http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-924189,0.html
Au soir du 17 juin, les rescapés socialistes de la vague bleue auront un double mérite. En se faisant élire ou réélire députés, ils auront résisté à l'ampleur du tsunami annoncé. Mais ils auront aussi su surmonter l'obstacle représenté par un Parti socialiste sans boussole et offrant depuis ses deux défaites consécutives du 6 mai, à la présidentielle, et du 10 juin, au premier tour des élections législatives, le désolant spectacle de ses désordres. Comme l'a reconnu Ségolène Royal, pourtant à l'origine de la dernière (et dérisoire) zizanie interne - son message sans réponse à François Bayrou qui lui a valu un désaveu du bureau national -, le 13 juin lors d'un déplacement, "toutes les disputes de l'appareil portent préjudice aux candidats".
Pour la gauche, qui peut être laminée si la très large victoire promise à l'UMP se confirme et si elle ne réussit pas à mobiliser parmi les abstentionnistes du premier tour ceux qui avaient voté pour Ségolène Royal le 6 mai, le deuxième tour des élections législatives est vraiment le scrutin de tous les dangers. Pour le PS, l'enjeu est de limiter les dégâts et donc de revenir à l'Assemblée nationale avec un nombre de députés quasiment équivalent à celui de ses sortants de 2002 (141 élus et 8 apparentés).
Depuis le début de la Ve République, les socialistes ont déjà été confrontés à trois vagues bleues : en 1968, 1993 et 2002. En 1986, la droite, qui totalisait 40,97 % des suffrages, contre 31,02 % au PS, avait remporté une nette victoire mais l'effet en avait été limité par l'instauration par François Mitterrand d'une proportionnelle intégrale à un tour. Le PS avait sauvé 212 élus. La digue proportionnelle n'avait pas joué dans les autres scrutins : en 1968, le groupe de gauche - la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) - comptait 61 élus, auxquels s'ajoutaient 34 communistes, face à 354 députés de droite. En 1993, le PS, terrassé au premier tour avec 17,4 %, n'avait que 57 députés et le Parti communiste n'en comptait plus que 23.
Selon le niveau auquel le PS, assuré de rester cette année - piètre consolation - le principal groupe d'opposition, sans concurrence ni à sa droite ni à sa gauche, se retrouvera, celui de 1968 et de 1993 ou celui de 2002, il ne jouera pas la partie de la même manière tant pour l'exercice de son magistère de l'opposition que pour l'entreprise de rénovation qui concerne ici toute la gauche.
En 1968, comme en 1993, la marginalisation de la gauche parlementaire l'a effectivement privée de moyens pour faire entendre son opposition. Le scrutin des 23 et 30 juin 1968, à la suite d'une dissolution décidée par le général de Gaulle pour sortir de la tourmente de Mai 68, sanctionne durement une gauche alors en pleine déconfiture. La SFIO connaît ses derniers soubresauts. Président de la FGDS, François Mitterrand est contraint à un deuxième tour pour se faire réélire député de la Nièvre. Il n'a pas encore le statut de chef de l'opposition, ne s'en approchant qu'à la fin de la législature - au cours de laquelle la gauche ne dépose que deux motions de censure - après la signature, en 1972, d'un programme commun de gouvernement avec le PCF et les radicaux de gauche.
La situation n'est guère plus favorable en 1993. Avec 57 élus, le groupe socialiste ne remplit pas les conditions - un dixième au moins des membres de l'Assemblée, qui depuis 1986 compte 577 députés, soit 58 élus - pour déposer seul une motion de censure. Entre 1993 et 1997, les 6 censures soumises au vote seront présentées avec l'appoint d'autres élus de gauche. Durant cette période, l'opposition n'a pas de véritable leader. Battu en 1993, Lionel Jospin n'est pas député quand il reprend, en octobre 1995, la direction du PS. Entre 2002 et 2007, l'opposition parvient à être moins inaudible et dépose 7 motions de censure. Mais si le premier secrétaire du PS, François Hollande, est reconnu comme le leader du principal groupe de l'opposition - avec une autorité à géométrie variable compte tenu de l'ampleur des querelles socialistes - il peine à conquérir, avec une gauche très divisée, le statut de chef de l'opposition.
L'aiguillon de la rénovation
Les vagues bleues ont donc toujours affaibli la gauche. Mais plus elles ont été fortes, plus elles ont servi d'aiguillon à sa rénovation. Le tsunami de 1968 a imposé plus qu'une rénovation, une véritable reconstruction. Il a scellé le sort de la SFIO et de la FGDS. La première a cédé la place au Nouveau Parti socialiste, né au congrès d'Alfortville en mai 1969 - juste avant l'humiliante défaite de Gaston Defferre à l'élection présidentielle (5 %) -, prélude à la réunification de la famille socialiste qui a connu son apogée au congrès d'Epinay (juin 1971). Et la dissolution de la seconde a favorisé l'union de la gauche, fondée sur l'alliance entre socialistes, communistes et radicaux de gauche.
La bérézina de 1993 fait de la gauche, selon la formule de Michel Rocard, un "champ de ruines". Laurent Fabius est contraint de quitter le poste de premier secrétaire. M. Rocard lui succède et entame une reconstruction avec l'ambition, à travers des états généraux, d'arriver à un big bang qu'il ne mènera pas à son terme. Après son échec aux élections européennes de 1994 (14,6 %), il est à son tour congédié. En 1995, quand M. Jospin reprend les manettes, il relance la rénovation idéologique avec trois conventions sur la mondialisation et l'Europe, la démocratie et l'économie. Au PCF, Robert Hue succède à Georges Marchais comme secrétaire national, en 1994, et entreprend aussi une mutation doctrinale sans réussir à aller jusqu'au bout de sa démarche. C'est aussi en 1994 que les Verts, sous l'impulsion de Dominique Voynet, abandonnent le "ni droite ni gauche" et commencent à se tourner vers le PS et à explorer de nouvelles alliances.
Plus limitée qu'en 1968 et en 1993, la défaite de 2002 n'a en revanche été suivie par aucune rénovation idéologique de la gauche. A l'exception de l'année 2004 - où M. Hollande a bénéficié de trois victoires électorales (régionales, cantonales et européennes) et du succès de son référendum interne sur l'Europe -, le PS a été paralysé par la crise déclenchée par l'élimination de M. Jospin au second tour de la présidentielle de 2002. Incapable de gérer son inexorable déclin, le PCF s'est replié sur lui-même. Les Verts se sont déchirés de plus belle. Si elle est confirmée, la vague bleue de 2007, même s'il y a un sursaut des abstentionnistes au deuxième tour, va de nouveau obliger chaque composante de la gauche à se reconstruire et à se rénover. Pour le PCF, y compris au niveau parlementaire, et pour les Verts, c'est leur survie qui est en jeu. Pour le PS, il s'agira de refonder son leadership, sa doctrine et sa stratégie d'alliances. Mais quel que soit son nombre d'élus, il risque de souffrir de l'absence ou de l'insuffisance de la relève générationnelle si nécessaire à sa rénovation.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-924189,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-922720,0.html
"Attention, c'est un méchant", aurait dit de lui, en 1999, Nicolas Sarkozy. Huit ans plus tard, le président de la République a peut-être aussi choisi son premier ministre pour cela. Depuis son arrivée à Matignon, François Fillon endosse volontiers ce rôle.
On le croyait affable et policé. On le découvre procureur à l'égard de l'opposition et jusqu'au-boutiste dans l'application du programme présidentiel. Plus royaliste que le roi : voilà la ligne de conduite que semble s'être fixée François Fillon, pour exister face à un président de la République omnipotent.
Nicolas Sarkozy se doit d'être le président de tous les Français? Qu'à cela ne tienne, c'est au premier ministre qu'est dévolu le rôle de brocarder l'opposition. François Fillon a eu beau jurer, mardi 12 juin sur France 2, qu'il n'a "pas voulu blesser la gauche", c'est bien elle qu'il avait encore pris pour cible la veille à Nancy. "Il était urgent de rompre avec les vieilles stratégies déglinguées, de dire non à cette gauche sans couleur qui n'a désormais pour seul projet législatif que celui de freiner et d'enrayer une dynamique qui lui échappe", a-t-il expliqué.
Cette nouvelle critique de la gauche est à peine plus mesurée que celle qui lui avait valu les foudres de l'opposition, le 4 juin à Lyon. Il avait alors stigmatisé "l'imposture morale" de la gauche, "la gauche des grandes âmes sèches qui pratique la justice sociale comme on offre un caramel mou du bout des doigts, à la sortie de la kermesse dominicale".
François Fillon est aussi le seul, dans le couple exécutif, à multiplier les attaques contre l'équipe sortante. Il a ainsi affirmé, mardi soir, qu'avec l'accession de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, la France "revient au fonctionnement normal des institutions de la Ve République telles que le général de Gaulle les avait conçues". "C'est une dérive de ces institutions qui avait conduit sous Mitterrand, puis ensuite sous Jacques Chirac, le président à prendre cette posture d'arbitre qui ne correspond pas à l'importance de l'élection présidentielle dans la vie politique française", a-t-il détaillé.
Cette rancune à l'égard de l'ancien président vient de loin. Il la cultive depuis que Jacques Chirac, après avoir utilisé son image de "gaulliste social" pour la réforme des retraites, l'avait laissé s'embourber dans la réforme du baccalauréat, et l'avait finalement remercié lors de l'arrivée de Dominique de Villepin à Matignon.
En octobre 2006, dans un livre, François Fillon estimait que "Jacques Chirac porte une responsabilité sérieuse dans le décrochage économique et social de la France et dans cette crise qui menace désormais tout l'édifice institutionnel bâti par le général de Gaulle." C'est sur le terrain de la réforme que la pratique de François Fillon s'éloigne le plus de l'image qu'il donne, héritée de sa proximité avec Philippe Séguin pendant les années 90. Déjà en 2002, sur les retraites, les syndicats avaient découvert un négociateur déterminé. "La France est dans un zapping électoral permanent. 26 gouvernements depuis 1978 quand l'Allemagne en a connu 9 et la Grande-Bretagne 7. Donc, nous savons ce qui nous attend quoi qu'il arrive. Nous n'avons plus rien à perdre.", leur avait d'emblée annoncer M. Fillon.
En 2007, les deux têtes de l'exécutif semblent s'être réparti les rôles. D'un côté, le premier ministre est chargé d'incarner la ligne dure. "La majorité silencieuse exige que l'intérêt général ne soit plus l'otage des intérêts corporatistes", avait-il martelé, mardi 29 mai, lors d'un meeting à Nice, faisant allusion au service minimum dans les transports et à la réforme des régimes spéciaux de retraite, prévue pour 2008. A Nancy, lundi, il a rappellé "l'engagement de ne pas gouverner à coup de petites réformettes".
De l'autre côté, Nicolas Sarkozy se réserve les annonces d'"ouverture", évoquant par exemple, quelques jours après les déclarations de son premier ministre, le principe d'une "loi-cadre" sur le service minimum qui laisse à chaque entreprise le soin de négocier les modalités avec les syndicats.
De même, lorsque le premier ministre agite le chiffon rouge de l'assouplissement de la carte scolaire et du volontariat pour le soutien scolaire, Nicolas Sarkozy reçoit les organisations syndicales pour leur annoncer la suppression des décrets Robien ou la fin de l'apprentissage junior entre 14 et 16 ans.
Ségolène Royal, invitée lundi soir sur France 2, a violemment mis en cause l'impartialité de la chaîne à propos d'un reportage consacré aux candidats socialistes aux législatives.
"Permettez-moi de vous dire que le reportage que vous venez de passer est assez scandaleux pour tous les candidats que vous annoncez perdus d'avance, battus d'avance", a dit l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle au présentateur David Pujadas.
"Laissez les électeurs trancher, si vous le voulez bien ! Laissez les députés socialistes se battre entre les deux tours !", a-t-elle encore asséné.
Après un sujet sur la 2ème circonscription de Gironde, où l'UMP Alain Juppé est en ballottage, elle a également reproché à France 2 d'avoir "cité cinq fois" le nom du ministre de l'Ecologie et "pas une fois" celui de sa rivale socialiste Michèle Delaunay.
"On sait comment marche la communication", a-t-elle ajouté.
Dans le reportage mis en cause par Mme Royal, les deux candidats se voient consacrer un temps sensiblement équivalent. Le nom de M. Juppé est cité quatre fois, celui de Mme Delaunay aucune fois. Celle-ci est désignée à deux reprises comme "la candidate socialiste". Son nom est en revanche lisible deux fois.
Mme Royal a ensuite interrompu le journaliste David Pujadas, qui lui faisait observer que le Conseil supérieur de l'audiovisuel encadre les reportages consacrés à la campagne électorale.
"Ne vous défendez pas !", lui a-t-elle lancé: "La réalité est là, et ce journal montre une fois de plus qu'il y a beaucoup d'efforts à faire sur le pluralisme de la presse et le pluralisme politique".
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-31243293@7-58,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-918413,0.html
Voilà une promesse de Nicolas Sarkozy qui n'a pas que des partisans à l'UMP. Le candidat à l'élection présidentielle s'était fait fort de reprendre à son compte, lors du débat qui l'avait opposé à Ségolène Royal avant le second tour, le 2 mai, la proposition de confier la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale à un membre de l'opposition. Une idée qu'il avait déjà évoquée dans son entretien au Monde du 26 avril.
Or, à l'heure actuelle, aucun des deux principaux prétendants à la présidence de l'Assemblée, Patrick Ollier et Bernard Accoyer, n'est vraiment chaud pour en faire un argument de campagne. Il est vrai que, au moment où les sondages annoncent un "tsunami bleu" aux législatives et promettent au parti présidentiel une majorité écrasante au Palais-Bourbon, il n'est guère porteur d'annoncer à ses pairs qu'un des postes les plus convoités devrait revenir à un adversaire réduit en charpie.
Comment rénover sans fâcher ? C'est en quelque sorte l'exercice de style auquel se sont attelés M. Ollier et M. Accoyer. Le premier, président en titre depuis le 7mars, a présenté à la presse, lundi 4 juin, ses "vingt et une propositions pour une Assemblée nationale plus efficace et une législation plus lisible". Vingt et une propositions mais, de confier la présidence de la commission des finances à l'opposition, aucune trace.
Or, bien évidemment, c'est à cette aune que sera jugée la détermination à vouloir faire en sorte que l'opposition dispose de réels moyens d'exercer ses droits.
M. Ollier réfute cette idée. "Il ne faut pas donner les pouvoirs à l'opposition mais des moyens de contrôle, estime l'actuel occupant de l'Hôtel de Lassay. Elle doit être mieux associée mais ce n'est pas une raison pour lui donner des moyens de pouvoir, comme, par exemple, la possibilité de juger de la recevabilité des amendements à la loi de finances." Quand lui est rappelé l'engagement de M. Sarkozy, M. Ollier élude : "Je ne vois pas d'où lui vient cette idée", feint-il de s'étonner, suggérant ainsi qu'elle n'aurait été émise que dans le feu de la campagne électorale pour couper l'herbe sous le pied de sa rivale.
Parmi les propositions qu'il défend, le député (UMP) des Hauts-de-Seine annonce la "création de nouvelles commissions permanentes et de sous-commissions". Ainsi envisage-t-il notamment de scinder le travail de la commission des finances entre, d'une part, le rôle législatif qui est le sien dans le cadre de la procédure parlementaire et, d'autre part, une fonction de contrôle qui pourrait être dévolue à l'opposition.
Il ne peut ignorer, cependant, que le nombre de commissions permanentes – six – dans chaque assemblée est fixé par l'article 43 de la Constitution. Dès lors, comme le suggère pour sa part M. Accoyer afin d'éviter d'avoir à légiférer sur le sujet, pourquoi ne pas envisager une "délégation parlementaire au contrôle des comptes publics"? La délégation, simple organe d'information et de conseil comme il en existe déjà, à l'Assemblée nationale, pour l'Union européenne, les droits des femmes et l'aménagement du territoire, est du seul ressort de chaque assemblée concernée. "Il faut confier de nouvelles responsabilités à l'opposition, précise le député (UMP) de la Haute-Savoie, sur la fonction de contrôle." En quoi consisteraient, par conséquent, les "droits nouveaux" de l'opposition dans les projets exposés ? Pour M. Ollier, un "rapporteur adjoint de l'opposition" serait nommé sur chaque rapport relevant de l'évaluation et du contrôle de l'exécution des lois ainsi que sur le suivi de la législation européenne. M.Ollier souhaiterait également créer un "droit d'interpellation" du gouvernement sur l'application des lois en y consacrant une des deux séances hebdomadaires de questions au gouvernement. Prudent, M. Accoyer se borne à évoquer la mise en place d'"une commission des sages, associant des représentants de chaque groupe, chargée de réfléchir aux évolutions nécessaires".
Alors que M. Sarkozy déploie des trésors d'imagination pour attirer des noms de l'opposition en leur proposant des missions honorifiques, cette frilosité à doter celle-ci des moyens réels d'exercer ses droits parlementaires là où elle est en mesure de le faire, à l'Assemblée nationale, n'est pas le moindre des paradoxes.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-918413,0.html
72 % des personnes interrogées sûres de leur choix
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912625@51-912203,0.html
Dans cette configuration, l'UMP et ses alliés obtiendraient de 365 à 415 sièges, le PS et ses alliés de 137 à 153 sièges et le MoDem de 2 à 10 sièges.
L'indécision qui a marqué le scrutin présidentiel ne semble pas de mise pour les législatives : 72 % des personnes interrogées se déclarent sûres de leur choix, tandis que 25 % pourraient changer d'avis d'ici à la tenue du scrutin.
Tous les sondages réalisés depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence donnent l'UMP largement en tête.
DE LA COMPOSITION DU GOUVERNEMENT
Du côté de l'opposition, Dominique Strauss-Kahn arrive en tête des personnalités que les Français voudraient voir mener la campagne du Parti socialiste (37 %), suivi de Ségolène Royal (33 %), Laurent Fabius et François Hollande devant se contenter de respectivement 8 et 6 %.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-912625@51-912203,0.html



