Le Monde

Dimanche 29 janvier 2006 7 29 /01 /2006 00:55

Lionel Jospin fait un pas important vers la candidature à l'élection présidentielle

 

 

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060628.FAP5921.html?2003

 

 

 

L'ancien Premier ministre a déclaré mercredi soir sur TF1 que la question était "ouverte" et qu'il y répondrait à l'automne au moment de la désignation du candidat socialiste.
"Pour moi aujourd'hui, à quelques mois de ce moment où les décisions devront être prises, cette question est une question ouverte", a dit M. Jospin, retiré de la vie politique depuis son élimination par Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle le 21 avril 2002.

 

Lionel Jospin, qui aura 69 ans le 12 juillet, a posé plusieurs conditions à sa candidature. Il a expliqué qu'il se présenterait au vote des militants socialistes "s'il apparaissait le mieux placé pour rassembler les socialistes, la gauche, le pays", "assumer la charge de l'Etat", "exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France d'aujourd'hui" et "pour proposer aux Français des orientations pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes".

 

Il a également dit que la position du Premier secrétaire François Hollande et des autres responsables socialistes serait "un élément tout à fait important" dans sa décision. Le vote des quelque 200.000 adhérents du PS aura lieu le 16 novembre, les postulants devant déposer leur candidature entre le 28 septembre et le 3 octobre.
Conscient de l'incompréhension que pourrait susciter cette nouvelle candidature alors qu'il avait annoncé son retrait de la vie politique au soir de sa défaite, Lionel Jospin a dit avoir pris cette décision parce qu'il avait "pensé qu'il (lui) revenait d'assumer la responsabilité de la défaite et qu'il fallait le faire par un acte symbolique fort". Il a cependant rappelé qu'il n'avait jamais parlé d'un retrait définitif.
Quelle que soit sa décision, Lionel Jospin a reconnu que le PS comptait "des talents multiples, divers" dont celui de Ségolène Royal, favorite des sondages, la seule des présidentiables qu'il a nommée

 

"Les socialistes de toute façon se donneront un bon candidat pour 2007", a-t-il admis. Comme la veille dans la tribune publiée dans "Le Monde", l'ancien Premier ministre s'est livré à un réquisitoire contre la politique conduite depuis 2002 par la droite. "Notre pays n'est pas en déclin, il est en crise, en crise profonde", a-t-il dit.
"La majorité a échoué dans sa politique" et "le couple de l'exécutif bat des records d'impopularité", a encore constaté M. Jospin.

 

Soucieux de parler des grands enjeux de l'élection présidentielle, alors que le PS doit ratifier samedi son projet pour 2007, il a insisté sur l'insécurité, "question centrale qu'il faut traiter vigoureusement".

 

S'en prenant au bilan de Nicolas Sarkozy, il a estimé que Ségolène Royal avait eu raison d'insister elle aussi sur cette question. "Si elle peut contribuer à convaincre après moi une partie de la gauche que ces questions de sécurité sont essentielles, ce n'est pas moi que cela va chagriner, bien au contraire", a déclaré Lionel Jospin.
En n'excluant pas d'être candidat, Lionel Jospin franchit une étape importante vers son retour en politique. Depuis 2002, il a multiplié les interventions sur tous les sujets, mais avait toujours refusé jusqu'à maintenant d'envisager une candidature. Le 22 novembre dernier, il avait affirmé qu'il n'était "pas candidat". Mais il parlait au présent et non au futur.

 

La percée de Ségolène Royal, dont il n'a jamais été proche, a apparemment convaincu l'ancien Premier ministre de commencer à préciser ses intentions. Interrogée sur France-3 avant l'intervention de M. Jospin, la présidente de la région Poitou-Charentes a feint de ne pas s'inquiéter du retour de son rival putatif. "Le moment venu en 2007, on aura besoin de tout le monde pour faire en sorte qu'une page soit tournée", a-t-elle dit.

 

"Un ancien Premier ministre a une forme de sagesse et sa parole doit être prise comme telle", a estimé Mme Royal. Pour le reste, "c'est celui ou celle qui sera le mieux placé le moment venu qui remportera les suffrages des militants du Parti socialiste"

 

"C'est un homme dont l'autorité morale compte et comptera", a sobrement déclaré Jack Lang, autre présidentiable, sur Public-Sénat. Il s'exprimait avant l'intervention de M. Jospin sur TF1.

 

Ses adversaires de droite semblent ne pas douter qu'il sera candidat. "Cela fait des mois qu'il tourne autour du pot. S'il a envie d'y aller, qu'il le dise", a déclaré Nicolas Sarkozy sur France-3 quelques minutes avant l'intervention de M. Jospin.
De son côté, le Premier ministre Dominique de Villepin a dit respecter le choix de Lionel Jospin, celui "d'un homme libre".

 

 

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060628.FAP5921.html?2003

Par Emmanuel Georges Picot - Publié dans : Le Monde
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 20:05

Fataliste, Henri Emmanuelli, présidant, samedi, les Etats généraux du PS sur l'emploi à Bordeaux, prévenait d'entrée : "Je sais aujourd'hui que l'état d'esprit n'est pas au projet mais aux élections présidentielles devenues une obsession."
De fait, les débats préparatoires au projet du PS ne sont pas parvenus à éclipser ni l'affaire Clearstream ni, surtout, la compétition interne. Tous les présidentiables du parti avaient fait le déplacement. Et ils se sont soigneusement évités.
Lesondage IFOP pour le Journal du dimanche du lendemain était déjà connu et ajoutait à la nervosité. Selon cette enquête réalisée du 27 avril au 4 mai auprès de 681 sympathisants du PS, Ségolène Royal est considérée par 50 % des personnes interrogées comme "le meilleur candidat" pour 2007. La présidente de la région Poitou-Charentes domine, et de loin, les autres concurrents potentiels : en deuxième position, Lionel Jospin n'obtient que 14 % de réponses positives, Bernard Kouchner et Jack Lang 8 %, Dominique Strauss-Kahn 7 %, Laurent Fabius 5 %, Martine Aubry et François Hollande 3 %.
"La différence, elle va s'entendre, promettait dans les couloirs M. Strauss-Kahn, car dans le parti il va y avoir des débats, un dispositif pour voir qui est le plus apte. Nous devons sélectionner notre candidat en fonction de son aptitude à battre la droite et non en fonction des sondages." Laurent Fabius est apparu abattu. "Pour que la gauche l'emporte, il faut qu'elle soit rassemblée et pour qu'elle le soit, il faut une gauche de gauche", a-t-il répété avant d'appeler La Fontaine et ses fables à la rescousse. "Attention à ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué."
"Je ne renie rien"

"Ce qui compte, c'est l'aspiration des militants à vouloir tourner la page"
, indiquait pour sa part Mme Royal, qui s'est contentée d'une brève apparition dans un atelier sur la démocratie sociale pour s'interroger sur "l'obligation d'adhérer à un syndicat" afin de faire "émerger un syndicalisme de masse". "Cela permet des rapports de force radicaux quand c'est nécessaire et en même temps des consensus avec les entreprises, ça aussi c'est la modernité", a-t-elle déclaré.Interrogée sur le revers électoral en Grande-Bretagne de Tony Blair, - dont elle avait vanté les mérites de sa politique -, Mme Royal a commencé ainsi : "Je ne veux pas improviser." Mais sa réponse était déjà toute prête : "Je ne renie rien de ce que j'ai dit, mais souvent, le troisième mandat, c'est le mandat de trop." Et d'ajouter : "Moi qui suis une responsable socialiste, je ne me réjouirai jamais que la gauche soit en difficulté dans un grand pays. Les Français sont intelligents."
A l'heure du déjeuner, Henri Emmanuelli a entrepris Martine Aubry. "Quand est-ce que tu te présentes ?", a insisté le député des Landes. "Il faudrait d'abord que l'on soit d'accord sur le fond, lui a répondu, amusée, la maire de Lille. Après, on verra." Arrivé sur ces entrefaites, François Hollande annonçait : "Je veux être responsable pour tous." Mais il devait, un peu plus tard, prononcer son discours de clôture, en l'absence de tous les présidentiables, repartis. Recevant des syndicalistes d'un sous-traitant d'EADS en difficulté, le premier secrétaire du PS leur a apporté son soutien, en s'empressant d'ajouter : "Nous sommes encore dans l'opposition, pour quelques mois... Mais on ne va pas parler d'EADS dans le contexte
actuel..."
Au PS, chacun commence à rendre publics les noms des élus qui les soutiennent. Mais c'est toujours Ségolène Royal qui paraît en profiter.

Lundi 8 mai, selon Libération, le président indépendantiste de Polynésie, Oscar Temaru, a appelé "dans toutes les communes, dans tous les archipels et dans tous les atolls" à la soutenir.

Par Isabelle Mandraud - Publié dans : Le Monde
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Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /2006 18:52
Tête chercheuse politique, rabatteuse d'intellectuels, trotskiste convertie à la réforme, féministe à la gouaille peu commune, irrésistiblement sympathique.
Voici Sophie Bouchet-Petersen, la conseillère spéciale de Ségolène Royal.

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-770088@51-749161,0.html

Plus spéciale que conseillère, étant entendu, dit-elle, que "les conseillers autoproclamés c'est une race haïssable". Elle préfère se présenter comme celle qui "donne des billes à une vraie patronne". Et précise : "Ce que je kiffe dans ma vie, c'est que les choses auxquelles je crois avancent." Au service des autres, toujours. Et de Mme Royal en particulier, qui lui interdit de dire des "gros mots".
Dans l'ombre de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, M
me Bouchet-Petersen, 57 ans, s'investit sans retenue pour imposer la candidate à l'investiture du PS, "seule chance pour la gauche de battre Sarko". Elle engloutit, comme à son habitude, des kilos de livres pour comprendre la société française, noircit des notes pour les discours, met son expérience en pratique. Le budget participatif des lycées, mis en place dans le laboratoire poitevin de Mme Royal, c'est son oeuvre, rapportée d'un voyage en 2001 à Porto Alegre, royaume altermondialiste. "J'ai toujours marché sur deux pattes, j'aime le terrain et j'aime le pouvoir qui permet de transformer les choses. Au début, je pensais être tiraillée par une contradiction, aujourd'hui je me dis qu'avec "Ségo", je recolle les morceaux."
Il faut assembler le puzzle. Et quel puzzle ! Au départ, une petite fille passionnée de latin et de grec, bien née dans une famille catholique et gaulliste. Le père, mi-pied noir, mi-danois, est chef de grande entreprise ; la mère, italo-provençale, autorise Sartre et Camus alors que le reste de la famille subit l'influence de l'OAS. De ses parents, Sophie Petersen extrait des "valeurs" : "le courage, la grandeur de la France, une certaine forme de modernité". Il ne manque personne pour lui rappeler ses origines bourgeoises, pas même Ségolène Royal, qui lui envoie, un jour de discussion du budget régional, un cuisant : "Tu ne sais pas ce que c'est d'être à 2 ou
3 francs près !"
A 16 ans et demi, en 1966, Sophie Petersen traverse le 16e arrondissement pour s'inscrire à la fac de Nanterre et longe des bidonvilles avec le sentiment qu'"on ne (lui) a pas tout dit". Elle découvre l'extrême gauche. "Fallait alors vraiment avoir la vue basse pour ne pas tomber dans ce bouillonnement." Mais rejette les maos et les lambertos de l'OCI - dont fit partie Lionel Jospin. Trente minutes d'AG coincée sur un banc d'amphi entre deux de ses leaders, dont le futur producteur Jacques Kirsner, alias Charles Berg, l'ont convaincue "de leur machisme et de leur dogmatisme". "Ces gars-là m'ont parlé de leurs mensurations sexuelles. Je l'ai vécu comme une violence sur le dos d'une petite oie." Il lui en reste quelque chose : "Je me marre aujourd'hui quand j'observe au PS des réflexes lambertistes récurrents. Ce sont des cultures dogmatiques d'appareil et de manipulation d'appareil."
Ce sera donc, entraînée par Daniel Bensaïd, la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), ancêtre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), pour son "ouverture au monde, son rapport à l'histoire et en même temps sa modernité". Mme Bouchet-Petersen s'engage à fond sous le pseudonyme de Sarah, se lie d'amitié avec la future sociologue Nicole Lapierre et entre à Rouge, la publication de la LCR, comme claviste.
Membre de la cellule Renault-Billancourt, elle passe cinq ans à distribuer le quotidien trotskiste, à l'aube, aux portes de l'usine. Elle entre au comité central de l'organisation, dont Alain Krivine est le porte-parole, et qu'elle quittera en 1978, après y avoir passé onze ans. Durant cette période, elle se marie avec Dominique Bouchet, le maquettiste du journal, alors que sa génération envoie promener le rituel bourgeois. "C'était la seule façon de l'imposer à ma famille", justifie-t-elle. Le couple vit en communauté avec Denis Pingaud, journaliste à Rouge, et sa compagne dans une maison de Vincennes. Les enfants naissent. Des jumeaux, Jonathan et Rebecca, pour les Bouchet-Petersen.
Puis tous s'éloignent de la LCR d'un même mouvement, sur la pointe des pieds. Aujourd'hui directeur de stratégie chez Euro-RSCG, M. Pingaud conseille Laurent Fabius. "Pour les ex de la LCR, la dégénérescence s'arrête au PS", éclate de rire son amie, qui a pris sa carte en 1993. "Personne ne peut la détester, s'amuse M. Pingaud. C'est une fille entière, qui possède une très forte intelligence de la société. Nous avons eu des débats sur le voile. Elle était contre la loi, sans angélisme. C'est la première qui m'a aidé à penser au voile comme revendication d'identité."
Mme Bouchet-Petersen a pourtant toujours été féministe. A partir de 1974, elle est de toutes les manifs. Elle envahit L'Express pour protester contre sa couverture sur le film Histoire d'O et barbouille de rouge à lèvres le bureau de Jean-Jacques Servan-Schreiber, un fouet à la main. "Jubilatoire !"
C'est dans l'armée des conseillers de François Mitterrand qu'elle rencontre "Ségo" en 1983. Recrutée pour s'occuper des PME en difficulté, elle fait partie du comité de restructuration industrielle piloté par Alain Boublil, futur directeur du cabinet de Pierre Bérégovoy et qui sera condamné dans l'affaire Pechiney. "Je n'ai pas eu à m'en plaindre. Je n'ai aucune raison de cracher dans la soupe", dit-elle. En 1988, elle devient conseillère culturelle du président - "un grand bonhomme".
Juste avant 1993, elle est recasée au Conseil d'Etat. Elle n'y reste pas deux ans, se lance dans une nouvelle aventure, l'association Droit de cité, chargée d'animer des réseaux de quartier. Cinq ans à sillonner les banlieues dans un bus, des nuits passées dans les dortoirs de LEP ou les hôtels Formule 1. Son couple n'y survit pas. Les résultats de l'association sont mitigés. Et c'est fauchée qu'elle atterrit en 1999 au cabinet de Mme Royal, alors ministre de l'enseignement scolaire, puis ministre déléguée à la famille et à l'enfance. Elle combat "les ancêtres du déclinisme et les apôtres du tout-fout-le-camp" pour fonder "une politique de gauche de la famille". Se dit "fière" des luttes contre le bizutage et de l'institution de la journée de préparation à la défense "pour les filles aussi".
Entre les deux femmes, "pas de désaccord", même si elles appréhendent "les problèmes par des rampes différentes".
Puis elle s'en va encore voir ailleurs, au ministère de l'outre-mer. Axel Urgin, directeur du cabinet de Christian Paul, qui ne l'avait pas choisie, se souvient de l'avoir très mal accueillie. "Un soir, je lui balance : "Jospin va à la Réunion, je veux un discours demain à huit heures"." A l'heure dite, il trouve "Sophie étendue les bras en croix sur la moquette". Le discours est prêt. "C'était tout simplement brillantissime, tellement que les technos de Matignon l'ont transformé en jargon."
Ce talent, elle l'emploie depuis deux ans à conseiller Mme Royal, d'abord au conseil régional Poitou-Charentes, puis dans son équipe de campagne, où elle a participé au lancement de son site Internet Désirs d'avenir. "Je suis faite pour servir."

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-770088@51-749161,0.html

Par Isabelle Mandraud - Publié dans : Le Monde
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Mercredi 17 mai 2006 3 17 /05 /2006 06:43

Au commencement, ils n'étaient pas plus de sept ou huit "modérateurs" enrôlés pour le lancement, en février, du site Désirs d'avenir

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-771843@51-749161,0.html

Ils sont désormais une quarantaine à se relayer tous les jours, week-end compris, pour trier, filtrer les messages des internautes et rédiger les "synthèses", matière première du livre interactif de la candidate socialiste.
Chacun travaille chez soi, mais il a fallu organiser des plannings. Tous sont bénévoles, à l'exception du webmaster, un professionnel. Beaucoup se sont connus au cabinet de Michel Sapin, ministre de la fonction publique dans le gouvernement Jospin. "L'équipe s'est reconstituée autour du site", admet Jean-Christophe Toulon, un ancien conseiller.

Le président de l'association Désirs d'avenir, Christophe Chantepy, a généreusement puisé dans ce vivier. Fils d'un marionnettiste, énarque, il a dirigé le cabinet de Ségolène Royal à l'enseignement scolaire, puis celui de M. Sapin. Membre du Conseil d'Etat, il se trouve aujourd'hui, avec l'association de soutien à Ségolène Royal, à la tête d'une véritable PME.

Jean-Pierre Le Gendre, actuel directeur de cabinet de Michel Sapin, président de la région Centre, coordonne et anime le réseau des comités locaux Désirs d'avenir. Tous les samedis matin, il participe aux réunions de l'équipe dirigeante. "Deux cent trente comités ont déjà vu le jour", annonce-t-il. Les plus petits regrouperaient une demi-douzaine de personnes, les plus gros, comme celui du 18ème arrondissement, à Paris, une centaine. Et 80 comités ont créé leur propre blog. Certains se sont spécialisés pour travailler, par exemple, sur le modèle social de l'Europe du Nord. Résultat : plus d'une centaine de sites Internet consacrés à Ségolène Royal sont référencés.

Pour l'heure, les ressources de Désirs d'avenir sont toutefois limitées. L'adhésion à l'association, facultative, a été fixée à 10 euros minimum, 50 pour les plus généreux donateurs. "Le plus clair de nos dépenses concerne le fonctionnement du site", affirme M. Chantepy. Les adhésions permettent aussi de financer les déplacements de collaborateurs sur le terrain. A Périgueux, le 5 mai, venue inaugurer le comité local de Dordogne, Ségolène Royal a donné cette consigne à son auditoire, une soixantaine de personnes réunies à huis clos : "Je sais que tout le monde n'a pas Internet, mais vous pouvez utiliser l'ordinateur des autres, comme autrefois, quand il n'y avait qu'un seul téléphone. On se mettait d'accord et on payait."

Par Isabelle Mandraud - Publié dans : Le Monde
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Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /2006 22:57
Etrillée pour avoir vanté les mérites de Tony Blair, le chef du gouvernement britannique, Ségolène Royal l'est aujourd'hui sur l'UDF

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-773768@51-749161,0.html

Les propos de deux de ses partisans, Gérard Collomb et Julien Dray, qui n'excluent pas, à terme, un rapprochement avec François Bayrou, ont soulevé de nombreuses réactions au PS. Au point que Ségolène Royal et François Hollande, cités par l'AFP jeudi 18 mai, ont fait l'un et l'autre une mise au point.
"Si Bayrou veut rejoindre le PS, on ne va pas lui dire non
, a réagi la présidente PS de la région Poitou-Charentes. Mais la mission des socialistes, et la seule logique politique, c'est le rassemblement de la gauche."

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a, lui, assuré que son parti restait ferme sur sa "stratégie de rassemblement de la gauche". "Nous travaillons avec les Verts, les radicaux de gauche, les communistes s'ils le souhaitent, à une plate-forme commune pour les législatives de 2007", a-t-il souligné.

Mercredi, au lendemain du vote par le président de l'UDF de la motion de censure contre le gouvernement, Julien Dray, porte-parole du PS, avait estimé sur i-télé qu'"à ce stade", il n'était pas envisageable, pour les socialistes, de gouverner avec le centre, mais que, "dans le cadre d'un repositionnement politique, tout est ouvert". Le maire de Lyon avait aussi abondé dans ce sens.

Aussitôt, les adversaires de Ségolène Royal, candidate potentielle du PS en 2007, sont montés au créneau. Dans un texte intitulé "Un doute Royal", le député de Paris , Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, dénonce la tentation "de forger un deuxième centre". Chez les fabiusiens, la députée européenne Marie-Noëlle Lienemann se dit "scandalisée" par les propos de M. Dray. "Le PS, dit-elle, doit repousser avec force toute alliance avec le centre aujourd'hui et demain. (Il) doit rejeter à la fois le spectre de la troisième force (alliance avec les centristes) et de la troisième voie (politique de M. Blair)."

Dans un entretien aux Echos, vendredi, Ségolène Royal prend ses distances avec M. Blair. Son "absence de réaction fait peur", dit-elle à propos de la fermeture d'une usine Peugeot de 2 300 salariés en Grande-Bretagne. Elle précise aussi sa vision de l'économie. Partisane d'un "bon deal" pour succéder au "vieux compromis fordien mort" depuis longtemps, Ségolène Royal propose de "nouvelles sécurités" pour les salariés entre deux emplois, avec des formations "adaptées" et un accompagnement personnalisé, à l'image de ce qui se fait en Scandinavie : "Plutôt que l'obsession de démanteler le droit du travail, voilà le type de nouvelle donne dont nous pourrions nous inspirer."

               http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-773768@51-749161,0.html

Par Isabelle Mandraud - Publié dans : Le Monde
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