Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /2007 04:20

Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve pour évoquer la TVA sociale


http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200724/tva-sociale-star-du-scrutin-_29264.html

 

Elle est sur toutes les bouches. A 48 heures du second tour des élections législatives, la TVA sociale accapare le débat public. Et tout le monde s'en mêle, de Nicolas Sarkozy à François Fillon, en passant par Ségolène Royal ou encore un sondage paru vendredi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Seule inconnue, son poids, dimanche, dans les urnes.
Le communiqué de l'Elysée a été transmis aux rédactions jeudi peu avant 20 heures. Face à l'ampleur que prend le sujet, Nicolas Sarkozy en personne, alors qu'il avait promis de rester muet jusqu'à dimanche, jour du second tour des élections législatives, s'est emparé de la question qui fâche: celle de la possible mise en oeuvre d'une TVA sociale par le gouvernement. Le texte se veut rassurant: "Le Président de la République précise qu'il n'acceptera aucune augmentation de la TVA dans sa forme actuelle qui aurait pour effet de réduire le pouvoir d'achat des Français. (...) Aucune décision ne sera prise dans l'attente d'études et de la consultation des partenaires sociaux. Les conclusions seront tirées à la fin de l'été."
Fort du soutien présidentiel, le Premier ministre, dans une interview parue vendredi dans Le Figaro, a lui aussi assorti d'infimes précautions la mise en place de la mesure: Celle-ci ne sera effective "que si nous avons la certitude qu'elle n'entraînera pas une hausse des prix". "Le but, c'est d'améliorer le pouvoir d'achat des Français, pas de le réduire ni d'augmenter les prélèvements obligatoires", a martelé le locataire de Matignon. S'immisçant sur un terrain politique quelque peu glissant depuis dimanche pour le gouvernement, le député de la Sarthe, tout en rappelant que Dominique Strauss-Kahn avait proposé au PS l'idée d'une TVA sociale, estime que les socialistes "sont prêts à bruler une idée qu'ils jugeaient bonne pour sauver un ou deux sièges de députés ! Ma conviction est que, dimanche, cette stratégie sera durement sanctionnée."

Hollande tire à vue

A gauche, évidemment, on espère le contraire. En guise de bonne nouvelle, et elles ne sont pas légion en ce moment du côté de la rue de Solférino, une étude paru ce vendredi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France affirme que 60% des personnes sondées s'opposent à l'idée d'une TVA sociale. Du coup, chancelant à la tête du Parti socialiste, François Holllande, en ballotage favorable dimanche dans sa circonscription de Tulle, a, lui, repris du poil de la bête jeudi à la tribune devant ses supporters : "Pendant des semaines, on nous avait dit: travailler plus pour gagner plus, et aujourd'hui, cela va être: travailler plus pour payer plus", a raillé le premier secrétaire du PS.
Et d'ajouter: "Faire campagne sur le thème 'grâce à nous, la TVA va passer de 19,6, à 24,6,' même quand on croit être dans la vague, on sent que le vent ne souffle plus dans la bonne direction. Alors, ils ont eu l'idée de confier à une commission le soin de réfléchir sur l'expérimentation de la TVA sociale. Ils l'ont confiée à Borloo, un homme de grande expérience, de grande compétence, et à un dénommé Besson, un homme de grande intégrité morale, sans doute", a-t-il ajouté en référence à l'ancien "Monsieur Economie" de Ségolène Royal, passé avec fracas dans le camp du candidat UMP durant la campagne présidentielle.

Royal dans la rue

Ciblant ses attaques, François Hollande a également épinglé le chef de l'Etat. A trois jours du second tour des élections législatives, Nicolas Sarkozy nous dit: "mais non, ce ne sera pas dans la forme actuelle de la TVA que l'augmentation aura lieu. Bien sûr, ce sera la TVA sociale. Parce que la TVA sociale, c'est la même chose que la TVA, mais tout le monde la paie. C'est pour cela qu'elle est sociale. Alors, ce ne sera pas dans la même forme, mais vous paierez 24,6% de taux de TVA", s'est-il indigné.
Un peu plus au sud, à Toulouse, Ségolène Royal, partie à la rencontre des salariés de SFR inquiets d'un plan prévoyant le transfert de l'activité à des sous-traitants, a également agité le spectre de cette fameuse TVA sociale. "Dès que les élections seront passées, on sait ce que le gouvernement prépare: une augmentation de 5% des impôts sur la consommation". Reste désormais à savoir si la stratégie offensive du PS se traduira dans les urnes par l'endiguement d'une déferlante programmée de l'UMP au Palais Bourbon. Rien n'est moins sûr.

 

Par Par Nicolas MOSCOVICI - Publié dans : Le journal du Dimanche
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