Nord, l'Est et le Sud-Est, le parti conserve un capital de réserve.

S'il était prévisible que dans un duel Sarkozy-Royal les partisans de Le Pen choisiraient majoritairement le candidat d'une droite "décomplexée", il est moins évident qu'en cas de triangulaire les électeurs frontistes se reportent dans des proportions analogues sur le candidat UMP du cru, au détriment d'un FN présent au second tour.

un rapport de force plus complexe

et ouvert qu'il n'y paraît

La situation électorale des législatives présente donc un rapport de force plus complexe et ouvert qu'il n'y paraît. Pour la droite, la stratégie sera simple : réunir une majorité présidentielle présentée comme la confirmation du 6 mai, en invoquant les risques d'une cohabitation. Pour la gauche et le centre, la voie paraît plus étroite mais pas moins payante. Elle est surtout impérative pour redonner une part du pouvoir aux près de 17 millions d'électeurs qui ont voté Royal contre Sarkozy.

Cette voie suppose des choix courageux et du pragmatisme pour nouer des alliances sur le mode ouvert entre les deux tours de la présidentielle : celui d'un rapprochement sans exclusive avec un centre rénové qui aurait choisi l'option d'une négociation de progrès avec la gauche. Il ne s'agit pas de vendre son âme, il s'agit de ne pas abandonner les électeurs en chemin.


Yohann Aucante, politologue, est maître de conférence à l'EHESS
Mickaël Vaillant,   politologue, est chargé de cours au CELSA

 

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912820,0.html

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